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COMMENTAIRE : 1 239 590 — le chiffre que la Russie refuse de regarder en face
Crédit: Adobe Stock

Des visages cachés derrière les statistiques

Les grands nombres perdent leur sens avec le temps. Quand les pertes ont franchi le million, on a parlé d’un moment historique. Puis l’attention s’est détournée. C’est la nature des grands nombres — ils deviennent trop abstraits pour vraiment nous toucher. Mais une seule personne, un individu avec un visage et une histoire, ça reste réel. Un homme de 34 ans qui a posté sa dernière photo avant de partir au front, et qui ne postera plus jamais rien.

Chacun des 1 239 590 soldats comptabilisés avait un nom, une famille, une histoire avant cette guerre. Mediazona et la BBC News Russian ont compilé plus de 165 661 décès confirmés par nom en croisant les réseaux sociaux, les annonces régionales officielles et les avis de décès locaux. Mais ce chiffre ne représente que les cas où la preuve existe — pour chaque mort documentée, d’autres disparaissent dans le silence des régions où personne n’ose parler. Le nombre réel dépasse largement ce qui a été vérifié.

Les données révèlent un pattern troublant : les pertes les plus lourdes ne frappent pas les grandes villes comme Moscou ou Saint-Pétersbourg, mais les régions les plus marginalisées du pays. Les Bouriates, les Kalmoucks, les Tuvains, les Tchoutchi et les Nénets portent un fardeau disproportionné dans ce conflit. Les zones appauvries fournissent les combattants tandis que les régions prospères trouvent des échappatoires pour leurs enfants. C’est un système — pas un accident.

Les familles qui attendent en silence

Les familles vivent cette réalité en silence forcé. Elles reçoivent les cercueils, elles voient les actes de décès, elles attendent des appels qui ne viendront jamais. Mais elles ne peuvent pas parler ouvertement de leur deuil — la loi sur les « fausses informations » concernant l’armée transforme le simple aveu que son fils est mort en acte de rébellion contre l’État. Les journalistes et activistes qui enquêtent sur ces décès risquent l’emprisonnement et des poursuites judiciaires.

Des mères qui reçoivent un cercueil fermé. Qui ne peuvent pas pleurer en public. Qui ne peuvent pas dire « mon fils est mort » sans risquer la prison. C’est la Russie de 2026 — un État qui criminalise le deuil. Un État qui préfère que ses citoyens mentent plutôt qu’ils admettent ce qui se passe réellement.

Le Kremlin a construit un système qui étouffe ces informations, du moins pour le moment. Mais les cercueils continuent d’arriver. Et chaque cercueil représente une famille détruite, une absence qui ne sera jamais comblée, un nom que l’État préfère effacer plutôt que reconnaître publiquement.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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