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ÉDITORIAL : Starlink, la guerre des satellites et le silence qui tue
Crédit: Adobe Stock

Quand la technologie sauveur devient complice

En 2022, Starlink était une bouffée d’oxygène pour l’Ukraine. Sans ces terminaux, l’armée ukrainienne aurait été coupée du monde, incapable de coordonner ses défenses, ses contre-attaques, ses évacuations. 42 000 terminaux déployés sur le front, dans les hôpitaux, les abris, les postes de commandement. Une révolution. Une lueur d’espoir dans l’obscurité de la guerre.

Mais la guerre a ses lois, et l’une d’elles est cruelle : toute arme peut se retourner contre celui qui la brandit. Dès 2023, les rapports se multiplient : des terminaux Starlink apparaissent du côté russe. D’abord quelques-uns, puis des centaines, puis des milliers. Achetés via des pays du Moyen-Orient, activés dans les territoires occupés, utilisés pour guider des drones Shahed vers des cibles ukrainiennes. Kyrylo Budanov, chef du renseignement militaire ukrainien, le confirme : la Russie utilise Starlink pour frapper plus loin, plus précis, plus mortel.

Je me souviens d’une interview de Budanov, en 2024. Il parlait des drones russes, de leur précision nouvelle, de leur capacité à frapper des cibles à 500 kilomètres de distance. « Ils utilisent nos propres outils contre nous », avait-il dit, la voix tendue. Et moi, en l’écoutant, je me suis demandé : comment est-ce possible ? Comment peut-on laisser une technologie, conçue pour sauver des vies, devenir un instrument de mort ? Comment peut-on savoir, et ne pas agir ?

Le Pentagone entre en jeu, mais trop tard

En mai 2024, le Pentagone annonce enfin bloquer l’accès de la Russie à Starlink en Ukraine. John Plumb, secrétaire adjoint à la Défense pour la politique spatiale, déclare que les États-Unis travaillent avec SpaceX pour « contrer l’utilisation illicite » des terminaux. Une victoire ? Non. Une demi-mesure. Parce que pendant ce temps, les drones russes continuent de pleurer. Parce que les terminaux, une fois activés, restent actifs. Parce que la Russie trouve toujours des failles, des contourner, des complicités.

Et surtout, parce que Elon Musk, lui, reste silencieux. Ou pire : il minimise. En 2024, il avait déjà coupé l’accès à Starlink près de la Crimée, sabotant une contre-offensive ukrainienne. « Pour éviter la Troisième Guerre mondiale », avait-il justifié. Comme si laisser la Russie gagner était un moindre mal. Comme si les vies ukrainiennes valaient moins que ses craintes géopolitiques.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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