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CHRONIQUE : Neuf bases de la mort — Quand la Russie prépare l’impensable à la frontière ukrainienne
Crédit: Adobe Stock

Oleksandr, 34 ans, père de deux enfants, Kyiv

Oleksandr n’est pas un soldat. C’est un professeur d’histoire. Il enseigne dans un lycée de Kyiv. Chaque matin, il dit au revoir à sa femme et à ses deux fils, âgés de 5 et 7 ans. Chaque soir, il leur raconte sa journée. Mais depuis que les images des bases Iskander ont été publiées, quelque chose a changé. Il compte les minutes. Il calcule les distances. Il sait que, si un missile est lancé de Bryansk, il aura sept minutes pour dire au revoir. Sept minutes. Pas une de plus.

Je leur ai acheté des jouets, raconte-t-il, la voix tremblante. Des petites voitures, un ballon. Des choses normales. Mais hier soir, j’ai regardé ces jouets, et j’ai pensé : et si c’était la dernière fois qu’ils y jouent ? Et si, demain, tout ça n’existait plus ?

Oleksandr n’est pas seul. Des millions d’Ukrainiens vivent désormais avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Neuf bases. Neuf épées.

Je me souviens d’un détail, dans une interview d’un survivant de Bucha. Il disait : « On s’habitue à tout, même à l’idée qu’on peut mourir demain. » Je repense à ces mots en écrivant ces lignes. Neuf bases de missiles. Ce n’est pas un chiffre. C’est neuf familles qui ne dormiront plus. Neuf enfants qui regarderont le ciel avec peur. Neuf vies qui, peut-être, s’arrêteront net. Et nous, de l’autre côté de l’écran, que faisons-nous ? Nous lisons. Nous secouons la tête. Nous passons à autre chose. Mais eux, ils ne peuvent pas passer à autre chose.

Les mères de Dnipro — Le silence qui hurle

À Dnipro, un groupe de mères s’est formé. Elles se retrouvent chaque semaine, dans un parc, près d’une école. Elles tricotent. Elles parlent. Elles pleurent. Leurs fils sont au front. Leurs maris aussi, parfois. Elles savent que, si un missile Iskander est lancé, elles n’auront même pas le temps de leur dire au revoir. Pas de dernier appel. Pas de dernier message. Juste un ciel qui s’embrase, et puis le silence.

On tricote des écharpes, explique Halyna, 48 ans. Pas pour le froid. Pour occuper nos mains. Parce que si on ne fait rien, on devient folles.

Elles appellent leur groupe « Les Mères du Silence ». Parce que, face à l’horreur, les mots manquent. Parce que, face à neuf bases de missiles, il n’y a plus rien à dire. Juste à attendre. Juste à espérer que, cette fois, la mort passera son chemin.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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