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CHRONIQUE : Zelensky prêt à regarder Poutine dans les yeux — le courage brut d’un homme face au destructeur de son pays
Crédit: Adobe Stock

Quand Poutine tend la main avec un couteau caché dans l’autre

Le 29 janvier 2026, Youri Ouchakov, le conseiller de Poutine pour la politique étrangère, a lancé ce qui ressemblait à une invitation : la Russie invitait Zelensky à Moscou s’il était prêt à une rencontre. Moscou. La capitale de l’État agresseur. La ville d’où partent les ordres de bombardement. La ville où siège l’homme qui a signé le décret d’invasion. Inviter Zelensky à Moscou, c’est comme inviter un otage à dîner chez son ravisseur. C’est une provocation habillée en geste diplomatique. C’est un piège cousu de fil blanc que même un enfant verrait. Mais le Kremlin ne s’adresse pas aux enfants. Il s’adresse aux opinions publiques occidentales, à ceux qui ne suivent pas le conflit au quotidien, à ceux qui veulent croire que Poutine est un homme raisonnable avec qui on peut négocier. L’invitation à Moscou est un outil de propagande, pas un outil de paix.

Et Zelensky l’a compris instantanément. Sa réponse a été cinglante, directe, chargée d’une ironie mordante qui a fait mouche : Bien sûr, il m’est impossible de rencontrer Poutine à Moscou. C’est comme rencontrer Poutine à Kyiv. Je peux aussi bien l’inviter à Kyiv, qu’il vienne. Je l’invite publiquement, s’il ose, bien sûr. S’il ose. Deux mots qui contiennent toute la vérité de cette guerre. Poutine envoie des missiles sur Kyiv mais n’oserait jamais y mettre les pieds. Il ordonne la destruction de villes entières depuis la sécurité de son palais, mais n’a pas le courage de faire face à l’homme dont il détruit le pays. L’invitation de Zelensky à Poutine de venir à Kyiv est un coup de maître diplomatique. Elle expose l’hypocrisie du Kremlin. Elle retourne l’invitation piège contre son auteur. Et elle rappelle au monde une vérité fondamentale : Zelensky est à Kyiv, sous les bombes, depuis le premier jour. Poutine ne connaît que la distance et la lâcheté.

L’invitation à Moscou est la dernière pièce d’un puzzle de cynisme que le Kremlin assemble depuis quatre ans. Ils bombardent, ils massacrent, ils détruisent — puis ils invitent leur victime à venir prendre le thé chez eux. Si ce n’était pas aussi tragique, ce serait une blague. Mais les morts de Boutcha ne rient pas.

Le silence de Peskov et l’inversion de la réalité

La réaction du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a été un chef-d’oeuvre de manipulation. Le 30 janvier, Peskov a affirmé que Zelensky lui-même avait demandé une rencontre et que Poutine n’avait invité Zelensky nulle part de sa propre initiative. Puis il a ajouté que le seul endroit où la Russie accepterait de rencontrer Zelensky serait au Kremlin, et que toute autre proposition était sans objet. Vous voyez le mécanisme ? D’abord, on inverse la responsabilité : ce n’est pas nous qui invitons, c’est lui qui demande. Ensuite, on pose une condition impossible : Moscou ou rien. Et enfin, quand Zelensky refuse — comme prévu —, on peut dire au monde : Vous voyez, c’est lui qui refuse de parler. C’est de la diplomatie Potemkine. Des façades de bonne volonté qui cachent un néant d’intentions pacifiques.

Sybiha, le chef de la diplomatie ukrainienne, a dénoncé cette manoeuvre avec une clarté implacable. Il a accusé Poutine de formuler des propositions sciemment inacceptables. Et il a rappelé un fait que le Kremlin préfère ignorer : sept nations se sont portées volontaires pour accueillir les pourparlers. Sept pays neutres ou amis ont offert leur territoire comme terrain de rencontre. Mais Moscou dit non à tout ce qui n’est pas le Kremlin. Pourquoi ? Parce que le lieu est un symbole. Recevoir Zelensky au Kremlin, c’est montrer au monde que l’Ukraine vient en suppliante dans la capitale impériale. C’est une mise en scène de soumission. Et Zelensky, cet ancien comédien devenu chef de guerre, refuse de jouer dans cette pièce. Il connaît trop bien le pouvoir des images.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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