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ANALYSE : La nuit où l’Ukraine a tremblé — Quand la Russie frappe en plein hiver, le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Les districts de Kyiv en première ligne

À Kyiv, les explosions ont retenti pendant des heures. Les districts de Dniprovskyi et Desnianskyi ont été les plus touchés. Des immeubles résidentiels en flammes, des écoles endommagées, des rues jonchées de débris. Les services d’urgence ont travaillé sans relâche pour éteindre les incendies et secourir les victimes, mais les dégâts sont immenses. Vitali Klitschko, le maire de Kyiv, a annoncé que 1 170 immeubles étaient privés de chauffage après les frappes. Un retour en arrière brutal, alors que les équipes avaient réussi, après des semaines d’efforts, à rétablir l’électricité dans presque tous les foyers.

Les images diffusées par les services de secours ukrainiens sont insoutenables : des pompiers luttant contre les flammes dans un immeuble de plusieurs étages, des civils en état de choc, des enfants évacués en pleine nuit, les yeux emplis de larmes et de poussière. Parmi les cibles, un symbole particulièrement cynique : le Hall of Fame du Musée national de l’Histoire de l’Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale, situé au pied du monument de la Mère Patrie. Tetiana Berezhna, la ministre ukrainienne de la Culture, a qualifié cette frappe de « symbolique et cynique à la fois : l’État agresseur frappe un lieu de mémoire sur la lutte contre l’agression au XXe siècle, répétant les mêmes crimes au XXIe« . Un message clair : pour Poutine, aucune limite n’est intouchable.

Je regarde ces images, et je pense à ma propre ville. À ces rues que je connais, ces immeubles qui pourraient être les miens, ces visages qui pourraient être ceux de mes voisins. Et je me demande : si c’était nous, est-ce que le monde réagirait enfin ? Ou est-ce qu’on nous laisserait aussi seuls face à l’horreur ? Parce que c’est ça, la vérité crue de cette guerre : tant qu’elle ne frappe pas nos portes, on peut fermer les yeux. On peut dire que c’est loin. Qu’on ne peut rien y faire. Qu’il faut négocier. Mais négocier avec qui ? Avec un régime qui bombarde des maternités et des bus de mineurs ?

L’échec des défenses aériennes et l’urgence des livraisons

Face à cette vague de frappes, les défenses aériennes ukrainiennes ont été submergées. Sur les 71 missiles et 450 drones lancés, seulement 38 missiles et 412 drones ont été interceptés. Un taux d’échec qui s’explique par l’épuisement des stocks de missiles anti-aériens, mais aussi par la saturation des systèmes de défense. Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois appelé ses alliés à accélérer les livraisons d’armes, notamment de missiles pour les systèmes Patriot et NASAMS. « Sans pression sur la Russie, il n’y aura pas de fin à cette guerre« , a-t-il martelé.

Le problème est connu : l’Ukraine dépend presque entièrement des livraisons occidentales pour ses défenses aériennes. Or, ces livraisons sont ralenties par les hésitations politiques, les lenteurs bureaucratiques, et parfois, tout simplement, par le manque de volonté. Pendant ce temps, la Russie continue de produire des missiles et des drones à un rythme effréné, avec l’aide de pays comme l’Iran et la Corée du Nord. Résultat : chaque nuit d’attaque est une nuit de plus où les Ukrainiens prient pour que leurs défenses tiennent. Une nuit de plus où le monde regarde, impuissant ou indifférent.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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