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CHRONIQUE : Les puissants démasqués — Les dossiers Epstein révèlent les liens obscènes des maîtres du monde avec un prédateur
Crédit: Adobe Stock

Des courriels qui contredisent un milliardaire

De toutes les révélations contenues dans cette avalanche documentaire, celles concernant Elon Musk sont peut-être les plus explosives, non pas nécessairement par leur contenu, mais par le gouffre qu’elles creusent entre ce que l’homme le plus riche du monde a toujours affirmé et ce que les documents montrent. Musk a répété publiquement, à de multiples reprises, qu’il avait repoussé les avances d’Epstein, que c’était lui qui avait refusé les invitations du prédateur, qu’il n’avait jamais eu de relation significative avec le financier new-yorkais. Les documents racontent une histoire différente. Des courriels de décembre 2013, échangés directement entre Musk et Epstein, montrent le fondateur de Tesla en train de poursuivre activement plusieurs visites sur l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes. Ce n’est pas Epstein qui supplie Musk de venir. C’est Musk qui demande quand il peut venir. La nuance est fondamentale. Elle renverse complètement le récit que Musk a construit depuis des années.

Plus troublant encore : une entrée Google Calendar dans les fichiers d’Epstein intitulée « ELON MUSK TO ISLAND DEC. 6TH ». Et un planning journalier d’Epstein qui note, pour le 6 décembre : « Reminder: Elon Musk to island Dec. 6 (is this still happening?) ». Les documents ne prouvent pas que Musk s’est effectivement rendu sur l’île. Mais ils prouvent que la visite était planifiée, anticipée, inscrite dans les agendas. Et ils prouvent que Musk a menti, ou au minimum sérieusement déformé la réalité, quand il a prétendu avoir repoussé Epstein. Ces courriels datent de 2012 et 2013. C’est-à-dire des années après la première condamnation d’Epstein en 2008 pour sollicitation de prostitution d’une mineure. Musk savait. Tout le monde savait. Et Musk a quand même demandé à venir sur l’île.

Musk a écrit sur les réseaux sociaux : « Personne n’a poussé plus fort que moi pour que les dossiers Epstein soient publiés. » Quelle ironie magistrale. L’homme qui réclamait la transparence à grands cris est celui que la transparence éclabousse le plus violemment. Le karma a parfois un sens de l’humour dévastateur.

Le silence assourdissant de l’homme-fusée

La réponse de Musk aux révélations est un cas d’école en matière de gestion de crise ratée. Après la publication des documents, il a posté publiquement : « No one pushed harder than me to have the Epstein files released and I’m glad that has finally happened. » Remarquez ce qui manque dans cette déclaration. Il ne nie pas les courriels. Il ne nie pas avoir voulu visiter l’île. Il ne nie pas la Google Calendar entry. Il ne fournit aucune explication sur la contradiction flagrante entre ses déclarations passées et ce que les documents révèlent. Il change de sujet. Il se repositionne comme le champion de la transparence plutôt que comme l’un de ses sujets. C’est une technique de prestidigitateur : regardez la main droite qui brandit la transparence pendant que la main gauche cache les courriels embarrassants. Mais cette fois, le public a vu les deux mains. Et ce qu’il a vu ne correspond pas au récit du magicien.

Posez-vous la question qui brûle. Elon Musk, l’homme qui contrôle Tesla, SpaceX, X (anciennement Twitter), Neuralink, The Boring Company, l’homme qui a l’oreille du président des États-Unis, l’homme dont les entreprises dépendent de milliards de dollars de contrats gouvernementaux, pourquoi cherchait-il à visiter l’île d’un prédateur sexuel condamné en 2013 ? Que cherchait-il là-bas ? Quels contacts voulait-il établir ? Quelles portes voulait-il ouvrir ? Et surtout : est-il finalement allé sur cette île ou non ? Les documents ne répondent pas à cette dernière question. Et tant qu’elle restera sans réponse, le doute planera comme un vautour au-dessus de l’empire Musk. Un doute que tous les tweets du monde ne pourront pas dissiper.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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