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ÉDITORIAL : La Marine américaine joue son avenir sur des drones — et le monde regarde
Crédit: Adobe Stock

Des prototypes aux flottes opérationnelles

Ce n’est plus de la science-fiction. En 2026, la Marine américaine va déployer ses premiers drones opérationnels avec des groupes aéronavals. Le Seahawk, un navire de surface sans équipage, sera le premier à rejoindre un porte-avions en mission. Suivront les MQ-25 Stingray, des drones ravitailleurs qui permettront aux avions de combat de rester en l’air plus longtemps. Puis viendront les Collaborative Combat Aircraft (CCA), des drones de combat autonomes capables de décoller et d’atterrir sur un porte-avions.

Le capitaine Garrett Miller, responsable du développement des navires de surface, est formel : « Ces systèmes ne sont plus expérimentaux. Ils sont prêts pour le combat. » Et les chiffres donnent le vertige : d’ici 2045, 45 % de la flotte de surface sera sans équipage. Quatre ans plus tôt, en 2030, la Marine comptera déjà plus de 30 navires drones en service.

Mais le plus impressionnant, c’est le coût. Un drone comme le MQ-25 coûte 15 millions de dollars — une misère comparé aux 13 milliards d’un porte-avions. Et surtout, il est jetable. « On peut en perdre dix sans que ça fasse la une des journaux », résume un officier. Une révolution.

Et ce n’est qu’un début. La Marine travaille déjà sur des drones kamikazes, capables de s’écraser sur une cible ennemie après avoir accompli leur mission. Des drones-suicides, en quelque sorte. « Le dernier vol d’un CCA pourrait très bien être une mission suicide », explique le contre-amiral Stephen Tedford. « On les utilise quelques centaines d’heures, et à la fin, soit ils deviennent une cible, soit une arme. »

Il y a quelque chose de glaçant dans cette logique. Des machines conçues pour mourir. Pour se sacrifier. Comme si on avait enfin trouvé le moyen de faire la guerre sans pleurer nos morts. Mais est-ce vraiment un progrès ? Ou juste une façon de rendre la guerre encore plus froide, encore plus calculée ? Je me souviens d’un vétéran du Vietnam qui m’a dit un jour : « La guerre, c’est toujours l’enfer. Peu importe les machines. » Aujourd’hui, je me demande : et si les machines rendaient l’enfer encore plus grand ?

L’alliance des géants : Boeing, Northrop, General Atomics et Anduril en première ligne

Pour mener cette révolution, la Marine a fait appel aux plus grands noms de l’industrie aérospatiale : Boeing, Northrop Grumman, General Atomics et Anduril. Chacun planche sur des concepts de drones de combat autonomes, capables de décoller d’un porte-avions et de mener des missions en essaim.

Northrop Grumman mise sur son expérience en autonomie avancée. General Atomics adapte son drone MQ-20 Avenger, déjà testé par l’US Air Force. Anduril, la pépite de la tech de défense, promet des drones bon marché et produits en masse. Quant à Boeing, il travaille sur le MQ-25 Stingray, un drone ravitailleur qui pourrait aussi servir de plateforme de frappe.

Le contre-amiral Michael Donnelly, chargé du développement des CCA, est clair : « Nous voulons des drones qui puissent décoller, combattre et revenir sur un porte-avions, sans intervention humaine. » Un défi technique, mais aussi culturel : « Les pilotes doivent accepter que leur wingman soit une machine. »

Et les progrès sont fulgurants. En novembre 2025, la Marine a réussi à contrôler un MQ-20 Avenger depuis un porte-avions, grâce à un système de commande autonome développé par Lockheed Martin. « C’est un pas de géant », s’enthousiasme Donnelly. « D’ici 2030, nous aurons des essaims de drones capables de saturer les défenses ennemies. »

Mais le vrai défi, c’est le prix. La Marine veut des drones à moins de 15 millions de dollars pièce — bien moins que les 25 à 30 millions envisagés par l’US Air Force. « Nous ne voulons pas de drones qui coûtent aussi cher qu’un avion de combat », explique Tedford. « Nous voulons des drones que nous pouvons perdre sans regret. »

Je me souviens d’une discussion avec un ingénieur de General Atomics. Il m’a montré une maquette de leur dernier drone. « Regardez, m’a-t-il dit, c’est comme un couteau suisse. Il peut tout faire : surveiller, frapper, ravitailler, mourir. » J’ai pensé à mon grand-père, qui pilotait des B-17 pendant la Seconde Guerre mondiale. Il m’a toujours dit : « Un avion, c’est comme un cheval. Tu dois en prendre soin, parce que c’est lui qui te ramène à la maison. » Aujourd’hui, on construit des machines qu’on envoie à la mort sans sourciller. Est-ce vraiment ça, le progrès ?

Sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.

Sources primaires :

Navy’s new hedge strategy calls for ‘tailored’ unmanned forces to augment carriers – 28 janvier 2026

No longer ‘experimental’: Navy to deploy drone boats this year, official says – 16 janvier 2026

EXCLUSIVE: Navy taps four aerospace primes to design autonomous drone wingmen – 5 septembre 2025

The Navy needs a 180-degree pivot: Embracing autonomy and AI for maritime dominance – 14 mars 2025

Sources secondaires :

US Navy to deploy unmanned systems with surface forces this year – Defense News, 15 janvier 2026

Navy wants to field collaborative combat aircraft by late 2020s – C4ISRNET, 10 novembre 2025

Les données stratégiques et techniques citées proviennent d’interviews avec des officiers de la Marine américaine, de rapports du Congrès, et d’analyses d’experts en stratégie navale.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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