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ÉDITORIAL : Images satellites — la Russie industrialise le terrorisme aérien avec ses hangars de Shahed à Primorsko-Akhtarsk
Crédit: Adobe Stock

De Téhéran à Alabuga : la route de la terreur industrialisée

Pour comprendre comment Primorsko-Akhtarsk est devenu cette cathédrale du terrorisme aérien, il faut remonter le fil d’une alliance aussi cynique que mortifère. En 2022, quand la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine, Moscou a commencé par importer directement des drones Shahed-136 fabriqués en Iran. Le coût unitaire était alors d’environ 200 000 dollars. Mais le Kremlin voyait plus grand. Début 2023, un accord de 1,75 milliard de dollars a été signé entre Moscou et Téhéran pour permettre la production domestique de ces armes sur le sol russe. L’usine d’Alabuga, dans la zone économique spéciale de la région du Tatarstan, à plus de 1 000 kilomètres de la frontière ukrainienne, est devenue l’épicentre de cette fabrication de masse. Les chiffres donnent le vertige : la production initiale prévoyait 7 à 10 drones par jour. Aujourd’hui, selon les renseignements militaires ukrainiens, l’usine crache plus de 5 500 unités par mois. L’Institute for Science and International Security a documenté une accélération spectaculaire : les 6 000 drones prévus pour septembre 2025 ont été produits avec un an d’avance. Le coût unitaire est tombé à environ 70 000 dollars. La Russie a absorbé la technologie iranienne pour en faire sa propre machine de mort industrielle.

Les images satellites de CNN, publiées en juillet 2025, ont révélé au moins huit nouvelles structures de type entrepôt à Alabuga, près des bâtiments déjà identifiés comme installations de fabrication de Shahed. Plusieurs étaient encore en construction, accompagnées d’une expansion massive du logement ouvrier. Car il faut des bras pour assembler la mort. Et c’est là que l’horreur prend une dimension supplémentaire. Des enquêtes en sources ouvertes ont révélé en 2025 que de jeunes femmes africaines étaient attirées à Alabuga sous de fausses promesses — bourses d’études, emplois dans l’hôtellerie — pour être forcées à assembler des drones Shahed. En novembre 2025, l’Afrique du Sud a ouvert une enquête, et des responsables ougandais ont signalé que plus de 1 000 femmes à travers le continent avaient été victimes de cette traite humaine au service de la machine de guerre russe. Des mains africaines, exploitées, assemblent des drones qui tuent des Ukrainiens. Qui a dit que le mal n’avait pas de chaîne d’approvisionnement mondiale ?

L’alliance entre Moscou et Téhéran est un mariage entre deux régimes qui ont élevé la cruauté au rang de politique étrangère. Mais le pire, c’est que cette alliance a désormais un enfant monstrueux : une usine qui produit 170 drones par jour, alimentée par le travail forcé de femmes qui croyaient partir pour un avenir meilleur. L’industrialisation du terrorisme a un visage — et il est celui de l’exploitation humaine à chaque maillon de la chaîne.

L’Iran marginalisé par sa propre créature

L’ironie mordante de cette histoire, c’est que Téhéran est en train de se faire dévorer par le monstre qu’il a lui-même créé. Selon des sources de renseignement occidentales, l’expansion et l’intégration complète du Shahed-136 dans l’appareil militaro-industriel russe ont effectivement marginalisé l’Iran. Les analystes estiment que 90 % des étapes de production se déroulent désormais à Alabuga ou dans d’autres installations russes. Le PDG de la zone économique, Timur Shagivaleev, a lui-même déclaré que la plupart des composants sont maintenant produits localement. Téhéran a fourni le plan de la bombe, et Moscou l’a industrialisée sans partager les dividendes. Une source occidentale évoque un fossé croissant entre les deux capitales, Téhéran devenant impatient face au peu de retour sur son investissement technologique. Mais que peut faire l’Iran ? La créature a échappé à son créateur. Et ce sont les civils ukrainiens qui en paient le prix, nuit après nuit, drone après drone, explosion après explosion.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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