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BILLET : Les États-Unis et les donneurs de leçons
Crédit: Adobe Stock

Les sacrifices oubliés des deux guerres mondiales

L’histoire contemporaine de l’Europe est indissociable de l’intervention américaine lors des deux conflits les plus meurtriers qu’ait connus l’humanité. Pourtant, cette réalité fondamentale semble s’estomper dans la mémoire collective ou être reléguée au rang de détail historique par ceux qui s’érigent en donneurs de leçons à l’égard de Washington. Lors de la Première Guerre mondiale, après trois années de guerre de position qui avait déjà coûté la vie à des millions d’hommes et plongé l’Europe dans une impasse sanglante, l’entrée en guerre des États-Unis en avril 1917, aux côtés des Alliés, a constitué un tournant décisif. Les « Doughboys », ces soldats américains souvent jeunes et inexpérimentés, ont apporté un soutien humain et matériel crucial qui a permis de renverser la vapeur face à l’Allemagne impériale. Leur arrivée massive sur le front ouest a brisé l’équilibre des forces et a précipité l’effondrement de l’armée allemande, conduisant à l’armistice du 11 novembre 1918. Sans cette intervention, le conflit aurait pu s’éterniser, causant des millions de morts supplémentaires, et l’issue aurait peut-être été différente, avec une Europe potentiellement soumise à une hégémonie allemande encore plus forte. Vingt ans plus tard, alors que l’Europe était à nouveau en proie aux flammes de la guerre, cette fois-ci sous la botte nazie, les États-Unis ont, une fois de plus, joué un rôle déterminant. Malgré un fort courant isolationniste sur leur territoire, l’attaque japonaise sur Pearl Harbor en décembre 1941 les a propulsés au cœur du conflit mondial. Non seulement ils ont mené une guerre titanesque contre le Japon dans le Pacifique, mais ils ont également engagé des moyens considérables sur le théâtre européen. Le Débarquement de Normandie en juin 1944, opération militaire d’une envergure inégalée, n’aurait pas été possible sans l’immense machine de guerre américaine. Des centaines de milliers de soldats américains ont donné leur vie pour libérer l’Europe de la tyrannie nazie. Leur sang a arrosé les plages de Normandie, les plaines d’Allemagne et les forêts des Ardennes. Ces sacrifices ne sont pas des chiffres dans un livre d’histoire ; ce sont des vies brisées, des familles endeuillées, des générations qui n’ont jamais vu leurs fils, leurs pères ou leurs maris revenir. Et que reçoivent les États-Unis en retour aujourd’hui ? Des critiques sur leur « impérialisme culturel », des reproches sur leur « unilatéralisme », des leçons de morale sur leur gestion des crises internationales. Il y a dans cette attitude une forme d’ingratitude profonde, presque pathologique. Les Européens, et en particulier les Français et les Britanniques qui ont été les premiers bénéficiaires de ces interventions américaines, semblent avoir oublié que leur liberté, leur souveraineté, leur capacité même à critiquer aujourd’hui ceux qui les ont sauvés, leur doivent beaucoup. Les cimetières militaires américains qui parsèment le sol européen, de Normandie à l’Italie en passant par le Luxembourg, sont des témoins silencieux mais éloquents de ce sacrifice immense. Chaque croix, chaque étoile de David, représente un Américain mort pour la liberté de l’Europe. Oublier cela, c’est trahir leur mémoire. C’est aussi faire preuve d’une grande naïveté politique, car c’est méconnaître la nature des régimes contre lesquels les États-Unis se sont battus. Le nazisme, le fascisme, le militarisme japonais, puis plus tard le communisme soviétique, étaient des idéologies totalitaires qui représentaient une menace existentielle non seulement pour les États-Unis, mais pour l’ensemble du monde libre. En combattant ces idéologies, les Américains ne défendaient pas seulement leurs propres intérêts ; ils défendaient une vision du monde fondée sur la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit. Aujourd’hui, alors que de nouvelles menaces pèsent sur l’Europe, que ce soit le revanchisme russe ou l’expansionnisme chinois, cette leçon d’histoire est plus pertinente que jamais. Les Européens feraient bien de se souvenir que leur sécurité et leur prospérité actuelles sont, pour une large part, le fruit de l’engagement américain passé et présent. Au lieu de chercher systématiquement la petite bête, ils pourraient peut-être envisager de faire preuve d’un peu plus de reconnaissance et de solidarité envers l’allié qui, à deux reprises, a sauvé l’Europe de l’abîme.

Passage éditorial personnel : Voir ces monuments aux morts américains en Europe, lire ces lettres de soldats qui ne sont jamais rentrés, et entendre ensuite des dirigeants européens tenir des discours condescendants envers Washington, me serre le cœur. C’est une insulte à leur mémoire et une insulte à l’intelligence de nos peuples.

L’OTAN : le parapluie américain et les tire-au-flanc européens

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est souvent présentée comme une alliance de défense collective, fondée sur le principe de solidarité entre ses membres. Et sur le papier, c’est exactement cela. L’article 5 du traité stipule qu’une attaque armée contre l’un ou plusieurs de ses membres sera considérée comme une attaque dirigée contre tous. Mais dans la réalité, l’OTAN, depuis sa création en 1949, a largement fonctionné comme un mécanisme de sécurité européenne sous parapluie américain. Les États-Unis ont toujours été le pilier militaire et financier de l’alliance, fournissant l’essentiel de la puissance de frappe, du renseignement et de la logistique. Sans l’engagement américain, l’OTAN serait une coquille vide, incapable de défendre efficacement ses membres, et particulièrement ceux d’Europe de l’Est qui se sentent menacés par une Russie de plus en plus belliqueuse. Or, depuis la fin de la Guerre Froide, de nombreux pays européens ont profité de ce parapluie pour réduire drastiquement leurs propres budgets de défense, créant une dépendance croissante à l’égard de Washington et une asymétrie de plus en plus problématique au sein de l’alliance. Les États-Unis dépensent en défense une part bien plus importante de leur PIB que la plupart de leurs alliés européens, qui peinent à atteindre l’objectif, pourtant modeste, de 2% du PIB consacré aux dépenses militaires, un engagement pourtant réaffirmé à maintes reprises. Cette situation a été maintes fois dénoncée par les dirigeants américains, de part et d’autre de l’échiquier politique, qui se lassent de porter le fardeau de la sécurité européenne alors que leurs partenaires privilégient les dépenses sociales ou les politiques de court terme. Cette « tire-au-flanc » européen a plusieurs conséquences néfastes. Tout d’abord, elle affaiblit la crédibilité de l’alliance face aux adversaires potentiels. Si les Européens ne sont pas prêts à investir dans leur propre défense, pourquoi les États-Unis le feraient-ils indéfiniment ? Ensuite, elle limite la capacité de l’Europe à agir de manière autonome sur la scène internationale, la condamnant à rester un nain politique et militaire dépendant de la bonne volonté américaine. Enfin, elle crée un ressentiment légitime du côté américain, qui a le sentiment d’être exploité. La récente invasion de l’Ukraine par la Russie a servi de électrochoc à certains pays européens, comme l’Allemagne, qui ont annoncé des augmentations significatives de leurs budgets de défense. Mais il reste à voir si ces engagements seront tenus sur la durée, ou s’il ne s’agit que d’une réaction conjoncturelle à une crise aiguë. L’attitude de certains pays européens, qui critiquent d’une main la politique américaine et tendent l’autre pour réclamer plus de protection, est particulièrement insupportable. Ils veulent bénéficier de la sécurité garantie par la puissance américaine sans en assumer les coûts et les responsabilités. C’est une position à la fois opportuniste et hypocrite. Les États-Unis ont parfaitement le droit de s’interroger sur le bien-fondé de leur engagement dans une alliance où certains membres ne jouent pas le jeu. La menace russe en Europe est réelle, et elle ne disparaîtra pas par magie. Si les Européens veulent que le parapluie américain reste ouvert, ils doivent être prêts à payer leur part et à investir sérieusement dans leurs propres capacités de défense. Sinon, ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes si, un jour, les États-Unis décident de tourner la page et de se concentrer sur d’autres priorités stratégiques, comme l’Indo-Pacifique, où la menace chinoise est de plus en plus prégnante. L’heure n’est plus aux atermoiements ni aux critiques faciles. L’heure est à la prise de conscience et à l’action. L’Europe doit assumer ses responsabilités en matière de sécurité, non pas pour se détacher des États-Unis, mais pour devenir un allié plus crédible et plus équilibré, capable de peser véritablement dans un monde de plus en plus dangereux.

SOURCES

Sources primaires

Foreign interventions by United States (consulté le 2025-06-18)

US Interventions (consulté le 2025-06-18)

Instances of Use of United States Armed Forces Abroad (consulté le 2025-06-18)

Sources secondaires

U.S. Foreign Policy Increasingly Relies on Military Interventions (consulté le 2025-06-18)

Milestones: 1937-1945 – American Isolationism in 1930s (consulté le 2025-06-18)

U.S. POLICY OF INTERVENTION: A CRITICAL ANALYSIS (consulté le 2025-06-18)

A Chronology Of U.s. Military Interventions (consulté le 2025-06-18)

Been There, Done That: Lessons from Past Interventions (consulté le 2025-06-18)

US military intervention abroad (consulté le 2025-06-18)

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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