L’invention d’une tradition
En 2024, lors d’un entretien avec Tucker Carlson, Poutine a sorti les grands moyens : cartes anciennes, traités oubliés, références à Catherine la Grande. Objectif : prouver que l’Ukraine n’existe pas. Que Kyiv est une ville russe. Que Odessa est une création impériale. Que le Donbass a toujours été russe. « L’Ukraine est un État artificiel« , a-t-il déclaré. « Un produit de Lénine. »
Sauf que l’histoire, encore une fois, contredit le tyran. La Nouvelle-Russie du XVIIIe siècle était une colonie, pas un État. Une région administrée depuis Saint-Pétersbourg, peuplée par des colons venus de toute l’Europe. Une mosaïque, pas une nation. Et surtout, une entité qui a disparu en 1802, absorbée par l’Empire russe, puis par l’URSS, puis par l’Ukraine indépendante. Aucun traité international, aucune résolution de l’ONU, aucun accord bilatéral ne reconnaît la Novorossiya comme une réalité juridique. Seul le Kremlin l’utilise, comme un marteau pour briser la résistance ukrainienne.
Je me souviens d’un professeur d’histoire, en 2015, qui nous expliquait : « La Novorossiya, c’est comme l’Alsace-Lorraine pour les nationalistes français. Un mythe, une blessure, une obsession. » À l’époque, on hochait la tête. Aujourd’hui, je regarde les charniers de Boutcha, les ruines de Marioupol, les enfants de Kharkiv qui apprennent à se cacher des bombes. Et je me dis : les mythes, ça tue. Les blessures, ça saigne. Les obsessions, ça détruit des vies. Poutine n’a pas inventé la Novorossiya. Il a inventé une machine à broyer des destins.
La langue comme arme
Le Kremlin a une méthode : renommer pour posséder. En 2022, c’était le « dénazification » de l’Ukraine. En 2023, la « protection des russophones ». En 2024, la « libération du Donbass ». Et maintenant, la « réunification de la Novorossiya ». Chaque terme est un euphémisme, une façon de masquer la réalité : l’invasion, l’occupation, le génocide culturel.
En janvier 2026, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a été clair : « Sans régler la question du sort des populations de Crimée, de Novorossiya et du Donbass, rien ne pourra aboutir. » Traduction : l’Ukraine doit abandonner ses terres, ou la guerre continuera. « Novorossiya« , « terres russes« , « frères slaves » — ces mots ne décrivent pas une réalité. Ils la créent. Ils transforment l’agression en libération, l’occupation en retour à la mère patrie, la résistance ukrainienne en terrorisme.
Sur le terrain : la Novorossiya, c'est la guerre
Les cartes du Kremlin
Les cartes militaires russes, mises à jour en janvier 2026, sont sans équivoque : la Novorossiya s’étend de Kharkiv à Odessa, de Dnipro à la mer d’Azov. Huit régions. 250 000 km². 30 millions d’habitants. Et pour y parvenir, une seule méthode : la guerre totale.
Depuis 2022, les forces russes ont concentré leurs offensives sur le Donbass et le sud de l’Ukraine. Marioupol est tombée en 2022. Kherson a été reprise par l’Ukraine en 2023, avant d’être à nouveau menacée. Bakhmout, Avdiivka, Vouhledar — chaque ville est un champ de bataille, chaque rue un piège mortel. Et derrière chaque avancée russe, la même routine : déportations, russification forcée, répression.
Je me souviens d’une conversation avec un soldat ukrainien, en 2023. Il me disait : « Ils ne veulent pas nos terres. Ils veulent nos mémoires. » Aujourd’hui, je comprends ce qu’il voulait dire. À Melitopol, les Russes ont remplacé les panneaux en ukrainien. À Kherson, ils ont interdit les livres ukrainiens dans les écoles. À Marioupol, ils ont rasé le théâtre bombardé, symbole de la résistance. La Novorossiya, ce n’est pas une annexion. C’est une amputation. Une tentative d’effacer ce que les Ukrainiens ont été, sont, et seront.
Les visages de la résistance
Face à cette machine de guerre, l’Ukraine résiste. Volodymyr Zelensky a été clair : « La Novorossiya, c’est un fantasme. Nos terres sont ukrainiennes. Nos villes sont ukrainiennes. Nos enfants sont ukrainiens. » Et sur le terrain, chaque jour, des milliers de soldats, de civils, de volontaires prouvent qu’il a raison.
À Kharkiv, les habitants ont appris à vivre sous les bombes. À Odessa, les dockers sabotent les navires russes. À Dnipro, les ingénieurs réparent les ponts détruits par les missiles. Et dans chaque village, chaque ville, chaque tranchée, une même réponse à la Novorossiya : non.
La Novorossiya, un projet condamné ?
L’échec stratégique
Pourtant, malgré la propagande, malgré les bombes, la Novorossiya reste un mirage. En janvier 2026, les troupes russes sont enlisées. Kharkiv tient. Odessa résiste. Dnipro ne tombe pas. Et chaque jour, l’armée ukrainienne, soutenue par l’Occident, reprend du terrain.
Les experts sont formels : le projet est irréaliste. « Poutine rêve d’un empire, mais il n’a pas les moyens de ses ambitions« , explique Dara Massicot, du Carnegie Endowment for International Peace. « L’Ukraine ne cédera pas. L’Occident ne lâchera pas. Et la Russie, malgré ses discours, ne peut pas gagner cette guerre. »
Je me souviens d’une carte, accrochée dans un bureau du Kremlin en 2014. Dessus, la Novorossiya s’étendait comme une tache d’encre, avalant l’Ukraine. Aujourd’hui, cette carte est déchirée. Par la résistance ukrainienne. Par les sanctions occidentales. Par l’histoire, qui ne se laisse pas réécrire aussi facilement. Poutine peut rêver. Les Ukrainiens, eux, se battent. Et c’est ça, la différence.
L’avenir : entre guerre et paix
Alors, que reste-t-il de la Novorossiya en ce début 2026 ? Un rêve impérial qui se brise. Une propagande qui s’essouffle. Une guerre qui s’enlise. Mais aussi, une réalité : des milliers de morts, des millions de déplacés, des villes réduites en cendres.
Le 14 janvier 2026, Sergueï Lavrov a répété : « Sans Novorossiya, pas de paix. » Mais la paix, justement, ne se construit pas sur des mensonges. Ni sur des tombeaux.
Conclusion : Novorossiya, le mot qui reste
Le poids des mots
Novorossiya. Un mot. Cinq syllabes. Une guerre. Des vies brisées. Une Europe redessinée par la violence. En 2026, ce terme résume tout ce que le XXIe siècle aurait dû laisser derrière lui : l’impérialisme, le révisionnisme, la guerre de conquête.
Mais il résume aussi autre chose : la résistance. La capacité des peuples à dire non. À se battre pour leur terre, leur langue, leur histoire. Face à la Novorossiya, il y a l’Ukraine. Face aux chars, il y a les hommes. Face aux mensonges, il y a la vérité.
Je me souviens d’une phrase, lue dans un livre d’histoire : « Les empires meurent toujours de leur propre poids. » Aujourd’hui, je regarde Poutine. Je regarde ses cartes. Je regarde ses soldats, épuisés, ses généraux, désemparés, son peuple, qui commence à douter. Et je me dis : la Novorossiya, ce n’est pas l’avenir. C’est le dernier soubresaut d’un monde qui s’effondre. Un monde où les frontières se tracent à l’encre et au sang. Un monde où les hommes croient encore que la force peut remplacer le droit. Mais l’histoire, elle, avance. Et un jour, Novorossiya ne sera plus qu’un mot. Un mot honteux. Un mot maudit. Un mot qu’on n’osera plus prononcer.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian, 20 Minutes, TV5Monde, Institute for the Study of War, Carnegie Endowment for International Peace).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Nouvelle-Russie (projet d’État) — Wikipédia – 29 janvier 2026
Nouvelle-Russie (région historique) — Wikipédia – 16 août 2025
Guerre en Ukraine : C’est quoi la « Novorossia », ce projet de « nouvelle Russie » qui fait saliver Poutine ? – 20 Minutes – 14 juin 2025
De la Petite Russie à la Nouvelle Russie, comment Poutine veut effacer l’Ukraine de l’Histoire – TV5Monde – 30 mars 2023
Poutine rêve d’un empire : la Novorossia au cœur de sa stratégie ukrainienne – Armées.com – 16 juin 2025
Russian Offensive Campaign Assessment, April 15, 2025 – Institute for the Study of War – 27 août 2025
Russian Offensive Campaign Assessment, January 14, 2026 – Institute for the Study of War – 15 janvier 2026
What is “Novorossiya” Putin Keeps Talking About? Unpacking the Kremlin’s Fake War Terminology – United24 Media – 30 janvier 2026
Sources secondaires
Novorossia : qu’est-ce que la « Nouvelle-Russie », ce projet expansionniste rêvé par Poutine ? – BFMTV – 5 avril 2022
Russians Want to Rename Temporarily Occupied Ukrainian Territories as ‘Novorossiya’ – Kyiv Post – 9 juin 2024
Will Russia’s War Against Ukraine End In 2026? – RFE/RL – 12 janvier 2026
Ukrainian Oblasts that the Kremlin Define as ”Novorossiya,” Control of Terrain Assessment as of January 14, 2026 – Institute for the Study of War – 15 janvier 2026
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