Les rues où la mort rôde
À Pokrovsk, les rues portent des noms, mais aussi des cicatrices. La rue Shevchenko n’est plus qu’un champ de décombres. L’école n°5 a été touchée hier. L’hôpital central fonctionne encore, mais pour combien de temps ? Les médecins soignent sous les bombes. Les infirmières courent entre les lits, les yeux cernés, les mains tremblantes. Chaque sirène est un coup de poing dans le ventre. Chaque explosion, un rappel : ici, la vie tient à un fil.
Les habitants qui restent sont ceux qui n’ont plus rien à perdre. Olena, 68 ans, refuse de partir. « C’est ma maison, dit-elle en serrant les poings. Je ne laisserai pas ces monstres me chasser. » Elle dort dans la cave depuis trois semaines. Elle a appris à reconnaître le son des obus. Elle sait quand courir, quand se terrer. Elle sait aussi que chaque jour pourrait être le dernier.
Olena me fait penser à ma grand-mère. Cette femme qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, avait caché des résistants dans sa cave. Elle aussi refusait de partir. Elle aussi disait : « C’est ma terre. » Mais aujourd’hui, en 2026, on ne devrait plus avoir à choisir entre sa vie et sa terre. On ne devrait plus avoir à dormir dans des caves, à compter les obus comme on compte les heures. Pourtant, Olena est là. Et des milliers comme elle.
Les soldats qui tiennent debout
Les soldats de la 22e brigade mécanisée sont épuisés. Ils n’ont pas dormi depuis 48 heures. Leurs uniformes sont couverts de boue et de sang. Leurs yeux sont rouges. Leurs voix, rauques. Pourtant, ils tiennent. Ils tiennent parce qu’ils n’ont pas le choix. Parce que derrière eux, il y a Pokrovsk. Il y a Olena. Il y a des milliers de vies qui dépendent d’eux.
« On nous a promis des renforts, des munitions, des F-16, dit Mykola, 24 ans, en essuyant la sueur de son front. On attend toujours. » Il rit, mais c’est un rire sans joie. Un rire qui dit : on est seuls. Un rire qui dit : on va peut-être mourir ici. Mais on ne reculera pas.
Les Russes avancent avec des vagues d’assaut. Ils envoient des hommes en première ligne, des hommes mal équipés, mal entraînés. Des hommes qu’on sacrifie pour user les défenses ukrainiennes. Et ça marche. Chaque assaut affaiblit un peu plus les lignes. Chaque mètre perdu est un mètre de plus vers la défaite.
Huliaipole : l’enfer sur terre
La bataille qui n’en finit pas
À Huliaipole, la bataille fait rage depuis des mois. Hier, 19 assauts ont été repoussés. Aujourd’hui, ce sera peut-être 20. Ou 30. Personne ne compte plus. Les soldats ukrainiens appellent ça « l’enfer ». Les Russes appellent ça « la victoire ».
Les drones survolent la ville en permanence. Les obus pleuvent. Les snipers tirent sur tout ce qui bouge. Les rues sont jonchées de décombres, de cadavres, de rêves brisés. Les habitants qui restent vivent dans des caves, des abris de fortune. Ils sortent seulement pour chercher de l’eau, de la nourriture. Parfois, ils ne reviennent pas.
Ihor, 32 ans, était professeur de mathématiques. Aujourd’hui, il porte un fusil. « Je n’ai jamais tué personne, dit-il en regardant ses mains. Mais je tuerai pour protéger les miens. » Il parle lentement, comme s’il pesait chaque mot. Comme s’il savait que chaque mot pourrait être le dernier.
Ihor me fait penser à tous ces gens ordinaires devenus soldats. Des professeurs, des boulangers, des pères de famille. Des gens qui, il y a deux ans, vivaient une vie normale. Aujourd’hui, ils tiennent des fusils. Aujourd’hui, ils tuent ou meurent. Et le monde, lui, continue de tourner. Comme si de rien n’était. Comme si, quelque part, ce n’était pas aussi notre guerre.
Les enfants qui ne connaîtront jamais la paix
Dans un abri souterrain, Sophia, 8 ans, dessine. Elle dessine des maisons, des arbres, un soleil. Elle dessine un monde qu’elle n’a jamais connu. Un monde sans guerre. Sans obus. Sans peur. Sa mère, Tetiana, la regarde en silence. Elle sait que Sophia ne reverra peut-être jamais ce monde. Elle sait que chaque jour est un cadeau. Et chaque nuit, une menace.
« Elle me demande quand la guerre sera finie, dit Tetiana en caressant les cheveux de sa fille. Je ne sais pas quoi lui répondre. » Elle pleure sans bruit. Ses larmes tombent sur le dessin de Sophia. Des larmes pour l’enfance volée. Pour les rêves brisés. Pour l’avenir qui s’effrite, jour après jour.
À l’extérieur, les obus continuent de tomber. La terre tremble. Les murs craquent. Mais dans cet abri, il y a encore un peu de lumière. Un peu d’espoir. Un peu d’humanité.
Les négociations : un théâtre d’ombres
Abu Dhabi, le 1er février 2026
Pendant que Pokrovsk et Huliaipole brûlent, à Abu Dhabi, on négocie. Les délégués russes, ukrainiens et américains se rencontrent. Ils parlent de paix. De compromis. De territoires. Mais personne ne parle des morts. Personne ne parle des villes en ruines. Personne ne parle des enfants qui dessinent des maisons dans des abris.
Volodymyr Zelensky a annoncé que les prochaines discussions auront lieu les 4 et 5 février. Il dit que l’Ukraine est prête pour des « négociations substantielles ». Mais il sait, comme tout le monde, que la paix ne viendra pas de ces salles climatisées. La paix ne viendra pas de ces hommes en costume. La paix viendra du sang, de la sueur, des larmes. Ou elle ne viendra pas.
Les Russes, eux, jouent un double jeu. Ils négocient d’une main, et de l’autre, ils envoient des obus sur Pokrovsk. Ils parlent de trêve, mais continuent de frapper. Ils promettent de ne pas viser Kyiv pendant une semaine, mais bombardent Dnipro, Kherson, Zaporizhzhia. Une maternité a été touchée ce matin. Six blessés. Parmi eux, des femmes enceintes. Des nouveau-nés.
Je regarde les photos de ces négociations. Des hommes en costume, assis autour d’une table. Ils sourient parfois. Ils serrent des mains. Ils parlent de « compromis ». Pendant ce temps, à Pokrovsk, des enfants meurent. Des mères pleurent. Des pères se battent. Et je me demande : à quoi servent ces négociations, si ce n’est à donner bonne conscience à ceux qui regardent ailleurs ?
Le silence des armes, le bruit des bombes
Donald Trump a annoncé que Poutine avait accepté de ne pas frapper Kyiv pendant une semaine. Une « concession », dit-il. Une « victoire diplomatique ». Mais à Pokrovsk, à Huliaipole, les obus continuent de tomber. Les drones continuent de tuer. Les soldats continuent de mourir.
« Je ne crois pas que la Russie veuille mettre fin à la guerre, a déclaré Zelensky. Il y a beaucoup de preuves du contraire. » Il a raison. Les preuves, ce sont les 44 combats de cette nuit. Les 80 assauts sur Pokrovsk. Les 45 attaques sur Huliaipole. Les 144 bombes larguées. Les 4 053 drones envoyés.
La guerre ne s’arrête pas parce qu’on le décide dans une salle de conférence. La guerre s’arrête quand un camp plie. Ou quand il n’y a plus personne pour se battre. Aujourd’hui, ni les Russes ni les Ukrainiens ne plient. Alors la guerre continue. Et le monde, lui, regarde ailleurs.
L’hiver comme arme
Le froid qui tue
L’hiver 2026 est l’un des plus rudes que l’Ukraine ait connus. Les températures chutent jusqu’à -30°C. Les coupures de courant se multiplient. Les Russes visent les centrales électriques, les réseaux de chauffage. Ils savent que le froid est une arme. Ils savent que sans électricité, sans chaleur, les Ukrainiens plieront plus vite.
À Kyiv, des milliers de personnes font la queue pour un repas chaud. Des vétérans de la 3e brigade d’assaut distribuent des soupes, des couvertures. Ils savent ce que c’est, le froid. Ils savent ce que c’est, la faim. Ils savent que chaque calorie compte. Chaque degré de plus peut sauver une vie.
Serhii, 57 ans, attend son tour. Il n’a pas de chauffage depuis trois semaines. « On s’habitue, dit-il en soufflant sur ses mains. On s’habitue à tout. » Mais ses yeux disent autre chose. Ils disent la fatigue. La colère. L’injustice. Ils disent : on ne devrait pas avoir à vivre comme ça.
Serhii me fait penser à mon père. À tous ces hommes qui, toute leur vie, ont travaillé dur, ont élevé leurs enfants, ont cru en un monde meilleur. Et aujourd’hui, ils font la queue pour un bol de soupe. Ils grelottent dans le noir. Ils attendent que quelqu’un, quelque part, décide de leur venir en aide. Mais l’aide tarde. Et l’hiver, lui, ne pardonne pas.
L’obscurité qui s’installe
Les coupures de courant ne sont pas un accident. Elles font partie de la stratégie russe. Priver les Ukrainiens de lumière, de chaleur, d’eau. Les forcer à plier. Les forcer à abandonner. À Kharkiv, à Odesa, à Dnipro, c’est la même histoire. Les hôpitaux fonctionnent avec des groupes électrogènes. Les écoles ferment. Les magasins sont vides.
« On vit comme en 1945, dit Albina, 35 ans, mère de six enfants. Sauf qu’en 1945, au moins, on savait que ça finirait. Là, on ne sait plus. » Elle a froid. Elle a faim. Elle a peur. Mais elle reste. Parce que partir, c’est abandonner. Parce que rester, c’est résister. Même si la résistance, aujourd’hui, c’est juste survivre.
Les Russes appellent ça « l’hiver comme arme ». Les Ukrainiens appellent ça « la survie ». Chaque jour sans électricité est un jour de plus où ils tiennent. Un jour de plus où ils refusent de plier. Un jour de plus où ils prouvent que, même dans le noir, il y a encore de la lumière.
Les visages de la résistance
Les médecins qui soignent sous les bombes
À l’hôpital de Pokrovsk, les médecins travaillent dans le noir. Les générateurs grésillent. Les réserves de médicaments s’épuisent. Mais ils continuent. Ils soignent les blessés. Ils sauvent des vies. Même quand les murs tremblent. Même quand les obus tombent à quelques mètres.
Dr. Oksana a les yeux cernés. Elle n’a pas dormi depuis trois jours. « On fait ce qu’on peut, dit-elle en serrant les poings. On ne peut pas abandonner. » Elle parle des blessés, des enfants, des vieillards. Elle parle de ceux qui n’ont plus personne. De ceux qui n’ont plus rien. Elle parle avec une voix brisée, mais une détermination intacte.
« Parfois, je me demande à quoi ça sert, avoue-t-elle. Parfois, je me dis qu’on est en train de perdre. Mais ensuite, je vois un enfant sourire. Ou un soldat qui se relève. Et je me dis : non. On ne perd pas. Pas encore. »
Oksana incarne tout ce que cette guerre a de plus beau et de plus tragique. Ces gens qui, malgré tout, continuent de se battre. Qui, malgré l’horreur, continuent de croire. Qui, malgré la nuit, continuent d’allumer des bougies. Elle me fait honte, parfois. Honte de vivre dans un monde où on peut fermer les yeux. Où on peut détourner le regard. Où on peut dire : « Ce n’est pas ma guerre. » Mais c’est notre guerre. À tous.
Les soldats qui refusent de reculer
Sur le front de Huliaipole, les soldats de la 110e brigade tiennent leurs positions. Ils sont épuisés. Ils sont en sous-nombre. Ils manquent de tout. Sauf d’une chose : la volonté de ne pas reculer.
Vitalii, 29 ans, montre une photo de sa fille. « C’est pour elle que je me bats, dit-il. Pour qu’elle puisse grandir dans un pays libre. » Il sait qu’il pourrait ne jamais la revoir. Il sait que chaque combat pourrait être le dernier. Mais il reste. Parce que reculer, c’est abandonner. Parce que mourir en combattant, c’est encore vivre.
« On nous dit qu’on est des héros, dit-il en riant. On n’est pas des héros. On est juste des gens normaux qui font ce qu’il faut faire. » Il regarde l’horizon, là où les Russes avancent. « Ils veulent notre terre. Ils ne l’auront pas. »
Le monde qui regarde ailleurs
Les négociations qui n’avancent pas
À Abu Dhabi, on parle. On discute. On négocie. Mais rien ne change. Les Russes veulent garder ce qu’ils ont pris. Les Ukrainiens veulent récupérer ce qu’ils ont perdu. Les Américains veulent une paix. N’importe laquelle. Même une paix injuste. Même une paix qui récompense l’agresseur.
« On nous demande de faire des compromis, dit un diplomate ukrainien sous couvert d’anonymat. Mais quel compromis est acceptable quand des gens meurent ? Quand des villes sont réduites en cendres ? Quand des enfants grandissent dans des caves ? » Il secoue la tête. « On nous demande de céder du territoire. Mais chaque centimètre de terre, c’est du sang ukrainien. »
Les Russes, eux, jouent la montre. Ils savent que chaque jour de négociation est un jour de plus où ils peuvent avancer sur le terrain. Un jour de plus où les Ukrainiens s’épuisent. Un jour de plus où le monde se lasse. Et pendant ce temps, à Pokrovsk, à Huliaipole, la guerre continue.
Je me souviens d’une phrase de Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Aujourd’hui, on ne nomme plus les choses. On parle de « compromis ». De « solutions diplomatiques ». De « désescalade ». Mais on ne parle plus de justice. On ne parle plus de vérité. On ne parle plus des morts. Comme si, en changeant les mots, on pouvait changer la réalité. Comme si, en fermant les yeux, on pouvait faire disparaître l’horreur.
L’indifférence qui tue
En Europe, on parle d’autres choses. Des élections. De l’économie. Du climat. On parle de tout, sauf de l’Ukraine. Pourtant, l’Ukraine, c’est nous. C’est notre histoire. C’est notre présent. C’est notre avenir. Si on laisse tomber l’Ukraine, on laisse tomber nos valeurs. On laisse tomber notre humanité.
« On nous a promis des armes, des munitions, des avions, dit un soldat ukrainien. On attend toujours. » Il rit, mais c’est un rire amer. Un rire qui dit : on est seuls. Un rire qui dit : le monde nous a abandonnés.
Et pendant ce temps, les Russes avancent. Ils prennent Pokrovsk. Ils encerclent Huliaipole. Ils bombardent Kyiv. Ils tuent. Ils détruisent. Ils gagnent. Parce que gagner, pour eux, ce n’est pas seulement vaincre. C’est aussi montrer au monde que personne ne les arrêtera.
Les enfants de la guerre
Les dessins qui racontent l’horreur
Dans un abri de Pokrovsk, Misha, 10 ans, dessine. Il dessine des tanks. Des avions. Des explosions. Il dessine ce qu’il voit. Ce qu’il vit. Ce qu’il ne devrait jamais avoir à vivre.
« Quand je serai grand, je veux être soldat, dit-il en montrant son dessin. Comme papa. » Son père est sur le front. Il ne l’a pas vu depuis trois mois. Il ne sait pas s’il le reverra un jour. Mais il dessine. Parce que dessiner, c’est encore espérer. C’est encore croire que demain existera.
À côté de lui, Anastasia, 7 ans, dessine une maison. Une maison avec un jardin. Avec des fleurs. Avec un ciel bleu. « C’est notre maison, avant, dit-elle. Avant la guerre. » Elle sourit, mais ses yeux sont tristes. Parce qu’elle sait que cette maison n’existe plus. Parce qu’elle sait que le ciel, aujourd’hui, n’est plus bleu.
Misha et Anastasia me brisent le cœur. Ces enfants qui dessinent la guerre au lieu de dessiner leurs rêves. Qui parlent de tanks au lieu de parler de jouets. Qui grandissent dans des abris au lieu de grandir dans des parcs. On leur vole leur enfance. On leur vole leur innocence. On leur vole leur avenir. Et le monde, lui, continue de tourner. Comme si de rien n’était.
Les écoles qui n’existent plus
À Huliaipole, les écoles sont fermées. Certaines ont été détruites. D’autres servent d’abris. Les enfants qui restent apprennent à lire à la lueur des bougies. Ils apprennent à compter les obus. Ils apprennent à reconnaître le son des drones.
Nadia, 38 ans, était institutrice. Aujourd’hui, elle aide les enfants à survivre. « On leur apprend à se cacher, dit-elle. À se taire. À ne pas avoir peur. » Mais elle, elle a peur. Elle a peur pour eux. Elle a peur pour leur avenir. Elle a peur que, quand la guerre sera finie, il ne reste plus rien à sauver.
« Parfois, je me demande ce qu’ils retiendront de tout ça, avoue-t-elle. Est-ce qu’ils se souviendront des bombes ? Ou est-ce qu’ils se souviendront qu’on a essayé de les protéger ? » Elle serre un enfant contre elle. « Je veux qu’ils se souviennent qu’on les a aimés. Même dans l’horreur. »
La nuit la plus longue
Quand les obus ne s’arrêtent pas
La nuit du 1er février 2026 sera la plus longue. À Pokrovsk, les combats font rage. Les Russes avancent. Les Ukrainiens résistent. Chaque mètre est disputé. Chaque vie compte.
« On tient, dit Andrii, 22 ans, en essuyant le sang de son front. On tient, mais pour combien de temps ? » Il regarde ses camarades. Certains sont blessés. D’autres sont morts. D’autres encore continueront de se battre demain. Parce que demain, la guerre continuera. Parce que demain, il faudra encore tenir.
Les obus tombent. Les drones survolent. Les snipers tirent. Mais dans les abris, dans les caves, dans les hôpitaux, il y a encore des gens qui croient. Qui espèrent. Qui résistent. Même quand tout semble perdu. Même quand le monde regarde ailleurs.
Cette nuit, je pense à eux. À tous ceux qui, quelque part, se battent. Qui résistent. Qui refusent de plier. Je pense à Olena, à Ihor, à Oksana, à Vitalii. À tous ces visages que je n’ai jamais vus, mais qui hantent mes nuits. Je me demande ce que je ferais à leur place. Je me demande si j’aurais leur courage. Leur force. Leur dignité. Et je me dis que, peut-être, la seule chose qu’on puisse faire, c’est de ne pas oublier. De ne pas détourner le regard. De continuer à raconter leurs histoires. Même quand le monde ne veut plus les entendre.
La lumière qui persiste
Au milieu de la nuit, il y a encore des lumières. Des bougies. Des lampes torches. Des sourires. Des mains qui se serrent. Des voix qui murmurent : on est là. On est encore là.
« Tant qu’il y a de la lumière, dit Taras, 45 ans, en allumant une bougie, il y a de l’espoir. » Il regarde autour de lui. Ses voisins. Ses amis. Sa famille. « On a déjà survécu à pire, dit-il. On survivra à ça aussi. »
Dehors, les obus continuent de tomber. La guerre continue. La nuit continue. Mais dans cet abri, il y a encore de la chaleur. Il y a encore de l’humanité. Il y a encore, malgré tout, un peu de paix.
L’aube incertaine
Le matin après la nuit
Le matin du 2 février 2026, Pokrovsk est toujours debout. Huliaipole aussi. Les Russes ont avancé. Les Ukrainiens ont tenu. La guerre continue.
Les rues sont jonchées de décombres. Les murs sont troués. Les visages sont fatigués. Mais les gens sortent. Ils regardent le ciel. Ils respirent. Ils sont encore là.
« On a tenu une nuit de plus, dit Mykola en regardant l’horizon. Une nuit de plus. » Il sourit, mais c’est un sourire triste. Un sourire qui dit : on a tenu, mais pour combien de temps encore ?
Les négociations continuent. Les obus continuent de tomber. Le monde continue de regarder ailleurs. Mais ici, à Pokrovsk, à Huliaipole, les gens continuent de se battre. Parce que se battre, c’est encore vivre. Parce que résister, c’est encore espérer.
Je ne sais pas comment cette guerre finira. Je ne sais pas si la paix viendra. Je ne sais pas si la justice triomphera. Mais je sais une chose : tant qu’il y aura des gens comme Olena, comme Ihor, comme Oksana, comme Vitalii, cette guerre ne sera pas une défaite. Parce que la vraie défaite, ce ne serait pas de perdre un territoire. Ce serait de perdre notre humanité. Ce serait de détourner le regard. Ce serait de dire : ce n’est pas notre guerre. Mais c’est notre guerre. À tous.
Ce qui reste
Ce qui reste, ce sont les visages. Les mains qui se serrent. Les voix qui murmurent. Les enfants qui dessinent. Les soldats qui tiennent. Les médecins qui soignent. Les mères qui pleurent. Les pères qui se battent.
Ce qui reste, c’est l’espoir. Même minuscule. Même fragile. Même presque invisible. Mais il est là. Il est dans les bougies qui brûlent. Dans les sourires épuisés. Dans les mains qui se tendent.
Ce qui reste, c’est nous. Ceux qui regardent. Ceux qui écoutent. Ceux qui racontent. Ceux qui refusent d’oublier.
Parce que tant qu’on se souviendra, ils ne seront pas morts pour rien. Tant qu’on se souviendra, la lumière ne s’éteindra pas.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires :
Ukrinform – War update: 44 clashes on front lines since midnight, Pokrovsk, Huliaipole sectors hottest – 1er février 2026
Ukrinform – War update: 338 clashes on front lines over past day, Pokrovsk sector hottest – 1er février 2026
Associated Press – Further Russia-Ukraine talks scheduled for next week, says Zelenskyy – 1er février 2026
Associated Press – Power outages hit Ukraine and Moldova as Kyiv struggles against the winter cold – 31 janvier 2026
Sources secondaires :
Al Jazeera – Russian strike kills two in Ukraine – 1er février 2026
BBC – Ukraine war: Heavy fighting in Pokrovsk and Huliaipole – 1er février 2026
Les données statistiques, militaires et humanitaires citées proviennent d’institutions officielles : Ukrinform, Associated Press, Al Jazeera, et des rapports du General Staff of the Ukrainian Armed Forces.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et humaines contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Ukrinform – War update: 44 clashes on front lines since midnight, Pokrovsk, Huliaipole sectors hottest – 1er février 2026
Ukrinform – War update: 338 clashes on front lines over past day, Pokrovsk sector hottest – 1er février 2026
Associated Press – Further Russia-Ukraine talks scheduled for next week, says Zelenskyy – 1er février 2026
Associated Press – Power outages hit Ukraine and Moldova as Kyiv struggles against the winter cold – 31 janvier 2026
Sources secondaires
Al Jazeera – Russian strike kills two in Ukraine – 1er février 2026
BBC – Ukraine war: Heavy fighting in Pokrovsk and Huliaipole – 1er février 2026
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