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ÉDITORIAL : Quand la Russie réclame des « armes de représailles » pendant que l’Ukraine gèle dans le noir
Crédit: Adobe Stock

Le 31 janvier : quand tout s’effondre

Le 31 janvier 2026 à 10h42, heure de Kyiv, le réseau électrique ukrainien s’est effondré. Une « défaillance technique » a provoqué l’arrêt simultané de la ligne de 400 kilovolts entre les réseaux électriques de la Roumanie et de la Moldavie, et de la ligne de 750 kilovolts entre l’ouest et le centre de l’Ukraine. En quelques minutes, des millions de personnes se sont retrouvées dans le noir. À Kyiv, le métro s’est arrêté. Les stations de pompage ont cessé de fonctionner. Plus d’eau courante. Plus de chauffage. Plus de lumière. Et dehors, le thermomètre affichait moins quatorze degrés Celsius. Le ministre de l’Énergie Denys Shmyhal a parlé d’un « arrêt en cascade » du réseau. Les centrales nucléaires ont dû réduire leur puissance. Pendant des heures, l’Ukraine a retenu son souffle. Et ce n’était pas une attaque russe directe. C’était simplement un système à bout de souffle qui a lâché.

Car voilà la vérité que Volodin connaît parfaitement : il n’a même plus besoin de frapper pour que l’Ukraine souffre. Des semaines de bombardements méthodiques contre les infrastructures énergétiques ont réduit le réseau électrique ukrainien à l’état de fantôme de lui-même. Le système ne peut plus répondre qu’à 60 pour cent de la demande nationale en électricité. Chaque jour, des coupures programmées plongent des quartiers entiers dans l’obscurité pendant des heures. Et maintenant, une simple défaillance technique suffit à faire tomber tout le système comme un château de cartes. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux sont glaçantes. Des files d’attente interminables devant des points de distribution de repas chauds. Des familles entassées dans des centres d’accueil d’urgence. Des enfants qui font leurs devoirs à la lueur de bougies, emmitouflés dans des couvertures. Ce n’est pas un film catastrophe. C’est l’Ukraine en janvier 2026.

Quand je lis que Volodin promet « de nouveaux problèmes » aux Ukrainiens dès la semaine prochaine, je me demande ce qu’il peut bien imaginer de pire. Des températures de moins trente? Un réseau électrique qui s’effondre? Des mères qui font chauffer des briques sur des bougies pour réchauffer leurs enfants? Tout cela existe déjà. Tout cela se passe en ce moment même. Et cet homme, depuis son bureau chauffé du Kremlin, trouve que ce n’est pas assez. Il veut plus. Toujours plus. La cruauté a-t-elle une limite? La réponse, apparemment, est non.

Les chiffres de l’horreur énergétique

Pour comprendre l’ampleur du désastre, il faut regarder les chiffres. Et les chiffres sont accablants. Depuis le début de l’hiver 2025-2026, la Russie a intensifié de manière systématique ses attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Missiles de croisière, missiles balistiques, drones Shahed : tout est bon pour détruire les centrales thermiques, les sous-stations, les lignes à haute tension. Le résultat? L’Ukraine fait face à « une pénurie significative d’électricité », selon les termes mêmes du ministre de l’Énergie. Le pays peine à fournir de l’eau, du chauffage et de l’électricité à sa population malgré les températures glaciales. Et la semaine prochaine, ces températures vont encore chuter. Dans certaines régions, on attend entre moins vingt et moins trente degrés Celsius. C’est entre moins quatre et moins vingt-deux degrés Fahrenheit pour ceux qui utilisent cette échelle. Des températures mortelles pour quiconque n’a pas accès au chauffage.

Les Ukrainiens s’adaptent comme ils peuvent. Sur les réseaux sociaux, ils partagent des astuces de survie. Comment fabriquer un chauffage d’appoint avec des briques et des bougies. Comment conserver la chaleur dans un appartement sans électricité. Comment cuisiner sans gaz ni électricité. Les magasins qui vendaient des poêles à gaz portables ont vu leurs rayons vidés en quelques jours. Les batteries externes, les lampes de poche, les guirlandes lumineuses à piles sont devenues des objets de première nécessité. « Les longues coupures de courant par ces températures glaciales ont épuisé les gens », a confié une psychologue de Kyiv à NPR. Épuisé. Le mot est faible. Ce que vivent les Ukrainiens depuis des semaines, c’est une guerre d’usure où l’ennemi n’est pas seulement l’armée russe, mais le froid lui-même. Un froid que Moscou a délibérément transformé en arme de destruction massive.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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