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ÉDITORIAL : Trump et le Groenland — Quand l’impérialisme américain menace jusqu’aux alliés les plus fidèles
Crédit: Adobe Stock

Pourquoi le Groenland ? La réponse est dans l’Arctique

Le Groenland n’intéresse pas Trump pour ses paysages. Ni pour ses 57 000 habitants. Ce qui l’intéresse, c’est sa position stratégique. L’Arctique est le nouveau Far West. Une région riche en ressources naturelles — pétrole, gaz, minerais rares — et de plus en plus accessible à cause du réchauffement climatique. Les routes maritimes s’ouvrent. Les convoitises aussi. La Chine y investit massivement. La Russie y renforce ses bases militaires. Et les États-Unis ? Ils regardent, impuissants, leur avance fondre comme la banquise. Alors Trump, dans sa logique binaire, se dit : si je ne peux pas contrôler l’Arctique, je prends au moins un morceau. Un gros morceau. Le Groenland.

Sauf que le Groenland n’est pas à vendre. Et surtout, il n’est pas à prendre. C’est un territoire danois, protégé par le droit international. Mais Trump s’en moque. Pour lui, le droit international, c’est comme le réchauffement climatique : une invention des élites pour embêter les vrais Américains. Alors il menace. Il intimide. Il joue au caïd. Et pendant ce temps, les Danois, ces alliés fidèles qui ont versé leur sang aux côtés des États-Unis en Afghanistan, en Irak, se retrouvent traités comme des ennemis. 52 soldats danois sont morts pour la liberté. 52 drapeaux ont été plantés devant l’ambassade américaine. 52 drapeaux ont été retirés par des fonctionnaires américains, sur ordre de qui ? On ne sait pas. Mais le message est clair : votre sacrifice ne compte pas. Votre alliance ne vaut rien. Votre souveraineté est un détail.

Je regarde les images de ces drapeaux, alignés sur le trottoir, comme des tombes. Chaque drapeau, un nom. Chaque nom, une vie. Une vie donnée pour des valeurs communes : la liberté, la démocratie, la solidarité. Et aujourd’hui, ces valeurs sont piétinées par celui-là même qui devrait les incarner. Trump ne comprend pas que le Groenland n’est pas une question de territoire. C’est une question de principe. C’est une question de respect. C’est une question de mémoire. Quand on retire ces drapeaux, on ne retire pas juste du tissu. On retire l’honneur. On retire la dignité. On retire ce qui fait qu’un allié reste un allié. Et ça, c’est irréparable.

L’hypocrisie des « intérêts stratégiques »

Trump et ses partisans justifient cette agressivité par les « intérêts stratégiques » des États-Unis. L’Arctique, disent-ils, est vital pour la sécurité nationale. La Chine et la Russie y sont actives. Il faut réagir. Sauf que personne ne demande aux États-Unis de quitter l’Arctique. Personne ne leur interdit d’y être présents. Ce qu’on leur demande, c’est de respecter les règles. De respecter les alliances. De respecter la souveraineté des autres. Mais Trump, lui, ne respecte que la force. Alors il menace. Il brandit le spectre de l’invasion. Il parle de « contrôle américain » sur le Groenland. Comme si le Danemark était un État voyou. Comme si le Groenland était une colonie à conquérir.

Et pendant ce temps, les vrais enjeux de l’Arctique — la protection de l’environnement, la coopération internationale, la gestion pacifique des ressources — passent à la trappe. Parce que Trump, lui, ne voit que deux choses : ce qu’il peut prendre, et ce qu’il peut écraser. Le reste, il s’en moque. Les alliances ? Une perte de temps. Le droit international ? Une entrave. La diplomatie ? Une faiblesse. Alors il avance, comme un bulldozer, et il écrase tout sur son passage. Même ses amis. Même ceux qui, hier encore, mourraient pour lui.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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