Skip to content
COMMENTAIRE : Le géant d’acier s’éveille — Quand le futur USS John F. Kennedy prend la mer pour la première fois
Crédit: Adobe Stock

EMALS et AAG : les promesses qui coûtent cher

Le système de lancement électromagnétique (EMALS) et le système d’appontage avancé (AAG) sont censés révolutionner la façon dont les avions décollent et atterrissent sur un porte-avions. Plus de vapeur, plus de mécaniques lourdes : juste de l’électricité, de la précision, et une capacité à lancer des avions plus lourds, plus vite, et avec moins d’usure. Sur le papier, c’est parfait. Dans la réalité, c’est une source incessante de problèmes.

Les retards dans la certification du logiciel, les bugs dans les tests, les incompatibilités entre les systèmes — tout cela a contribué à repousser la livraison du Kennedy. Et ce n’est pas tout. Le Dual Band Radar, un autre joyau technologique du Ford et du Kennedy, a aussi connu son lot de difficultés. Un radar qui fusionne les fonctions de surveillance et d’engagement, capable de traquer des missiles et des avions en même temps. Encore une fois, sur le papier, c’est génial. Dans la pratique, c’est un casse-tête d’intégration et de calibration.

Résultat ? Des dépassements de budget qui se comptent en centaines de millions de dollars. Des retards qui se mesurent en années. Et une Navy qui doit justifier chaque centime dépensé devant un Congrès de plus en plus sceptique. Car oui, le CVN-79 coûte cher. Très cher. Et chaque dollar en plus est un dollar en moins pour d’autres priorités.

Je me demande parfois si nous ne sommes pas victimes de notre propre ambition. Nous voulons des porte-avions plus puissants, plus technologiques, plus révolutionnaires. Mais à quel prix ? Quand est-ce que l’innovation devient un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre ? Quand est-ce que le coût de la perfection dépasse les bénéfices qu’elle apporte ? Je ne remets pas en cause la nécessité de moderniser la flotte. Mais je me demande si, quelque part, nous n’avons pas perdu de vue l’essentiel : un porte-avions, c’est avant tout un outil de guerre. Pas un laboratoire de technologies.

Le syndrome du « trop tard, trop cher »

Le Gerald R. Ford, premier de la classe, a lui aussi accumulé les retards et les surcoûts. À tel point que son coût final a explosé, passant de 10,5 milliards à plus de 13 milliards de dollars. Une augmentation de 22%. Et le Kennedy ? Il suit la même trajectoire. Les leçons du Ford n’ont pas suffi à éviter les écueils. Pire : elles ont montré que les problèmes étaient systémiques.

La construction modulaire, censée accélérer l’assemblage, a introduit une complexité inattendue. Les « superlifts » — ces énormes sections préfabriquées du navire — sont difficiles à intégrer. Les systèmes doivent être testés, recalibrés, parfois redessinés. Et chaque modification coûte du temps. Et de l’argent.

Et puis, il y a la main-d’œuvre. Le chantier naval de Newport News est le seul aux États-Unis capable de construire des porte-avions nucléaires. Mais il souffre de pénuries de personnel qualifié, de turnover, et de problèmes de rétention. Résultat : des retards supplémentaires, des coûts supplémentaires, et une pression supplémentaire sur les épaules de ceux qui restent.

Alors, quand le Kennedy a enfin quitté son quai le 28 janvier 2026, c’était plus qu’un départ. C’était un soupir de soulagement pour des milliers de travailleurs, d’ingénieurs, de militaires. Mais c’était aussi le début d’une nouvelle course contre la montre : celle des essais en mer, celle de la livraison, celle de la mise en service.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu