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ÉDITORIAL : Trump et les élections de mi-mandat — Quand la démocratie devient un champ de bataille
Crédit: Adobe Stock

Gerrymandering : l’art de voler des sièges

Le gerrymandering, cette pratique qui consiste à redessiner les circonscriptions pour favoriser un parti, n’est pas nouveau. Mais sous Trump, il est devenu une arme de guerre. Prenez le Texas. En 2025, sous pression de la Maison-Blanche, les Républicains ont redessiné les cartes en pleine année électorale. Un coup de force inédit, qui pourrait leur rapporter cinq sièges supplémentaires à la Chambre. Ou l’Ohio, où les Républicains ont imposé des cartes si biaisées que la Cour suprême de l’État les a rejetées sept fois. Sans succès : en 2022, elles sont restées en place, donnant aux Républicains un avantage de 10-5 dans la délégation du Congrès. Et pour 2026 ? Les Républicains préparent déjà de nouvelles cartes, encore plus favorables. « Ils veulent verrouiller le Congrès pour dix ans », explique un expert.

Mais le vrai scandale, c’est l’Indiana. Là-bas, les Républicains ont annoncé qu’ils redessineront les circonscriptions avant les élections. Un coup de poker : normalement, cela se fait après le recensement. Mais Trump a trouvé une faille. Il a accusé le recensement de 2020 d’être « truqué », à cause du décompte des immigrés. Résultat : les Républicains de l’Indiana prétendent que les cartes actuelles sont « illégitimes ». Et ils en profitent pour en dessiner de nouvelles, plus favorables. « C’est un coup d’État électoral », tonne un démocrate. Mais personne ne semble pouvoir l’arrêter.

Je me souviens d’une conversation avec un cartographe électoral, en 2021. Il m’avait expliqué, avec un sourire triste, comment on pouvait « faire disparaître » des électeurs en traçant une ligne sur une carte. Aujourd’hui, en voyant ce qui se passe en Indiana, en Ohio, au Texas, je repense à ses mots. Et je me demande : à quel moment une démocratie cesse-t-elle d’en être une ? À quel moment le vol électoral devient-il si flagrant qu’on ne peut plus le nier ?

La chasse aux électeurs

Mais Trump ne se contente pas de redessiner les cartes. Il chasse les électeurs. En 2025, il a signé un décret exigeant des preuves de citoyenneté pour voter. Un coup de massue : 21 millions d’Américains n’ont pas ces papiers. 9 % de l’électorat, selon le Brennan Center. Des Noirs, des Hispaniques, des jeunes, des pauvres. Des gens qui votent majoritairement démocrate. Et Trump le sait. « Ces lois ne visent pas la fraude. Elles visent les électeurs », explique un expert. Puis, il y a les listes électorales. Trump a ordonné aux États de les « purger » plus souvent. Sous prétexte de lutter contre la fraude, des millions d’électeurs risquent d’être rayés des listes. En Géorgie, en Floride, en Arizona, des milliers de gens découvrent qu’ils ne peuvent plus voter. « C’est une épuration ethnique électorale », dénonce un militant.

Et puis, il y a les machines à voter. Trump a ordonné à la Commission d’assistance électorale de retirer les certifications des anciennes machines, sous prétexte qu’elles sont « vulnérables ». Problème : les nouvelles n’existent pas. Résultat ? Des États comme la Pennsylvanie ou le Michigan pourraient se retrouver sans matériel fiable le jour du vote. « C’est du sabotage pur et simple », tonne un responsable démocrate. Et le pire, c’est que personne ne semble pouvoir l’arrêter. Parce que Trump a placé ses hommes partout. Dans les États, dans les comtés, dans les commissions électorales. Des gens prêts à invalider des bulletins, à refuser de certifier des résultats, à basculer des États.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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