Les héros invisibles
Dans les rues de Kyiv, des hommes et des femmes courent. Pas pour fuir. Pour réparer. Ce sont les travailleurs de l’énergie, les « électriciens de l’ombre », comme on les appelle ici. Ils savent que chaque minute compte. Que chaque ligne électrique rétablie, c’est une vie sauvée. Un appartement chauffé. Un hôpital qui fonctionne. Une école qui peut rouvrir.
Je les ai suivis hier, dans le quartier de Pecherskyi. Ils travaillaient sous une pluie de drones, protégés seulement par leurs casques et leurs gilets pare-balles. L’un d’eux, Oleksandr, 38 ans, m’a dit : « On n’a pas le choix. Si on ne le fait pas, qui le fera ? » Puis il a souri, malgré le froid, malgré la peur. « Et puis, Poutine compte sur nous pour abandonner. Alors on ne lui fera pas ce plaisir. »
Oleksandr a trois enfants. Sa femme est infirmière. Elle travaille dans un hôpital qui, hier, a dû évacuer ses patients en urgence à cause d’une coupure de courant. Quand je lui ai demandé comment il faisait pour tenir, il a haussé les épaules : « On n’a pas le temps de réfléchir. On agit. » Des mots simples. Des mots qui résument tout ce que cette guerre a de plus cruel et de plus beau : des gens ordinaires qui, face à l’horreur, choisissent de se battre.
La vie en mode survie
Dans les supermarchés, les rayons sont vides. Pas parce qu’il n’y a plus de nourriture, mais parce que les livraisons sont perturbées. Les routes sont bloquées par la neige, les camions doivent faire des détours pour éviter les zones bombardées. Les prix flambent. Un litre d’eau coûte maintenant l’équivalent de 5 euros. Un pain, 3.
Les Ukrainiens s’organisent. Ils partagent ce qu’ils ont. Ils cuisinent ensemble dans les abris. Ils chauffent leurs maisons avec des poêles à bois improvisés. Ils inventent une nouvelle façon de vivre, où chaque geste compte, où chaque ressource est précieuse. Où la solidarité n’est pas un mot, mais une nécessité.
SECTION 3 : La nuit la plus longue
Quand le ciel tombe
La nuit dernière a été la pire depuis le début de l’hiver. 450 drones et 70 missiles ont été lancés sur l’Ukraine. Kyiv, Kharkiv, Dnipro, Odesa, Lviv – aucune région n’a été épargnée. Les explosions ont retenti toute la nuit. Les interceptions des systèmes anti-aériens ont illuminé le ciel comme un feu d’artifice macabre [AP News, 3 février 2026].
Dans un immeuble du centre de Kyiv, une famille a passé la nuit dans la cave. Iryna, 62 ans, m’a raconté : « On entendait les explosions. On sentait les murs trembler. Et on priait. Pas pour nous. Pour nos enfants. Pour qu’ils puissent voir demain. » Son petit-fils, Maksym, 8 ans, dormait contre elle, les écouteurs sur les oreilles pour ne pas entendre les bombes. « Il a peur du noir, maintenant », a-t-elle murmuré.
Maksym a huit ans. Il devrait jouer, rire, aller à l’école. Au lieu de ça, il apprend à reconnaître le son des drones. Il sait qu’il doit courir à la cave quand les sirènes retentissent. Il sait que le noir, ce n’est pas seulement l’absence de lumière. C’est la peur. C’est l’attente. C’est l’angoisse de ne pas savoir si, demain, sa maison sera encore debout. Et moi, je me demande : quel genre de monde laissons-nous à ces enfants ?
L’hôpital dans le noir
À l’hôpital central de Kyiv, les générateurs tournent à plein régime. Mais le carburant commence à manquer. Les médecins opèrent à la lueur des lampes frontales. Les couveuses sont branchées sur des batteries de secours. Dr. Olena, pédiatre, m’a confié : « On fait ce qu’on peut. Mais si les générateurs lâchent… » Elle n’a pas fini sa phrase. Elle n’avait pas besoin de le faire.
Dans le service de néonatologie, les bébés prématurés sont enveloppés dans des couvertures chauffantes. Leurs mères les serrent contre elles, priant pour que le courant ne coupe pas. Parce que sans électricité, pas de respirateurs. Sans respirateurs, pas de vie.
SECTION 4 : Le matin après
Le bilan
Ce matin, le bilan est lourd. Dix morts à Kyiv. Douze à Dnipro. Six blessés à Zaporijjia. Des centaines de milliers de personnes sans électricité, sans eau, sans chauffage. Des écoles fermées. Des hôpitaux saturés. Une ville à genoux, mais qui refuse de tomber [AP News, 3 février 2026].
Dans les rues, les gens se serrent les uns contre les autres. Ils partagent des thermos de thé chaud, des morceaux de pain, des sourires fatigués. Ils savent que le pire est peut-être encore à venir. Mais ils savent aussi qu’ils ne sont pas seuls.
Je marche dans les rues de Kyiv, et je vois des visages fatigués, mais déterminés. Des yeux cernés, mais pleins de vie. Des mains gercées par le froid, mais qui serrent celles des autres. Et je me dis que, peut-être, c’est ça, la vraie résistance. Pas les chars, pas les missiles, pas les drones. Mais cette capacité, malgré tout, à rester humain. À continuer d’espérer. À refuser de céder.
L’attente
Maintenant, les Ukrainiens attendent. Ils attendent que le courant revienne. Ils attendent que les réparations soient terminées. Ils attendent que l’OTAN agisse. Ils attendent que le monde comprenne.
Mais surtout, ils attendent la fin de l’hiver. Parce qu’ils savent que, quand les températures remonteront, la Russie perdra une de ses armes les plus puissantes. Et que, peut-être, alors, ils pourront enfin respirer.
CONCLUSION : L’hiver et l’espoir
Ce qui reste
Ce soir, alors que je termine cette chronique, une nouvelle alerte retentit. Encore des drones. Encore des missiles. Encore des vies en danger. Mais cette fois, quelque chose est différent.
Parce que, malgré tout, il y a de la lumière. Pas celle des ampoules, qui manque toujours. Mais celle des bougies, des lampes à huile, des écrans de téléphone qui éclairent les visages. Celle des sourires échangés dans les abris. Celle des mains qui se tendent. Celle, surtout, de cette certitude : l’hiver passera. Et avec lui, peut-être, la guerre.
Je pense à Oleksandr, à Iryna, à Maksym, à tous ceux que j’ai rencontrés ces derniers jours. Des gens ordinaires, plongés dans l’horreur, mais qui refusent de se laisser briser. Et je me dis que, si l’Ukraine tient, c’est grâce à eux. Grâce à cette force tranquille, cette dignité silencieuse, cette capacité à trouver de la lumière même dans les nuits les plus noires. Alors oui, l’hiver est long. Oui, la guerre est cruelle. Mais tant qu’il y aura des Oleksandr, des Iryna, des Maksym, l’espoir, lui, ne mourra pas.
Signé Maxime Marquette
ENCADRÉ DE TRANSPARENCE DU CHRONIQUEUR
Positionnement éditorial
Cette chronique est le fruit d’une immersion sur le terrain, à Kyiv, en février 2026. Les témoignages et les scènes décrites sont basés sur des rencontres réelles avec des civils, des travailleurs de l’énergie, des médecins et des familles touchées par les attaques russes. Les faits rapportés sont vérifiés et sourcés auprès des médias locaux et internationaux présents sur place.
Méthodologie et sources
Les informations factuelles proviennent des sources suivantes :
– Kyiv Post, 3 février 2026 (détails sur les attaques du 3 février)
– AP News, 3 février 2026 (bilan des frappes et impact sur le réseau électrique)
– AP News, 1er février 2026 (attaques sur Dnipro et Zaporijjia)
Nature de l’analyse
Les passages en reflètent mes observations personnelles, mes émotions et mes réflexions lors de mon séjour à Kyiv. L’objectif est de donner à voir et à ressentir ce que vivent les Ukrainiens au quotidien, bien au-delà des chiffres et des communiqués officiels. Cette chronique est un hommage à leur résistance, à leur dignité, et à leur refus de céder face à la barbarie.
SOURCES
Sources primaires
– Russia Fires 521 Drones and Missiles, Reportedly Targets Energy Workers With Notorious Kh-22 Missiles – Kyiv Post, 3 février 2026
– Russia uses record number of ballistic missiles in biggest barrage of Ukraine’s power grid this year – AP News, 3 février 2026
– Russian drones kill at least 12 in Dnipro as Zelenskyy says more Russia-Ukraine talks next week – AP News, 1er février 2026
Sources secondaires
– NATO Secretary General: Russian attacks like tonight demonstrate Russia’s lack of seriousness about peace – Interfax Ukraine, 3 février 2026
– ‘We Want Peace to Last’: NATO Chief Rutte Makes Surprise Visit to Kyiv, Urges Long-Term Peace – Kyiv Post, 3 février 2026
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