Les conditions draconiennes d’un « progrès » sous contrôle
La réouverture de Rafah, c’est d’abord une victoire diplomatique. Après des mois de négociations, de pressions, de menaces, Israël a enfin cédé. Enfin ? Pas vraiment. Parce que cette réouverture, elle est strictement contrôlée, limitée, conditionnée. Seuls les Palestiniens ayant obtenu une autorisation israélienne pourront passer. Seuls ceux qui ont fui Gaza pendant la guerre pourront revenir. Et même pour les malades, l’évacuation n’est pas garantie. Le 4 février, le Croissant-Rouge palestinien annonce que les évacuations médicales sont suspendues, faute de coordination avec Israël. « Procédures », « détails », « raisons administratives » – des mots creux qui cachent une réalité simple : Israël garde la main. Toujours.
Et puis, il y a les chiffres. 600 camions d’aide par jour, promettait le plan de paix américain. 600. En réalité, seuls quelques dizaines passent. Parce que les inspections israéliennes sont longues. Parce que les routes sont détruites. Parce que la logistique est un cauchemar. Parce qu’Israël le veut ainsi. La réouverture de Rafah, ce n’est pas un geste de bonne volonté. C’est un outil de pression. Un moyen de dire : « Regardez, nous faisons un effort. Mais n’oubliez pas qui décide. »
Je pense à ces ambulances, alignées des deux côtés de la frontière. Des deux côtés. D’un côté, des malades qui attendent, le souffle court, l’espoir au bord des lèvres. De l’autre, des médecins égyptiens, prêts à les accueillir. Et entre les deux, des soldats israéliens. Des soldats qui vérifient, qui contrôlent, qui décident qui peut passer et qui doit rester. Qui peut vivre et qui doit mourir. Et je me demande : comment en est-on arrivés là ? Comment a-t-on pu accepter que la vie d’un malade, d’un enfant, d’une mère, dépende d’un soldat, d’un bureaucrate, d’un algorithme ? Quand est-ce que le monde a décidé que c’était normal ?
Le piège de la « normalisation »
Israël a une stratégie. Une stratégie vieille comme le conflit : donner juste assez pour éviter les condamnations internationales, mais jamais assez pour permettre une vraie reconstruction. La réouverture de Rafah, c’est ça. Un os jeté en pâture à la communauté internationale. « Voyez, nous faisons des efforts. » Mais dans le même temps, les frappes continuent. Les restrictions s’accumulent. La souffrance persiste.
Et le monde ? Le monde applaudit. Ou plutôt, le monde soupirer de soulagement. « Enfin, Rafah rouvre ! » titrent les médias. Comme si c’était une victoire. Comme si c’était la fin de la souffrance. Mais Rafah, ce n’est pas la fin. Rafah, c’est un leurre. Un leurre qui permet à Israël de dire : « Nous faisons notre part. » Un leurre qui permet au monde de détourner le regard. Un leurre qui permet à tout le monde de se donner bonne conscience, pendant que, dans l’ombre, la machine de guerre continue de tourner.
Parce que Rafah, ce n’est pas la paix. Rafah, c’est la guerre sous un autre nom.
Section 3 : Les frappes du 1er février – quand Israël rappelle qui commande
Le timing, une arme de guerre
Le 1er février 2026, Israël lance une série de frappes aériennes sur Gaza. Trente et un morts. Des enfants. Des femmes. Des civils. Pourquoi ce jour-là ? Pourquoi maintenant ? Parce que le lendemain, Rafah doit rouvrir. Parce qu’Israël veut rappeler au monde qui décide. Qui contrôle. Qui domine.
Officiellement, ces frappes sont une réponse à une violation du cessez-le-feu par le Hamas. Des militants auraient tiré sur des soldats israéliens près de la ligne d’armistice. Officiellement. Mais dans les faits, ces frappes sont un message. Un message clair, brutal, sans équivoque : « Nous faisons ce que nous voulons, quand nous le voulons. Et personne ne peut nous arrêter. »
Et le pire, c’est que c’est vrai. Personne n’arrête Israël. Pas l’ONU. Pas les États-Unis. Pas l’Europe. Personne. Trente et un morts, et le monde hausse les épaules. Trente et un morts, et on parle de « réouverture de Rafah » comme d’une victoire. Trente et un morts, et on nous dit que « le processus de paix avance ». Trente et un morts, et le monde a déjà tourné la page.
Je me souviens d’une phrase de Primo Levi : « La monstruosité, c’est la normalité. » Aujourd’hui, en regardant ces frappes, en lisant ces chiffres, je me dis que nous sommes devenus monstres. Pas Israël. Pas le Hamas. Nous. Parce que nous acceptons. Parce que nous normalisons. Parce que nous trouvons des excuses. Trente et un morts, et on parle de « réponse proportionnée ». Trente et un morts, et on dit que « c’est compliqué ». Trente et un morts, et on passe à autre chose. À quel moment avons-nous décidé que la mort de civils était un détail ? À quel moment avons-nous accepté que des enfants soient des « dommages collatéraux » ?
Les victimes, ces nombres qu’on oublie
Parmi les trente et un morts, il y a des noms. Des visages. Des vies. Il y a Mahmoud Al-Atbash, qui a perdu ses deux filles, Zeina et Maryam, dans un raid aérien. Il y a les six enfants de la famille Abu Talha, qui dormaient dans leur tente quand la bombe est tombée. Il y a les médecins, les infirmiers, les secouristes, qui courent d’un corps à l’autre, les mains tremblantes, les yeux pleins de larmes. Il y a des gens. Pas des chiffres. Des gens.
Mais le monde, lui, ne voit que des chiffres. Trente et un. Un bilan. Une statistique. Un détail dans le grand récit géopolitique. On parle de « violation du cessez-le-feu », de « réponse israélienne », de « dynamique du conflit ». On parle de tout, sauf des vies brisées. On parle de tout, sauf du sang. On parle de tout, sauf de l’horreur.
Et pendant ce temps, à Rafah, on rouvre la frontière. On laisse passer quelques malades. On autorise quelques retours. On fait semblant de croire que ça change quelque chose. Mais ça ne change rien. Parce que tant qu’Israël pourra tuer trente et une personnes en une journée, sans conséquences, sans condamnations, sans sanctions, rien ne changera. Parce que tant que le monde acceptera que des enfants meurent pour des « raisons de sécurité », rien ne changera. Parce que tant que nous, nous accepterons de détourner le regard, rien ne changera.
Section 4 : Le cessez-le-feu, cette fiction qui arrange tout le monde
Un accord de papier
Le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025 est une fiction. Une belle fiction, bien écrite, bien négociée, bien vendue. Mais une fiction quand même. Parce qu’un cessez-le-feu, ça veut dire : plus de morts. Or, depuis octobre, il y a eu des centaines de morts. Des centaines. Trente et un rien que le 1er février.
Officiellement, le cessez-le-feu prévoit un échange de prisonniers, une augmentation de l’aide humanitaire, un retrait partiel des troupes israéliennes. Officiellement. Mais dans les faits, Israël continue de contrôler Gaza. Israël continue de bombarder. Israël continue de tuer. Et le monde continue de faire semblant de croire que c’est un cessez-le-feu.
Parce que c’est plus simple. Parce que ça permet de dire : « Voyez, il y a un accord. » Parce que ça permet de ne pas avoir à regarder la réalité en face. Parce que ça permet de ne pas avoir à choisir un camp. Parce que, au fond, le monde n’a pas envie de choisir. Le monde a envie de croire que tout va s’arranger. Que la paix va venir. Que les morts, un jour, cesseront.
Mais les morts, eux, ne cessent pas. Les morts, eux, s’accumulent.
Je repense à ces mots, « cessez-le-feu ». Deux mots. Deux syllabes. Deux mensonges. Parce qu’un cessez-le-feu, ça veut dire que les armes se taisent. Ça veut dire que les enfants ne meurent plus. Ça veut dire que les mères peuvent dormir sans avoir peur que leur maison s’effondre sur leurs enfants. Mais aujourd’hui, à Gaza, les armes ne se taisent pas. Les enfants meurent. Les mères ont peur. Alors à quoi bon ces mots ? À quoi bon ces accords ? À quoi bon ces négociations, si, au bout du compte, rien ne change ? Si les morts continuent de s’entasser, si le sang continue de couler, si les larmes continuent de tomber ?
Les États-Unis, complices silencieux
Derrière ce cessez-le-feu de papier, il y a les États-Unis. Le grand médiateur. Le grand pacificateur. Le grand hypocrite. Parce que les États-Unis, eux, savent très bien ce qui se passe. Ils savent que Israël viole le cessez-le-feu. Ils savent que les frappes continuent. Ils savent que les civils meurent. Et ils ferment les yeux.
Pourquoi ? Parce que Israël est un allié. Parce que la « sécurité d’Israël » est une priorité. Parce que, dans le grand jeu géopolitique, les vies palestiniennes ne pèsent pas lourd. Parce que, au fond, les États-Unis ont choisi leur camp. Et ce n’est pas celui des enfants de Gaza.
Alors oui, ils parlent de « progrès ». Oui, ils parlent de « plan de paix ». Oui, ils parlent de « réouverture de Rafah ». Mais ils ne parlent pas des morts. Ils ne parlent pas des frappes. Ils ne parlent pas des violations. Ils ne parlent pas de la réalité. Parce que la réalité, ça dérange. La réalité, ça force à choisir. La réalité, ça oblige à agir.
Et les États-Unis, eux, ne veulent pas agir. Ils veulent juste que le monde croie qu’ils agissent.
Section 5 : Rafah, symbole d’un système qui broie les vies
La frontière, cette illusion de liberté
Rafah, c’est une frontière. Une ligne tracée dans le sable. Une porte. Une sortie. Une illusion. Parce que Rafah, ce n’est pas la liberté. Rafah, c’est un couloir. Un couloir étroit, contrôlé, surveillé, où chaque pas est compté, chaque regard scruté, chaque souffle pesé.
Pour passer Rafah, il faut une autorisation. Une autorisation israélienne. Une autorisation de ceux-là mêmes qui bombardent vos maisons, qui tuent vos enfants, qui détruisent vos vies. Il faut leur demander la permission de fuir. Il faut leur demander la permission de vivre. Il faut leur demander la permission d’exister.
Et même quand on l’obtient, cette autorisation, même quand on franchit cette frontière, on n’est pas libre. Parce que de l’autre côté, il y a l’Égypte. Et l’Égypte, elle aussi, a ses règles. Ses contrôles. Ses restrictions. Parce que personne ne veut vraiment de vous. Parce que vous êtes un Palestinien. Parce que vous êtes un dérangement. Parce que vous êtes un rappel vivant de ce que le monde préfère oublier.
Je pense à ces familles, alignées devant la frontière. Des familles entières, avec leurs valises, leurs enfants, leurs espoirs. Elles attendent. Elles espèrent. Elles prient. Et pendant ce temps, quelque part, un bureaucrate israélien coche des cases. Un soldat vérifie des papiers. Un algorithme décide de leur sort. Et je me demande : comment en est-on arrivés là ? Comment a-t-on pu accepter que la vie d’un être humain dépende d’un tampon, d’une signature, d’un caprice administratif ? Comment a-t-on pu accepter que des vies soient réduites à des dossiers, à des numéros, à des cases à cocher ?
Le business de la souffrance
Rafah, c’est aussi un business. Un business lucratif. Parce que la souffrance, ça rapporte. L’aide humanitaire, ça rapporte. Les autorisations, ça rapporte. La guerre, ça rapporte.
Israël contrôle l’accès à Gaza. Israël contrôle ce qui entre, ce qui sort. Israël contrôle qui vit, qui meurt. Et dans ce contrôle, il y a de l’argent. Beaucoup d’argent. L’aide humanitaire, c’est un marché. Les autorisations, c’est un marché. Même la souffrance, c’est un marché.
Et le monde ? Le monde paie. Le monde donne. Le monde finance. Le monde permet. Parce que tant qu’on donne de l’argent, on peut se dire qu’on agit. Tant qu’on envoie des camions, on peut se dire qu’on aide. Tant qu’on signe des chèques, on peut se dire qu’on est du bon côté.
Mais l’argent ne sauve pas des vies. L’argent ne stoppe pas les bombes. L’argent ne guérit pas les blessures. L’argent ne console pas les mères. L’argent, ça endort les consciences. Ça permet au monde de se dire : « Nous faisons notre part. » Ça permet au monde de détourner le regard. Ça permet au monde de ne pas voir. De ne pas entendre. De ne pas sentir.
Et pendant ce temps, à Gaza, les bombes tombent. Les enfants meurent. Les mères pleurent. Et le business continue.
Section 6 : Les victimes oubliées – ceux que Rafah ne sauvera pas
Les malades qui n’auront pas leur chance
Le 4 février, le Croissant-Rouge palestinien annonce que les évacuations médicales sont suspendues. Pas assez de coordination. Pas assez de détails. Pas assez de papier. Pas assez de vie, visiblement.
Parmi ceux qui attendaient, il y a Ahmed Iyad Abu al-Khair. Douze ans. Atteint d’une maladie cardiaque. Assis dans un fauteuil roulant, à côté de son père, Iyad. Il attend. Il espère. Il prie. Mais aujourd’hui, il ne partira pas. Parce qu’Israël a dit non. Parce qu’un bureaucrate a décidé que son dossier n’était pas complet. Parce que, quelque part, quelqu’un a estimé que sa vie ne valait pas la peine d’être sauvée.
Et Ahmed n’est qu’un parmi des centaines. Des milliers. Des vies suspendues à un fil. Des vies qui dépendent d’un tampon, d’une signature, d’un caprice. Des vies qu’on laisse mourir, parce que c’est plus simple. Parce que ça évite les complications. Parce que, au fond, le monde n’a pas vraiment envie de sauver tout le monde.
Je regarde cette photo d’Ahmed, assis dans son fauteuil roulant, le regard perdu, les mains serrées sur les accoudoirs. Douze ans. Douze ans, et déjà condamné. Douze ans, et déjà abandonné. Et je me demande : qui a le droit de décider qu’une vie vaut la peine d’être sauvée et qu’une autre non ? Qui a le droit de jouer à Dieu ? Qui a le droit de dire à un père : « Désolé, votre enfant ne mérite pas de vivre » ? Et nous, où sommes-nous dans tout ça ? Pourquoi est-ce que nous acceptons ? Pourquoi est-ce que nous laissons faire ? Pourquoi est-ce que nous détourons le regard ?
Les familles séparées, ces blessures qui ne guérissent pas
Parmi ceux qui attendent à Rafah, il y a aussi les familles séparées. Des pères qui n’ont pas vu leurs enfants depuis des années. Des mères qui ignorent si leurs proches sont encore en vie. Des frères, des sœurs, des grands-parents, qui espèrent, qui prient, qui pleurent.
Comme Amani Abu Talha. Six enfants. Six. Elle les a emmenés à l’hôpital Nasser de Khan Younis, après avoir enfin obtenu l’autorisation de rentrer à Gaza. Six enfants qui ont grandi sans leur père. Six enfants qui ont connu la guerre, la faim, la peur. Six enfants qui, aujourd’hui, retrouvent un pays en ruines. Un pays où il n’y a plus d’écoles. Plus d’hôpitaux. Plus d’avenir.
Et pour eux, Rafah n’est pas une solution. Rafah, c’est un retour à l’enfer. Un retour à la peur. Un retour à la guerre. Un retour à la mort.
Mais le monde, lui, ne voit que la « réouverture ». Le monde, lui, applaudit. Le monde, lui, se félicite. Le monde, lui, ne voit pas les larmes.
Section 7 : L’hypocrisie internationale, ou l’art de se voiler la face
L’ONU, ces mots qui ne sauvent personne
L’ONU parle. L’ONU condamne. L’ONU s’indigne. L’ONU ne fait rien.
Sam Rose, directeur par intérim des affaires de l’UNRWA à Gaza, le dit clairement : « Nous voyons des dynamiques contradictoires : d’un côté, des progrès avec la réouverture de Rafah, et de l’autre, 30 Palestiniens tués en 24 heures. » Des mots forts. Des mots justes. Des mots qui résument toute l’absurdité de la situation.
Mais l’ONU, elle, ne peut rien faire. Parce que l’ONU, c’est un théâtre. Un théâtre où chacun joue son rôle. Où chacun lit son texte. Où chacun fait semblant de croire que les mots peuvent changer le monde. Mais les mots ne sauvent pas les enfants. Les mots ne stoppent pas les bombes. Les mots ne nourrissent pas les affamés. Les mots, ça endort les consciences.
Et pendant ce temps, à Gaza, les bombes tombent. Les enfants meurent. Les mères pleurent. Et l’ONU continue de parler.
Je me souviens d’une réunion de l’ONU, il y a quelques années. Des discours. Des résolutions. Des applaudissements. Et puis, rien. Juste le silence. Juste l’oubli. Juste l’indifférence. Aujourd’hui, en écoutant Sam Rose, en lisant les communiqués, je me dis que rien n’a changé. Que l’ONU est devenue une machine à mots. Une machine qui tourne, qui grince, qui crache des phrases, mais qui ne sauve personne. Une machine qui permet au monde de se dire : « Nous agissons. » Une machine qui permet au monde de ne pas avoir à regarder la réalité en face. Une machine qui permet au monde de ne pas avoir à choisir. Une machine qui permet au monde de ne pas avoir à se salir les mains.
L’Europe, complice par silence
Et puis, il y a l’Europe. L’Europe, ce continent qui se targue de défendre les droits de l’homme. L’Europe, qui parle, qui condamne, qui s’indigne. L’Europe, qui, au final, ne fait rien.
L’Europe est présente à Rafah. Des policiers européens, italiens, espagnols, français, sont là pour « superviser » le passage. Pour « garantir la sécurité ». Pour « faciliter les choses ». Mais l’Europe ne dit rien sur les frappes. L’Europe ne dit rien sur les morts. L’Europe ne dit rien sur les violations du cessez-le-feu.
Parce que l’Europe a peur. Peur de froisser Israël. Peur de froisser les États-Unis. Peur de se salir les mains. Peur de devoir choisir. Alors l’Europe se tait. L’Europe regarde ailleurs. L’Europe fait semblant de ne pas voir.
Et pendant ce temps, à Gaza, les bombes tombent. Les enfants meurent. Les mères pleurent. Et l’Europe continue de se taire.
Section 8 : Israël, ou la logique de l’impunité
Le calcul cynique : donner d’une main, reprendre de l’autre
Israël a une stratégie. Une stratégie vieille comme le conflit : faire juste assez pour éviter les condamnations internationales, mais jamais assez pour permettre une vraie paix. La réouverture de Rafah, c’est ça. Un geste. Un petit geste. Juste assez pour que le monde puisse dire : « Voyez, Israël fait des efforts. » Juste assez pour que les médias puissent titrer : « Progrès dans le processus de paix. » Juste assez pour que tout le monde puisse se donner bonne conscience.
Mais en réalité, Israël ne lâche rien. Israël garde le contrôle. Israël décide qui passe, qui ne passe pas. Israël décide qui vit, qui meurt. Israël joue avec les vies comme avec des pions sur un échiquier. Et le monde, lui, regarde. Le monde, lui, applaudit. Le monde, lui, se tait.
Parce qu’Israël sait une chose : le monde n’a pas vraiment envie de paix. Le monde a envie de tranquillité. Le monde a envie de ne pas avoir à choisir. Le monde a envie de pouvoir dire : « Nous faisons notre part. » Le monde a envie de pouvoir détourner le regard.
Je pense à ces images des soldats israéliens, à Rafah, qui contrôlent, qui vérifient, qui décident. Des soldats qui ont le pouvoir de vie et de mort. Des soldats qui, hier, ont peut-être bombardé une tente, tué un enfant, détruit une famille. Et aujourd’hui, ils sont là, à Rafah, à jouer les sauveurs. À jouer les humanitaires. À jouer les pacificateurs. Et je me demande : comment font-ils pour dormir, la nuit ? Comment font-ils pour regarder leurs enfants, le matin, en sachant ce qu’ils ont fait ? Comment font-ils pour vivre avec ça ? Et nous, comment faisons-nous pour vivre avec le fait que nous les laissons faire ?
L’impunité, ce cancer qui ronge la justice
Israël peut tuer. Israël peut bombarder. Israël peut violer les cessez-le-feu. Et il n’arrive rien. Pas de sanctions. Pas de condamnations. Pas de conséquences. Juste des mots. Juste des communiqués. Juste des « préoccupations ».
Parce qu’Israël est intouchable. Parce qu’Israël a les États-Unis derrière lui. Parce qu’Israël a l’Europe qui ferme les yeux. Parce qu’Israël a un monde qui préfère détourner le regard. Parce qu’Israël sait qu’il peut tout se permettre.
Et c’est ça, le vrai problème. Ce n’est pas Israël. Ce n’est pas le Hamas. C’est nous. Nous qui acceptons. Nous qui normalisons. Nous qui trouvons des excuses. Nous qui détourons le regard. Nous qui laissons faire.
Parce que tant que nous accepterons que des enfants meurent sans conséquences, rien ne changera. Tant que nous accepterons que des civils soient des « dommages collatéraux », rien ne changera. Tant que nous accepterons que la justice soit une fiction, rien ne changera.
Section 9 : Gaza, ce cimetière à ciel ouvert
Les ruines, ces tombes sans noms
Gaza, aujourd’hui, c’est un cimetière à ciel ouvert. Un champ de ruines. Un désert de béton et de poussière. Un endroit où les enfants jouent entre les décombres. Où les mères pleurent leurs morts. Où les pères enterrent leurs rêves.
Plus de 70 000 morts depuis le début de la guerre. 70 000. Des villes rasées. Des hôpitaux détruits. Des écoles réduites en cendres. Des familles entières effacées. Et le monde regarde ailleurs.
Parce que Gaza, c’est loin. Parce que Gaza, c’est compliqué. Parce que Gaza, ça fait peur. Parce que Gaza, ça nous rappelle que nous sommes tous complices.
Je regarde ces images de Gaza. Ces ruines. Ces visages. Ces yeux qui ont tout vu. Ces mains qui ont tout perdu. Et je me demande : comment en est-on arrivés là ? Comment a-t-on pu accepter que des enfants grandissent dans un cimetière ? Comment a-t-on pu accepter que des mères enterrent leurs enfants ? Comment a-t-on pu accepter que des pères pleurent leurs familles ? Et nous, où sommes-nous dans tout ça ? Pourquoi est-ce que nous acceptons ? Pourquoi est-ce que nous laissons faire ? Pourquoi est-ce que nous détourons le regard ?
Les survivants, ces fantômes qui errent
Parmi les ruines, il y a les survivants. Ceux qui ont tout perdu. Ceux qui ont vu leurs maisons s’effondrer. Ceux qui ont vu leurs enfants mourir. Ceux qui ont vu leurs vies se briser. Ceux qui sont encore là. Ceux qui continuent de respirer. Ceux qui continuent d’espérer. Ceux qui continuent de rêver.
Comme Nebal Al-Hessi. Devant sa tente, à Jabalia. Elle regarde l’horizon. Elle attend. Elle espère. Elle prie. Elle attend quoi ? Elle ne sait pas. Elle espère quoi ? Elle ne sait pas. Elle prie pour quoi ? Elle ne sait pas. Mais elle attend. Elle espère. Elle prie.
Parce que c’est tout ce qu’il lui reste. L’espoir. Même quand tout est détruit. Même quand tout est perdu. Même quand tout est brisé. L’espoir.
Et c’est ça, peut-être, la seule chose qu’Israël ne pourra jamais détruire. L’espoir. Même dans les ruines. Même dans la poussière. Même dans la mort. L’espoir.
Section 10 : Rafah, ou l’illusion d’une porte vers la liberté
La frontière, ce mirage
Rafah, c’est une frontière. Une porte. Une sortie. Un mirage. Parce que Rafah, ce n’est pas la liberté. Rafah, c’est un couloir. Un couloir étroit, contrôlé, surveillé, où chaque pas est compté, chaque regard scruté, chaque souffle pesé.
Pour passer Rafah, il faut une autorisation. Une autorisation israélienne. Une autorisation de ceux-là mêmes qui bombardent vos maisons, qui tuent vos enfants, qui détruisent vos vies. Il faut leur demander la permission de fuir. Il faut leur demander la permission de vivre. Il faut leur demander la permission d’exister.
Et même quand on l’obtient, cette autorisation, même quand on franchit cette frontière, on n’est pas libre. Parce que de l’autre côté, il y a l’Égypte. Et l’Égypte, elle aussi, a ses règles. Ses contrôles. Ses restrictions. Parce que personne ne veut vraiment de vous. Parce que vous êtes un Palestinien. Parce que vous êtes un dérangement. Parce que vous êtes un rappel vivant de ce que le monde préfère oublier.
Je pense à ces familles, alignées devant la frontière. Des familles entières, avec leurs valises, leurs enfants, leurs espoirs. Elles attendent. Elles espèrent. Elles prient. Et pendant ce temps, quelque part, un bureaucrate israélien coche des cases. Un soldat vérifie des papiers. Un algorithme décide de leur sort. Et je me demande : comment en est-on arrivés là ? Comment a-t-on pu accepter que la vie d’un être humain dépende d’un tampon, d’une signature, d’un caprice administratif ? Comment a-t-on pu accepter que des vies soient réduites à des dossiers, à des numéros, à des cases à cocher ?
L’après-Rafah, ce vide qui attend
Et puis, il y a l’après-Rafah. Parce que même si on passe, même si on franchit cette frontière, qu’est-ce qu’il reste ?
Un camp de réfugiés en Égypte ? Un exil sans fin ? Une vie suspendue, entre deux mondes, entre deux guerres, entre deux espoirs brisés ? Qu’est-ce qu’il reste, quand on a tout perdu ?
Parce que Rafah, ce n’est pas une solution. Rafah, c’est un pansement sur une blessure ouverte. Rafah, c’est un leurre. Rafah, c’est la preuve que le monde a renoncé à guérir. Le monde a renoncé à réparer. Le monde a renoncé à sauver.
Le monde a juste décidé de gérer la souffrance. De la contenir. De la contrôler. De la rendre supportable. Pas de la faire cesser.
Section 11 : Le monde, complice silencieux
Notre indifférence, leur condamnation
Nous sommes tous complices. Tous. Parce que nous savons. Parce que nous voyons. Parce que nous entendons. Et pourtant, nous ne faisons rien.
Nous lisons les articles. Nous regardons les images. Nous secouons la tête. Nous disons : « C’est horrible. » Et puis nous tournons la page. Nous détourons le regard.
Parce que Gaza, c’est loin. Parce que Gaza, c’est compliqué. Parce que Gaza, ça nous fait peur. Parce que Gaza, ça nous rappelle que nous sommes tous complices.
Alors nous préférons croire aux « progrès ». Nous préférons applaudir la réouverture de Rafah. Nous préférons nous féliciter des « avancées ». Nous préférons nous mentir.
Je me souviens d’une phrase de Hannah Arendt : « Le mal absolu, c’est l’indifférence. » Aujourd’hui, en regardant Gaza, en lisant ces chiffres, en voyant ces images, je me dis que nous sommes tous devenus des monstres. Pas Israël. Pas le Hamas. Nous. Parce que nous savons. Parce que nous voyons. Parce que nous entendons. Et pourtant, nous ne faisons rien. Nous lisons. Nous secouons la tête. Nous disons : « C’est horrible. » Et puis nous passons à autre chose. Nous détourons le regard. Nous oublions. Et c’est ça, le vrai crime. Pas les bombes. Pas les frappes. Pas les morts. Non. Le vrai crime, c’est notre indifférence. Notre silence. Notre complicité.
Le devoir de mémoire, cette dette que nous avons
Alors oui, il faut se souvenir. Se souvenir des trente et un morts du 1er février. Se souvenir des enfants. Des mères. Des pères. Se souvenir des familles brisées. Des vies détruites. Des rêves anéantis.
Il faut se souvenir que Rafah n’est pas une victoire. Rafah est un leurre. Rafah est un pansement sur une jambe de bois. Rafah est la preuve que le monde a renoncé à guérir.
Il faut se souvenir que la paix, ce n’est pas un morceau de papier. La paix, ce n’est pas une frontière entrouverte. La paix, c’est l’absence de guerre. La paix, c’est l’absence de peur. La paix, c’est l’absence de mort.
Et tant que nous accepterons que des enfants meurent, tant que nous accepterons que des civils soient des « dommages collatéraux », tant que nous accepterons que la justice soit une fiction, il n’y aura pas de paix.
Alors oui, il faut se souvenir. Parce que si nous oublions, alors nous sommes complices. Si nous détourons le regard, alors nous sommes coupables. Si nous acceptons, alors nous sommes monstres.
Et ça, personne ne pourra jamais nous le pardonner.
Conclusion : Rafah, ou l’échec collectif de l’humanité
Ce que Rafah nous dit de nous-mêmes
Rafah, ce n’est pas qu’une frontière. Rafah, c’est un symbole. Le symbole de notre échec collectif. De notre incapacité à protéger les innocents. De notre incapacité à dire « assez ». De notre incapacité à choisir la justice.
Rafah, c’est la preuve que nous avons normalisé l’inacceptable. Que nous avons accepté l’horreur. Que nous avons détourné le regard. Que nous avons choisi l’indifférence.
Et tant que nous continuerons à accepter, tant que nous continuerons à détourner le regard, tant que nous continuerons à nous taire, rien ne changera.
Alors oui, Rafah a rouvert. Oui, quelques malades ont pu sortir. Oui, quelques familles ont pu se retrouver. Mais ça ne suffit pas. Parce que pendant ce temps, les bombes tombent. Les enfants meurent. Les mères pleurent. Et le monde regarde ailleurs.
Je regarde ces images de Rafah. Ces visages. Ces yeux. Ces mains. Ces espoirs. Et je me demande : à quel moment avons-nous décidé que c’était acceptable ? À quel moment avons-nous décidé que des enfants pouvaient mourir pour des « raisons de sécurité » ? À quel moment avons-nous décidé que des vies pouvaient être sacrifiées sur l’autel de la géopolitique ? Et nous, où sommes-nous dans tout ça ? Pourquoi est-ce que nous acceptons ? Pourquoi est-ce que nous laissons faire ? Pourquoi est-ce que nous détourons le regard ? Quand est-ce que nous allons enfin nous lever et dire : « Assez » ?
L’appel qui reste sans réponse
Alors oui, il faut continuer à parler. Continuer à dénoncer. Continuer à se battre. Parce que si nous nous taisons, alors nous sommes complices. Si nous détourons le regard, alors nous sommes coupables. Si nous acceptons, alors nous sommes monstres.
Et ça, personne ne pourra jamais nous le pardonner.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.
Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News).
Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian, Al Jazeera, CBC News).
Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux, et rapports de l’ONU (UNRWA, OCHA).
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Al Jazeera – Israel kills 31, including children, in Gaza ceasefire violation – 31 janvier 2026
Foundation for Defense of Democracies – Rafah crossing opens days after IDF says Hamas violated ceasefire, conducts strikes – 2 février 2026
UN News – Gaza: Limited Rafah crossing reopening sparks hope – but also ‘massive trepidation’ – 2 février 2026
CBC News – Rafah crossing between Gaza and Egypt reopens, with strict limits – 2 février 2026
Al Jazeera – Israeli attacks on Gaza kill 21 in one of deadliest days since ‘ceasefire’ – 4 février 2026
Sources secondaires
GlobalSecurity.org – Gaza: Limited Rafah crossing reopening sparks hope – but also ‘massive trepidation’ – 2 février 2026
The National – Palestinian Red Crescent says Israel has halted patient crossings at Rafah – 4 février 2026
U.S. News – Israel Reopens Gaza’s Rafah Border Crossing to Egypt, With Tight Limits – 2 février 2026
Associated Press – Palestinians allowed in to Gaza and patients are evacuated to Egypt as the Rafah crossing reopens – 2 février 2026
Associated Press – Gaza’s crucial Rafah crossing prepares for limited travel to resume Monday – 1er février 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.