Skip to content
ÉDITORIAL : L’Ukraine mord l’hiver — et la Russie mord l’Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Une stratégie vieille comme la guerre

L’histoire se répète. Napoléon a perdu en Russie à cause de l’hiver. Hitler aussi. Aujourd’hui, c’est l’Ukraine qui affronte le gel comme ennemi. Mais cette fois, l’hiver n’est pas un allié neutre. Il est instrumentalisé. Les frappes russes sur les centrales électriques ne sont pas des accidents. Elles sont conçues pour plonger le pays dans le noir, pour faire de chaque degré en moins une arme supplémentaire.

Les chiffres sont accablants :

Plus de 800 immeubles6 000 bâtimentsDes températures descendant jusqu’à -30°CDes écoles fermées

La Russie ne se contente pas de bombarder. Elle asphyxie. Elle transforme l’hiver en un piège mortel, où chaque jour est une lutte pour survivre.


Je me souviens d’un reportage sur une grand-mère ukrainienne, assise dans son appartement glacé, les mains tremblantes autour d’une tasse de thé tiède. Elle disait : « On a survécu à la Seconde Guerre mondiale. On survivra à ça aussi. » Mais dans ses yeux, il n’y avait pas de défi. Juste de la fatigue. Une fatigue si profonde qu’elle en devenait une résignation. Et c’est ça, la vraie victoire de Poutine : non pas de gagner la guerre, mais de faire en sorte que les Ukrainiens en viennent à douter qu’ils méritent de la gagner. Que le monde les abandonne. Que l’hiver les use, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus la force de résister.

Les civils, cibles privilégiées

Les frappes russes ne visent pas que les soldats. Elles visent les civils. Les hôpitaux, les écoles, les immeubles résidentiels. À Odessa, une frappe a touché un immeuble, tuant trois personnes et en blessant trente autres. À Sloviansk, une bombe planante a tué un couple et blessé leur fils de 20 ans. À Zaporijjia, une femme enceinte de 39 semaines a été blessée.

Chaque frappe est un message : l’Ukraine ne mérite ni paix ni sécurité. Chaque victime est un avertissement : la résistance a un prix. Et ce prix, ce sont les vies des innocents.

Le 30 janvier, le Kremlin a annoncé une « pause » dans les frappes sur Kyiv, jusqu’à dimanche. Une pause. Pas un cessez-le-feu. Une pause, comme si la guerre était un jeu qu’on peut mettre en pause avant de reprendre la partie. Comme si les vies brisées, les maisons détruites, les familles endeuillées pouvaient attendre sagement que les négociations avancent.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu