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COMMENTAIRE : Rafah, entre l’espoir et l’horreur – quand la réouverture d’un poste frontalier ne suffit pas à cacher le sang
Crédit: Adobe Stock

Les conditions draconiennes d’un « progrès » sous contrôle

La réouverture de Rafah, c’est d’abord une victoire diplomatique. Après des mois de négociations, de pressions, de menaces, Israël a enfin cédé. Enfin ? Pas vraiment. Parce que cette réouverture, elle est strictement contrôlée, limitée, conditionnée. Seuls les Palestiniens ayant obtenu une autorisation israélienne pourront passer. Seuls ceux qui ont fui Gaza pendant la guerre pourront revenir. Et même pour les malades, l’évacuation n’est pas garantie. Le 4 février, le Croissant-Rouge palestinien annonce que les évacuations médicales sont suspendues, faute de coordination avec Israël. « Procédures », « détails », « raisons administratives » – des mots creux qui cachent une réalité simple : Israël garde la main. Toujours.

Et puis, il y a les chiffres. 600 camions d’aide par jour, promettait le plan de paix américain. 600. En réalité, seuls quelques dizaines passent. Parce que les inspections israéliennes sont longues. Parce que les routes sont détruites. Parce que la logistique est un cauchemar. Parce qu’Israël le veut ainsi. La réouverture de Rafah, ce n’est pas un geste de bonne volonté. C’est un outil de pression. Un moyen de dire : « Regardez, nous faisons un effort. Mais n’oubliez pas qui décide. »

Je pense à ces ambulances, alignées des deux côtés de la frontière. Des deux côtés. D’un côté, des malades qui attendent, le souffle court, l’espoir au bord des lèvres. De l’autre, des médecins égyptiens, prêts à les accueillir. Et entre les deux, des soldats israéliens. Des soldats qui vérifient, qui contrôlent, qui décident qui peut passer et qui doit rester. Qui peut vivre et qui doit mourir. Et je me demande : comment en est-on arrivés là ? Comment a-t-on pu accepter que la vie d’un malade, d’un enfant, d’une mère, dépende d’un soldat, d’un bureaucrate, d’un algorithme ? Quand est-ce que le monde a décidé que c’était normal ?

Le piège de la « normalisation »

Israël a une stratégie. Une stratégie vieille comme le conflit : donner juste assez pour éviter les condamnations internationales, mais jamais assez pour permettre une vraie reconstruction. La réouverture de Rafah, c’est ça. Un os jeté en pâture à la communauté internationale. « Voyez, nous faisons des efforts. » Mais dans le même temps, les frappes continuent. Les restrictions s’accumulent. La souffrance persiste.

Et le monde ? Le monde applaudit. Ou plutôt, le monde soupirer de soulagement. « Enfin, Rafah rouvre ! » titrent les médias. Comme si c’était une victoire. Comme si c’était la fin de la souffrance. Mais Rafah, ce n’est pas la fin. Rafah, c’est un leurre. Un leurre qui permet à Israël de dire : « Nous faisons notre part. » Un leurre qui permet au monde de détourner le regard. Un leurre qui permet à tout le monde de se donner bonne conscience, pendant que, dans l’ombre, la machine de guerre continue de tourner.

Parce que Rafah, ce n’est pas la paix. Rafah, c’est la guerre sous un autre nom.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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