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ÉDITORIAL : L’Allemagne, entre sécurité et abîme – Quand la peur justifie-t-elle tout ?
Crédit: Adobe Stock

Quand les câbles brûlent et les écrans mentent

L’Allemagne n’est plus à l’abri. En janvier 2026, un incendie criminel sur un câble haute tension à Berlin a plongé des milliers de foyers dans le noir et le froid pendant une semaine. L’attaque, revendiquée par un groupe d’extrême gauche, a révélé une faille béante : les infrastructures critiques du pays sont vulnérables. Alexander Dobrindt, ministre de l’Intérieur, a été clair : « Nous sommes la cible d’une guerre hybride« . Sabotages, espionnage, désinformation… la liste est longue.

Et puis, il y a la Russie. Depuis 2024, les attaques cyber et les campagnes de désinformation en provenance de Moscou se sont intensifiées. Le BND veut désormais pouvoir infiltrer les réseaux étrangers, y compris ceux des diplomates, et utiliser l’intelligence artificielle pour analyser des montagnes de données. Facial recognition, accès aux registres de géolocalisation, outils d’accès clandestin aux appareils numériques… La frontière entre sécurité et surveillance de masse devient floue.

Je repense à un reportage que j’avais fait en 2023 sur les victimes de la Stasi, en ex-RDA. Leurs vies brisées par la surveillance d’État. Aujourd’hui, on nous dit que c’est différent, que c’est pour notre bien. Mais quand la porte s’ouvre, même un peu, qui peut garantir qu’elle ne s’ouvrira pas tout à fait demain ?

Le piège de la « menace systémique »

Le cœur du projet repose sur la notion de « menace systémique ». Une formule vague, qui pourrait s’appliquer à presque tout. Un attentat ? Menace systémique. Une cyberattaque massive ? Menace systémique. Une campagne de désinformation ? Menace systémique. Une fois cette étiquette apposée, le BND pourrait agir sans les contraintes habituelles. Sabrina Schulz, experte en sécurité énergétique, le dit sans détour : « On ne peut pas tout prévenir. Il faut des redondances, pas juste des murs plus hauts ».

Mais le gouvernement semble avoir choisi son camp. Friedrich Merz, le chancelier, a promis de faire de l’armée allemande la plus puissante d’Europe. Mais comme le souligne Konstantin von Notz, député Vert, « protéger nos infrastructures, c’est bien. Mais si on le fait en sacrifiant nos libertés, on a déjà perdu ».

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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