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CHRONIQUE : Zelensky tend la main vers Washington — la diplomatie de la derniere chance face au gouffre de la capitulation
Crédit: Adobe Stock

Une architecture diplomatique fragile construite sur des ruines

Le plan de paix en 20 points, devoile par Zelensky le 23 decembre 2025, est le fruit de semaines de negociations frenetiques entre Washington et Kiev. Il represente une version epuree d’un document initial de 28 points que l’Ukraine avait rejete parce qu’il penchait trop en faveur de Moscou. « Nous avons de grandes realisations », avait declare Zelensky apres sa rencontre avec Trump a Mar-a-Lago le 28 decembre. « Un plan de paix en 20 points, 90% approuve, des garanties de securite Etats-Unis-Ukraine, 100% approuvees. Les garanties de securite Etats-Unis-Europe-Ukraine, presque approuvees. La dimension militaire, 100% approuvee. » Des chiffres impressionnants, des pourcentages rassurants. Mais que valent 90% quand les 10% restants concernent le territoire — c’est-a-dire la terre sur laquelle des gens vivent, meurent et enterrent leurs morts ? Ces dix pour cent sont un ocean de souffrance que les statistiques ne peuvent pas mesurer.

Le document aborde tout : les garanties de securite, la dimension militaire, un « plan de prosperite » pour la reconstruction, les questions energetiques, les prisonniers de guerre. Les negociations se sont deroulees a Geneve, Miami, Berlin et Mar-a-Lago — une geographie de la diplomatie qui ressemble a un circuit de Formule 1 ou les pilotes sont des destins humains. Mais au coeur de ce document, une blessure ouverte que personne ne sait comment refermer : la question des territoires. Le Donbass. La Crimee. Zaporijjia. Des noms qui ne sont pas des pions sur un echiquier, mais des lieux ou des enfants allaient a l’ecole, ou des grands-parents cultivaient leur jardin, ou des couples se mariaient sous le soleil d’ete ukrainien. Trump lui-meme a reconnu que le territoire reste « le probleme le plus epineux ». C’est un euphemisme d’une obscenite diplomatique rare.

Quand on reduit la vie de millions de personnes a des « points » dans un document, on a deja perdu quelque chose d’essentiel. Un plan de paix, ce n’est pas un contrat immobilier. C’est un serment fait aux vivants et aux morts. Et ce serment ne vaut que si ceux qui le signent ont l’intention de le tenir.

Les garanties de securite — un parapluie nucleaire ou un parapluie en papier ?

L’offre americaine est sans precedent, il faut le reconnaitre. Pour la premiere fois, Trump a mis sur la table une garantie de securite de type OTAN pour l’Ukraine. Le texte du projet d’accord stipule que toute « attaque armee significative, deliberee et soutenue » de la Russie contre l’Ukraine serait consideree comme « une attaque menacant la paix et la securite de la communaute transatlantique », et que les Etats-Unis et leurs allies repondraient en consequence — y compris par la force militaire. Ce langage est puissant. Il ressemble a l’article 5 du traite de l’OTAN. Mais ressembler n’est pas etre. L’Ukraine ne serait pas membre de l’OTAN. Ces garanties devraient etre approuvees par le Congres americain — ce meme Congres qui a bloque pendant des mois l’aide militaire a l’Ukraine. Et elles auraient une date d’expiration. Que se passe-t-il au bout de quinze ans ? Qui sera president des Etats-Unis en 2041 ? Qui promet aujourd’hui que la promesse de demain sera tenue ?

La France et le Royaume-Uni se sont joints a l’effort. Le president Macron a annonce des progres sur les garanties de securite et le projet de rassembler les pays de la Coalition des volontaires a Paris. Le deploiement de forces de maintien de la paix sur le territoire ukrainien est evoque. Mais voila le probleme fondamental que personne ne veut affronter : Poutine n’a jamais respecte un seul engagement international qu’il a signe. Pas les accords de Minsk. Pas le Memorandum de Budapest. Pas les accords de cessez-le-feu. Des bouts de papier signes a Moscou ont la duree de vie d’un flocon de neige dans un incendie. Alors pourquoi cette fois serait-elle differente ? Parce que les Etats-Unis sont garants ? Peut-etre. Mais les Etats-Unis etaient aussi garants du Memorandum de Budapest en 1994, quand l’Ukraine a renonce a ses armes nucleaires en echange de garanties de securite. On connait la suite.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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