Skip to content
ÉDITORIAL : L’USS John F. Kennedy en mer — Un géant en retard, un symbole en péril
Crédit: Adobe Stock

Un calendrier serré, des enjeux colossaux

Les essais en mer de l’USS John F. Kennedy ne sont pas une simple formalité. Ils marquent le début d’une course effrénée contre la montre. D’ici mars 2027, le navire doit être pleinement opérationnel, capable de déployer des F-35C Lightning II, des drones, et de mener des opérations aéronavales à grande échelle. Un défi titanesque, surtout quand on sait que son prédécesseur, l’USS Gerald R. Ford, a mis cinq ans après sa mise en service pour atteindre sa pleine capacité opérationnelle.

Le problème ? Le monde ne nous attend pas. La Chine, elle, avance. Son troisième porte-avions, le Fujian, est déjà en phase de tests avancés. Pékin ne cache pas ses ambitions : dominer les mers d’Asie, puis le Pacifique. Et pendant que nous perdons du temps à régler des problèmes de systèmes d’ascenseurs et de radars, la Chine construit, déploie, et menace.

Je me souviens d’une conversation avec un amiral à la retraite. Il m’a dit : « Un porte-avions, c’est comme un couteau suisse. Ça ne sert à rien si tu ne peux pas l’ouvrir quand tu en as besoin. » Aujourd’hui, notre couteau suisse est rouillé. Nous avons les technologies les plus avancées du monde — des catapultes électromagnétiques, des radars dernière génération, des systèmes de combat intégrés — mais si nous ne pouvons pas les faire fonctionner à temps, à quoi bon ? La Chine, elle, n’a pas ces scrupules. Elle avance, même si ses navires sont moins perfectionnés. Parce qu’elle comprend une chose : dans la guerre moderne, la rapidité prime sur la perfection.

Les leçons (non apprises) du Gerald R. Ford

L’USS Gerald R. Ford était censé révolutionner la guerre navale. Avec ses catapultes électromagnétiques (EMALS), ses systèmes d’appontage avancés (AAG), et ses radars à double bande, il promettait une capacité de projection de puissance sans précédent. Pourtant, les problèmes se sont accumulés : pannes à répétition des ascenseurs à munitions, retards dans la certification des systèmes, et des coûts qui ont explosé — passant de 12,8 milliards à plus de 13,3 milliards de dollars.

Le John F. Kennedy aurait dû bénéficier de ces leçons. Pourtant, les mêmes erreurs se répètent. Les ascenseurs à munitions (AWE), critiques pour le réarmement rapide des avions, accusent toujours des retards. Les systèmes d’appontage (AAG) ne sont pas encore pleinement certifiés. Et la chaîne d’approvisionnement, déjà mise à rude épreuve par la pandémie, peine à fournir les pièces nécessaires à temps.

Résultat : un porte-avions qui, malgré ses 91% de construction terminés, n’est toujours pas prêt. Un porte-avions qui, au lieu d’être le fer de lance de la flotte, devient un symbole de nos faiblesses industrielles.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu