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CHRONIQUE : « Nous voulons la paix » — Quand les mots de Rutte à Kyiv résonnent comme un appel désespéré dans le silence des armes
Crédit: Adobe Stock

Les rues qui racontent l’horreur

Kyiv est une ville qui respire encore. Mais sa respiration est saccadée, irrégulière, comme celle d’un blessé qui lutte pour survivre. Les cafés sont ouverts, les gens vaquent à leurs occupations, les enfants jouent dans les parcs. Mais il suffit d’un regard un peu plus attentif pour voir les traces de la guerre. Les vitrines bardées de scotch pour limiter les éclats en cas d’explosion. Les abris anti-aériens, peints en couleurs vives pour que les enfants ne les voient pas comme des lieux de terreur, mais comme des espaces de sécurité. Les regards. Toujours les regards. Ceux des passants, qui scrutent le ciel à chaque bruit suspect. Ceux des anciens combattants, marqués à jamais par ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont perdu.

Dans un café du centre-ville, Olena, 34 ans, serveuse, essuie une table en regardant par la fenêtre. « Avant, je détestais l’hiver, dit-elle. Maintenant, je le redoute. Parce que c’est la saison où les Russes frappent le plus fort. Où ils visent nos centrales électriques, nos hôpitaux, nos écoles. Où ils veulent nous plonger dans le noir et le froid. Pour nous briser. Pour que nous abandonnions. » Elle marque une pause, essuie une larme du revers de la main. « Mais nous n’abandonnerons pas. Nous ne pouvons pas. Parce que si nous abandonnons, ils gagneront. Et si ils gagnent ici, ils iront ailleurs. Vous savez ça, non ? » Sa question reste en suspens. Parce que la réponse, tout le monde la connaît. Mais personne ne veut l’entendre.

Olena a raison. Et c’est ça, le plus terrifiant. Parce que cette guerre, ce n’est pas juste une guerre pour l’Ukraine. C’est une guerre pour nous tous. Pour notre sécurité, notre liberté, notre droit à vivre sans avoir peur que demain, ce soit notre ville qui soit bombardée, nos enfants qui courent vers les abris, nos familles qui soient déchirées. Rutte le sait. Zelensky le sait. Et pourtant, on continue à tergiverser, à hésiter, à calculer le pour et le contre comme si c’était une équation économique et non une question de survie. Comme si on pouvait mettre un prix sur la liberté. Comme si on pouvait négocier avec ceux qui n’ont que le mépris pour la vie humaine. Alors oui, Kyiv respire encore. Mais pour combien de temps ? Et nous, qu’est-ce qu’on attend pour agir ? Pour vraiment agir ?

Les enfants de Kyiv, une génération marquée à jamais

Dans une école primaire du quartier de Podil, les enfants dessinent. Pas des maisons, pas des arbres, pas des soleils souriants. Non. Ils dessinent des avions qui lâchent des bombes. Des chars qui écrasent des immeubles. Des soldats avec des armes. Iryna, l’institutrice, montre un dessin. Un enfant a représenté sa famille sous une table, pendant qu’au-dessus, des éclairs — des missiles — tombent du ciel. « C’est Maksym, dit-elle. Il a 8 ans. Il a passé trois mois dans un abri l’hiver dernier, quand les Russes ont coupé l’électricité. Trois mois sans lumière, sans chauffage, avec juste une bougie pour lire. Trois mois à entendre les explosions, à voir ses parents trembler, à se demander s’il allait mourir. » Elle pose le dessin sur la table, doucement, comme si c’était un objet fragile. « On essaie de leur redonner une enfance. Mais comment faire, quand leur enfance, c’est ça ? »

À côté, Sophia, 7 ans, montre son dessin. Une maison en feu. « C’est notre immeuble, à Kharkiv, dit-elle. Les Russes l’ont bombardé. On a dû partir en courant. Ma poupée est restée là-bas. » Elle baisse les yeux, joue avec les franges de son pull. « Un jour, je retournerai la chercher. » Iryna serre les poings, les jointures blanchissent. « Ils volent leur enfance. Et le monde regarde. »

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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