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ÉDITORIAL : Zelensky à Poutine – « Venez à Kyiv, pas à Moscou » : quand la dignité défie la guerre
Crédit: Adobe Stock

Pourquoi pas Moscou ? La mémoire de l’oppression

Quand Zelensky refuse catégoriquement de se rendre à Moscou ou à Minsk, ce n’est pas par caprice. C’est parce que ces deux villes sont des symboles de l’oppression. Moscou, c’est le cœur de l’empire russe, celui qui a toujours voulu étouffer l’Ukraine. Minsk, c’est la capitale du Belarus, un État fantoche de Poutine, complice de l’invasion. « Aller à Minsk, c’est comme aller à Moscou, explique un historien ukrainien. C’est accepter de négocier sous le regard de celui qui nous attaque. »

Pour les Ukrainiens, Minsk est aussi le lieu des accords de 2014 et 2015, ces textes censés mettre fin à la guerre dans le Donbass, mais qui n’ont servi qu’à geler le conflit et à donner du temps à la Russie pour se préparer à une invasion totale. « Ces accords ont été une farce, rappelle un vétéran. On nous a demandé de désarmer, de faire des concessions, pendant que la Russie se réarmait. » Aujourd’hui, personne en Ukraine ne veut revivre ça. « On ne signera plus jamais d’accord qui nous désarme, affirme un conseiller de Zelensky. Pas après ce qu’on a vécu. »

Et puis, il y a la question de la légitimité. « Comment pouvons-nous négocier notre survie dans la capitale de celui qui nous attaque ? », demande un député ukrainien. « C’est comme si on nous demandait de signer notre propre condamnation à mort. » Pour Zelensky, aller à Moscou ou à Minsk, ce serait trahir la mémoire de ceux qui sont morts pour l’indépendance de l’Ukraine. « Nous ne sommes pas des traîtres, déclare-t-il. Nous ne vendrons pas notre pays. »

Et puis, il y a la question symbolique. Kyiv, c’est la capitale de l’Ukraine libre. Celle qui résiste depuis 2014. Celle qui a vu la révolution de Maïdan. Celle qui a refusé de plier face à l’aggression russe. « Kyiv, c’est notre ligne rouge, explique un activiste. C’est ici que tout a commencé. C’est ici que tout se décidera. » En proposant Kyiv, Zelensky rappelle au monde que l’Ukraine est un État souverain, avec une capitale, un gouvernement, un peuple. « Nous ne sommes pas un territoire à négocier, martèle-t-il. Nous sommes une nation. »

Mais Poutine ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, l’Ukraine n’est qu’une province rebelle, un territoire à réintégrer dans la « grande Russie ». « Ils ne comprendront jamais, soupire un diplomate ukrainien. Pour eux, nous ne sommes que des Russes qui ont oublié leur place. » Alors Zelensky insiste : « Venez à Kyiv. Venez voir qui nous sommes. » Un défi. Une provocation. Une affirmation de soi.


Je pense à cette phrase, entendue il y a des années, dans un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale : « La mémoire, c’est la seule arme que les opprimés ont contre leurs oppresseurs. » Aujourd’hui, en Ukraine, c’est exactement ça. La mémoire de Maïdan. La mémoire des millions de morts du Holodomor. La mémoire de 2014, quand la Russie a volé la Crimée. La mémoire de 2022, quand les chars russes ont envahi le pays.

Zelensky ne refuse pas Moscou et Minsk par entêtement. Il les refuse parce que ces villes sont des cimetières de l’espoir ukrainien. Parce que chaque fois que l’Ukraine a accepté de négocier là-bas, elle a perdu un peu plus de sa souveraineté. Un peu plus de sa dignité. Un peu plus de sa liberté.

Je me souviens d’un vieux monsieur, rencontré à Lviv en 2019. Il m’avait montré une photo de sa famille, prise en 1933. « Ils sont tous morts de faim, avait-il dit. Parce que Staline a décidé qu’on devait mourir. » Et puis il avait ajouté : « Aujourd’hui, Poutine fait la même chose. Il veut qu’on meure. Ou qu’on se soumette. »

Alors quand Zelensky dit « Venez à Kyiv », il ne parle pas seulement de géopolitique. Il parle de mémoire. Il parle de résistance. Il parle de ce droit, sacré, à exister. À choisir son propre destin. À ne pas plier.

Et je me dis que c’est ça, la vraie force de l’Ukraine. Pas ses armes. Pas ses alliés. Mais cette mémoire qui refuse de mourir. Cette obstination à dire : « Nous sommes là. Nous avons toujours été là. Et nous ne partirons pas. »

Le Belarus, complice silencieux de la guerre

Le refus de Minsk n’est pas seulement symbolique. C’est aussi une condamnation du rôle du Belarus dans la guerre. Depuis 2022, le Belarus de Loukachenko est un satellite de Moscou, un pays qui a ouvert ses frontières aux troupes russes, qui a laissé bombarder l’Ukraine depuis son territoire, qui a emprisonné ses propres opposants pour plaire au Kremlin. « Aller à Minsk, c’est comme aller en Russie, explique un analyste ukrainien. C’est accepter de négocier sous la botte de celui qui nous attaque. »

Pour les Ukrainiens, le Belarus n’est pas un médiateur neutre. C’est un complice. « Ils ont laissé les Russes nous envahir depuis leur territoire, rappelle un soldat. Ils ont participé à la destruction de notre pays. » Alors quand Poutine propose Minsk comme lieu de rencontre, c’est une insulte de plus. Une manière de rappeler que l’Ukraine est encerclée, que ses voisins sont soit des ennemis, soit des marionnettes de Moscou.

« Nous ne négocierons pas notre survie dans un pays qui nous a poignardés dans le dos », déclare un conseiller de Zelensky. « Ce serait une trahison envers ceux qui se battent. Envers ceux qui sont morts. » Alors Kyiv reste le seul choix possible. Pas par provocation. Mais par respect. Respect pour les soldats qui tiennent le front. Respect pour les civils qui résistent. Respect pour l’Ukraine, qui refuse de disparaître.

Et puis, il y a la question de la sécurité. « Comment pouvons-nous négocier dans un pays qui nous a attaqués ? », demande un diplomate ukrainien. « Comment pouvons-nous faire confiance à un régime qui a aidé la Russie à nous envahir ? » Pour Zelensky, aller à Minsk, ce serait se mettre en danger. « Nous ne savons même pas si nous serions en sécurité, explique-t-il. Nous ne savons pas si nous pourrions parler librement. »

Alors il insiste : « Si Poutine veut vraiment parler, qu’il vienne à Kyiv. Qu’il vienne voir ce qu’il a fait. Qu’il regarde les yeux de ceux qu’il a blessés. » Un défi. Une provocation. Une manière de rappeler que la guerre n’est pas un jeu. Que les négociations ne sont pas une abstraction. Que derrière chaque mot, il y a des vies. Des visages. Des mémoires.


Je pense à cette image, vue il y a quelques mois : des soldats biélorusses, aux côtés des Russes, près de la frontière ukrainienne. Des hommes qui, comme leurs voisins, parlent une langue proche, partagent une histoire commune, mais qui ont choisi de se battre contre l’Ukraine. Pas par conviction. Par peur. Par soumission. Par lâcheté.

Et je me dis que c’est ça, la vraie tragédie. Pas seulement la guerre. Mais cette complicité. Cette trahison de ceux qui devraient être des frères. Cette peur qui pousse des hommes à devenir les bourreaux de leurs voisins.

Quand Zelensky refuse Minsk, il ne refuse pas seulement une ville. Il refuse cette lâcheté. Il refuse cette complicité. Il refuse de fermer les yeux sur ceux qui ont aidé à détruire son pays.

Je me souviens d’un poème ukrainien, appris il y a longtemps : « Nous sommes tous des frères, jusqu’à ce que le sang coule. » Aujourd’hui, le sang a coulé. Et ceux qui devraient être des frères sont devenus des ennemis.

Alors quand Zelensky dit « Venez à Kyiv », il ne parle pas seulement à Poutine. Il parle à tous ceux qui ont trahi. À tous ceux qui ont détourné les yeux. À tous ceux qui ont préféré la soumission à la liberté.

Et je me dis que c’est ça, la vraie victoire. Pas sur le champ de bataille. Mais dans les cœurs. Dans ce refus, viscéral, de devenir ce qu’ils veulent qu’on soit. Dans cette obstination à rester debout. Même seul. Même trahi. Même abandonné.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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