L’effondrement de l’État
Haïti n’est plus un État. C’est une coquille vide. La police nationale, sous-équipée et sous-payée, ne contrôle plus que 20 % de la capitale. L’armée, dissoute en 1995 et reconstituée en 2017, est inexistante. Les ministères sont des bâtiments vides, pillés, parfois occupés par des gangs. Les hôpitaux manquent de tout : médicaments, personnel, électricité. Les écoles sont fermées depuis des mois. Les ports et l’aéroport sont régulièrement bloqués par des barricades ou des affrontements. Le pays est en état de siège permanent, mais il n’y a plus d’État pour le déclarer.
En 2025, l’ONU a recensé 1 247 morts et 710 blessés rien qu’à Port-au-Prince entre juillet et septembre. Des chiffres qui donnent le vertige. Mais derrière ces chiffres, il y a des visages. Des mères qui ont perdu leurs enfants. Des enfants qui ont vu leurs parents se faire assassiner. Des familles entières disparues dans l’incendie d’une maison. Et personne pour les compter. Personne pour les pleurer. Personne pour les venger. Juste le silence. Juste l’oubli.
Je me souviens d’une rencontre avec une mère, dans un camp de déplacés à l’extérieur de Port-au-Prince. Elle tenait son bébé dans ses bras. Il avait à peine quelques mois. Elle m’a dit : « Je ne sais pas comment je vais le nourrir demain. Mais je sais une chose : je ne veux pas qu’il grandisse ici. Je ne veux pas qu’il devienne un gangster. Je ne veux pas qu’il meure comme mon frère. » Son frère avait 17 ans. Il avait été recruté par un gang. Il était mort deux semaines plus tôt, dans une fusillade. Elle m’a montré une photo de lui sur son téléphone. Un jeune homme souriant, avec un t-shirt trop grand pour lui. Et puis elle a éclaté en sanglots. Je n’ai pas su quoi lui dire. Parce qu’il n’y a rien à dire. Parce que Haïti est devenu un pays où les mères pleurent leurs enfants avant même qu’ils ne soient nés. Et le monde regarde ailleurs.
Les gangs, nouveaux maîtres du pays
Les gangs ne sont pas un problème en Haïti. Ils sont le pouvoir. Ils contrôlent les ports, les routes, les marchés. Ils lèvent des « taxes » sur les commerçants. Ils décident qui peut circuler, qui peut vivre, qui doit mourir. Leur chef le plus connu, Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », est un ancien policier devenu seigneur de guerre. Il dirige la G9, une coalition de gangs qui domine Port-au-Prince. En 2023, il a organisé un blocus du principal terminal pétrolier du pays, plongeant la capitale dans le noir pendant des semaines. Personne n’a osé l’arrêter. Personne n’a pu l’arrêter.
Les gangs ne se contentent pas de contrôler le territoire. Ils contrôlent aussi la politique. Ils ont des liens avec des hommes politiques, des policiers, des hommes d’affaires. Ils sont devenus des acteurs incontournables. En 2024, des rumeurs ont circulé sur des négociations entre le gouvernement et les chefs de gang pour « pacifier » la capitale. En clair : on leur offrirait des postes, de l’argent, une amnistie, en échange d’un cessez-le-feu. Une paix des gangsters. Une paix qui ne profiterait qu’à eux. Pendant ce temps, les Haïtiens ordinaires continuent de mourir.
L'échec de la communauté internationale
Les promesses non tenues
Haïti n’a pas toujours été abandonné. Après le séisme de 2010, le monde s’était ému. Des milliards de dollars avaient été promis. Des ONG étaient arrivées par centaines. Des soldats de l’ONU avaient été déployés. Mais l’argent a été détourné. Les ONG sont parties. Les Casques bleus ont quitté le pays en 2017, laissant derrière eux un vide que les gangs ont rapidement comblé. Aujourd’hui, les Haïtiens se souviennent de ces promesses. Ils se souviennent des discours. Ils se souviennent des serments. Et ils savent une chose : personne n’est venu les sauver.
En 2021, après l’assassinat du président Jovenel Moïse, la communauté internationale avait de nouveau promis son soutien. Elle avait appelé à des élections libres. Elle avait condamné la violence. Elle avait envoyé des observateurs. Mais rien n’a changé. Les élections n’ont pas eu lieu. La violence a empiré. Les gangs ont pris le contrôle. Et le monde a détourné le regard. Jusqu’à ce que la situation devienne si explosive qu’il a fallu envoyer un navire de guerre pour « rassurer ». Comme si un navire pouvait effacer des années d’abandon.
Je me souviens d’une conversation avec un diplomate américain, il y a quelques années. Il me disait, avec un sourire condescendant : « Haïti, c’est compliqué. Les Haïtiens sont difficiles. Ils ne savent pas se gouverner. » Cette phrase m’a hanté. Parce qu’elle résume tout. Parce qu’elle montre à quel point le monde méprise Haïti. Parce qu’elle montre à quel point on préfère accuser les victimes plutôt que de regarder nos propres échecs en face. Haïti n’est pas un pays « compliqué ». Haïti est un pays qu’on a pillé, exploité, abandonné. Haïti est un pays qu’on a utilisé comme laboratoire pour nos politiques d’ajustement structurel, pour nos interventions militaires, pour nos ONG qui promettent tout et ne font rien. Haïti est un pays qu’on a laissé tomber. Et aujourd’hui, on envoie un navire de guerre pour faire semblant de s’en soucier. C’est ça, l’hypocrisie internationale. C’est ça, le scandale.
L’échec des missions internationales
La MINUSTAH, la mission de l’ONU en Haïti de 2004 à 2017, a été un échec cuisant. Non seulement elle n’a pas réussi à stabiliser le pays, mais elle a aussi été responsable de scandales majeurs. En 2010, des Casques bleus népalais ont introduit le choléra en Haïti, causant une épidémie qui a tué plus de 10 000 personnes. En 2017, des soldats de l’ONU ont été accusés d’abus sexuels sur des mineures. Pourtant, quand la mission a pris fin, on a simplement plié bagage, laissant Haïti plus faible que jamais.
Depuis, les tentatives internationales se sont multipliées, mais sans coordination. Les États-Unis ont imposé des sanctions contre des responsables haïtiens accusés de soutenir les gangs. Le Canada a envoyé des policiers pour former la police haïtienne. La France a promis de l’aide humanitaire. Mais rien n’a fonctionné. Parce que personne ne veut s’attaquer au vrai problème : l’absence totale d’État. Personne ne veut assumer la responsabilité de reconstruire Haïti. Personne ne veut payer le prix politique d’une intervention massive. Alors on envoie un navire. Un symbole. Une illusion de solidarité.
Les Haïtiens, ces héros oubliés
La résistance quotidienne
Pourtant, malgré tout, les Haïtiens résistent. Ils résistent dans les écoles communautaires, où des enseignants bénévoles tentent d’éduquer les enfants malgré les balles. Ils résistent dans les cliniques de fortune, où des médecins soignent les blessés avec trois fois rien. Ils résistent dans les églises et les temples vaudous, où des communautés se serrent les coudes pour survivre. Ils résistent dans les marchés informels, où des femmes vendent quelques légumes pour nourrir leurs familles. Cette résistance, elle est silencieuse. Elle n’a pas de porte-parole. Elle n’a pas de budget. Elle n’a pas de soutien international. Mais elle est là. Elle est tenace. Elle est courageuse.
En 2025, des brigades citoyennes se sont formées dans certains quartiers pour chasser les gangs. Armées de bâtons et de couteaux, elles ont repris le contrôle de quelques rues. Pendant quelques jours, les habitants ont pu respirer. Puis les gangs sont revenus, plus violents que jamais. Mais ces brigades existent. Elles montrent que les Haïtiens ne veulent pas des gangs. Elles montrent qu’ils veulent leur pays zurück. Elles montrent qu’ils sont prêts à se battre. Mais ils ne peuvent pas le faire seuls.
Je me souviens d’une jeune femme, rencontrée dans un quartier de Port-au-Prince. Elle s’appelait Marie. Elle avait 22 ans. Elle était institutrice. Elle m’a dit : « Chaque matin, je me demande si je vais mourir aujourd’hui. Mais je viens quand même. Parce que si je ne viens pas, qui va apprendre à lire à ces enfants ? Qui va leur dire qu’ils valent quelque chose ? Qui va leur dire qu’Haïti peut être autre chose que la violence ? » Marie gagnait 50 dollars par mois. Elle marchait une heure pour venir à l’école, parce que les transports étaient trop chers. Elle savait que les gangs pouvaient arriver à tout moment. Mais elle venait. Parce qu’elle croyait en Haïti. Parce qu’elle croyait en l’avenir. Quand je pense à Marie, je me dis que Haïti n’est pas perdu. Pas tant qu’il y a des gens comme elle. Mais je me dis aussi que le monde a une dette envers elle. Envers eux tous. Une dette de solidarité. Une dette d’humanité.
Les Haïtiens de la diaspora, dernier espoir ?
Si Haïti a un espoir, il vient peut-être de sa diaspora. Plus de 2 millions de Haïtiens vivent à l’étranger, principalement aux États-Unis, au Canada et en France. Ils envoient chaque année des milliards de dollars à leurs familles restées au pays. Ces transferts représentent plus de 30 % du PIB haïtien. Sans eux, le pays s’effondrerait totalement. Mais la diaspora fait plus que envoyer de l’argent. Elle s’organise. Elle manifeste. Elle fait pression sur les gouvernements étrangers pour qu’ils agissent.
En 2024, des manifestations massives ont eu lieu à Miami, New York et Montréal pour exiger une intervention internationale en Haïti. Des Haïtiens-Américains ont bloqué des routes, occupé des ambassades, forcé des élus à les écouter. Leur mot d’ordre était simple : « Haïti n’est pas à vendre. Haïti doit vivre. » Leur combat est double : ils veulent sauver leur pays, mais ils veulent aussi que le monde reconnaisse sa responsabilité dans le désastre haïtien. Parce qu’ils savent une chose : Haïti n’en est pas arrivé là par hasard. Haïti en est arrivé là parce que le monde l’a abandonné.
Le USS Stockdale et l'illusion de la solution militaire
Un navire contre des gangs ?
Alors, que peut faire le USS Stockdale ? Rien. Ou presque. Un navire de guerre ne peut pas reconstruire un État. Il ne peut pas former une police. Il ne peut pas nourrir une population affamée. Il ne peut pas soigner les malades. Il ne peut pas éduquer les enfants. Il ne peut pas rendre la dignité à un peuple humilié. Tout ce qu’il peut faire, c’est montrer le drapeau. Montrer que les États-Unis « s’inquiètent ». Montrer que quelque chose est fait. Mais en réalité, le USS Stockdale est une illusion. Une illusion de sécurité. Une illusion de solution.
Pire encore, sa présence pourrait aggraver les choses. Les gangs haïtiens sont armés, déterminés, et profondément anti-américains. Une intervention militaire directe risquerait de déclencher une guerre urbaine encore plus sanglante. Les Haïtiens se souviennent de l’occupation américaine de 1915 à 1934. Ils se souviennent des humiliations, des exactions, des travaux forcés. Ils ne veulent pas revivre ça. Ils veulent une solution haïtienne. Une solution qui vienne d’eux. Une solution qui respecte leur souveraineté. Mais pour l’instant, personne ne leur propose ça. On leur propose des navires. Des soldats. Des promesses creuses.
Je me souviens d’une discussion avec un ancien militaire haïtien, il y a quelques années. Il m’avait dit : « Les Américains veulent toujours envoyer des soldats. Mais ils ne veulent jamais envoyer des médecins, des ingénieurs, des enseignants. Ils veulent des bases, pas des écoles. Ils veulent des ports, pas des hôpitaux. » Cette phrase me revient en voyant le USS Stockdale au large de Port-au-Prince. Parce que c’est exactement ça. On envoie un navire de guerre. Pas des vivres. Pas des médicaments. Pas des livres. On envoie un symbole de force. Pas un geste de solidarité. Et c’est ça, le vrai scandale. Parce que Haïti n’a pas besoin de force. Haïti a besoin d’espoir. Haïti a besoin qu’on croie en elle. Haïti a besoin qu’on l’aide à se relever. Pas qu’on lui rappelle, une fois de plus, qu’elle est faible.
Et après ?
Alors, que va-t-il se passer après le 7 février ? Personne ne le sait. Le Conseil présidentiel de transition pourrait s’effondrer dans les jours qui suivent. Les gangs pourraient reprendre leur offensive. La violence pourrait exploser. Ou peut-être, peut-être, un semblant de calme reviendra-t-il. Mais même dans ce cas, rien ne sera réglé. Parce que le problème d’Haïti, ce n’est pas une transition. C’est un État à reconstruire. C’est une société à réinventer. C’est un peuple à écouter.
Le USS Stockdale repartira un jour. Les caméras aussi. Les Haïtiens, eux, resteront. Avec leurs morts. Avec leurs rêves brisés. Avec leur pays en lambeaux. Et ils se souviendront. Ils se souviendront des navires qui sont venus. Des promesses qui ont été faites. Des mains qui n’ont pas été tendues. Ils se souviendront qu’on les a abandonnés. Encore une fois.
Conclusion : Haïti, miroir de nos échecs
Ce que Haïti nous renvoie
Haïti est plus qu’un pays en crise. Haïti est un miroir. Un miroir de nos échecs collectifs. De notre incapacité à construire des États stables. De notre hypocrisie internationale. De notre indifférence face à la souffrance des autres. Quand on regarde Haïti, on voit ce qu’il advient d’un pays quand le monde le laisse tomber. On voit ce qu’il advient d’un peuple quand on lui vole son avenir. On voit ce qu’il advient quand on préfère envoyer des navires plutôt que des solutions.
Le USS Stockdale est un symbole. Mais pas celui qu’on croit. Ce n’est pas un symbole de solidarité. C’est un symbole de notre impuissance. De notre lâcheté. De notre incapacité à agir vraiment. Haïti mérite mieux que ça. Haïti mérite qu’on l’écoute. Qu’on la respecte. Qu’on l’aide à se relever. Pas qu’on lui envoie des navires pour faire semblant.
Je me souviens d’une phrase d’un écrivain haïtien, Dany Laferrière : « Haïti est un pays où les gens sourirent même quand ils n’ont plus rien. » Cette phrase me hante. Parce qu’elle dit tout. Elle dit la résilience. Elle dit la dignité. Elle dit l’espoir, malgré tout. Mais elle dit aussi l’abandon. Elle dit la trahison. Elle dit le monde qui regarde ailleurs. Quand je vois les images du USS Stockdale au large de Port-au-Prince, je pense à cette phrase. Je pense à tous ces Haïtiens qui sourirent, même quand ils n’ont plus rien. Et je me dis que le monde ne mérite pas ce sourire. Pas tant qu’il ne fera pas tout pour le rendre vrai. Pas tant qu’il ne fera pas tout pour que Haïti puisse enfin vivre. Pas survivre. Vivre.
Le moment de vérité
Alors, que faire ? D’abord, écouter. Écouter les Haïtiens. Pas les politiciens corrompus. Pas les chefs de gang. Les Haïtiens ordinaires. Ceux qui luttent. Ceux qui résistent. Ceux qui croient encore en leur pays. Ensuite, agir. Pas avec des navires. Pas avec des soldats. Avec des écoles. Avec des hôpitaux. Avec des emplois. Avec des institutions. Avec de l’espoir.
Et puis, assumer nos responsabilités. Assumer que nous avons participé à l’effondrement d’Haïti. Par nos politiques. Par notre indifférence. Par notre hypocrisie. Assumer que nous lui devons une dette. Une dette de justice. Une dette de solidarité. Une dette d’humanité.
Le USS Stockdale est là. Il montre que le monde regarde Haïti. Mais regarder ne suffit pas. Il faut agir. Il faut sauver Haïti. Avant qu’il ne soit trop tard.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
UPI – U.S. sends warship to Haitian capital ahead of government transition – 4 février 2026
UPI – U.S. imposes visa restrictions over gang violence in Haiti – 25 novembre 2025
Sources secondaires
ONU – Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) – 2004-2017
Human Rights Watch – Haiti – 2020-2026
Amnesty International – Haiti – 2020-2026
The Guardian – Haiti coverage – 2020-2026
Le Monde – En Haïti, les gangs ont pris le pouvoir – 24 novembre 2025
The New York Times – Haiti coverage – 2020-2026
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