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ÉDITORIAL : La paix selon Witkov, ou comment la Russie joue au pacificateur en bombardant l’Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Les négociations : un théâtre d’ombres

Depuis décembre 2025, les émissaires américains, russes et ukrainiens sillonnent la planète : Miami, Moscou, Abu Dhabi, Davos. Zelensky rencontre Trump, qui appelle Poutine avant même de s’asseoir avec le président ukrainien. Witkov et Kushner enchaînent les réunions, les déclarations optimistes, les « progrès significatifs ». Mais de quoi parle-t-on, au juste ?

Officiellement, il s’agit de discuter des « garanties de sécurité » pour l’Ukraine, de la « reconstruction », des « modalités d’un cessez-le-feu ». En réalité, il s’agit pour la Russie de gagner du temps, d’épuiser l’Ukraine, et de faire pression sur l’Occident pour qu’il accepte un statut quo qui légitimerait ses conquêtes. Pendant que les diplomates sirotent leur café à Davos, les missiles russes pleuvent sur Kharkiv, Dnipro, Odesa. 97 drones lancés en une seule nuit. Des civils tués. Des vies brisées. Mais à Miami, on parle de « paix ».

Je me demande parfois si ces diplomates ferment les yeux en quittant leurs hôtels cinq étoiles pour se rendre à leurs réunions. Ferment-ils les yeux sur les images des enfants ukrainiens gelés dans des abris de fortune, sur les grands-mères qui meurent de froid parce que Poutine a décidé que le chauffage était une arme de guerre ? Ferment-ils les yeux sur le fait que, pendant qu’ils négocient, des familles entières sont enterrées sous les décombres de leur immeuble ? La diplomatie, c’est bien. Mais quand elle devient une mascarade qui permet à l’agresseur de dicter ses conditions, elle n’est plus que la complicité déguisée de l’injustice.

Le piège des « territoires endommagés »

Le plus cynique, dans cette histoire, c’est la proposition russe d’utiliser les avoirs gelés (environ 300 milliards de dollars) pour reconstruire l’Ukraine. Une aubaine, en apparence. Sauf que cette reconstruction ne concernerait que les « territoires endommagés par les hostilités » — c’est-à-dire, en langage clair, les zones que la Russie a elle-même détruites, et qu’elle compte bien garder. Autrement dit : « On vous casse les jambes, puis on vous propose une canne… à condition que vous nous donniez aussi vos bras. »

Et bien sûr, rien n’est dit sur les réparations pour les crimes de guerre, rien sur la justice pour les victimes, rien sur le retour des déportés. Juste une reconstruction sous contrôle russe, financée par l’Ukraine et l’Occident, avec en prime la légitimation des annexions. C’est du génie, d’une certaine manière : transformer la victime en complice de son propre viol.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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