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BILLET : Trump et l’Inde, ou l’art de transformer une guerre commerciale en coup de théâtre
Crédit: Adobe Stock

500 milliards de dollars : le chiffre magique

Trump a annoncé que l’Inde allait acheter pour « plus de 500 milliards de dollars » de produits américains. Un chiffre astronomique, presque aussi gros que le PIB de la Belgique. Sauf que personne, pas même les experts indiens, ne croit à cette promesse. Ajay Srivastava, du centre d’analyse Global Trade Research Initiative, a été clair : « Ce chiffre de 500 milliards de dollars n’est pas réaliste. L’Inde importe moins de 50 milliards de dollars des États-Unis chaque année. » Alors, d’où sort ce chiffre ? D’un coup de bluff, bien sûr. Trump a toujours aimé les gros chiffres. Ils impressionnent, ils font la une des journaux, et ils donnent l’impression qu’il est un négociateur hors pair.

Mais la réalité est bien différente. Les exportations indiennes vers les États-Unis s’élèvent à environ 87 milliards de dollars par an. Même en doublant ce chiffre, on est loin des 500 milliards. Alors, à quoi joue Trump ? À deux choses : d’abord, il veut montrer qu’il est capable de faire plier les autres pays, même les géants comme l’Inde. Ensuite, il veut rassurer les marchés et les électeurs en leur disant : « Regardez, je fais des affaires, l’économie va bien. » Peu importe si c’est vrai ou non. L’important, c’est que les gens y croient.

Je me souviens d’un vieux proverbe : « Les chiffres sont comme les bikinis. Ce qu’ils révèlent est suggestif, mais ce qu’ils cachent est essentiel. » Trump a transformé l’art de manipuler les chiffres en une science. Il lance un nombre, les médias le reprennent, et hop, la magie opère. Personne ne vérifie, personne ne questionne. On est dans l’ère de la post-vérité, où un tweet vaut un traité, et où un chiffre inventé devient une réalité. Et nous, on avale tout, comme des poissons qui mordent à l’hameçon.

La Bourse de Bombay s’emballe, mais pour combien de temps ?

L’annonce de l’accord a fait bondir la Bourse de Bombay de près de 5 % à l’ouverture. La roupie s’est appréciée, les investisseurs ont applaudi. Mais cette euphorie est-elle justifiée ? Les analystes sont prudents. Apurva Sheth, de SAMCO Securities, a tempéré les enthousiasmes : « Cet accord est un atout majeur pour le climat économique, mais il ne faut pas s’attendre à des miracles. » En clair : oui, c’est une bonne nouvelle, mais non, ça ne va pas tout changer.

Et pour cause. Les exportations indiennes vers les États-Unis ne représentent qu’une petite partie du PIB indien. Et si Trump décide demain de remettre des droits de douane, tout peut s’effondrer. L’Inde le sait. Elle a déjà été brûlée par les caprices de Washington. Alors, elle savoure le moment, mais elle ne se fait pas d’illusions. Modi est un pragmatique. Il prend ce qu’on lui donne, mais il garde toujours un plan B.

Je regarde ces marchés qui s’emballent, ces bourses qui flambent, et je me demande : combien de temps ça va durer ? Combien de temps avant que Trump ne change d’avis, avant qu’il ne trouve un nouveau bouc émissaire, avant qu’il ne lance une nouvelle guerre commerciale ? On est dans un monde où tout va vite, où tout est éphémère. Les marchés montent, les marchés descendent, et nous, on reste là, à regarder le spectacle, comme des spectateurs impuissants. La vraie question, c’est : quand est-ce que le rideau va tomber ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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