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CHRONIQUE : Trente-huit fois, ils ont frappé – Trente-huit fois, l’Ukraine a tenu
Crédit: Adobe Stock

Le verrou stratégique du Donbass

Pokrovsk n’est pas qu’une ville de plus. C’est un nœud. Un point de jonction vital. Une artère qui irrigue toute la défense ukrainienne dans le Donbass. Perdre Pokrovsk, c’est ouvrir la route vers Dnipro. C’est exposer Kramatorsk et Sloviansk. C’est compromettre l’ensemble du dispositif défensif de l’est. Vladimir Poutine le sait. Ses généraux le savent. C’est pour ça qu’ils envoient vague après vague d’assaillants se briser sur les positions ukrainiennes. Depuis juillet 2024, l’offensive russe sur Pokrovsk n’a jamais vraiment cessé. Dix-huit mois d’une bataille ininterrompue. Dix-huit mois à grignoter, village par village, rue par rue, maison par maison. Prohres est tombé. Selydove aussi. Myrnohrad se bat encore, contesté, jamais totalement conquis malgré les assauts répétés.

Selon les estimations les plus récentes, cent soixante-cinq mille soldats russes sont massés autour de Pokrovsk. Cent soixante-cinq mille. Pour une ville qui couvre à peine trente kilomètres carrés. Un ratio démentiel. Une concentration de forces qui témoigne de l’obsession du Kremlin pour cette cible. Pourtant, après dix-huit mois d’assauts, Pokrovsk tient toujours. Le nord de la ville reste sous contrôle ukrainien. Les défenseurs multiplient les raids dans les quartiers nord pour empêcher les Russes de s’installer, de consolider, de transformer la ville en base arrière pour de nouvelles offensives. Chaque raid est un défi. Chaque sortie est un pari. Mais chaque action empêche l’ennemi de respirer. De s’organiser. De préparer la suite.

Cent soixante-cinq mille soldats pour trente kilomètres carrés. Laissez-moi reformuler ça autrement : cinq mille cinq cents soldats par kilomètre carré. Plus de cinq mille hommes concentrés sur chaque petit carré de terre. Et malgré ça, ils n’ont pas pris la ville. Dix-huit mois qu’ils essaient. Dix-huit mois qu’ils échouent. Il y a quelque chose de profondément humiliant pour le Kremlin dans cette équation. Et quelque chose de profondément admirable pour ceux qui tiennent.

Le coût humain de l’obsession

Les chiffres des pertes russes dans le secteur de Pokrovsk donnent le vertige. Selon les sources ukrainiennes et les analyses indépendantes, plus de quatre cent mille soldats russes ont été tués ou grièvement blessés sur l’ensemble du front ukrainien en 2025. Et la tendance s’accélère. Depuis 2024, le nombre de morts dépasse le nombre de blessés dans les statistiques. Ce qui signifie une chose : la guerre devient encore plus meurtrière. Les combats encore plus brutaux. La Russie envoie désormais des unités composées de soldats infectés par le VIH, l’hépatite et d’autres maladies graves. Des hommes que personne ne veut. Des hommes considérés comme jetables. Le colonel britannique Hamish de Bretton-Gordon, spécialiste des armes chimiques, qualifie ce déploiement de « preuve du désespoir de Poutine ». Mais le désespoir n’empêche pas les assauts. Il les rend juste plus sanglants.

En 2025, l’armée russe a conquis quatre mille trois cent trente-six kilomètres carrés de territoire ukrainien. Ça semble énorme. Jusqu’à ce qu’on réalise que ça représente 0,72% de la superficie totale de l’Ukraine. Moins d’un pour cent. Pour ce moins d’un pour cent, Moscou a sacrifié quatre cent mille hommes. Et l’Ukraine contrôle toujours 22% de la région de Donetsk, soit plus de six mille kilomètres carrés incluant l’agglomération de Kramatorsk-Sloviansk-Druzhkivka-Kostiantynivka. Des villes fortifiées. Des positions défensives stratégiques. Des bastions qui résistent. À Pokrovsk même, après dix-huit mois d’offensive, la ville n’est toujours pas tombée. Kramatorsk, que Poutine voudrait obtenir sans combattre, fait cent dix-sept kilomètres carrés. Quatre fois la taille de Pokrovsk. Si prendre trente kilomètres carrés demande dix-huit mois et des dizaines de milliers de morts, combien faudra-t-il pour Kramatorsk ?

Sources

Sources primaires

État-major général des Forces armées d’Ukraine – Rapport de situation du 31 janvier 2026, 22h00 (publié sur Facebook) – 31 janvier 2026

Commandement opérationnel Skhid (Est) de l’Ukraine – Communications officielles sur la situation à Pokrovsk – Janvier 2026

7e Corps de réaction rapide des Forces d’assaut aérien d’Ukraine – Déclarations du porte-parole Serhiy Okishev – Janvier 2026

Sources secondaires

Ukrinform (Agence de presse ukrainienne) – « War update: 157 engagements on front lines, Ukrainian forces repel nearly 40 attacks in Pokrovsk sector » – 31 janvier 2026

Institute for the Study of War / Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessments (2-15 janvier 2026) – Janvier 2026

Meduza – « As fighting continues in Pokrovsk and Kupyansk, Russia bears down on Ukraine’s main remaining Donbas strongholds » – 16 janvier 2026

UNITED24 Media – « Russia’s 2025: Three False Claims on Kupiansk, 0.72% of Ukraine Seized, Over 400,000 Troops Lost » – 8 janvier 2026

Euromaidan Press – « Syrskyi: Ukraine retains control of northern Pokrovsk, repels Russian pressure near Myrnohrad » – 9 janvier 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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