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CHRONIQUE : Les emails qui ne mentent pas — Elon Musk, Jeffrey Epstein et les mensonges qui s’effondrent
Crédit: Adobe Stock

Les démentis publics face aux preuves écrites

Pendant des années, Musk a nié. Systématiquement. En 2019, il déclare à Vanity Fair qu’il considère Epstein comme un « type flippant » et que celui-ci a « essayé à plusieurs reprises de me faire venir sur son île » mais que Musk a refusé. En septembre 2025, quand le Comité de surveillance de la Chambre des représentants publie des documents montrant que Musk était censé visiter l’île d’Epstein le 6 décembre 2014, Musk tweete immédiatement : « C’est faux« . Le lendemain, il enfonce le clou sur X : « Epstein a essayé de me faire venir sur son île et j’ai REFUSÉ« . En majuscules. Catégorique. Indigné même. Comment ose-t-on l’associer à ce monstre ? Lui, le génie technologique, le visionnaire, le philanthrope qui veut coloniser Mars pour sauver l’humanité ? L’audace. Le culot. Le mensonge pur et simple.

Sauf que les emails du DOJ racontent une autre histoire. En décembre 2012, Musk écrit à Epstein pour lui dire qu’il sera dans les Îles Vierges britanniques pendant les vacances de Noël et du Nouvel An. Il cherche à « faire la fête » après une année intense. « J’ai travaillé jusqu’à la limite de la santé mentale cette année et donc, une fois que mes enfants rentrent chez eux après Noël, je veux vraiment faire la fête à St Barts ou ailleurs et me lâcher« , écrit-il. Il ajoute : « Avez-vous des fêtes de prévues ? » Ce n’est pas un refus. C’est une recherche active de divertissement auprès d’Epstein. Epstein lui offre de venir sur son île, mais Musk décline cette fois — non pas par principe moral, mais parce qu’il cherche quelque chose de plus animé qu’une « expérience paisible sur une île« . Il veut « se lâcher« . Il veut du spectacle. De l’excès. L’inverse de la tranquillité.

Relire ces emails, c’est comme regarder quelqu’un se pendre avec sa propre corde. Musk ne refuse pas par dégoût moral. Il refuse parce que l’île d’Epstein ne correspond pas à l’ambiance qu’il cherche à ce moment-là. Il veut « faire la fête« , « se lâcher« , trouver « la fête la plus sauvage« . C’est ça, son critère. Pas l’éthique. Pas la morale. Pas le fait qu’Epstein soit un prédateur sexuel condamné. Non. Juste : est-ce que l’ambiance sera assez dingue pour moi ? Et après, des années plus tard, il ose regarder les caméras et dire qu’il a « refusé » les invitations d’Epstein. Le mot « refusé » implique un rejet moral, une distance, un dégoût. Mais les emails montrent qu’il négociait, qu’il planifiait, qu’il cherchait juste le bon moment et la bonne ambiance. Ce n’est pas un refus. C’est du shopping de fêtes.

Décembre 2013 : « Y a-t-il un bon moment pour visiter ? »

En décembre 2013, soit un an plus tard, les échanges reprennent. Musk écrit à Epstein : « Noël et Nouvel An, je serai dans la zone des Îles Vierges britanniques / St Barts pendant les vacances. Y a-t-il un bon moment pour visiter ? » Epstein répond immédiatement : « N’importe quel jour du 1er au 8. On peut improviser si tu veux. Il y a toujours de la place pour toi« . Musk le remercie. « Merci« , écrit-il simplement. Puis, le 25 décembre, jour de Noël, Musk envoie un autre message : « En fait, je pourrais revenir tôt le 3. Nous serons à St Barts« . Il demande s’il devrait se diriger vers l’île la veille. Planification. Organisation. Coordination. Encore une fois, ce ne sont pas les mots de quelqu’un qui « refuse » catégoriquement. Ce sont les mots de quelqu’un qui essaie activement de caler une visite dans son agenda.

Les documents internes d’Epstein confirment ces tentatives de rencontre. Un calendrier préparé par Lesley Groff, l’assistante d’Epstein pendant 20 ans, montre une note pour le 6 décembre 2014 : « Rappel : Elon Musk à l’île le 6 décembre (est-ce que ça tient toujours ?)« . Une autre entrée d’avril 2013 indique : « Est-ce qu’Elon Musk peut assister au dîner du 23 ?« . En janvier 2013, un log interne mentionne qu’Epstein devait « déjeuner avec Elon Musk« . Les traces sont partout. Les preuves s’accumulent. Les démentis de Musk s’effritent comme du sable. Combien de fois a-t-il été en contact avec Epstein ? Combien de fois ont-ils tenté de se voir ? Les emails publiés vendredi ne représentent qu’une fraction des échanges. Il y en a probablement davantage. Des rencontres qui ont peut-être eu lieu. Des conversations dont on ne saura jamais le contenu. Mais ce qu’on sait, c’est que Musk a menti. Publiquement. À répétition. Avec assurance. Et maintenant, les preuves le rattrapent.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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