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ÉDITORIAL : Novorossiya, le mensonge impérial — Quand Poutine réécrit l’histoire pour justifier la guerre
Crédit: Adobe Stock

Le vocabulaire de la guerre : quand les mots tuent

La Novorossiya n’est pas un cas isolé. C’est un maillon d’une chaîne. Celle des mots-tromperies du Kremlin. Des termes inventés pour brouiller les pistes. Pour transformer l’agresseur en victime. L’envahisseur en libérateur.

Prenez « l’opération militaire spéciale ». Trois mots pour éviter de dire « guerre ». Parce que « guerre », ça implique des crimes. Des responsabilités. Des tribunaux. « Opération militaire spéciale », ça sonne technique. Limité. Presque propre. Comme si on parlait d’une intervention chirurgicale, pas d’un massacre.

Ou encore les « républiques populaires de Donetsk et de Louhansk ». Deux entités fantoches, créées en 2014 par des milices pro-russes, financées et armées par Moscou. Des marionnettes. Des décors. Pour donner l’illusion d’une légitimité. Pour faire croire que ces territoires ont « choisi » la Russie. Alors qu’ils ont été volés. Occupés. Vidés de leur substance.

Et puis, il y a la « dénazification ». Un mot qui fait rire jaune. Parce que l’Ukraine a un président juif. Parce que Kyiv a perdu 80 % de sa population juive pendant la Shoah. Parce que le grand-père de Zelensky a combattu les nazis. Mais peu importe. La propagande russe a besoin d’un ennemi. Alors elle en invente un.

Tous ces mots ont un point commun : ils mentent. Ils détournent. Ils tuent la vérité. La Novorossiya, c’est la même chose. Un leurre. Une fiction pour cacher la réalité : la Russie envahit, occupe, détruit. Elle ne « libère » rien. Elle ne « restaure » rien. Elle vole.


Je pense à ces mots. À leur pouvoir. À leur danger. Quand on dit « opération militaire spéciale », on ne voit plus les enfants morts sous les bombes. Quand on dit « républiques populaires », on oublie les élections truquées, les opposants assassinés, les journalistes emprisonnés. Quand on dit « dénazification », on efface les visages des grands-mères qui meurent de froid dans leurs appartements sans chauffage. La Novorossiya, c’est pareil. Un mot qui efface des vies. Qui transforme des crimes en destiny. Qui fait de l’histoire une arme. Et moi, ça me révolte. Parce que les mots, ça devrait servir à dire la vérité. Pas à la cacher. Pas à la tuer.

La carte mentale du Kremlin : où s’arrête la Novorossiya ?

La Novorossiya, c’est un concept flou. Volontairement. Parce que plus c’est vague, plus c’est utile. Poutine peut l’étirer à l’infini. Aujourd’hui, c’est le Donbas. Demain, ce sera Kherson. Après-demain, Odessa. Peut-être même toute l’Ukraine du Sud.

Vitaly Portnikov, journaliste ukrainien, le dit clairement : « La Novorossiya est un terme politiquement vague, qui donne à Poutine une flexibilité totale pour faire de nouvelles exigences. » Il peut déclarer que Kherson et Zaporijjia font partie de la Novorossiya. Puis exiger que l’Ukraine se retire. Puis ajouter d’autres régions. C’est un piège. Un piège sans fin.

Et ce piège, il est en train de se refermer. Parce que Poutine ne veut pas la paix. Il veut la victoire. Il veut une Ukraine à genoux. Une Ukraine démembrée. Une Ukraine qui n’existe plus. Et pour y arriver, il utilise des mots. Des cartes. Des mensonges.

En 2022, des documents russes ont fuité. Des plans. Des scénarios. L’Ukraine devait être découpée. Le Donbas et la Novorossiya « libérés ». Kyiv prise en trois jours. Zelensky exilé. Un gouvernement fantoche installé. Un nouveau protectorat russe. Comme en 1940, quand Staline a « libéré » les Pays baltes. Comme en 2014, quand la Crimée a été « réintégrée ».

Mais l’Ukraine a résisté. Et la Novorossiya est restée un rêve. Un cauchemar. Une chimère.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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