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CHRONIQUE : L’iceberg Epstein quand les dossiers révèlent l’impensable
Crédit: Adobe Stock

Les emails qui accusent

Les emails entre Musk et Epstein sont accablants. En novembre 2012, Epstein écrit : « Combien de personnes voulez-vous pour l’hélicoptère vers l’île ? » Musk répond : « Probablement juste Talulah et moi. Quel soir sera la fête la plus folle sur ton île ? » En décembre 2013, Musk écrit à nouveau : « Je serai dans les îles Vierges britanniques/St-Barthélémy pendant les vacances. Y a-t-il un bon moment pour venir ? » Epstein répond : « On peut jouer ça à l’oreille si tu veux. Il y a toujours de la place pour toi. » Des phrases qui, aujourd’hui, résonnent comme des aveux.

Et pourtant, Musk nie. « J’ai refusé d’aller sur l’île d’Epstein », a-t-il écrit sur X en 2025. « J’ai toujours su que toute correspondance avec Epstein pouvait être mal interprétée et utilisée pour salir mon nom. » Mais les emails sont là. Et ils racontent une autre histoire. Une histoire où Musk, loin de refuser, semble au contraire enthousiaste à l’idée de se rendre sur cette île maudite. Une histoire où il pose des questions sur les « fêtes les plus folles ». Une histoire où il envisage sérieusement d’y emmener sa partenaire.

Je me souviens d’une phrase de Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » C’est exactement ce qui se passe ici. Musk et Hoffman se renvoient la balle, se traitent mutuellement de menteurs, de manipulateurs. Mais aucun des deux ne nomme les choses. Aucun des deux ne dit : « Oui, j’ai fréquenté Epstein. Oui, j’ai échangé des emails avec lui. Oui, j’ai envisagé d’aller sur son île. Et oui, j’ai eu tort. » Non. Ils préfèrent se cacher derrière des accusations, des dénégations, des demi-vérités. Parce que reconnaître, ce serait admettre leur failles. Ce serait admettre qu’ils ne sont pas les héros qu’ils prétendent être. Ce serait admettre qu’ils sont, eux aussi, des hommes. Avec leurs faiblesses. Leurs erreurs. Leurs complicités.

Reid Hoffman, l’homme qui savait trop

Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, est au cœur de la tempête. Selon Musk, c’est lui qui a servi d’intermédiaire entre Epstein et lui. « Reid Hoffman était sur l’île le week-end dernier », écrit Epstein à Musk en 2014. Hoffman, lui, nie en bloc. « C’est dégoûtant. Musk mendiait pour aller aux fêtes d’Epstein », rétorque-t-il. Mais les faits sont têtus. Hoffman a bien fréquenté Epstein. Il a bien été sur son île. Il a bien échangé des emails avec lui. Et aujourd’hui, il se retrouve au cœur d’une bataille de milliardaires, où la vérité est la première victime.

Hoffman et Musk ont une histoire commune. Ils se sont connus chez PayPal, où Hoffman était directeur des opérations et Musk, PDG. Une relation professionnelle, puis personnelle. Une relation qui, aujourd’hui, se retourne contre eux. Parce que quand on a fréquenté Epstein, quand on a mis les pieds sur son île, quand on a échangé des emails avec lui, on ne peut plus prétendre à l’innocence. On ne peut plus dire : « Je ne savais pas ». Parce que tout le monde savait. Tout le monde connaissait la réputation d’Epstein. Tout le monde savait ce qui se passait sur cette île. Et pourtant, ils y sont allés. Ou ils ont envisagé d’y aller. Ou ils ont fermé les yeux.

Je me demande parfois ce que ça fait, d’être un milliardaire. De savoir que, quoi qu’il arrive, on aura toujours des avocats, des communicants, des amis bien placés pour étouffer les scandales. De savoir que, même si on a fréquenté un monstre, même si on a échangé des emails avec lui, même si on a envisagé de passer Noël sur son île maudite, on pourra toujours nier. Toujours se défendre. Toujours trouver quelqu’un pour nous croire. Parce que le monde a besoin de croire en ses héros. Même quand ils ont les pieds dans la boue. Même quand ils ont du sang sur les mains. Et c’est ça, peut-être, la vraie puissance. Pas l’argent. Pas les entreprises. Mais cette capacité à survivre à tout. Même à la vérité.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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