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ANALYSE : Elon Musk et les data centers orbitaux — le pari fou à 5 000 milliards de dollars qui pourrait tout changer (ou tout détruire)
Crédit: Adobe Stock

L’énergie solaire illimitée et le refroidissement par le vide

Sur le papier, les avantages sont immenses. Dans l’espace, pas de pénurie d’électricité : l’énergie solaire est disponible 24h/24, sans interruption. Pas besoin de réseaux électriques surchargés, pas besoin de centrales à charbon ou à gaz. Juste des panneaux solaires, et une énergie quasi illimitée. De plus, le vide spatial offre un refroidissement naturel pour les serveurs, éliminant le besoin en systèmes de climatisation énergivores — un problème majeur pour les data centers terrestres, qui consomment des quantités d’eau et d’électricité colossales. Selon SpaceX, une fois opérationnels, ces data centers orbitaux pourraient offrir 100 gigawatts de puissance de calcul par an, soit bien plus que ce que peuvent fournir les infrastructures terrestres. Un argument de poids, à l’heure où l’IA générative exige toujours plus de ressources.

Mais attention : ces promesses reposent sur une hypothèse majeure — la réussite du programme Starship. Sans ce lanceur réutilisable et ultra-puissant, capable d’envoyer des centaines de tonnes de matériel en orbite à moindre coût, le projet est tout simplement impossible. Or, Starship accumule les retards et les échecs. Sur les cinq lancements tests en 2025, trois se sont soldés par des explosions. Les deux derniers ont atteint l’orbite, mais sans démontrer la réutilisabilité complète, clé pour réduire les coûts. Musk mise tout sur une cadence de lancement inédite : neuf décollages par jour, pendant cinq ans, pour déployer son million de satellites. Un rythme qui défie l’imaginable — et qui, s’il n’est pas tenu, pourrait transformer ce rêve en cauchemar financier.

Je me souviens d’une discussion avec un ingénieur aérospatial, il y a quelques semaines. Il m’a dit : « Techniquement, c’est faisable. Mais logistiquement, c’est un enfer. Et financièrement, c’est du suicide. » Parce que oui, sur le papier, l’idée est géniale. L’espace, c’est l’endroit idéal pour héberger des data centers : énergie illimitée, refroidissement naturel, pas de contraintes terrestres. Mais la réalité, c’est autre chose. C’est des milliers de lancements à organiser. Des millions de tonnes de matériel à envoyer. Des milliards de dollars à dépenser. Sans compter les risques : un échec de Starship, une panne en série, une collision en orbite, et tout s’effondre. Alors, on parle d’innovation ? Ou de roulette russe ? Parce que Musk, lui, il joue. Il joue gros. Très gros. Et si ça marche, il changera le monde. Mais si ça échoue… l’espace deviendra un cimetière. Et les investisseurs perdront tout.

L’argument écologique : une solution « verte » pour l’IA ?

L’un des arguments chocs de Musk est écologique. Les data centers terrestres sont des monstres énergivores, responsables de 1 à 1,5 % de la consommation mondiale d’électricité — une empreinte carbone comparable à celle de l’aviation civile. En orbite, plus de problème : l’énergie est propre, le refroidissement est naturel, et les émissions sont nulles. Du moins, en théorie. Parce que en pratique, il faut fabriquer, lancer et maintenir un million de satellites. Chaque lancement de Starship émet des centaines de tonnes de CO2. Chaque satellite a une durée de vie limitée (cinq ans, selon SpaceX), ce qui signifie qu’il faudra en remplacer des milliers chaque année. Sans compter les risques de collisions, qui pourraient créer des nuages de débris rendant certaines orbites inutilisables. Alors, oui, les data centers spatiaux pourraient réduire l’empreinte carbone de l’IA… mais à quel prix pour l’environnement orbital ?

Les astronomes sont déjà en alerte. Sigfried Eggl, professeur d’ingénierie aérospatiale, qualifie le projet de « catastrophe absolue ». Avec un million de satellites, les risques de collisions augmentent de manière exponentielle, menaçant non seulement les autres missions spatiales, mais aussi les observations astronomiques. Les télescopes terrestres pourraient être aveuglés par la lumière réfléchie par les panneaux solaires géants de ces data centers. Jonathan McDowell, ancien astronome à Harvard, estime que le nombre de « rencontres rapprochées » entre satellites serait multiplié par 10 000. Un seul échec, une seule panne en cascade, et c’est l’enfer orbital assuré. Alors, on parle d’écologie ? Ou de sacrifice de l’espace au nom du progrès ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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