Skip to content
ÉDITORIAL : L’Ukraine dans le froid et le silence américain — Quand les promesses gelent avant l’aube
Crédit: Adobe Stock

183 drones, 70 missiles, 0 réaction américaine

Les chiffres de cette nuit-là sont ceux d’une boucherie industrielle. 183 drones — assez pour saturer les défenses aériennes ukrainiennes, assez pour frapper 22 sites différents à travers le pays. 70 missiles, dont des Iskander-M, capables de porter des ogives nucléaires, tirés sans discernement sur des cibles civiles. 1 170 immeubles à Kyiv privés de chauffage, des milliers de personnes évacuées dans des abris de fortune, des hôpitaux fonctionnant à flux tendu, des écoles transformées en refuges. Et pour couronner le tout, le Musée national de l’Histoire de l’Ukraine dans la Seconde Guerre mondiale, symbole de la résistance ukrainienne, touché par un missile. « C’est symbolique et cynique à la fois : l’État agresseur frappe un lieu de mémoire sur la lutte contre l’aggression au XXe siècle, répétant les mêmes crimes au XXIe », a déclaré Tetiana Berezhna, ministre ukrainienne de la Culture. Cynique, oui. Mais surtout calculé.

Car cette attaque n’était pas qu’une opération militaire. C’était un message. Un message adressé à Zelensky, bien sûr, mais aussi à Trump, à l’OTAN, à l’Europe : la Russie frappe quand elle veut, où elle veut, et personne ne fera rien. Et le plus terrifiant, c’est que Moscou avait raison. Personne n’a fait rien. Pas même une déclaration de principe. Pas même une convocation d’ambassadeur. Juste le silence, ce silence qui, comme l’a dit Zelensky lui-même, « encourage Poutine ».

Je me suis arrêté sur cette phrase : « Le silence encourage Poutine. » Elle m’a hanté toute la nuit. Parce que c’est vrai. Chaque fois qu’on se tait, chaque fois qu’on détourne les yeux, chaque fois qu’on préfère un tweet à une condamnation, on donne raison aux bourreaux. On leur dit : « Allez-y, continuez, personne ne vous arrêtera. » Et le pire, c’est qu’on le sait. On le sait tous. Mais on préfère fermer les yeux. Parce que ça nous arrange. Parce que ça ne nous coûte rien. Parce que, au fond, on s’en fiche. Tant que le gaz coule, tant que les marchés montent, tant que nos vies à nous ne sont pas bouleversées, le reste n’est que du bruit. Et c’est ça, la vraie trahison.

L’échec cuisant de la diplomatie Trump : quand les promesses s’envolent en fumée

Pourtant, les promesses avaient été grandioses. Fin janvier, après une rencontre à Floride entre des émissaires américains et russes, Trump avait clamé que Poutine était « prêt à faire des concessions ». Les médias avaient parlé de « percée diplomatique », de « espoir de trêve », de « premiers pas vers la paix ». Zelensky, malgré ses doutes, avait accepté de jouer le jeu, espérant que cette fois, peut-être, l’Amérique tiendrait ses engagements. Mais Moscou n’a jamais eu l’intention de respecter quoi que ce soit. Et Washington n’a jamais eu l’intention de forcer la main à Poutine.

Le 3 février, alors que les corps étaient encore chauds sous les décombres de Kyiv et de Dnipro, Trump a enfin rompu le silence. Pas pour condamner l’attaque. Non. Pour accuser l’Ukraine de « ne pas être prête à un accord ». « C’est Kyiv qui bloque les négociations », a-t-il déclaré à Reuters, reprenant mot pour mot la propagande du Kremlin. Aucun mot sur les morts. Aucune mention des frappes. Juste la vieille reprise du récit russe : l’Ukraine est le problème, pas la Russie.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu