Les noms derrière les chiffres
Derrière les débats juridiques, il y a des visages. Celui de Sameeha Sabbah, la mère d’Ammar Sabbah, 16 ans, tué par des soldats israéliens lors d’un raid en Cisjordanie en décembre 2025. Sa photo, prise lors de l’enterrement de son fils, est devenue le symbole de la colère palestinienne. Ou celui de Farid al-Atrash, un avocat palestinien qui a passé sa vie à défendre les droits de son peuple. Aujourd’hui, il pourrait se retrouver devant un tribunal militaire, sans véritable défense, sans espoir de clémence.
Et puis, il y a les familles israéliennes. Celles qui ont perdu des proches lors des attaques du 7 octobre 2023, quand le Hamas a tué plus de 1 200 Israéliens et pris 250 otages. Leur douleur est réelle, leur soif de justice compréhensible. Mais est-ce que la justice, c’est exécuter des adolescents sans leur laisser une chance de se défendre ? Est-ce que la justice, c’est créer un système où la vie d’un Palestinien vaut moins que celle d’un Israélien ?
Je me souviens d’une rencontre avec une mère israélienne, dont le fils avait été tué lors d’une attaque. Elle m’avait dit : « Je veux que les assassins de mon fils paient. Mais je ne veux pas qu’on tue en mon nom. Parce que si on le fait, alors mon fils est mort pour rien ». Ces mots me hantent aujourd’hui.
Le piège de la vengeance
Israël n’a pas exécuté un seul condamné depuis 1962, quand Adolf Eichmann, criminel nazi, avait été pendu. Aujourd’hui, le pays s’apprête à rouvrir cette porte, et seulement pour les Palestiniens. Amnesty International a été claire : « Ce projet de loi est une régression de 20 ans en arrière ». Pire, il risque d’enclencher une spirale de violence sans fin. Comme le souligne un rapport de l’ONU, « la peine de mort n’a jamais prouvé son efficacité pour dissuader le terrorisme. Elle ne fait qu’alimenter le cycle de la vengeance ».
Et puis, il y a la question des tribunaux militaires. En Cisjordanie, les Palestiniens sont jugés par des cours où le taux de condamnation dépasse 99%. Où est la présomption d’innocence ? Où est le droit à un procès équitable ? Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a été clair : « Nous allons frapper fort ». Mais à quel prix ?
Section 3 : Le miroir brisé de la démocratie israélienne
Quand la loi devient une arme
Israël se présente comme la seule démocratie du Moyen-Orient. Mais une démocratie, c’est un système où la loi s’applique à tous, sans distinction. Or, ce projet de loi crée une catégorie de citoyens de seconde zone : les Palestiniens. Ghassan Munayyer, militant politique de Lod, le dit sans détour : « Il y a une loi pour la société juive, et une autre pour la société palestinienne ».
Et puis, il y a la question de la définition du terrorisme. Le projet de loi utilise des termes vagues, qui pourraient s’appliquer à presque n’importe quoi. Une manifestation ? Un jet de pierre ? Un post sur les réseaux sociaux ? Qui décide ? Les experts de l’ONU ont été clairs : « Ces définitions sont si larges qu’elles pourraient criminaliser des actes qui ne sont pas véritablement terroristes ».
Je repense à une discussion avec un juge israélien, en 2022. Il m’avait dit : « La loi, c’est comme une épée. Si tu la sers à tout bout de champ, elle finit par couper ceux qui la tiennent ». Aujourd’hui, je me demande si Israël n’est pas en train de se couper lui-même.
Le risque de l’escalade
Le Hamas a déjà réagi. Pour le mouvement islamiste, ce projet de loi est une « violation flagrante du droit international ». L’Autorité palestinienne parle d’une « nouvelle forme d’escalade de l’extrémisme israélien ». Et si cette loi passe, qu’est-ce qui empêchera les groupes palestiniens de répondre par des attaques encore plus violentes ? La peine de mort n’a jamais arrêté un terroriste. Elle ne fait que créer de nouveaux martyrs.
Et puis, il y a la question de l’image d’Israël. Le pays, déjà isolé sur la scène internationale, risque de devenir un paria. Volker Türk a été clair : « Israël doit abandonner ce projet, en ligne avec la tendance mondiale vers l’abolition de la peine de mort ». Mais le gouvernement Netanyahu semble s’en moquer. Après tout, avec des alliés comme les États-Unis, qui continuent de soutenir Israël malgré tout, pourquoi se soucier de l’opinion internationale ?
Section 4 : Le choix qui reste à faire
La question qui hante Israël
Israël est à la croisée des chemins. D’un côté, la colère légitime des familles des victimes du 7 octobre. De l’autre, le risque de glisser vers un État où la justice n’est plus qu’un outil de répression. Le projet de loi doit encore être voté en deuxième et troisième lecture. Il est encore temps de reculer. Mais dans un pays où la peur et la colère dominent le débat, le risque est grand de voir la raison balayée.
Et puis, il y a les avocats palestiniens. Ceux qui, malgré tout, continuent de croire en la justice. Ceux qui, comme Farid al-Atrash, se battent pour que leurs clients aient droit à un procès équitable. Ceux qui refusent de baisser les bras, même quand tout semble perdu. Leur combat est le nôtre. Parce que la justice, ce n’est pas une question de nationalité. C’est une question d’humanité.
Je termine cette chronique avec une pensée pour les victimes, des deux côtés. Pour les familles israéliennes qui pleurent leurs proches. Pour les familles palestiniennes qui vivent dans la peur. La justice ne peut pas être une arme. Elle doit être un refuge. Sinon, nous avons déjà perdu.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels de l’ONU (OHCHR), déclarations de Volker Türk, textes de loi israéliens, dépêches de l’AFP et de l’AP, rapports d’Amnesty International.
Sources secondaires : analyses de JURIST, DevDiscourse, Al Jazeera, The Frontier Post, articles spécialisés sur les droits de l’homme au Moyen-Orient.
Les données statistiques, juridiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : OHCHR, Amnesty International, rapports parlementaires israéliens, communiqués du Hamas et de l’Autorité palestinienne.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
JURIST – UN urges Israel to drop proposed death penalty bill against Palestinians – 6 janvier 2026
UN News – Drop draft proposals on death penalty for Palestinians, UN rights chief urges Israel – 2 janvier 2026
OHCHR – Israel: Türk says draft proposals on death penalty for Palestinians must be dropped – 2 janvier 2026
DevDiscourse – UN Experts Urge Israel to Withdraw Mandatory Death Penalty Bill – 4 février 2026
Anadolu Agency – UN experts urge Israel to withdraw proposed mandatory death penalty bill – 4 février 2026
Mirage News – UN Experts Urge Israel to Drop Death Penalty Bill – 4 février 2026
Amnesty International – Israel/OPT: Knesset must drop discriminatory death penalty bills that would further entrench Israel’s system of apartheid – 3 février 2026
Sources secondaires
Al Jazeera – UN experts urge Israel to withdraw death penalty bill – 4 février 2026
The Frontier Post – UN experts slam Israeli ‘terrorist’ death penalty bill – 4 février 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.