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ANALYSE : Trump et les terres rares — La guerre silencieuse qui pourrait tout changer
Crédit: Adobe Stock

Comment Pékin a verrouillé le marché

Pour comprendre la domination chinoise, il faut remonter à 1987. Cette année-là, Deng Xiaoping, alors leader de la Chine, déclarait : « Le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares. » Depuis, Pékin a méthodiquement verrouillé la chaîne de valeur : extraction, traitement, innovation. Résultat ? Aujourd’hui, la Chine produit 70 % des terres rares mondiales et en transforme 90 %. Les États-Unis, eux, n’en extraient presque plus. Leur dernière mine majeure, Mountain Pass en Californie, a fermé dans les années 2000, incapable de rivaliser avec les coûts chinois. Et quand elle a rouvert en 2020, c’était pour… envoyer son minerai en Chine pour traitement. L’absurdité de la situation est telle que même les terres rares extraites aux États-Unis finissent entre les mains de Pékin.

Mais le pire est à venir. La Chine ne se contente pas de dominer le marché. Elle le manipule. En 2025, lors des tensions commerciales avec Washington, Pékin a coupé les exportations vers les États-Unis. Résultat : les usines de Tesla et de Lockheed Martin ont dû ralentir leur production. Les prix des aimants permanents, essentiels pour les moteurs électriques, ont flambé de 400 %. Et Trump, qui avait passé quatre ans à vanter son « America First », s’est retrouvé impotent. « Nous sommes comme un boxeur qui entre sur le ring avec les deux mains attachées dans le dos », résume un haut responsable du Pentagone. La Chine, elle, rit. Elle a passé trente ans à préparer ce coup. Et aujourd’hui, elle tient l’Amérique en otage.

Je me souviens d’une conversation avec un ingénieur de General Electric, en 2023. Il m’avait expliqué, les yeux brillants, comment les terres rares étaient « la clé de voûte de la révolution technologique ». Deux ans plus tard, je le recontacte. Sa voix est brisée. « On a tout externalisé, tout délocalisé. Et maintenant, on est à leur merci. » Cette phrase résume tout. L’Amérique a cru pouvoir se passer de l’industrie lourde, des mines, des usines sales. Elle a cru que l’innovation suffirait. Mais l’innovation, sans matières premières, n’est qu’un château de cartes. Et aujourd’hui, ce château s’effondre.

Le piège se referme

Le « Project Vault » est une tentative désespérée de sortir du piège. Mais ce piège, la Chine l’a tendu depuis des décennies. Dès les années 1990, Pékin a subventionné ses mines, dumpé ses prix, étouffé la concurrence. Résultat : aujourd’hui, extraire des terres rares en dehors de Chine coûte trois fois plus cher. Et même quand les États-Unis tentent de relancer leur production, comme avec la mine de Mountain Pass, ils se heurtent à un mur : le traitement. Car les terres rares, une fois extraites, doivent être raffinées, un processus complexe et polluant que la Chine maîtrise à la perfection. « On pourrait rouvrir toutes nos mines demain, sans usines de traitement, on serait toujours dépendants », explique un expert de l’USGS.

Et Pékin le sait. En 2025, lorsque les tensions commerciales ont explosé, la Chine a ciblé ses restrictions. Pas de coupure totale — cela aurait été trop visible, trop provocateur. Non, Pékin a choisi une stratégie bien plus vicieuse : elle a ralenti les livraisons, augmenté les prix, imposé des quotas. Résultat : les usines américaines ont commencé à tourner au ralenti, les chaînes d’approvisionnement se sont gripées, et Trump a dû céder sur plusieurs dossiers commerciaux. « Ils nous ont étranglés sans même avoir à tirer un coup de feu », confie un négociateur américain. Et aujourd’hui, avec son stockpile, Trump tente de racheter du temps. Mais la Chine, elle, joue sur le long terme. Et elle a déjà gagné.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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