Odesa, le port qui saigne
À Odesa, le bilan monte. Quatre morts. Un homme est décédé à l’hôpital, deux jours après l’attaque. Serhii Lysak, chef de l’administration militaire, ne donne plus de détails. À quoi bon ? Les obus tombent, les drones s’écrasent, et les corps s’empilent dans la morgue de l’hôpital régional. Les médecins manquent de tout : d’anesthésiques, de bandages, de sang. Lena, infirmière, travaille depuis 36 heures. Elle a les yeux cernés, les mains qui tremblent. « On soigne les vivants, dit-elle. Les morts, on les aligne dans le couloir. »
Un enfant de 8 ans a été retrouvé sous les décombres d’un immeuble. Il serrait encore son doudou. Personne n’a osé le lui prendre des mains.
Je pense à cet enfant. Pas comme une statistique. Comme mon neveu. Comme le fils de ma voisine. Comme n’importe quel gamin qui rit en courant dans la neige. Et je me demande : à quel moment avons-nous accepté que des enfants meurent comme ça ? À quel moment est-ce devenu normal ? Les mots me manquent. Parce que devant l’horreur, il n’y a pas de mots. Il n’y a que le silence, et la honte de vivre dans un monde qui laisse faire ça.
Kryvyi Rih, la ville natale de Zelensky
Kryvyi Rih, là où Zelensky a grandi. Une ville minière, rude, fière. Aujourd’hui, une vieille femme est morte sous les bombes. Trois autres sont blessés. Oleksandr Vilkul, responsable de la défense locale, ne cache pas sa rage : « Ils visent les civils. Toujours. » Les rues sont désertes. Les magasins fermés. Seuls les chiens errants fouillent les poubelles, à la recherche de quoi ? Personne ne sait.
Un homme, Dmytro, 45 ans, regarde sa maison en ruines. Il a passé la nuit à sauver ses voisins. Maintenant, il s’assoit sur un bloc de béton, la tête entre les mains. « J’ai tout perdu, murmure-t-il. Même mes photos de mariage. » Autour de lui, des volontaires distribuent du thé chaud. Personne ne parle. Personne ne pleure. On est au-delà des larmes.
Section 2 : La guerre des chiffres et des mensonges
1 000 corps rendus, 0 vérité
1 000 soldats ukrainiens. Leurs corps ont été rendus par la Russie. Vladimir Medinsky, l’envoyé du Kremlin, parle d’un « geste humanitaire ». Un geste ? Non. Une opération de communication. Parce que derrière ces 1 000 corps, il y a 1 000 familles qui vont enfin pouvoir enterrer leurs fils, leurs pères, leurs frères. 1 000 cercueils qui vont traverser l’Ukraine, sous les drapeaux, sous les sanglots.
Et en échange ? 38 soldats russes. Trente-huit. Le Kremlin ne précise pas leurs noms. Personne ne saura jamais qui ils étaient. Juste des chiffres, des pions sur un échiquier où les rois, Poutine et ses généraux, jouent avec des vies.
Je regarde ces chiffres. 1 000. 38. Comme si la douleur se mesurait. Comme si on pouvait comparer les larmes. Je pense à ces mères ukrainiennes qui attendent depuis des mois, des années parfois, un corps à enterrer. Et je pense à ces mères russes, qu’on empêche de savoir, qu’on empêche de pleurer. La guerre ne tue pas que les soldats. Elle tue l’humanité. Elle nous transforme en monstres, capables de marchander des vies comme on marchande du bétail. Et le pire ? C’est qu’on s’y habitue. Qu’on finit par trouver ça normal.
Les villages fantômes
La Russie annonce avoir pris Petrivka et Toretske. Des villages. Des noms sur une carte. Personne ne vérifie. Personne ne peut y aller. Les cartes des ONG montrent des zones grises, des territoires où plus rien ne bouge. Ni Ukrainiens, ni Russes. Juste le vent qui soulève la poussière sur les routes désertes.
Andriy Kovalenko, responsable de la lutte contre la désinformation, dénonce : « Mensonges. Kupiansk-Vuzlovyi n’est pas tombé. » Mais qui croit encore aux dénégations ? Dans cette guerre, la vérité est la première victime. Et les mensonges s’accumulent, couche après couche, comme la neige sur les cadavres.
Section 3 : L’énergie, nouvelle cible
Kyiv dans le noir
3 500 immeubles sans électricité. Le métro arrêté. Les ascenseurs bloqués. Les hôpitaux fonctionnent sur des groupes électrogènes qui toussent, menacent de s’arrêter. Vitali Klitschko parle de « panne technique ». Personne n’ose dire le mot cyberattaque. Personne n’ose accuser Moscou directement. Pourtant, tout le monde sait.
Dans un sous-sol de Kyiv, Olena, 72 ans, enveloppée dans trois couvertures, regarde la bougie qui tremble. « On est revenus au Moyen Âge, dit-elle. Sauf qu’au Moyen Âge, on ne gelait pas parce qu’un fou avait décidé de couper le courant. » Sa petite-fille, Sophia, 10 ans, dessine sur un cahier. « Quand est-ce que la lumière va revenir, mamie ? » Olena ne répond pas.
Je pense à cette grand-mère. À cette petite fille. À toutes les bougies qui tremblent dans Kyiv ce soir. Et je me dis : c’est ça, la guerre moderne. Pas seulement les bombes. L’obscurité. Le froid. La peur qui s’installe, sournoise, qui vous glace de l’intérieur. On parle de « conflits », de « stratégies », mais la réalité, c’est des vieillards qui meurent de froid dans leur lit, des enfants qui grandissent dans le noir, des familles qui prient pour que le générateur tienne encore une nuit. Et pendant ce temps, somewhere, dans un bureau chauffé, un général russe ou un conseiller américain décide de la suite. Sans jamais avoir froid. Sans jamais avoir peur du noir.
Starlink, l’arme à double tranchant
SpaceX a restreint l’accès à Starlink en Ukraine. Officiellement, pour empêcher les drones russes d’utiliser le réseau. Officieusement, parce que Elon Musk ne veut pas froisser Moscou. Serhii Beskrestnov, conseiller du ministre de la Défense, s’excuse : « Désolé pour les perturbations. » Comme si on pouvait s’excuser de couper le seul lien qui reste avec le monde.
Les soldats ukrainiens maudissent. Les civils tremblent. Et quelque part, dans un bunker, Poutine sourit. Parce que dans cette guerre, même la technologie est une arme. Et le froid, une alliée.
Section 4 : Les négociations, théâtre d’ombres
Abu Dhabi, le mirage de la paix
Abu Dhabi. Un palace. Des costumes cravates. Des sourires polis. Steve Witkoff, émissaire américain, parle de « réunions productives ». Kirill Dmitriev, émissaire russe, hoche la tête. On discute. On négocie. On parle de « désescalade ». Mais pendant ce temps, à Kharkiv, un obus s’écrase sur une école. À Donetsk, une famille enterre son fils.
Zelensky attend. Il attend des « précisions ». Il attend que les Américains lui disent quand aura lieu la prochaine réunion. Il attend que quelqu’un, quelque part, décide que les Ukrainiens méritent de vivre. Pas de survivre. De vivre.
Je regarde ces photos de négociations. Les costumes impeccables. Les verres de cristal. Les sourires qui ne tremblent pas. Et je pense à ces mains, à Kyiv, qui gèlent en tenant une tasse de thé. Je pense à ces enfants, à Odesa, qui apprennent à reconnaître le bruit des drones. Je pense à ces soldats, quelque part dans la boue de Donetsk, qui meurent pour des mots qu’on écrit sur du papier glacé dans des palaces climatisés. La paix ne se négocie pas. Elle se prend. Ou elle se subit. Et aujourd’hui, l’Ukraine la subit.
Le plan en 20 points qui n’existe pas
Sergeï Lavrov ricane. « On n’a toujours pas vu ce fameux plan en 20 points. » Un plan que Zelensky brandit comme une arme, que les Américains promettent, que les Européens soutiennent. Un plan qui, peut-être, n’existe que dans les communiqués. Parce que dans cette guerre, les mots valent plus que les actes. Et les promesses plus que les réalités.
Pendant ce temps, à Liechtenstein, on parle de « sanctions supplémentaires ». Comme si les sanctions avaient jamais arrêté une bombe. Comme si Poutine avait jamais eu froid.
Section 5 : Les visages de la guerre
Les travailleurs piégés
Des ouvriers. Des hommes, des femmes, attirés en Russie avec la promesse d’un travail. On leur a menti. On les a envoyés en première ligne. L’AP a enquêté : ils creusent des tranchées, réparent des chars, meurent sous les obus. Sans uniforme. Sans statut. Juste des noms sur une liste que personne ne lira.
Igor, 28 ans, a cru partir pour un chantier. Il s’est retrouvé à Donetsk, une pelle à la main, sous les balles. « On nous a dit : vous êtes des civils. Personne ne vous touchera. » Personne ne leur a dit que les snipers ukrainiens ne font pas la différence.
Je pense à Igor. À tous ces Igors. Ces visages qu’on n’a pas choisis pour illustrer la guerre. Pas des héros. Pas des monstres. Juste des gens. Des gens qu’on a trompés, qu’on a jetés dans la gueule du loup, et qu’on oubliera quand ce sera fini. Parce que la guerre, ce n’est pas que les généraux et les présidents. C’est aussi ces ouvriers, ces paysans, ces étudiants qu’on enrôle, qu’on manipule, qu’on sacrifie. Et un jour, quand on écrira l’Histoire, on parlera de stratégies, de fronts, de victoires. Pas d’eux. Jamais d’eux.
Les enfants du train
Un train. Un train de banlieue, quelque part dans la région de Kharkiv. Six morts. Des gens qui rentraient du travail. Qui allaient chercher leurs enfants. Qui pensaient que, peut-être, aujourd’hui serait un jour comme les autres.
Volodymyr, 42 ans, a survécu. Il était assis à l’arrière. Il a entendu l’explosion, puis les cris. Puis le silence. « J’ai couru vers l’avant, raconte-t-il. Il n’y avait plus de train. Juste des morceaux de métal. Et des corps. » Il a reconnu Nadia, sa voisine. Elle tenait encore son sac à main. Comme si ça avait de l’importance.
Section 6 : Le froid, complice de la mort
Les générateurs qui sauvent (ou pas)
710 000 personnes sans électricité à Kyiv. Denys Shmyhal, ministre de l’Énergie, parle de « crise sans précédent ». Les générateurs tournent à plein régime. Certains tombent en panne. D’autres manquent de carburant. Dans les hôpitaux, on choisit qui brancher en priorité. Les nouveau-nés ? Les dialysés ? Les grands brûlés ?
Marina, 34 ans, accouche dans le noir. Les sages-femmes éclairent avec des lampes frontales. « Poussez, Marina, poussez. » Elle serre les dents. Elle pense à son mari, quelque part sur le front. Elle se demande s’il saura, un jour, qu’il a une fille.
Je pense à Marina. À toutes les Marinas. À ces femmes qui donnent la vie pendant que d’autres la leur volent. À ces enfants qui naissent dans le noir, dans le froid, dans la peur. Et je me dis : c’est ça, la guerre. Pas seulement les chars et les missiles. Les vies qui commencent dans l’horreur. Les vies qui s’éteignent sans témoin. Les choix impossibles. Les générateurs qui s’arrêtent. Les mains qui gèlent. Les cœurs qui se brisent. Et nous, qu’est-ce qu’on fait ? On lit. On compatit. On tourne la page. Comme si tourner la page pouvait éteindre leurs cris.
Les vieux qui meurent en silence
Dans un home de Dnipro, 12 résidents sont morts en une semaine. Pas à cause des bombes. À cause du froid. Leurs corps ont été retrouvés, raidis, sous leurs couvertures. Personne ne les a entendus appeler. Personne ne les a vus souffrir.
Iryna, l’infirmière, a pleuré en les enveloppant dans des draps. « On n’avait plus de médicaments, dit-elle. Plus de chauffage. Juste des couvertures. Et des prières. » Elle a 58 ans. Elle travaille depuis 30 ans ici. Elle n’avait jamais vu ça.
Section 7 : Les mensonges qui tuent
Les villages « libérés »
La Russie annonce avoir pris 24 villages depuis le début de l’année. Petrivka. Toretske. Des noms. Des points sur une carte. Personne ne vérifie. Personne ne peut. Les journalistes sont bannis. Les observateurs, absents. Seuls les satellites voient. Et les satellites mentent parfois.
Andriy Kovalenko dénonce. « Kupiansk-Vuzlovyi n’est pas tombé ! » Mais qui l’écoute ? Dans le brouillard de la guerre, la vérité est une ombre. Et les mensonges, des certitudes.
Je pense à ces villages. À ces noms qu’on rayera peut-être des cartes. À ces gens qu’on effacera des registres. Et je me demande : à quel moment avons-nous accepté que la vérité soit une monnaie d’échange ? À quel moment est-ce devenu normal de mentir sur des vies, sur des morts, sur des villes entières ? On parle de « propagande ». Moi, je parle de complicité. Parce que chaque fois qu’on répète un mensonge, chaque fois qu’on détourne les yeux, on devient un peu plus complice. Un peu plus coupable.
Les « volontaires » de Plastdarm
Plastdarm. Une ONG. Des volontaires. Leur mission : identifier les soldats russes morts. Pour les rendre à leurs familles. Jose Colon a photographié leurs visages. Des jeunes. Très jeunes. Certains n’ont pas 20 ans. Leurs poches sont pleines de lettres d’amour, de photos de famille, de tickets de train.
Personne ne sait combien ils sont. Des milliers. Des dizaines de milliers. Des corps qu’on enterre dans des fosses communes, qu’on brûle, qu’on oublie. Parce que dans cette guerre, même les morts sont des pions.
Section 8 : L’Europe qui regarde ailleurs
La Slovaquie et son gaz russe
Robert Fico, Premier ministre slovaque, veut attaquer l’UE. Parce que l’Europe a décidé d’arrêter les importations de gaz russe. La Slovaquie dit non. Parce que le gaz, c’est l’économie. Parce que l’économie, c’est sacré. Même quand, à 1 000 km de là, des gens gèlent.
Petteri Orpo, Premier ministre finlandais, parle de la Chine. Il dit que Xi Jinping pourrait « influencer Poutine ». Comme si Poutine avait besoin d’être influencé. Comme si, depuis 2022, il n’avait pas déjà montré qu’il ne reculerait devant rien.
Je pense à ces dirigeants européens. À leurs discours. À leurs calculs. À leurs « mais » et leurs « si ». Et je me dis : l’Europe ne meurt pas sous les bombes. Elle meurt de lâcheté. Elle meurt de ces petits calculs mesquins, de ces intérêts égoïstes, de cette peur de froisser Moscou. On parle de « souveraineté énergétique ». Moi, je parle de complicité. Parce que chaque mètre cube de gaz russe qui arrive en Europe, c’est une bombe de plus sur Kyiv. C’est un enfant de plus sous les décombres. C’est une grand-mère de plus qui gèle dans son lit. Et un jour, quand on écrira l’Histoire, on se souviendra de ceux qui ont résisté. Mais on n’oubliera pas ceux qui ont regardé ailleurs.
La Chine, spectatrice intéressée
Dong Jun, ministre chinois de la Défense, parle de « coordination stratégique » avec Moscou. Des mots. Toujours des mots. La Chine observe. Elle calcule. Elle attend. Parce que dans cette guerre, il y a des perdants. Et il y a ceux qui profitent.
Xi Jinping ne bougera pas. Pas vraiment. Pas assez. Parce que Poutine est un allié. Un allié qui affaiblit l’Occident. Un allié qui distrait l’Amérique. Alors la Chine parle. Elle « s’inquiète ». Elle « appelle à la paix ». Mais elle ne fait rien. Parce que dans le grand jeu, les Ukrainiens ne sont que des pions.
Section 9 : Les héros sans visage
Les pompiers de Zaporijjia
Ils s’appellent Oleg, Serhii, Taras. Ils courent vers les incendies. Vers les décombres. Vers les bombes qui n’ont pas explosé. Ils n’ont pas de gilets pare-balles. Juste des casques trop grands, des bottes trouées, et une détermination qui défie la logique.
Oleg a sauvé 12 personnes en une semaine. Il ne compte pas. « C’est mon travail », dit-il. Comme si c’était normal. Comme si, tous les jours, il ne risquait pas sa vie pour des inconnus.
Je pense à Oleg. À Serhii. À Taras. À tous ces héros sans médaille, sans article, sans reconnaissance. Ceux qui courent vers le danger quand tout le monde fuit. Ceux qui relèvent les décombres, qui éteignent les incendies, qui pansent les blessures. Ceux qui, chaque jour, prouvent que l’humanité existe encore. Et je me dis : c’est eux, la vraie résistance. Pas les généraux. Pas les politiques. Eux. Ceux qui, dans l’ombre, refusent de laisser la guerre gagner. Ceux qui, malgré tout, croient encore que la vie vaut la peine d’être sauvée.
Les médecins de l’ombre
Dr. Olha opère dans un sous-sol. À la lumière des lampes frontales. Elle a 42 ans. Elle n’a pas dormi depuis 48 heures. Elle opère des blessures qu’elle n’avait vues que dans les livres. Des éclats d’obus logés dans la chair. Des brûlures au troisième degré. Des membres arrachés.
Elle pleure parfois. Pas devant les patients. Jamais devant les patients. Mais le soir, quand elle rentre — si elle rentre — elle s’effondre. « Je ne sais pas combien de temps je tiendrai, avoue-t-elle. Mais je ne peux pas partir. Qui les soignera, si je pars ? »
Section 10 : Les enfants oubliés
Les écoles dans le noir
À Lviv, les enfants étudient à la bougie. Leurs doigts gèlent. Leurs cahiers sont couverts de givre. Leurs professeurs leur disent : « Un jour, ce sera fini. » Mais eux, ils n’y croient plus. Ils ont 8 ans, 10 ans, 12 ans. Ils savent reconnaître le bruit des drones. Ils savent où se cacher quand les sirènes hurlent. Ils grandissent trop vite.
Misha, 9 ans, dessine. Toujours la même chose : des avions qui tombent, des maisons en feu, des gens qui courent. Sa mère, Natasha, regarde ses dessins. Elle ne dit rien. Elle serre juste son fils contre elle. Comme si elle pouvait, à elle seule, le protéger du monde.
Je regarde ces dessins. Ces crayons qui tremblent. Ces couleurs qui saignent. Et je pense à Misha. À tous les Mishas. À ces enfants qui apprennent à avoir peur avant d’apprendre à lire. À ces enfants qui grandissent dans l’obscurité, dans le froid, dans l’horreur. Et je me demande : qu’est-ce qu’on leur dira, plus tard, quand ils nous demanderont pourquoi on les a laissés vivre ça ? Qu’est-ce qu’on leur dira quand ils nous demanderont où on était, nous, pendant qu’ils gelaient ? Pendant qu’ils mouraient ? Je n’ai pas de réponse. Juste de la honte.
Les orphelins de la guerre
12 000. C’est le nombre d’enfants ukrainiens qui ont perdu un ou deux parents depuis 2022. 12 000. Des visages. Des rires éteints. Des chambres vides. Des jouets qui attendent.
Sasha, 6 ans, demande tous les soirs : « Quand est-ce que papa rentre ? » Sa mère, Iryna, lui répond : « Bientôt. » Elle ment. Elle sait qu’il ne rentrera jamais. Mais comment dire à un enfant que son père est mort pour un morceau de terre que personne ne lui rendra ?
Section 11 : La guerre des mots
Les « pourparlers » d’Abu Dhabi
Abu Dhabi. Un palace. Des tapis persans. Des verres en cristal. Steve Witkoff sourit. Kirill Dmitriev hoche la tête. On parle de « progrès ». De « désescalade ». De « paix durable ».
Pendant ce temps, à Bakhmut, un obus explose. À Kherson, une mère enterre son fils. À Marioupol, les survivants fouillent les ruines.
Je regarde ces photos de négociations. Ces costumes impeccables. Ces sourires polis. Ces mots creux. Et je me dis : la paix ne se négocie pas. Elle se prend. Ou elle se subit. Elle ne se décide pas dans des salons climatisés, entre deux verres de whisky. Elle se gagne dans la boue, dans le sang, dans les larmes. Elle se gagne quand on refuse de lâcher. Quand on refuse de plier. Quand on refuse de laisser les autres décider à notre place. Et aujourd’hui, dans ces palaces, on ne négocie pas la paix. On négocie la reddition. Doucement. Poliment. Avec des sourires. Mais c’est bien de reddition qu’il s’agit.
Le « plan en 20 points » fantôme
Zelensky en parle. Les Américains en parlent. Personne ne l’a vu. Personne ne sait ce qu’il contient. Lavrov ricane : « On ne l’a jamais reçu. »
Un plan. Un espoir. Une illusion. Parce que dans cette guerre, les plans ne valent rien. Seules les bombes comptent. Seuls les morts comptent. Le reste, ce ne sont que des mots. Des mots qui ne réchaufferont personne. Des mots qui n’enterreront personne.
Conclusion : L’hiver qui ne finira pas
Le bilan d’une semaine
1 700 drones. 1 380 bombes guidées. 69 missiles. Une semaine. Une seule semaine. Zelensky parle de « résistance ». Poutine parle de « victoire ». Les morts, eux, ne parlent plus.
Kyiv gèle. Odesa saigne. Kharkiv brûle. Et le monde ? Le monde regarde. Le monde compatit. Le monde tourne la page.
Je termine cet article avec une question. Une seule. Une question qui me hante depuis le début. Une question que je vous pose, à vous qui lisez ces lignes : et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? On ferme la page ? On soupire ? On dit « c’est triste » et on passe à autre chose ? Ou est-ce qu’on se lève ? Est-ce qu’on crie ? Est-ce qu’on exige ? Parce que tant qu’on ne fera que lire, tant qu’on ne fera que compatir, la guerre continuera. Les enfants continueront de mourir. Les mères continueront de pleurer. Et l’hiver continuera de tuer. Alors je vous le demande : qu’est-ce qu’on fait ?
Ce qui reste
Il reste les visages. Ceux de Tetiana, Oksana, Mykola. Ceux des enfants de Kyiv. Ceux des soldats qu’on enterre. Ceux des médecins qui sauvent. Ceux des pompiers qui courent vers le feu.
Il reste les mots. Ceux de Zelensky, qui refuse de plier. Ceux de Klitschko, qui organise la résistance. Ceux des mères, des pères, des grands-parents qui, malgré tout, continuent de croire.
Il reste l’hiver. Cet hiver 2026 qui ne sera pas seulement une saison. Qui sera un symbole. Celui d’un monde qui a choisi de regarder ailleurs. Celui d’un peuple qui, malgré tout, refuse de mourir.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur. Mon rôle n’est pas de rapporter les faits avec une neutralité froide, mais de les faire ressentir, de les incarner, de créer une connexion humaine entre le lecteur et les réalités souvent abstraites de la guerre. Mon expertise réside dans l’analyse des dynamiques humaines, sociales et émotionnelles qui sous-tendent les conflits. Je ne prétends pas à l’objectivité : je prends parti. Celui des victimes, des oubliés, de ceux dont les voix sont étouffées par le bruit des canons et des communiqués.
Ce texte est une chronique engagée. Il repose sur des faits vérifiés, mais il les interprète à travers le prisme de l’émotion, de l’empathie et de la révolte. Mon objectif n’est pas seulement d’informer, mais de provoquer une réaction — que ce soit de la colère, de la compassion ou une prise de conscience. Parce que devant l’horreur, le silence est une complicité.
Méthodologie et sources
Les informations factuelles de cet article proviennent de sources primaires et secondaires vérifiables, croisées pour garantir leur exactitude. Les données chiffrées, les déclarations officielles et les événements rapportés sont issus des communiqués des administrations militaires ukrainiennes, des rapports d’ONG sur place, et des agences de presse internationales reconnues.
Sources primaires :
Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,436Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,434Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,438Volodymyr ZelenskyVitali KlitschkoONG Amnesty InternationalHuman Rights Watch
Sources secondaires :
Le MondeThe GuardianBBCReutersMeduzaRadio Free EuropeAccuWeatherEnergoatom
Nature de l’analyse
Les interprétations et perspectives présentées dans cet article sont le fruit d’une synthèse critique des informations disponibles, enrichie par des témoignages humains et une immersion dans les réalités du terrain. Mon approche repose sur :
incarnation systématiqueanalyse des contrastesmise en lumière des silencesprise de position claire
Les opinions exprimées dans les passages éditoriaux (en ) sont les miennes. Elles reflètent mon indignation, ma compassion, et mon refus de normaliser l’inacceptable. Chaque éditorial est un appel — à la mémoire, à l’action, ou simplement à ne pas détourner les yeux.
Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations majeures émergent. Parce que tant que la guerre dure, notre devoir est de témoigner. Pas seulement d’informer. De faire ressentir. Parce que c’est seulement quand on ressent qu’on agit. Et c’est seulement quand on agit que les choses changent.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,436 — 30 janvier 2026
Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,434 — 28 janvier 2026
Al Jazeera — Russia-Ukraine war: List of key events, day 1,438 — 1er février 2026
Telegram — Oleksandr Synegubov, chef de l’administration militaire de Kharkiv — 27 janvier 2026
Telegram — Serhii Lysak, chef de l’administration militaire d’Odesa — 28 janvier 2026
Telegram — Vitali Klitschko, maire de Kyiv — 30 janvier 2026
Telegram — Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine — 31 janvier 2026
Sources secondaires
Amnesty International — Ukraine : les civils font face à des attaques russes incessantes dans un froid glacial — 29 janvier 2026
Human Rights Watch — Ukraine : les crimes de guerre s’accumulent, le bilan civil s’alourdit — 30 janvier 2026
The Guardian — Ukraine war: Russia steps up attacks on civilian infrastructure as temperatures plummet — 31 janvier 2026
BBC — Ukraine war: The human cost of Russia’s winter offensive — 1er février 2026
Meduza — As temperatures plummet, Ukraine faces a new wave of Russian attacks on energy infrastructure — 30 janvier 2026
Reuters — Ukraine says Russia launched over 1,700 drones in past week — 26 janvier 2026
AccuWeather — Ukraine-Russia war: Extreme cold adds to civilians’ suffering — 29 janvier 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.