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CHRONIQUE : Trump et la mainmise républicaine sur les élections – Quand la démocratie devient un jeu de pouvoir
Crédit: Adobe Stock

Le cas emblématique du Texas

Prenons le Texas. En décembre 2025, les législateurs républicains de l’État ont adopté une nouvelle carte électorale, dessée pour maximiser leurs chances de remporter davantage de sièges à la Chambre des représentants. Une manœuvre qui, selon les experts, pourrait leur rapporter jusqu’à cinq sièges supplémentaires. Cinq sièges, dans un Congrès où la majorité se joue parfois à quelques voix près, c’est énorme. C’est même potentiellement décisif.

Mais le plus inquiétant, c’est la manière dont cette carte a été adoptée. Les Républicains ont convoqué une session législative en catimini, deux semaines après les élections de novembre 2024, sous prétexte de voter une loi sur les secours en cas d’ouragan. Une fois les députés réunis, ils ont glissé dans l’ordre du jour le redécoupage des circonscriptions. Une tactique qui a suscité l’indignation des Démocrates, mais aussi de certains observateurs, qui y voient une manipulation grossière des règles démocratiques.

Je me souviens d’une discussion avec un ami texan, il y a quelques mois. Il me racontait comment, du jour au lendemain, sa circonscription avait été redessinée. « Un jour, j’étais dans un district compétitif, où ma voix comptait. Le lendemain, j’étais dans une circonscription républicaine à 60%. Comme ça, sans consultation, sans débat. Juste un trait de stylo sur une carte. » Ce qui m’a frappé, c’est le sentiment d’impuissance qu’il dégageait. Comme si, d’un coup, on lui avait volé sa voix. Et c’est ça, le vrai danger de ces manœuvres : elles ne volent pas seulement des sièges. Elles volent aux gens le sentiment que leur vote compte. Elles volent à la démocratie son âme.

La Caroline du Nord, laboratoire du gerrymandering

La Caroline du Nord, elle, est devenue le symbole du gerrymandering – cette pratique qui consiste à dessiner les circonscriptions de manière à favoriser un parti. En 2024, les Républicains y ont gagné trois sièges à la Chambre, grâce à des cartes électorales si biaisées que même les juges fédéraux ont reconnu qu’elles constituaient une « discrimination raciale ». Pourtant, la Cour suprême, à majorité conservatrice, a validé ces cartes, ouvrant la voie à d’autres États pour faire de même.

Le résultat ? En 2026, les Républicains partent avec un avantage considérable. Selon les projections, le redécoupage pourrait leur rapporter une douzaine de sièges à l’échelle nationale, contre seulement neuf pour les Démocrates. Un déséquilibre qui, s’il se confirme, pourrait leur assurer le contrôle de la Chambre des représentants pour les années à venir. Et une fois ce contrôle acquis, plus rien ne les empêchera de faire passer les lois qu’ils veulent, de bloquer les enquêtes qui les gênent, de verrouiller encore un peu plus le système.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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