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CHRONIQUE : Pokrovsk, Huliaipole — Quand la terre tremble et que le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Les rues où la mort rôde

À Pokrovsk, les rues portent des noms, mais aussi des cicatrices. La rue Shevchenko n’est plus qu’un champ de décombres. L’école n°5 a été touchée hier. L’hôpital central fonctionne encore, mais pour combien de temps ? Les médecins soignent sous les bombes. Les infirmières courent entre les lits, les yeux cernés, les mains tremblantes. Chaque sirène est un coup de poing dans le ventre. Chaque explosion, un rappel : ici, la vie tient à un fil.

Les habitants qui restent sont ceux qui n’ont plus rien à perdre. Olena, 68 ans, refuse de partir. « C’est ma maison, dit-elle en serrant les poings. Je ne laisserai pas ces monstres me chasser. » Elle dort dans la cave depuis trois semaines. Elle a appris à reconnaître le son des obus. Elle sait quand courir, quand se terrer. Elle sait aussi que chaque jour pourrait être le dernier.

Olena me fait penser à ma grand-mère. Cette femme qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, avait caché des résistants dans sa cave. Elle aussi refusait de partir. Elle aussi disait : « C’est ma terre. » Mais aujourd’hui, en 2026, on ne devrait plus avoir à choisir entre sa vie et sa terre. On ne devrait plus avoir à dormir dans des caves, à compter les obus comme on compte les heures. Pourtant, Olena est là. Et des milliers comme elle.

Les soldats qui tiennent debout

Les soldats de la 22e brigade mécanisée sont épuisés. Ils n’ont pas dormi depuis 48 heures. Leurs uniformes sont couverts de boue et de sang. Leurs yeux sont rouges. Leurs voix, rauques. Pourtant, ils tiennent. Ils tiennent parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que derrière eux, il y a Pokrovsk. Il y a Olena. Il y a des milliers de vies qui dépendent d’eux.

« On nous a promis des renforts, des munitions, des F-16, dit Mykola, 24 ans, en essuyant la sueur de son front. On attend toujours. » Il rit, mais c’est un rire sans joie. Un rire qui dit : on est seuls. Un rire qui dit : on va peut-être mourir ici. Mais on ne reculera pas.

Les Russes avancent avec des vagues d’assaut. Ils envoient des hommes en première ligne, des hommes mal équipés, mal entraînés. Des hommes qu’on sacrifie pour user les défenses ukrainiennes. Et ça marche. Chaque assaut affaiblit un peu plus les lignes. Chaque mètre perdu est un mètre de plus vers la défaite.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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