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CHRONIQUE : Quand nos retraites financent l’apocalypse climatique
Crédit: Adobe Stock

L’engagement de 130 milliards évaporé dans la nature

Il y avait une promesse. Une belle promesse. L’OIRPC s’était engagé à investir 130 milliards de dollars dans des actifs verts et de transition d’ici la fin de la décennie. Un engagement ambitieux, salué par les experts, applaudi par les militants climatiques. Mais voilà, cet engagement a disparu. Purement et simplement. L’OIRPC n’en fait plus mention depuis 2024. Aucune explication. Aucune justification. Juste un silence assourdissant qui en dit long sur les véritables priorités de l’institution. Patrick DeRochie, haut responsable chez Shift, le confirme sans détour : tout laisse penser que l’OIRPC a renoncé à cet engagement. La caisse de retraite a également abandonné son objectif de carboneutralité, ce revirement discret qui passe presque inaperçu dans le flot d’informations quotidiennes.

Quand les mots ne veulent plus rien dire

Le président-directeur général de l’OIRPC, John Graham, a déclaré en septembre dernier que « nous aimons les pipelines de pétrole et de gaz ». Une phrase prononcée sans ironie, sans second degré, comme si c’était la chose la plus normale du monde. Comme si nous n’étions pas en pleine crise climatique. Comme si les rapports du GIEC n’existaient pas. Comme si les incendies de forêt, les inondations catastrophiques et les vagues de chaleur meurtrières n’étaient que des détails sans importance. Cette déclaration résume à elle seule le fossé béant entre le discours officiel sur la lutte contre les changements climatiques et la réalité des investissements de l’OIRPC.

J’ai relu cette phrase dix fois. « Nous aimons les pipelines. » Nous. Qui est ce nous ? Certainement pas les 22 millions de Canadiens dont les pensions sont gérées par l’OIRPC. Certainement pas les jeunes qui hériteront d’une planète dévastée. Ce « nous » désigne une élite financière déconnectée, enfermée dans ses tours d’ivoire, incapable de voir au-delà des rendements trimestriels. Et cette phrase, prononcée avec une telle désinvolture, me glace le sang.

Sources

Le Devoir, « La plus grande caisse de retraite du Canada recule sur le climat », 31 janvier 2025

Shift Action, « Statement: Facing climate litigation, CPPIB made at least $7.1 billion in new fossil fuel investments in the last year », 14 novembre 2025

Shift Action, « 2025 Canadian Pension Climate Report Card – CPPIB Analysis », décembre 2025

Shift Action, « Widening Divide in Canadian Pension Climate Leadership », 28 janvier 2026

Canada’s National Observer, « Canada’s largest pension fund retreats from climate but other funds show leadership », 28 janvier 2026

The Energy Mix, « Canada Pension Plan Gets a ‘D’ in Climate Finance Report Card », janvier 2026

Ecojustice, « Canada Pension Plan Investment Board Climate Risk Case Summary », octobre 2025

CPP Investments, « Annual Report 2024 », juillet 2024

La Caisse de dépôt et placement du Québec, « La Caisse dévoile sa stratégie climatique 2025-2030 », 2025

Financial Post, « CPP Investments will consider nation-building projects », automne 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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