Les sacrifices oubliés des deux guerres mondiales
L’histoire contemporaine de l’Europe est indissociable de l’intervention américaine lors des deux conflits les plus meurtriers qu’ait connus l’humanité. Pourtant, cette réalité fondamentale semble s’estomper dans la mémoire collective ou être reléguée au rang de détail historique par ceux qui s’érigent en donneurs de leçons à l’égard de Washington. Lors de la Première Guerre mondiale, après trois années de guerre de position qui avait déjà coûté la vie à des millions d’hommes et plongé l’Europe dans une impasse sanglante, l’entrée en guerre des États-Unis en avril 1917, aux côtés des Alliés, a constitué un tournant décisif. Les « Doughboys », ces soldats américains souvent jeunes et inexpérimentés, ont apporté un soutien humain et matériel crucial qui a permis de renverser la vapeur face à l’Allemagne impériale. Leur arrivée massive sur le front ouest a brisé l’équilibre des forces et a précipité l’effondrement de l’armée allemande, conduisant à l’armistice du 11 novembre 1918. Sans cette intervention, le conflit aurait pu s’éterniser, causant des millions de morts supplémentaires, et l’issue aurait peut-être été différente, avec une Europe potentiellement soumise à une hégémonie allemande encore plus forte. Vingt ans plus tard, alors que l’Europe était à nouveau en proie aux flammes de la guerre, cette fois-ci sous la botte nazie, les États-Unis ont, une fois de plus, joué un rôle déterminant. Malgré un fort courant isolationniste sur leur territoire, l’attaque japonaise sur Pearl Harbor en décembre 1941 les a propulsés au cœur du conflit mondial. Non seulement ils ont mené une guerre titanesque contre le Japon dans le Pacifique, mais ils ont également engagé des moyens considérables sur le théâtre européen. Le Débarquement de Normandie en juin 1944, opération militaire d’une envergure inégalée, n’aurait pas été possible sans l’immense machine de guerre américaine. Des centaines de milliers de soldats américains ont donné leur vie pour libérer l’Europe de la tyrannie nazie. Leur sang a arrosé les plages de Normandie, les plaines d’Allemagne et les forêts des Ardennes. Ces sacrifices ne sont pas des chiffres dans un livre d’histoire ; ce sont des vies brisées, des familles endeuillées, des générations qui n’ont jamais vu leurs fils, leurs pères ou leurs maris revenir. Et que reçoivent les États-Unis en retour aujourd’hui ? Des critiques sur leur « impérialisme culturel », des reproches sur leur « unilatéralisme », des leçons de morale sur leur gestion des crises internationales. Il y a dans cette attitude une forme d’ingratitude profonde, presque pathologique. Les Européens, et en particulier les Français et les Britanniques qui ont été les premiers bénéficiaires de ces interventions américaines, semblent avoir oublié que leur liberté, leur souveraineté, leur capacité même à critiquer aujourd’hui ceux qui les ont sauvés, leur doivent beaucoup. Les cimetières militaires américains qui parsèment le sol européen, de Normandie à l’Italie en passant par le Luxembourg, sont des témoins silencieux mais éloquents de ce sacrifice immense. Chaque croix, chaque étoile de David, représente un Américain mort pour la liberté de l’Europe. Oublier cela, c’est trahir leur mémoire. C’est aussi faire preuve d’une grande naïveté politique, car c’est méconnaître la nature des régimes contre lesquels les États-Unis se sont battus. Le nazisme, le fascisme, le militarisme japonais, puis plus tard le communisme soviétique, étaient des idéologies totalitaires qui représentaient une menace existentielle non seulement pour les États-Unis, mais pour l’ensemble du monde libre. En combattant ces idéologies, les Américains ne défendaient pas seulement leurs propres intérêts ; ils défendaient une vision du monde fondée sur la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit. Aujourd’hui, alors que de nouvelles menaces pèsent sur l’Europe, que ce soit le revanchisme russe ou l’expansionnisme chinois, cette leçon d’histoire est plus pertinente que jamais. Les Européens feraient bien de se souvenir que leur sécurité et leur prospérité actuelles sont, pour une large part, le fruit de l’engagement américain passé et présent. Au lieu de chercher systématiquement la petite bête, ils pourraient peut-être envisager de faire preuve d’un peu plus de reconnaissance et de solidarité envers l’allié qui, à deux reprises, a sauvé l’Europe de l’abîme.
Passage éditorial personnel : Voir ces monuments aux morts américains en Europe, lire ces lettres de soldats qui ne sont jamais rentrés, et entendre ensuite des dirigeants européens tenir des discours condescendants envers Washington, me serre le cœur. C’est une insulte à leur mémoire et une insulte à l’intelligence de nos peuples.
L’OTAN : le parapluie américain et les tire-au-flanc européens
L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est souvent présentée comme une alliance de défense collective, fondée sur le principe de solidarité entre ses membres. Et sur le papier, c’est exactement cela. L’article 5 du traité stipule qu’une attaque armée contre l’un ou plusieurs de ses membres sera considérée comme une attaque dirigée contre tous. Mais dans la réalité, l’OTAN, depuis sa création en 1949, a largement fonctionné comme un mécanisme de sécurité européenne sous parapluie américain. Les États-Unis ont toujours été le pilier militaire et financier de l’alliance, fournissant l’essentiel de la puissance de frappe, du renseignement et de la logistique. Sans l’engagement américain, l’OTAN serait une coquille vide, incapable de défendre efficacement ses membres, et particulièrement ceux d’Europe de l’Est qui se sentent menacés par une Russie de plus en plus belliqueuse. Or, depuis la fin de la Guerre Froide, de nombreux pays européens ont profité de ce parapluie pour réduire drastiquement leurs propres budgets de défense, créant une dépendance croissante à l’égard de Washington et une asymétrie de plus en plus problématique au sein de l’alliance. Les États-Unis dépensent en défense une part bien plus importante de leur PIB que la plupart de leurs alliés européens, qui peinent à atteindre l’objectif, pourtant modeste, de 2% du PIB consacré aux dépenses militaires, un engagement pourtant réaffirmé à maintes reprises. Cette situation a été maintes fois dénoncée par les dirigeants américains, de part et d’autre de l’échiquier politique, qui se lassent de porter le fardeau de la sécurité européenne alors que leurs partenaires privilégient les dépenses sociales ou les politiques de court terme. Cette « tire-au-flanc » européen a plusieurs conséquences néfastes. Tout d’abord, elle affaiblit la crédibilité de l’alliance face aux adversaires potentiels. Si les Européens ne sont pas prêts à investir dans leur propre défense, pourquoi les États-Unis le feraient-ils indéfiniment ? Ensuite, elle limite la capacité de l’Europe à agir de manière autonome sur la scène internationale, la condamnant à rester un nain politique et militaire dépendant de la bonne volonté américaine. Enfin, elle crée un ressentiment légitime du côté américain, qui a le sentiment d’être exploité. La récente invasion de l’Ukraine par la Russie a servi de électrochoc à certains pays européens, comme l’Allemagne, qui ont annoncé des augmentations significatives de leurs budgets de défense. Mais il reste à voir si ces engagements seront tenus sur la durée, ou s’il ne s’agit que d’une réaction conjoncturelle à une crise aiguë. L’attitude de certains pays européens, qui critiquent d’une main la politique américaine et tendent l’autre pour réclamer plus de protection, est particulièrement insupportable. Ils veulent bénéficier de la sécurité garantie par la puissance américaine sans en assumer les coûts et les responsabilités. C’est une position à la fois opportuniste et hypocrite. Les États-Unis ont parfaitement le droit de s’interroger sur le bien-fondé de leur engagement dans une alliance où certains membres ne jouent pas le jeu. La menace russe en Europe est réelle, et elle ne disparaîtra pas par magie. Si les Européens veulent que le parapluie américain reste ouvert, ils doivent être prêts à payer leur part et à investir sérieusement dans leurs propres capacités de défense. Sinon, ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes si, un jour, les États-Unis décident de tourner la page et de se concentrer sur d’autres priorités stratégiques, comme l’Indo-Pacifique, où la menace chinoise est de plus en plus prégnante. L’heure n’est plus aux atermoiements ni aux critiques faciles. L’heure est à la prise de conscience et à l’action. L’Europe doit assumer ses responsabilités en matière de sécurité, non pas pour se détacher des États-Unis, mais pour devenir un allié plus crédible et plus équilibré, capable de peser véritablement dans un monde de plus en plus dangereux.
SECTION 3 : Le monde sans garde-fous : la menace des régimes autoritaires
La Russie poutinienne : un impérialisme revanchard
Depuis son arrivée au pouvoir, Vladimir Poutine a systématiquement œuvré à restaurer ce qu’il perçoit comme la sphère d’influence légitime de la Russie, n’hésitant pas à utiliser la force militaire, la désinformation, l’intimidation énergétique et les cyberattaques pour parvenir à ses fins. La guerre en Géorgie en 2008, l’annexion illégale de la Crimée en 2014 et le déclenchement de la guerre dans le Donbass, puis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, sont autant d’étapes dans cette stratégie de reconquête impériale qui bafoue ouvertement le droit international et la souveraineté des États. Les justifications avancées par le Kremlin, qu’il s’agisse de la « protection des populations russophones » ou de la « dénazification » de l’Ukraine, ne sont que des prétextes fallacieux pour masquer des visées expansionnistes et une volonté de détruire une identité ukrainienne indépendante. Le régime de Poutine est fondé sur un nationalisme agressif, un culte de la personnalité et un mépris profond pour les valeurs démocratiques et les droits de l’homme. Les opposants politiques sont emprisonnés, assassinés ou contraints à l’exil, la liberté de la presse est inexistante, et la société est contrôlée par une propagande d’État intense qui réécrit l’histoire et diabolise l’Occident. La Russie de Poutine ne représente pas seulement une menace militaire pour ses voisins immédiats ; elle constitue un défi systémique pour l’ordre international basé sur des règles. En soutenant des régimes parias comme celui de Bachar al-Assad en Syrie, en nouant des alliances stratégiques avec la Chine et l’Iran, et en menant des campagnes de désinformation pour déstabiliser les démocraties occidentales, la Russie cherche activement à créer un monde multipolaire où les notions de souveraineté et de droits humains seraient reléguées au second plan, au profit d’une logique de sphères d’influence et du « droit du plus fort ». La doctrine de la « Novorossia » (Nouvelle Russie), invoquée par Poutine pour justifier ses prétentions sur le sud et l’est de l’Ukraine, n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette idéologie impérialiste qui nie le droit des peuples à l’autodétermination. Si cette politique n’est pas fermement contenue, il est à craindre que d’autres pays, comme la Moldavie (avec la Transnistrie), les États baltes, ou même des membres de l’OTAN comme la Pologne, ne deviennent les prochaines cibles de cette agressivité russe. Les déclarations de Poutine sur la « catastrophe historique » qu’aurait été la chute de l’Union soviétique, et sa volonté de « réunifier » les terres russes, sont extrêmement préoccupantes et rappellent les pires heures de l’histoire européenne du XXe siècle. Face à une telle menace, les appels à la retenue et au dialogue, s’ils ne sont pas accompagnés d’une dissuasion militaire crédible et de sanctions économiques sévères, sont vains. Poutine ne comprend que le langage de la force et de la détermination. Toute faiblesse perçue de la part de l’Occident est interprétée comme une invitation à pousser ses avantages plus loin. C’est pourquoi le rôle des États-Unis, en tant que leader de l’OTAN et principale puissance militaire occidentale, est absolument crucial. Leur soutien à l’Ukraine, leur renforcement de la présence militaire sur le flanc oriental de l’Alliance, et leurs efforts pour isoler la Russie sur la scène internationale sont des mesures indispensables pour protéger la sécurité de l’Europe et préserver un ordre mondial basé sur des règles. Les critiques qui assimilent cette fermeté américaine à de l’ « esclalade » ou à une « guerre froide revival » font preuve d’une dangereuse méconnaissance de la nature du régime poutinien et de ses objectifs à long terme. Ce n’est pas l’Occident qui a choisi la confrontation avec la Russie ; c’est la Russie de Poutine qui, par ses actions agressives et son mépris du droit international, a imposé cette nouvelle réalité géopolitique.
Passage éditorial personnel : Regarder Poutine réécrire l’histoire, justifier l’injustifiable, et menacer constamment ses voisins, me donne la nausée. Et voir certains Occidentaux se faire les relais de sa propagande ou appeler à l’apaisement à tout prix, alors que des villes ukrainiennes sont rasées et des civils massacrés, est au-delà de l’entendement. Il faut un front uni et une détermination de fer pour faire face à ce tyran.
La Chine Xi-Jinping : une hégémonie totalitaire en marche
Sous la houlette de Xi Jinping, la Chine a abandonné toute prudence dans sa quête d’hégémonie régionale, voire mondiale. Le Parti Communiste Chinois (PCC) mène une politique de plus en plus assertive, voire agressive, pour imposer sa volonté et remodeler l’ordre international en faveur de son modèle autoritaire. La menace d’une invasion de Taïwan, démocratie autonome que Pékin considère comme une province rebelle, n’a jamais été aussi tangible. Les incursions répétées de l’armée chinoise dans la zone d’identification de défense aérienne de Taïwan, les manœuvres militaires simulées d’invasion, et les déclarations bellicistes des dirigeants chinois, créent une tension permanente et font planer le risque d’un conflit majeur dans le détroit de Formose, avec des conséquences dévastatrices pour l’économie mondiale et la paix internationale. Une telle attaque ne serait pas seulement une attaque contre Taïwan ; ce serait une attaque contre la démocratie et un défi direct à l’ordre international basé sur des règles que les États-Unis et leurs alliés ont cherché à établir et à maintenir depuis 1945. Mais les ambitions chinoises ne s’arrêtent pas là. En mer de Chine méridionale, Pékin a transformé des récifs et des îlots en bases militaires fortifiées, revendiquant illégalement la quasi-totalité de cette zone maritime stratégique, au mépris des décisions du tribunal international de La Haye et des droits souverains de ses voisins comme le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei. Cette militarisation vise à contrôler les voies maritimes cruciales et les ressources naturelles de la région, et à chasser la présence militaire américaine de ce que Pékin considère comme sa « mare nostrum ». Sur le plan intérieur, le régime chinois a intensifié la répression contre toute forme de dissidence. Les Ouïghours du Xinjiang sont victimes de persécutions de masse, d’internement arbitraire dans des « camps de rééducation », de travail forcé et de stérilisations forcées, ce que de nombreux observateurs qualifient de crimes contre l’humanité voire de génocide. À Hong Kong, la liberté d’expression et l’autonomie promises ont été piétinées par l’imposition d’une loi draconienne sur la sécurité nationale. La surveillance de masse, le crédit social et le contrôle totalitaire du PCC sur la population chinoise sont la face sombre du « miracle » économique chinois. Le « rêve chinois » promu par Xi Jinping n’est pas celui de la liberté individuelle, mais celui d’une nation forte et unie sous la férule du Parti, prête à défendre ses intérêts par tous les moyens, y compris la force. La Chine n’est plus seulement un partenaire commercial ou un atelier du monde ; c’est un adversaire stratégique qui cherche activement à déstabiliser les démocraties, à voler la propriété intellectuelle, à influencer les organisations internationales et à promouvoir son modèle autoritaire comme une alternative supérieure à la démocratie libérale. Son initiative des « Nouvelles Routes de la Soie » (Belt and Road Initiative) est souvent vue comme un outil de dépendance économique et politique pour les pays participants. Face à cette montée en puissance d’une Chine totalitaire et déterminée, la politique de l’autruche ou l’accommodement raisonnable sont des stratégies vouées à l’échec. Seule une réponse ferme, coordonnée et déterminée de la part des démocraties, sous l’égide des États-Unis, peut espérer contenir les ambitions hégémoniques de Pékin et préserver un espace de liberté et de démocratie dans le monde. Cela implique de renforcer les alliances, de diversifier les chaînes d’approvisionnement, de sanctionner les violations des droits de l’homme, et de maintenir une supériorité militaire crédible, notamment dans la région Indo-Pacifique. Les États-Unis, par leur puissance économique, militaire et technologique, sont au cœur de cet effort. Leur engagement est vital pour dissuader la Chine de commettre l’irréparable, notamment à Taïwan, et pour garantir que le XXIe siècle ne devienne pas le siècle de l’hégémonie totalitaire chinoise.
SECTION 4 : La sale réalité de la guerre et l'illusion des "bons gars"
La brutalité inhérente aux conflits armés
Il existe une tendance persistante, particulièrement dans les démocraties occidentales, à vouloir moraliser la guerre, à la présenter comme un affrontement entre les « bons » et les « méchants », où notre camp agirait toujours de manière chevaleresque et respecterait scrupuleusement les conventions de Genève, tandis que l’adversaire serait incarnation de la barbarie. Si cette vision peut être utile pour mobiliser les opinions publiques et justifier l’engagement militaire, elle ne résiste pas longtemps à la réalité brutale des opérations de combat. La guerre est, par essence, une activité sale, cruelle et chaotique. C’est la confrontation la plus violente qui soit, où la seule loi qui prévaut souvent est celle de la survie et de la victoire, quel qu’en soit le prix. Les bombardements, même les plus « chirurgicaux », font inévitablement des victimes civiles. Les erreurs de renseignement, les pannes techniques, la pression du combat, peuvent conduire à des tragédies. Les soldats, même les mieux entraînés et les plus disciplinés, sont des êtres humains soumis à un stress extrême qui peut les amener à commettre des actes qu’ils n’auraient jamais commis en temps de paix. Prétendre que l’on peut faire une guerre « propre » est une illusion dangereuse, une forme de naïveté qui ne prépare pas les sociétés aux horreurs inévitables des conflits. Les régimes autoritaires, comme la Russie de Poutine, n’ont aucun scrupule à utiliser la force la plus brutale contre les populations civiles. Le bombardement systématique des villes ukrainiennes, les massacres de civils à Boutcha ou à Marioupol, l’utilisation de la torture et des déportations, sont autant de preuves que pour ces régimes, les civils ennemis ne sont que des obstacles à écraser ou des instruments de terreur. Ils ne se soucient absolument pas des conventions internationales et considèrent la souffrance des populations comme un moyen de briser la volonté de résister. Face à une telle adversité, l’obsession occidentale pour la « guerre propre » et le respect scrupuleux des règles, même si celles-ci sont idéalement souhaitables, peut devenir un handicap stratégique. Si l’on s’interdit de frapper certaines cibles par crainte de faire des victimes civiles, alors que l’adversaire n’a aucune de ces retenues, on se place dans une position de faiblesse. La guerre de l’information joue également un rôle crucial. Les régimes autoritaires sont passés maîtres dans l’art de la propagande, de la désinformation et de la manipulation des images. Ils n’hésiteront pas à monter en épingle les erreurs commises par les forces occidentales, voire à inventer de toutes pièces des « crimes de guerre », pour discréditer leur adversaire et saper le soutien des opinions publiques. Les démocraties, attachées à la transparence et à la liberté de la presse, sont plus vulnérables à ce type de tactiques. Cela ne signifie pas, bien entendu, que les forces armées démocratiques doivent se livrer à des atrocités ou ignorer délibérément le droit de la guerre. Mais cela signifie qu’il faut avoir une conscience claire de la nature de la guerre et de l’adversaire que l’on affronte. Il faut être prêt à prendre des décisions difficiles, à utiliser une force proportionnée et décisive, et à accepter que, malheureusement, des victimes civiles soient inévitables, même si tout est mis en œuvre pour les limiter. L’histoire nous le montre : les conflits ne se gagnent pas en étant les plus « gentils ». Ils se gagnent en étant les plus forts, les plus déterminés, et en faisant comprendre à l’adversaire que le coût de la poursuite du combat sera insoutenable pour lui. La Seconde Guerre mondiale en est un exemple frappant. Pour vaincre le nazisme et l’impérialisme japonais, les Alliés ont dû mener des campagnes de bombardements stratégiques d’une brutalité extrême, causant des centaines de milliers de victimes civiles en Allemagne et au Japon. Ces décisions, bien que terribles, étaient jugées nécessaires pour briser la volonté de combattre de l’ennemi et mettre fin plus rapidement à un conflit qui coûtait des millions de vies. C’est cette lucidité, parfois cruelle, qui manque aujourd’hui à beaucoup de ceux qui critiquent les actions militaires occidentales depuis le confort de leurs salons.
Passage éditorial personnel : Je ne souhaite la guerre à personne. Je pense que les pertes civiles sont une tragédie absolue. Mais je réalise aussi que face à des adversaires qui n’ont aucune morale et qui utilisent la terreur comme arme, nos propres scrupules peuvent être utilisés contre nous. Il faut être réaliste : la victoire a un prix, et ce prix est toujours terrible.
L’efficacité de la force déterminée : les leçons de l’histoire
L’histoire militaire regorge d’exemples démontrant que la détermination et l’emploi d’une force écrasante sont souvent les facteurs clés de la victoire et de la paix durable. Lorsque les États-Unis sont entrés dans la Seconde Guerre mondiale après l’attaque de Pearl Harbor, ils l’ont fait avec une puissance industrielle et une volonté de vaincre qui ont transformé la donne. La mobilisation totale de l’économie américaine, la « Victory Ship » program qui produisait des navires à un rythme effréné, et l’engagement de millions de soldats sur les fronts européen et pacifique, ont permis de submerger les forces de l’Axe. Les bombardements stratégiques sur l’Allemagne et le Japon, bien que controversés, ont contribué à détruire leur capacité de guerre et à briser leur moral. L’utilisation des armes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, une décision d’une gravité inouïe, a mis un terme brutal à la guerre du Pacifique, évitant une invasion terrestre du Japon qui aurait coûté, selon les estimations de l’époque, des centaines de milliers, voire des millions de vies, tant du côté des Alliés que du côté japonais. Cette démonstration de puissance sans précédent a non seulement vaincu le Japon, mais elle a aussi envoyé un message clair au monde entier sur la détermination et la capacité des États-Unis à utiliser une force extrême pour atteindre leurs objectifs et imposer la paix. C’est cette même détermination qui a caractérisé la politique de « containment » menée face à l’Union soviétique pendant la Guerre Froide. Même si cette période a été marquée par des conflits par procuration (Corée, Vietnam, Afghanistan…) et une course aux armements effrénée, la posture ferme des États-Unis et de leurs alliés de l’OTAN, avec une dissuasion nucléaire crédible, a finalement empêché une confrontation directe entre les superpuissances et a conduit à l’effondrement de l’URSS, sans que la « chaude » guerre redoutée n’éclate. Aujourd’hui, cette leçon d’histoire semble avoir été oubliée par certains. Les interventions militaires occidentales récentes, qu’il s’agisse de l’Irak ou de l’Afghanistan, ont souvent été menées avec des moyens limités, des objectifs mal définis, et une obsession pour la « construction nationale » et la « gagner les cœurs et les esprits » qui a négligé l’impératif de la victoire militaire claire et nette. Ces conflits se sont enlisés, causant des pertes humaines et matérielles énormes, et ont laissé un sentiment d’échec et de frustration. Face à des adversaires comme la Russie ou la Chine, qui ne se soucient guère des normes internationales et sont prêts à utiliser la force brute pour atteindre leurs objectifs, une approche timorée ou hésitante est une recette pour le désastre. La seule chose que ces régimes comprennent et respectent, c’est la force. Si les États-Unis et leurs alliés veulent dissuader l’agression et protéger leurs intérêts, ils doivent être prêts à démontrer une volonté de fer et une capacité militaire écrasante. Cela ne signifie pas nécessairement recourir à la force en premier lieu, mais cela signifie être prêt à l’utiliser de manière décisive si nécessaire. Cela implique d’avoir des forces armées bien équipées, bien entraînées et bien financées, une stratégie claire, et la détermination politique d’aller jusqu’au bout. Les messages ambigus, les lignes rouges qui ne cessent d’être déplacées, et les appels constants au dialogue face à une agression patente, sont perçus comme des signes de faiblesse et encouragent l’adversaire à persévérer. La paix ne se maintient pas par des vœux pieux ou des discours conciliants face à un adversaire déterminé à vous détruire. Elle se maintient par la préparation, la force et la volonté de l’utiliser si nécessaire. C’est une vérité déplaisante, mais c’est une vérité éternelle des relations internationales. Les « bons gars » qui ne veulent pas salir leurs mains finissent souvent par être écrasés par les « méchants » qui n’ont aucun scrupule. Pour gagner la paix, il faut parfois être prêt à faire la guerre, et à la gagner.
SECTION 5 : Trump, incarnation d'une réaction occidentale légitime
Le réveil d’une Amérique fatiguée d’être exploitée
L’élection de Donald Trump en 2016, bien que surprenante pour beaucoup, peut être analysée comme l’expression d’un profond ras-le-bol d’une partie de la population américaine, et au-delà, de nombreux citoyens occidentaux, face à ce qu’ils perçoivent comme une exploitation de leur pays et un déséquilibre croissant dans les relations internationales. Trump, avec son style direct et souvent polémique, a donné une voix à ce sentiment d’écœurement. Son slogan « America First » résumait cette volonté de mettre les intérêts américains au premier plan, après des années où, selon ses partisans, les États-Unis avaient trop souvent sacrifié leurs intérêts économiques et stratégiques sur l’autel du multilatéralisme ou du « bien commun mondial », au bénéfice d’autres nations qui ne leur en savaient aucun gré. Cette fatigue américaine se manifestait sur plusieurs fronts. Tout d’abord, sur le plan économique. Les déficits commerciaux chroniques avec des pays comme la Chine, mais aussi avec certains alliés européens, étaient perçus comme le résultat de pratiques déloyales ou d’accords commerciaux mal négociés qui avaient détruit des emplois industriels aux États-Unis. Les critiques de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) et des accords de libre-échange comme l’ALENA ou le TPP (Partenariat Transpacifique) étaient vives, accusés de favoriser la délocalisation des entreprises et l’affaiblissement de la classe moyenne américaine. Ensuite, sur le plan de la sécurité collective. Comme nous l’avons vu, le sentiment que les alliés de l’OTAN, en particulier les Européens, ne prenaient pas leur part du fardeau militaire était largement répandu aux États-Unis. Trump a exprimé cette frustration de manière très crue, allant jusqu’à menacer de retirer son pays de l’Alliance si les autres membres ne respectaient pas leurs engagements en matière de dépenses de défense. Si sa méthode était contestable, le fond du problème était réel et partagé par de nombreux analystes et responsables politiques américains bien avant son élection. Enfin, sur le plan des institutions internationales. Les États-Unis sont le plus gros contributeur financier de nombreuses organisations comme l’ONU ou l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Or, ces institutions sont souvent perçues comme inefficientes, bureaucratiques, voire hostiles aux intérêts américains. Les critiques de l’ONU pour ses résolutions anti-israéliennes répétées, ou de l’OMS pour sa gestion de la pandémie de Covid-19 et sa soumission présumée aux intérêts chinois, ont renforcé l’idée que l’argent des contribuables américains était mal utilisé. Trump, en décidant de retirer les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, de l’accord nucléaire iranien (JCPOA), ou de l’UNESCO, et en réduisant les contributions à certaines agences de l’ONU, a mis en œuvre cette politique de remise en question du multilatéralisme tel qu’il existait. Même si ces décisions ont été vivement critiquées, elles ont trouvé un écho chez ceux qui estimaient que ces accords étaient déséquilibrés ou ne servaient pas les intérêts nationaux américains. Trump n’est donc pas tant une cause qu’une conséquence de cette lassitude américaine. Il est le symptôme d’une frustration profonde face à un ordre mondial perçu comme injuste pour les États-Unis, qui auraient trop donné et trop peu reçu en retour. Son style, son populisme et ses outrances verbales ont certes heurté et divisé, mais son message de fond sur la nécessité de défendre plus vigoureusement les intérêts américains a touché une corde sensible parmi une partie de l’électorat. Ce phénomène n’est d’ailleurs pas unique aux États-Unis. On retrouve des mouvements similaires en Europe, avec la montée des partis populistes et souverainistes qui remettent en cause le globalisme, l’immigration de masse et les politiques de l’Union Européenne. Le « Brexit » en est une autre manifestation. Trump a donc été, à sa manière, le porte-voix d’un réveil plus large, un réveil des nations qui veulent reprendre le contrôle de leur destin et ne plus se laisser dicter leur conduite par des élites mondialisées déconnectées de leurs réalités.
Passage éditorial personnel : Je comprends parfaitement cette lassitude. Voir son pays payer toujours plus, être constamment critiqué, et voir ses intérêts systématiquement mis de côté au nom d’un « multilatéralisme » qui profite surtout aux autres, finit par lasser. Trump a peut-être été un président très imparfait, mais il a eu le mérite de dire haut et fort ce que beaucoup pensaient tout bas.
Une méthode contestable pour des préoccupations légitimes
Il est indéniable que le style de gouvernance de Donald Trump a été radicalement différent de celui de ses prédécesseurs, et que ses méthodes ont été largement critiquées, y compris par de nombreux républicains traditionnels. Son utilisation compulsive de Twitter pour attaquer ses opposants, ses alliés, les médias ou toute personne qui lui déplaisait, son mépris affiché pour les institutions démocratiques, les agences de renseignement et la justice, ainsi que ses déclarations souvent xénophobes ou sexistes, ont créé une atmosphère de division et de chaos permanent aux États-Unis et ont profondément altéré l’image du pays sur la scène internationale. Son approche transactionnelle des relations internationales, où tout semblait être une affaire de marchandage et de rapport de force, a bousculé les codes de la diplomatie traditionnelle et a mis à rude épreuve les alliances historiques des États-Unis. Ses insultes envers les dirigeants alliés, ses menaces de guerres commerciales, son rejet unilatéral d’accords internationaux sans consultation préalable, ont créé une grande incertitude et ont inquiété les partenaires traditionnels de Washington. Beaucoup ont vu dans sa politique un rejet du leadership mondial américain et un repli isolationniste dangereux. Cependant, au-delà de la forme souvent contestable, il est important de s’interroger sur le fond de certaines de ses préoccupations. La question du rééquilibrage des relations commerciales, notamment avec la Chine, était-elle illégitime ? La demande d’un effort de défense plus équitable de la part des alliés de l’OTAN était-elle dénuée de sens ? La critique de l’inefficacité et des biais de certaines organisations internationales était-elle totalement infondée ? Sur ces points, de nombreux observateurs, y compris des démocrates, reconnaissaient qu’il y avait des problèmes réels à résoudre. La différence réside dans la méthode. Là où un président traditionnel aurait cherché à construire des coalitions, à négocier discrètement et à obtenir des concessions progressives, Trump a préféré la confrontation directe, la pression maximale et l’unilatéralisme. Son raisonnement était que, étant donné la puissance économique et militaire des États-Unis, ils étaient en position de force pour imposer leurs vues et renégocier des accords plus favorables. Cette approche a eu des résultats mitigés. Si elle a permis de renégocier certains accords commerciaux comme l’ALENA (devené ACEUM), elle a aussi engendré des tensions commerciales majeures et a nui à la confiance entre les alliés. Sa politique de pression maximale sur l’Iran, bien qu’elle ait affaibli le régime, n’a pas abouti à un meilleur accord nucléaire et a renforcé les partisans d’une ligne dure à Téhéran. Sa rencontre avec le leader nord-coréen Kim Jong-un, bien qu’historique, n’a pas conduit à une dénucléarisation de la péninsule. Ce que Trump a compris, peut-être intuitivement, c’est que le monde n’est pas un lieu idyllique gouverné par le droit et la morale, mais une arène où les puissances se disputent l’influence et les ressources. Il a agi en conséquence, avec une logique de « deal » où les intérêts américains devaient primer. S’il a souvent manqué de vision stratégique à long terme et de cohérence dans ses actions, il a eu le mérite de soulever des questions que beaucoup préféraient ignorer. Il a montré que les États-Unis n’étaient plus disposés à jouer le rôle de « gendarme du monde » ou de « banquier du monde » indéfiniment et sans contrepartie. En cela, il a été un révélateur des tensions et des frustrations qui traversent non seulement la société américaine, mais aussi l’ensemble du monde occidental. Son héritage sera sans doute contrasté, mais il a marqué un tournant dans la politique étrangère américaine et a forcé ses alliés comme ses adversaires à repenser leurs propres stratégies.
SECTION 6 : L'impérialisme passé des critiques : un miroir aux alouettes
L’Empire britannique : « sur lequel le soleil ne se couchait jamais »… et le sang ne séchait jamais
Il est pour le moins ironique d’entendre des voix britanniques, même si elles sont de moins en moins nombreuses, s’élever pour critiquer la politique étrangère américaine, en particulier son « impérialisme » supposé. Pendant plus de deux siècles, l’Empire britannique a été la plus grande puissance coloniale du monde, dominant un quart des terres émergées et un tiers de la population mondiale. Cet empire n’a pas été construit par des négociations pacifiques ou par le consentement des peuples concernés, mais par la force militaire, la conquête, l’exploitation économique et une suprématie navale incontestée. L’histoire de l’Empire britannique est jonchée d’épisodes violents et de répressions brutales. La révolte des Cipayes en Inde en 1857 a été écrasée dans le sang, avec des exécutions sommaires et des représailles massives contre les civils. La guerre des Boers en Afrique du Sud (1899-1902) a vu les Britanniques utiliser des camps de concentration où des dizaines de milliers de femmes et d’enfants boers sont morts de maladie et de malnutrition. En Irlande, la Grande Famine du milieu du XIXe siècle, qui a fait plus d’un million de morts, a été exacerbée par la politique du gouvernement britannique qui a continué d’exporter des denrées alimentaires de l’île, privilégiant les intérêts économiques des landlords anglo-irlandais. La répression du soulèvement de Pâques 1916 à Dublin a été tout aussi brutale. L’exploitation économique des colonies était systématique. Les ressources naturelles étaient pillées, les populations locales étaient soumises à des taxes lourdes et forcées de travailler pour enrichir la métropole. Le commerce triangulaire, qui impliquait la traite d’esclaves africains vers les colonies américaines, a été une source de profits colossaux pour les ports britanniques comme Liverpool et Bristol, et a contribué de manière significative à l’accumulation de capital qui a financé la révolution industrielle britannique. Même après l’abolition de l’esclavage, le système de l’ « indentured labour » (travail sous contrat) a permis d’exploiter des millions d’ouvriers indiens et chinois dans les plantations et les mines du monde entier, dans des conditions souvent proches de l’esclavage. Bien sûr, les Britanniques ont aussi laissé certaines héritages positifs dans leurs colonies, comme des infrastructures (chemins de fer, ports), un système administratif, et la langue anglaise, qui est devenue une lingua franca mondiale. Mais ces apports ne doivent pas occulter la réalité d’une domination fondée sur la violence et l’exploitation. Aujourd’hui, le Royaume-Uni est une puissance moyenne, dont l’influence mondiale est bien moindre qu’à l’époque impériale. Les critiques de la politique américaine, lorsqu’elles émanent de milieux britanniques qui nourrissent une certaine nostalgie de la grandeur passée, sonnent donc particulièrement creuses. Elles relèvent d’une forme de déni historique et d’une incapacité à assumer les crimes et les exactions commis au nom de la Couronne. Avant de donner des leçons de morale internationale aux États-Unis, les Britanniques feraient bien de se pencher sur leur propre histoire impériale, avec ses zones d’ombre et ses responsabilités. Leur passé colonial est un miroir qui devrait les inciter à plus d’humilité et de retenue dans leurs jugements sur les actions d’autres nations, y compris de leur plus proche allié.
Passage éditorial personnel : L’arrogance de certains Britanniques qui, encore aujourd’hui, se la jouent « grande nation » et osent critiquer les autres, alors que leur propre empire a été bâti sur l’exploitation la plus féroce et le sang de millions de personnes, me sidère. Un peu de décence et de connaissance de l’histoire serait la bienvenue.
La France, « mission civilisatrice » et réalisme colonial
La France, tout comme la Grande-Bretagne, possède un passé colonial important et complexe, qui s’étendait de l’Afrique du Nord à l’Indochine, en passant par l’Afrique de l’Ouest et les Caraïbes. La colonisation française a souvent été justifiée par l’idée d’une « mission civilisatrice », selon laquelle la France apportait aux peuples colonisés les bienfaits de sa culture, de sa langue et de ses valeurs républicaines. Mais derrière ce discours altruiste se cachait une réalité bien plus brutale : la conquête militaire, l’exploitation économique, la répression des mouvements indépendantistes et une politique d’assimilation forcée qui niait les cultures et les identités locales. La conquête de l’Algérie, à partir de 1830, a été particulièrement longue et sanglante. Elle a impliqué des massacres de civils, des déportations massives, des spoliations de terres et une répression féroce de toute forme de résistance. La guerre d’Indépendance algérienne (1954-1962), qui s’est terminée par la défaite française à Dien Bien Phu, a fait des centaines de milliers de victimes. L’exploitation économique des colonies françaises était systématique. Les matières premières (caoutchouc, huile de palme, arachide, phosphates, etc.) étaient extraites à bas coût et acheminées vers la métropole, tandis que les colonies étaient contraintes d’acheter des produits manufacturés français. Les populations locales étaient soumises au travail forcé (la « corvée » en Indochine) et à des impôts lourds. Si la France a aussi investi dans l’éducation, la santé et les infrastructures dans certaines colonies, ces réalisations doivent être mises en perspective avec les objectifs de contrôle politique et d’exploitation économique qui sous-tendaient le projet colonial. La décolonisation, souvent chaotique et violente, a laissé des séquelles durables, tant dans les anciennes colonies qu’en France même. Les relations entre la France et ses anciennes possessions restent complexes, marquées par la mémoire douloureuse de la colonisation, les héritages économiques et culturels, et les flux migratoires. Aujourd’hui, la France est l’une des nations qui critiquent le plus ouvertement la politique étrangère américaine, l’accusant notamment d’unilatéralisme, d’impérialisme ou de mépris du droit international. Si ces critiques peuvent être fondées sur certains points, elles gagneraient en crédibilité si elles s’accompagnaient d’une réflexion plus approfondie sur son propre passé colonial et ses responsabilités historiques. Il y a une certaine forme de schizophrénie à vouloir donner des leçons de morale au monde entier, y compris aux États-Unis, tout en occultant ou en minimisant les aspects les plus sombres de sa propre histoire impériale. La France, comme toutes les anciennes puissances coloniales, devrait faire preuve de plus d’humilité et de lucidité. Avant de juger les actions des autres, il serait bon de regarder dans son propre miroir historique. Les erreurs et les crimes commis au nom de la « mission civilisatrice » devraient inciter à plus de prudence et de retenue dans les jugements portés sur la conduite des nations sur la scène internationale. L’histoire coloniale française n’est pas un sujet de fierté à brandir, mais un héritage complexe et douloureux qui devrait inspirer modestie et réflexion, plutôt que des leçons de morale condescendantes.
SECTION 7 : Le monde, une arène de compétition permanente
La loi du plus fort : une réalité immuable des relations internationales
Dans un monde idéal, les relations internationales seraient régies par le droit, la justice, la coopération et le respect mutuel entre les nations. Malheureusement, la réalité est bien plus cruelle et complexe. Le système international est, dans sa structure même, anarchique. Il n’existe pas de gouvernement mondial doté d’une force de contrainte pour faire respecter les règles. Chaque État est souverain et responsable de sa propre sécurité et de sa propre survie. Dans ce contexte, la loi du plus fort reste un principe déterminant, même si elle est souvent masquée par des discours moralisateurs ou des procédures juridiques. L’histoire de l’humanité est une longue succession de guerres, de conquêtes, d’alliances et de trahisons, où les puissances dominantes ont imposé leur volonté aux plus faibles. Les empires se sont succédé, des empires mésopotamiens à l’Empire romain, de l’Empire mongol aux empires coloniaux européens, tous fondés sur la supériorité militaire et la capacité à projeter leur force. La paix de Westphalie en 1648, qui a établi le principe de souveraineté étatique, n’a pas mis fin à la violence, mais elle a changé sa nature. Les États-nations sont devenus les acteurs principaux, et la compétition pour le pouvoir, les ressources et l’influence s’est poursuivie sous de nouvelles formes. Le XXe siècle a été le plus meurtrier de l’histoire, avec deux guerres mondiales qui ont fait des dizaines de millions de morts, et une Guerre Froide qui a fait planer la menace d’une annihilation nucléaire sur la planète. La création de l’ONU en 1945, avec sa Charte qui interdit l’usage de la force et promeut le règlement pacifique des différends, était une tentative d’échapper à cette logique implacable. Et il faut reconnaître que, malgré ses limites et ses échecs, l’ONU a joué un rôle important dans la prévention des conflits, l’aide humanitaire et la promotion du droit international. Cependant, l’ONU n’est qu’une assemblée d’États souverains, et son efficacité dépend de la volonté de ses membres les plus puissants, en particulier les membres permanents du Conseil de Sécurité, de faire respecter ses décisions. Or, ces grandes puissances n’hésitent pas à utiliser leur droit de veto pour bloquer toute action qui irait à l’encontre de leurs intérêts nationaux. De plus, de nombreux États continuent de violer impunément la Charte de l’ONU, comme l’a démontré l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Aujourd’hui, la compétition entre les grandes puissances est plus intense que jamais. Les États-Unis cherchent à maintenir leur suprématie, la Chine cherche à la contester et à devenir la puissance dominante en Asie et dans le monde, la Russie tente de restaurer sa sphère d’influence, et d’autres puissances régionales comme l’Inde, le Brésil ou la Turquie affirment également leurs ambitions. Cette compétition se joue sur tous les plans : militaire, économique, technologique, idéologique et culturel. La course aux armements conventionnels et nucléaires se poursuit. La guerre économique, avec les sanctions commerciales, la concurrence pour les ressources et les marchés, est acharnée. La guerre de l’information et la cyberguerre sont de nouveaux champs de bataille où les États s’affrontent pour influencer les opinions publiques, voler des secrets ou perturber les infrastructures adverses. Dans ce contexte, les notions de « bien » et de « mal » sont souvent relatives. Les États agissent en fonction de leurs intérêts perçus, et ces intérêts peuvent entrer en conflit. Les alliances sont changeantes, et les ennemis d’hier peuvent devenir les alliés d’aujourd’hui, et vice-versa. Pour les pays plus petits ou plus faibles, la seule garantie de sécurité et de souveraineté est souvent de s’allier à une puissance plus grande ou de développer leurs propres moyens de dissuasion. La leçon est claire : dans un monde imparfait et dangereux, la naïveté et l’idéalisme sans discernement sont des handicaps. Les nations qui veulent survivre et prospérer doivent être réalistes, vigilantes et prêtes à défendre leurs intérêts. Les États-Unis, par leur puissance et leur engagement mondial, comprennent cette réalité, même si leurs actions ne sont pas toujours parfaites. Leurs critiques feraient bien de l’admettre également.
Passage éditorial personnel : J’aimerais vivre dans un monde où le droit et la morale triompheraient toujours. Mais je ne suis pas dupe. Tant qu’il y aura des humains, il y aura des luttes de pouvoir. Seuls les naïfs ou les menteurs peuvent prétendre le contraire. La force reste, hélas, l’argument ultime.
La sécurité avant tout : le devoir primordial de toute nation
Parmi toutes les responsabilités d’un État, la première et la plus fondamentale est d’assurer la sécurité de ses citoyens et l’intégrité de son territoire. Sans sécurité, il ne peut y avoir de prospérité durable, de libertés individuelles, ni de développement harmonieux. C’est un principe qui devrait aller de soi, mais qui semble parfois oublié par ceux qui privilégient des idéaux abstraits ou des considérations morales au détriment des réalités géopolitiques. Chaque nation, quelle que soit sa taille ou son régime politique, a le droit inhérent à la légitime défense. Ce droit est inscrit dans la Charte des Nations Unies (Article 51) et est considéré comme une norme impérative du droit international coutumier (jus cogens). Il implique non seulement le droit de se défendre contre une agression armée en cours, mais aussi le droit de prendre des mesures pour prévenir une menace imminente et pour développer les capacités militaires nécessaires à sa dissuasion. Pour les États-Unis, ce devoir de sécurité est particulièrement complexe et étendu, en raison de leur statut de superpuissance mondiale et de leur réseau d’alliances. Leur sécurité nationale est indissociable de la sécurité de leurs alliés et de la stabilité du système international dans son ensemble. C’est pourquoi ils maintiennent une présence militaire dans de nombreuses régions du monde, investissent massivement dans la recherche et le développement d’armements sophistiqués, et mènent des opérations de renseignement à l’échelle planétaire. Ces actions, souvent décriées comme « impérialistes » ou « bellicistes », sont en réalité des mesures destinées à protéger les intérêts vitaux américains et à dissuader les adversaires potentiels de menacer leur sécurité ou celle de leurs partenaires. Les critiques de la politique de défense américaine oublient souvent que le monde reste un lieu dangereux, où de nombreuses menaces pèsent sur la paix et la stabilité. Le terrorisme international, la prolifération des armes de destruction massive, les cyberattaques d’État, les conflits régionaux, et les ambitions hégémoniques de puissances comme la Chine et la Russie, sont autant de défis qui nécessitent une posture de défense robuste et proactive. Les États-Unis, en tant que leader du monde libre, sont en première ligne pour faire face à ces menaces. Leur capacité à projeter de la force rapidement partout dans le monde, à maintenir des alliances solides comme l’OTAN, et à innover technologiquement dans le domaine militaire, sont des atouts essentiels pour décourager l’agression et maintenir un équilibre des pouvoirs favorable. Bien sûr, la course à la sécurité peut avoir des effets pervers. Elle peut conduire à une spirale de la méfiance et de l’escalade militaire, comme cela a été le cas pendant la Guerre Froide. Elle peut aussi entraîner des dérives, comme des violations de la vie privée au nom de la sécurité nationale, ou des interventions militaires contestables. Mais ces risques ne doivent pas conduire à un désarmement unilatéral ou à un abandon de la responsabilité de se défendre. La recherche d’un équilibre est toujours nécessaire, mais la sécurité doit rester la priorité. Les nations qui négligent leur défense au nom d’idéaux pacifistes ou d’économies budgétaires à court terme courent le risque de devenir des victimes ou des jouets entre les mains de puissances plus déterminées. L’histoire est pleine d’exemples de pays qui ont payé cher leur naïveté ou leur manque de préparation militaire. Les États-Unis, malgré toutes leurs fautes et leurs erreurs, ont au moins compris cette leçon fondamentale : dans un monde dangereux, la sécurité n’est pas un acquis, c’est une conquête permanente qui exige de la vigilance, de l’investissement et, parfois, le recours à la force. C’est une leçon que tous les dirigeants du monde devraient méditer.
SECTION 8 : Les États-Unis, protecteurs imparfaits mais indispensables
L’OTAN sans les USA : une coquille vide face à l’ours russe
L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est souvent présentée comme le pilier de la sécurité européenne, une alliance de défense collective fondée sur la solidarité et le partage du fardeau. Si ce principe est noble en théorie, la réalité pratique est que l’OTAN, dans sa capacité à dissuader et, si nécessaire, à repousser une agression majeure, dépend de manière quasi absolue de la puissance militaire, économique et politique des États-Unis. Sans l’engagement américain, l’OTAN deviendrait rapidement une coquille vide, incapable de faire face à des adversaires déterminés comme la Russie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les États-Unis contribuent à environ 70% des dépenses de défense totales des pays de l’OTAN. Ils fournissent l’essentiel des capacités de projection de puissance, du transport stratégique à la supériorité aérienne et navale, sans lesquelles aucune opération militaire d’envergure ne serait envisageable en Europe. Leurs bases militaires réparties sur le continent, leurs stocks de prépositionnement d’équipements, et leur leadership au sein du commandement intégré de l’OTAN sont indispensables à la crédibilité de l’alliance. Face à la Russie, qui a modernisé son armée et démontré sa volonté d’utiliser la force pour modifier les frontières par la violence en Géorgie et en Ukraine, les Européens, pris individuellement ou même collectivement (hors contribution américaine), seraient dans une position de grande faiblesse. Seuls quelques pays européens, comme la France et le Royaume-Uni, disposent d’armées capables d’interventions significatives, mais même leurs capacités sont limitées en comparaison de celles de la Russie ou des États-Unis. Les pays d’Europe de l’Est, qui ont connu l’oppression soviétique et qui se sentent aujourd’hui directement menacés par les visées expansionnistes de Poutine, sont parfaitement conscients de cette dépendance. C’est pourquoi ils plaident constamment pour un engagement américain renforcé dans la région et pour le respect par tous les alliés de l’objectif de 2% du PIB consacré aux dépenses militaires. La récente invasion de l’Ukraine a servi de révélateur cruel de cette réalité. Si les États-Unis n’avaient pas fourni une aide militaire massive et urgente à l’Ukraine, et s’ils n’avaient pas renforcé de manière significative leur présence militaire et celle de l’OTAN sur le flanc oriental, il est fort probable que la résistance ukrainienne aurait été beaucoup plus difficile, voire impossible à soutenir. Les Européens, bien qu’ils aient fourni une aide substantielle, n’auraient pas pu, à eux seuls, compenser l’absence de puissance américaine. Leurs stocks d’armements étaient insuffisants, leurs capacités de production et de logistique limitées, et leur coordination politique complexe. Cette dépendance n’est pas nouvelle. Depuis la création de l’OTAN en 1949, les États-Unis ont toujours été le garant ultime de la sécurité européenne. Pendant la Guerre Froide, leur présence a dissuadé l’Union soviétique d’étendre son emprise plus à l’ouest. Après la chute du Mur de Berlin, ils ont joué un rôle clé dans l’unification allemande et ont maintenu leur engagement pour assurer la stabilité d’un continent en pleine mutation. Aujourd’hui, alors que la Russie de Poutine représente à nouveau une menace existentielle pour l’ordre européen, le rôle des États-Unis est plus crucial que jamais. Les critiques européennes qui accusent les États-Unis d' »unilatéralisme » ou de « bellicisme » sont donc non seulement injustifiées au vu de leur contribution disproportionnée à la sécurité commune, mais elles sont aussi dangereuses car elles risquent d’affaiblir la cohésion de l’alliance à un moment où elle est plus vitale que jamais. Les Européens ont le choix : soit ils prennent enfin leurs responsabilités en investissant massivement et durablement dans leurs propres capacités de défense pour devenir un partenaire plus crédible et plus équilibré des États-Unis, soit ils continuent de vivre dans l’illusion d’une sécurité garantie par les autres, au risque de la perdre un jour. Mais dans l’état actuel des choses, sans les États-Unis, l’Europe serait vulnérable, et la paix sur le continent serait bien plus précaire.
Passage éditorial personnel : Entendre certains dirigeants européens critiquer les USA tout en comptant sur eux pour leur sécurité, c’est un sommet de l’hypocrisie. Si l’Europe veut être prise au sérieux, qu’elle assume ses responsabilités. Mais tant qu’elle ne le fera pas, qu’elle se taise et soit reconnaissante envers ceux qui assurent sa défense.
Les intérêts communs, l’avenir partagé : l’importance cruciale de l’alliance transatlantique
Au-delà de la dimension purement militaire et sécuritaire, l’alliance entre les États-Unis et l’Europe repose sur des fondations beaucoup plus profondes : des valeurs communes, des intérêts économiques imbriqués et une vision partagée de l’ordre mondial. Malgré les tensions, les divergences et les critiques ponctuelles, cette alliance transatlantique reste un pilier indispensable de la stabilité et de la prospérité mondiales. Les États-Unis et les nations européennes partagent un héritage commun fondé sur les Lumières, la démocratie libérale, les droits de l’homme et l’État de droit. Ces valeurs ne sont pas que des abstractions ; elles sont le socle de nos sociétés et le critère par lequel nous jugeons la légitimité des gouvernements. Face à la montée en puissance de régimes autoritaires comme la Chine et la Russie, qui rejettent ces valeurs et cherchent à promouvoir un modèle alternatif fondé sur le contrôle étatique et le nationalisme agressif, la solidarité entre les démocraties est plus importante que jamais. Défendre ces valeurs communes, c’est aussi défendre notre mode de vie et notre avenir. Sur le plan économique, les États-Unis et l’Europe sont les partenaires commerciaux les plus importants au monde. Les flux d’investissements transatlantiques sont colossaux, et nos économies sont interdépendantes dans de nombreux secteurs clés. La coopération économique et commerciale entre les deux rives de l’Atlantique est un moteur de croissance et d’innovation qui bénéficie à des millions de personnes. En travaillant ensemble, les États-Unis et l’Europe peuvent façonner les règles du commerce mondial, promouvoir des normes équitables et faire face aux pratiques déloyales d’autres puissances. La coopération transatlantique est également essentielle pour faire face aux défis globaux qui dépassent les cadres nationaux. La lutte contre le changement climatique, la gestion des pandémies, la lutte contre le terrorisme international, la non-prolifération des armes de destruction massive, la cybersécurité, la régulation de l’intelligence artificielle : aucun de ces problèmes ne peut être résolu efficacement sans une action concertée des États-Unis et de l’Europe. Leur poids politique, économique et scientifique combiné leur donne une capacité d’influence unique sur la scène mondiale. Bien sûr, l’alliance transatlantique n’est pas exempte de tensions. Des divergences peuvent apparaître sur des sujets comme le commerce, l’environnement, le rôle des institutions internationales ou l’approche à adopter face à certains conflits. Ces différends sont normaux et même sains dans une relation entre partenaires souverains. Mais ils ne doivent pas masquer l’immensité de ce qui nous unit. Les critiques européennes envers la politique américaine, même lorsqu’elles sont justifiées, doivent être mises en perspective. Elles ne doivent pas conduire à une rupture ou à un affaiblissement de l’alliance, qui serait la pire des issues pour les deux parties et pour le monde. De même, les États-Unis, même lorsqu’ils expriment leur frustration face au manque d’engagement de certains alliés européens, doivent reconnaître l’importance stratégique et politique de cette relation. L’avenir appartient à un monde multipolaire complexe, où les démocraties devront faire front commun pour défendre leurs intérêts et leurs valeurs. L’alliance transatlantique, renouvelée et rééquilibrée, doit être le cœur de cette coalition des démocraties. Plutôt que de s’épuiser dans des critiques stériles, les États-Unis et l’Europe devraient consacrer leur énergie à renforcer leur coopération, à surmonter leurs divergences et à construire un avenir commun basé sur la confiance, le respect mutuel et la reconnaissance de leur interdépendance stratégique. Car, in fine, les intérêts des États-Unis et ceux de l’Europe sont indissociablement liés. Ce qui affecte l’un affecte inévitablement l’autre. Et c’est ensemble que nous serons les plus forts pour faire face aux défis du XXIe siècle.
SECTION 9 : La nécessité de fermeté pour préserver la paix
Les leçons de l’histoire : l’apaisement nourrit l’agresseur
L’histoire du XXe siècle nous offre des exemples tragiques et édifiants des conséquences désastreuses de la politique d’apaisement face aux régimes agressifs et expansionnistes. L’exemple le plus célèbre et le plus souvent cité est celui des accords de Munich en 1938. Face aux exigences territoriales d’Adolf Hitler sur les Sudètes, une région de la Tchécoslovaquie peuplée en partie d’allemands, les grandes puissances démocratiques de l’époque, la France et le Royaume-Uni, représentées par Édouard Daladier et Neville Chamberlain, ont préféré céder. Espérant ainsi éviter la guerre et satisfaire les prétentions du Führer, ils ont sacrifié la souveraineté et la sécurité de la Tchécoslovaquie, qui n’a même pas été invitée à la table des négociations. Chamberlain est rentré à Londres en proclamant avoir obtenu « la paix pour notre temps ». Cette paix fut de courte durée. Moins d’un an plus tard, en mars 1939, Hitler violait ses engagements et envahissait le reste de la Tchécoslovaquie. Puis, en septembre 1939, il attaquait la Pologne, déclenchant la Seconde Guerre mondiale. L’apaisement de Munich n’a pas évité la guerre ; il l’a rendue inévitable et plus meurtrière en donnant à Hitler le temps de renforcer son armée et en lui démontrant la faiblesse et la division des démocraties. Cette leçon a été apprise au prix fort. L’agresseur interprète toujours les concessions non pas comme un geste de bonne volonté, mais comme un signe de faiblesse et une invitation à exiger davantage. Chaque concession rend la prochaine exigence plus probable et plus difficile à refuser. Aujourd’hui, cette leçon historique reste d’une brûlante actualité. Les actions de la Russie de Poutine, depuis l’invasion de la Géorgie en 2008 jusqu’à l’agression à grande échelle de l’Ukraine en 2022, en passant par l’annexion de la Crimée, suivent une logique similaire. Chaque pas en arrière de la communauté internationale, chaque sanction insuffisante, chaque appel au dialogue sans condition préalable, a été perçu par le Kremlin comme un feu vert pour poursuivre son agenda impérialiste. Les accords de Minsk, censés régler le conflit dans le Donbass, ont été utilisés par la Russie pour gagner du temps et consolider ses positions, sans jamais avoir l’intention de les respecter véritablement. De même, la Chine de Xi Jinping observe attentivement la réaction du monde occidental face à l’agression russe. Si l’Occident montre de l’hésitation, de la division ou un manque de détermination à soutenir l’Ukraine et à sanctionner sévèrement la Russie, cela pourrait encourager Pékin à passer à l’acte concernant Taïwan, convaincu que le coût de l’intervention serait acceptable. Face à de tels adversaires, la fermeté n’est pas une option, c’est une nécessité. Cela ne signifie pas chercher la guerre à tout prix, mais cela signifie être prêt à y faire face et à faire comprendre clairement à l’agresseur potentiel que le coût de ses actions sera prohibitif. La dissuasion repose sur la crédibilité de cette menace. Si l’agresseur doute de notre volonté ou de notre capacité à réagir, la dissuasion échoue. Les appels à la retenue, au calme, à la « désescalade », lorsqu’ils sont adressés uniquement à la victime de l’agression et non à l’agresseur, sont non seulement moralement condamnables, mais ils sont aussi contre-productifs sur le plan stratégique. Ils envoient un message d’ambiguïté qui peut être interprété comme une permission implicite. La paix ne se maintient pas en cédant face aux menaces, mais en s’y opposant avec force et détermination. Les leçons de l’histoire sont claires : l’apaisement nourrit l’agresseur et conduit inévitablement à des conflits plus grands et plus dévastateurs. Pour préserver la paix, il faut être prêt à la défendre, coûte que coûte.
Passage éditorial personnel : Je suis constamment effaré par ceux qui n’ont rien appris de l’histoire et qui reprennent les mêmes arguments lénifiants qui ont conduit au désastre il y a moins d’un siècle. Face à un tyran, seule la fermeté compte. Tout le reste n’est que faiblesse et lâcheté.
La dissuasion : un art difficile mais indispensable
La dissuasion est un concept central de la stratégie de défense des grandes puissances, et en particulier des États-Unis. Son principe est simple : convaincre un adversaire potentiel que les coûts et les risques d’une action hostile l’emporteraient largement sur les bénéfices escomptés, et que par conséquent, il est dans son intérêt de s’abstenir d’agir. Si le principe est simple, sa mise en œuvre est complexe et nécessite une combinaison de moyens militaires, politiques et diplomatiques. La dissuasion repose sur trois piliers fondamentaux : la capacité, la crédibilité et la communication. La capacité désigne la possession des moyens militaires nécessaires pour infliger des dommages inacceptables à l’agresseur et pour défendre efficacement ses propres intérêts et ceux de ses alliés. Cela implique des forces armées bien équipées, bien entraînées, modernes et disposant d’une supériorité technologique significative dans les domaines clés. Pour les États-Unis, cela signifie maintenir une supériorité aérienne et navale, des capacités de projection de force à l’échelle mondiale, un avantage dans les domaines de l’espace et du cyberespace, et une force de frappe nucléaire crédible et sûre. La crédibilité concerne la perception par l’agresseur de la volonté du détenteur de la capacité à utiliser effectivement cette dernière si nécessaire. Une puissance peut disposer d’une armée redoutable sur le papier, mais si ses dirigeants sont perçus comme hésitants, divisés, ou prêts à tout négocier même en cas d’agression, sa dissuasion sera faible. La crédibilité se forge par la cohérence de la politique étrangère, le respect des engagements pris (notamment envers les alliés), et la démonstration, si besoin est, d’une résolution ferme dans les crises. Les déclarations publiques, les manœuvres militaires et les déploiements de forces sont autant de signaux envoyés à l’adversaire pour renforcer la crédibilité de la menace. La communication, enfin, est essentielle pour s’assurer que le message de dissuasion est bien compris par l’adversaire et n’est pas sujet à mauvaise interprétation. Il faut être clair sur les lignes rouges qui ne doivent pas être franchies, et sur les conséquences qui en découleraient. Cette communication doit être ferme et sans équivoque, mais elle doit aussi laisser une porte ouverte au dialogue et à la désescalade, pour éviter que les tensions ne dégénèrent par accident ou par malentendu. La dissuasion est un équilibre subtil entre fermeté et diplomatie. Elle n’est pas statique ; elle doit s’adapter en permanence à l’évolution des menaces, des technologies et de la géopolitique mondiale. Aujourd’hui, la dissuasion américaine est mise à l’épreuve par la montée en puissance de la Chine, la Russie et d’autres acteurs hostiles. La Chine modernise rapidement son armée, notamment sa marine et ses capacités de missiles, et développe des armes asymétriques pour contrer la supériorité américaine traditionnelle. La Russie, bien que plus faible économiquement, dispose d’un arsenal nucléaire considérable et a démontré sa volonté d’utiliser la force conventionnelle pour modifier l’ordre européen. Face à ces défis, les États-Unis doivent investir continuellement dans la modernisation de leurs forces armées, renforcer leurs alliances pour créer un front uni contre les adversaires potentiels, et développer de nouvelles doctrines et de nouvelles capacités pour faire face aux menaces hybrides, cybernétiques et spatiales. La dissuasion n’est pas une garantie absolue contre la guerre. Des dirigeants irrationnels ou des calculs erronés peuvent toujours conduire à un conflit. Mais c’est le moyen le plus efficace que nous ayons pour préserver la paix dans un monde dangereux. C’est un art difficile, qui exige de la vision, de la détermination et des ressources. Pour les États-Unis, leader du monde libre, c’est une responsabilité qu’ils ne peuvent esquiver.
SECTION 10 : L'ingratitude et la myopie des critiques
Les reproches infondés sur l’environnement et la santé
Il est devenu courant pour certains critiques, notamment en Europe, de fustiger les États-Unis pour leur prétendu manque d’engagement sur des sujets comme l’environnement ou la santé publique. Si les États-Unis ne sont certes pas parfaits dans ces domaines, et ont connu des revers significatifs (comme le retrait de l’Accord de Paris sous l’administration Trump), ces critiques sont souvent exagérées, sélectives et ignorent de nombreuses réalités. En matière d’environnement, les États-Unis sont l’un des pays qui a réduit ses émissions de gaz à effet de serre les plus significativement au cours des dernières décennies, notamment grâce à la transition du charbon vers le gaz de schiste et aux investissements dans les énergies renouvelables. De nombreuses innovations technologiques majeures dans les domaines des énergies vertes, de l’efficacité énergétique ou de l’agriculture durable proviennent d’entreprises et de laboratoires américains. Accuser les États-Unis d’être les « seuls pollueurs » est une caricature qui ne résiste pas à l’analyse des données, surtout lorsque l’on compare leurs efforts à ceux de grandes puissances émergentes comme la Chine, qui est aujourd’hui le plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre et dont la politique environnementale reste très en deçà des enjeux. De plus, les États-Unis sont l’un des principaux contributeurs financiers aux efforts internationaux de conservation de la nature et de lutte contre le changement climatique. Leur rôle dans la recherche scientifique sur le climat est également prépondérant. Concernant la santé publique, si le système de santé américain est critiqué pour son coût élevé et son manque d’accès universel pour une partie de la population, les États-Unis restent le leader mondial incontesté de la recherche biomédicale et de l’innovation pharmaceutique. La majorité des nouveaux médicaments, des traitements contre le cancer et des vaccins développés dans le monde proviennent des laboratoires américains, souvent grâce à des investissements publics et privés colossaux. L’opération « Warp Speed » lancée par l’administration Trump pour accélérer le développement et la production de vaccins contre le Covid-19, bien que critiquée sur certains aspects, a permis de rendre disponibles des vaccins efficaces en un temps record, bénéficiant non seulement aux Américains, mais au monde entier. Sans cette capacité d’innovation américaine, la pandémie aurait été encore plus meurtrière et plus longue. Ces critiques environnementales et sanitaires envers les États-Unis sont souvent le fait d’une vision idéologique qui oppose un « mauvais » modèle américain capitaliste et consumériste à un « bon » modèle européen plus social et écologiste. Cette opposition simpliste ne résiste pas à l’analyse. Les États-Unis, comme toute grande nation, ont des contradictions et des défis importants à relever dans ces domaines. Mais ils sont aussi à la pointe de nombreuses solutions et contribuent massivement à l’effort mondial. Les reproches européens seraient plus crédibles s’ils étaient accompagnés d’une reconnaissance de ces contributions et d’une auto-critique sur leurs propres performances. Par exemple, l’Europe dépend fortement des importations d’énergies fossiles, y compris du gaz russe, et de nombreux pays européens peinent à atteindre leurs propres objectifs climatiques. Leurs systèmes de santé, bien que plus universels, font face à des défis de financement et d’efficacité croissants. Avant de jeter la pierre, les critiques feraient bien de regarder chez eux et de reconnaître que les problèmes environnementaux et sanitaires sont globaux et nécessitent une coopération, plutôt que des reproches unilatéraux et injustifiés. L’ingratitude envers les contributions américaines à la santé et à l’environnement mondiaux est particulièrement malvenue, alors que le monde fait face à des défis sans précédent dans ces domaines.
Passage éditorial personnel : Je suis écœuré par ces critiques permanentes et malhonnêtes envers les USA sur l’environnement, alors que la Chine pollue allègrement et que l’Europe a bien du mal à respecter ses propres engagements. Un peu plus d’objectivité et de reconnaissance pour le rôle moteur de l’innovation américaine serait la bienvenue.
Les chicanes entre alliés : une fatalité à gérer avec maturité
Il est dans la nature des relations humaines, qu’elles soient personnelles, professionnelles ou internationales, que des désaccords et des tensions surviennent. Les alliances entre nations, même les plus solides, ne font pas exception à cette règle. Les relations entre les États-Unis et leurs alliés européens ont toujours été ponctuées de « chicanes », de divergences d’intérêts et de critiques mutuelles. C’est une fatalité dans un monde complexe où chaque pays poursuit ses propres objectifs nationaux, même au sein d’une alliance. Ces tensions peuvent porter sur de nombreux sujets : le commerce, les politiques agricoles, le partage du fardeau de la défense, l’approche à adopter face à un conflit régional, le rôle des institutions internationales, ou encore des questions culturelles ou de « soft power ». Par exemple, les Européens ont souvent critiqué l’unilatéralisme américain et la tendance des États-Unis à imposer leurs vues, tandis que les Américains se sont plaints de l’ingratitude et du manque de soutien de leurs alliés, notamment dans les opérations militaires. Ces désaccords, s’ils sont mal gérés, peuvent affaiblir la cohésion de l’alliance et être exploités par les adversaires communs. Cependant, il est important de relativiser l’importance de ces chicanes et de ne pas les laisser masquer les fondations solides et les intérêts communs qui unissent les démocraties occidentales. Malgré les différends, les États-Unis et l’Europe restent des partenaires économiques majeurs, des alliés militaires au sein de l’OTAN, et des partisans des mêmes valeurs fondamentales de liberté, de démocratie et d’État de droit. Leurs intérêts en matière de sécurité, de prospérité et de stabilité mondiale sont largement convergents. La gestion de ces tensions requiert de la maturité, du dialogue et un esprit de compromis de la part de tous les acteurs. Il est normal que les alliés expriment leurs préoccupations et leurs désaccords, mais cela doit se faire dans un cadre de respect mutuel et avec la volonté de trouver des solutions qui préservent l’unité de l’alliance. Les critiques publiques et virulentes, si elles sont trop fréquentes ou injustifiées, peuvent être contre-productives. Il est souvent préférable de régler les différends en coulisses, par la diplomatie discrète, et de présenter un front uni face aux adversaires extérieurs. Les « chicanes » entre alliés sont inévitables, mais elles ne doivent pas devenir le moteur de la relation. Il faut savoir faire la part des choses entre les désaccords de fond qui nécessitent un vrai débat et les querelles de personne ou les critiques de façade qui servent surtout des intérêts politiques internes. L’histoire de l’alliance transatlantique montre qu’elle a toujours su surmonter les crises et les tensions, précisément parce que ses membres ont conscience de leur interdépendance stratégique. Les moments de désaccord sont souvent suivis de périodes de rapprochement et de coopération renforcée, face à une menace commune plus grande. Aujourd’hui, face aux défis posés par la Chine, la Russie et d’autres puissances révisionnistes, l’unité des démocraties occidentales est plus importante que jamais. Plutôt que de se laisser emporter par des reproches stériles, les États-Unis et l’Europe devraient se concentrer sur ce qui les unit et renforcer leur coopération dans les domaines où leurs intérêts convergent. Les « chicanes » feront toujours partie de la relation, mais elles ne doivent pas devenir le décor de fond permanent. L’avenir de l’ordre mondial libéral en dépend.
SECTION 11 : La valeur de l'amitié et de la protection dans un monde dangereux
Les États-Unis : voisins, amis et protecteurs de l’Occident
Dans un monde de plus en plus instable et dangereux, où les menaces contre la sécurité, la démocratie et les valeurs occidentales sont multiples et croissantes, le rôle des États-Unis en tant que protecteur de l’Occident reste, malgré toutes ses imperfections et les critiques qu’il suscite, absolument essentiel. Cette relation de protection n’est pas née d’un hasard ou d’un simple calcul d’intérêts à court terme ; elle est le fruit d’une histoire commune, de valeurs partagées et d’une reconnaissance mutuelle que la sécurité et la prospérité des uns sont indissociables de celles des autres. Les États-Unis sont, pour l’Europe et pour de nombreuses autres démocraties dans le monde, plus qu’un simple allié. Ils sont un ami, un partenaire sur lequel on peut compter dans les moments difficiles. Cette amitié s’est forgée dans le feu des deux guerres mondiales, lorsque des soldats américains sont venus mourir sur le sol européen pour libérer des peuples qu’ils ne connaissaient pas. Elle s’est consolidée pendant la Guerre Froide, lorsque la dissuasion américaine a protégé l’Europe de la menace soviétique. Et elle se manifeste aujourd’hui dans le soutien apporté à l’Ukraine face à l’agression russe, ou dans la présence militaire américaine qui contribue à la sécurité de l’Asie de l’Est. Cette protection n’est pas désintéressée, bien sûr. Les États-Unis agissent aussi pour défendre leurs propres intérêts nationaux, qui sont souvent alignés sur ceux de leurs alliés. En assurant la sécurité de l’Europe, ils se protègent eux-mêmes contre les menaces qui pourraient provenir de cette région. En maintenant la liberté de navigation sur les mers du globe, ils protègent leurs propres routes commerciales. Mais au-delà de cette realpolitik, il existe un lien plus profond, un sentiment d’appartenance à une même communauté de valeurs, le « monde libre ». Les États-Unis, par leur histoire, leur culture et leur système politique, sont l’incarnation la plus visible de cette communauté. Leur puissance est le rempart qui permet aux autres démocraties de vivre en paix et de prospérer. Les critiques qui assimilent cette relation de protection à une forme de « domination » ou d' »impérialisme » américain font preuve d’une grande naïveté politique ou d’une méconnaissance des réalités géopolitiques. Elles oublient que sans l’engagement américain, l’Europe serait aujourd’hui très probablement soumise à un régime totalitaire, ou divisée en une multitude d’États rivaux se livrant des guerres incessantes. Elles oublient que la paix et la prospérité dont jouit l’Occident depuis plus de sept décennies sont largement dues à la stabilité garantie par la puissance américaine. Bien sûr, cette relation de protection n’est pas toujours facile. Elle génère des dépendances, des frustrations et des désaccords, comme nous l’avons vu. Mais ces difficultés sont le prix à payer pour la sécurité et la paix. Dans un monde idéal, chaque pays serait capable de se défendre seul et les alliances ne seraient pas nécessaires. Mais ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons. Face à des adversaires déterminés et puissants, la solidarité et l’entraide entre démocraties sont vitales. Les États-Unis, par leur taille, leur économie et leur puissance militaire, sont le cœur de cette solidarité. Leur rôle de protecteur n’est pas une charge, mais une responsabilité qu’ils assument, parfois au prix de lourds sacrifices. Les pays occidentaux devraient en être conscients et exprimer leur reconnaissance, plutôt que de se complaire dans des critiques stériles et ingrates. Car, au final, la sécurité de l’Occident est une entreprise commune, et les États-Unis en sont le principal garant.
Passage éditorial personnel : Je suis profondément reconnaissant envers les États-Unis pour le rôle qu’ils jouent dans la défense de nos valeurs et de notre sécurité. Le monde serait un endroit beaucoup plus sombre et dangereux sans leur engagement. Leur amitié et leur protection sont des atouts précieux qu’il faut chérir et préserver.
La reconnaissance : une vertu trop souvent oubliée
La reconnaissance est une vertu morale essentielle dans les relations humaines, qu’elles soient individuelles ou collectives. Elle consiste à manifester sa gratitude envers ceux qui nous ont rendu service, nous ont aidés ou nous ont protégés. Dans le domaine des relations internationales, la reconnaissance envers les alliés qui ont joué un rôle crucial dans notre sécurité et notre prospérité devrait être une évidence. Pourtant, force est de constater que cette vertu est souvent absente, voire remplacée par l’ingratitude et la critique, en particulier en ce qui concerne les États-Unis de la part de certains de leurs alliés européens. Comme nous l’avons longuement évoqué, les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans la libération de l’Europe lors de la Seconde Guerre mondiale, au prix de centaines de milliers de vies américaines. Ils ont ensuite assuré la sécurité de l’Europe occidentale pendant toute la durée de la Guerre Froide, empêchant une invasion soviétique. Aujourd’hui encore, leur engagement au sein de l’OTAN reste le pilier de la défense européenne face aux menaces renouvelées. Malgré ces sacrifices et cet engagement constant, de nombreuses voix en Europe s’élèvent pour critiquer la politique américaine, l’accusant d’unilatéralisme, d’impérialisme, de manque de respect pour l’environnement ou les droits sociaux. Ces critiques, même lorsqu’elles contiennent une part de vérité sur des points spécifiques, sont souvent disproportionnées, malveillantes et ignorent délibérément le contexte global et les bienfaits de l’alliance américaine. Cette ingratitude a plusieurs effets néfastes. Tout d’abord, elle blesse et démoralise ceux qui se sentent injustement attaqués après avoir fait des efforts considérables. Elle peut affaiblir le soutien de l’opinion publique américaine à l’égard de l’engagement international de leur pays, et encourager les courants isolationnistes. Ensuite, elle envoie un signal dangereux aux adversaires des démocraties, qui peuvent interpréter ces divisions et ces critiques comme des signes de faiblesse et de manque de cohésion au sein du camp occidental. Enfin, elle empêche de construire une relation sereine et constructive entre alliés, fondée sur la confiance et le respect mutuel. La reconnaissance ne signifie pas l’approbation aveugle de toutes les politiques de son allié, ni l’abandon de son propre jugement critique. Il est sain et nécessaire que les alliés puissent s’exprimer franchement et exprimer leurs désaccords. Mais cette critique devrait être constructive, équilibrée et s’accompagner d’une reconnaissance explicite des contributions et des sacrifices de l’autre. Les pays européens ont tout intérêt à cultiver une relation de confiance et de respect avec les États-Unis. Ils ont besoin de leur puissance militaire pour leur sécurité, de leur marché pour leur prospérité économique, et de leur leadership pour faire face aux défis globaux. Au lieu de chercher systématiquement la petite bête ou de se complaire dans un anti-américanisme de principe, ils feraient mieux de valoriser les nombreux points de convergence et de travailler main dans la main avec Washington pour construire un avenir commun plus sûr et plus prospère. La reconnaissance n’est pas seulement une question de politesse ou de morale ; c’est aussi une attitude intelligente et stratégique dans un monde où les alliances sont plus importantes que jamais. Les Européens feraient bien de s’en souvenir.
CONCLUSION : Le choix de l'Occident : réalisme et solidarité ou déclin et soumission
Le réveil des démocraties face aux régimes autoritaires
Le monde contemporain est le théâtre d’une compétition acharnée entre les démocraties libérales, menées par les États-Unis, et les régimes autoritaires, dont la Chine et la Russie sont les figures de proue. Cette compétition ne se limite pas au domaine militaire ou économique ; elle porte aussi sur des valeurs fondamentales : la liberté individuelle, les droits de l’homme, l’État de droit d’un côté, le contrôle étatique, le nationalisme agressif et le mépris des libertés de l’autre. Face à cette menace existentielle pour l’ordre mondial basé sur des règles, les démocraties occidentales doivent opérer un réveil collectif et adopter une posture de réalisme et de solidarité. Le réalisme, c’est prendre conscience que les régimes autoritaires ne partagent pas nos valeurs et ne jouent pas selon les mêmes règles. Leurs objectifs sont de déstabiliser les démocraties, d’étendre leur sphère d’influence et d’imposer leur modèle de gouvernance. Ils utilisent pour cela tous les moyens à leur disposition : la force militaire, la coercition économique, la désinformation, la cyberattaque et l’ingérence politique. Face à de tels adversaires, les appels au dialogue, à l’apaisement ou au multilatéralisme naïf sont inefficaces, voire dangereux. La seule langue qu’ils comprennent est celle de la force et de la détermination. Les démocraties doivent donc être prêtes à se défendre vigoureusement, en investissant dans leurs capacités militaires, en renforçant leur résilience face aux attaques hybrides, et en faisant comprendre clairement à leurs adversaires que toute agression sera accueillie par une réponse ferme et coordonnée. La solidarité, c’est l’union des démocraties pour faire face à ces défis communs. Aucun pays, pas même les États-Unis, ne peut résoudre seul les problèmes du monde contemporain. La coopération entre les États-Unis et l’Europe, mais aussi avec d’autres démocraties comme le Japon, l’Australie, l’Inde ou la Corée du Sud, est indispensable pour peser sur la scène internationale, promouvoir nos valeurs et contenir les ambitions hégémoniques des régimes autoritaires. Cette solidarité doit se manifester dans tous les domaines : le partage du renseignement, la coordination des politiques étrangères, la coopération économique et technologique, et le soutien mutuel en cas d’agression. L’Union Européenne, en particulier, doit surmonter ses divisions internes et assumer ses responsabilités en matière de sécurité et de défense, pour devenir un partenaire plus crédible et plus équilibré des États-Unis. Le réveil des démocraties implique aussi une prise de conscience interne. Il faut lutter contre la désinformation et les tentatives de division venues de l’extérieur, renforcer la cohésion sociale, et défendre nos valeurs contre ceux qui cherchent à les saper. La confiance dans nos institutions et dans le modèle démocratique doit être restaurée, car c’est notre plus grande force face aux régimes qui reposent sur la peur et la répression. Le choix qui s’offre à l’Occident est clair : soit il se réveille, s’unit et se défend avec réalisme et détermination, soit il s’engage dans un lent déclin marqué par la division, l’apathie et, in fine, la soumission face aux puissances autoritaires qui n’attendent que notre faiblesse pour avancer leurs pions. L’histoire nous a appris les leçons de l’apaisement. Il est temps de les mettre en pratique.
Passage éditorial personnel : Je crois profondément que les démocraties ont encore un avenir, mais seulement si elles se réveillent et se battent pour leurs valeurs. Le temps du confort et de l’insouciance est révolu. L’heure est venue du courage, de la clarté et de l’action. Notre liberté et notre avenir sont en jeu.
L’avenir de l’Occident : un combat pour la survie de nos valeurs
L’avenir de l’Occident, tel que nous le connaissons – fondé sur la démocratie, les libertés individuelles, les droits de l’homme et l’État de droit – n’est pas garanti. Il est aujourd’hui menacé comme rarement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette menace ne vient pas seulement de l’extérieur, des régimes autoritaires qui cherchent à nous affaiblir et à nous dominer. Elle vient aussi de l’intérieur, de nos propres divisions, de notre lassitude, de notre perte de confiance dans nos valeurs et dans nos institutions. Le combat pour la survie de nos valeurs est donc un combat à la fois externe et interne. Externement, il s’agit de contenir la montée en puissance des adversaires qui nient nos principes fondamentaux. La Chine de Xi Jinping, avec son modèle de capitalisme d’État autoritaire, et la Russie de Poutine, avec son nationalisme impérial, représentent des défis existentiels pour l’ordre international libéral. Ils cherchent activement à le déstabiliser, à le remplacer par un système basé sur la sphère d’influence et le « droit du plus fort », et à séduire d’autres nations en proposant une alternative « développementaliste » qui ignore les libertés. Face à eux, l’Occident doit faire preuve de fermeté, d’unité et de vision stratégique. Cela implique de maintenir une supériorité militaire et technologique crédible, de renforcer nos alliances, et de promouvoir activement nos valeurs sur la scène internationale, en soutenant les défenseurs des droits de l’homme et les mouvements démocratiques dans le monde. Internement, le combat est tout aussi important. Nous devons lutter contre le populisme et le nationalisme étroit qui sapent la cohésion de nos sociétés et la confiance dans nos institutions démocratiques. Nous devons renouer le pacte social entre les citoyens et l’État, en veillant à ce que les bénéfices de la mondialisation soient partagés plus équitablement et que chacun se sente représenté et respecté. Nous devons investir dans l’éducation, la culture et le débat d’idées, pour renforcer l’esprit critique et la résistance face à la désinformation et aux idéologies extrémistes. Nous devons aussi retrouver un sens de l’histoire et de la fierté de ce que l’Occident a accompli, malgré ses erreurs et ses imperfections. La démocratie libérale n’est pas un acquis éternel ; c’est une conquête fragile qui doit être défendue et renouvelée en permanence. Les États-Unis, par leur puissance et leur leadership, ont un rôle crucial à jouer dans ce combat. Mais ils ne peuvent pas le mener seuls. Ils ont besoin du soutien actif et de la solidarité de leurs alliés européens et d’autres démocraties. La critique est nécessaire et saine, mais elle ne doit pas mener à l’affaiblissement de notre camp commun. L’avenir de l’Occident dépendra de notre capacité à dépasser nos querelles intestines, à reconnaître la nature des menaces qui pèsent sur nous, et à nous unir pour défendre les valeurs qui sont au cœur de notre identité et de notre prospérité. C’est un combat difficile, peut-être long, mais c’est un combat que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre. Car si l’Occident faiblit, le monde entier sombrera dans une ère plus sombre.
Signé Maxime Marquette
ENCADRÉ DE TRANSPARENCE DU CHRONIQUEUR
Ce billet exprime une opinion personnelle et engagée sur les relations internationales et le rôle des États-Unis dans le monde. L’auteur assume pleinement le ton direct et les prises de position qui peuvent heurter ou susciter le débat. L’objectif est de provoquer une réflexion critique sur les dynamiques de pouvoir et les responsabilités des nations dans un contexte géopolitique tendu, en défendant une vision occidentale et réaliste des enjeux actuels.
SOURCES
Sources primaires
Foreign interventions by United States (consulté le 2025-06-18)
US Interventions (consulté le 2025-06-18)
Instances of Use of United States Armed Forces Abroad (consulté le 2025-06-18)
Sources secondaires
U.S. Foreign Policy Increasingly Relies on Military Interventions (consulté le 2025-06-18)
Milestones: 1937-1945 – American Isolationism in 1930s (consulté le 2025-06-18)
U.S. POLICY OF INTERVENTION: A CRITICAL ANALYSIS (consulté le 2025-06-18)
A Chronology Of U.s. Military Interventions (consulté le 2025-06-18)
Been There, Done That: Lessons from Past Interventions (consulté le 2025-06-18)
US military intervention abroad (consulté le 2025-06-18)
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