Skip to content
ÉDITORIAL : Trump, Musk, Lutnick — Quand les puissants jouent avec le feu et que l’Amérique regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Le dîner sur l’île maudite

23 décembre 2012. Howard Lutnick, alors simple magnat de Wall Street, écrit à Epstein : « Nous serons dans les Caraïbes avec les enfants et une autre famille. Serait-il possible de se voir pour dîner ? » (The National, 31 janvier 2026). Epstein répond, donne les coordonnées de son île privée, Little Saint James. Lutnick transmet l’info au capitaine de son yacht. Sa femme, Allison, écrit à l’assistante d’Epstein pour confirmer : « Notre yacht s’appelle l’Excellence. Où doit-il accoster ? »

Le dîner a lieu. Les Lutnick passent « un bon moment », comme en témoigne un email ultérieur d’Epstein : « Ravi de vous avoir vus. » Pourtant, en 2025, Lutnick affirme avoir rompu tout contact avec Epstein en 2005, après avoir visité son appartement new-yorkais et trouvé « dégoûtant » un tableau de massage installé en plein milieu du salon. « J’ai coupé les ponts immédiatement », déclare-t-il dans un podcast. Les emails prouvent le contraire. Pire : ils montrent qu’en 2012, Lutnick emmène sa famille — ses quatre enfants — sur l’île d’un homme condamné pour avoir abusé de mineures.

Je ne peux pas m’empêcher de penser à ces enfants. Quatre enfants, embarqués par leurs parents sur le yacht familial, direction une île où des adolescentes ont été violées, droguées, humiliées. Quatre enfants, dont les souvenirs de Noël 2012 sont peut-être teintés d’une ombre qu’ils ne comprennent pas encore. Et leur père, aujourd’hui secrétaire au Commerce des États-Unis, qui ment effrontément sur ses liens avec Epstein. Comment peut-on regarder ses enfants dans les yeux après ça ? Comment peut-on se regarder soi-même dans un miroir ?

Le mensonge d’État

En 2026, Lutnick est un homme puissant. Il siège au cabinet de Donald Trump. Il a le pouvoir, l’influence, l’oreille du président. Pourtant, quand les emails ressortent, son service de presse se contente d’une déclaration lapidaire : « M. Lutnick a eu des interactions limitées avec M. Epstein, en présence de sa femme, et n’a jamais été accusé de quoi que ce soit. » (Al Jazeera, 1er février 2026). Comme si l’absence d’accusation effaçait la réalité des faits : un homme, responsable de la sécurité économique du pays, a menti sur ses liens avec un criminel sexuel notoire.

Et Trump ? Il le soutient. Ou plutôt, il fait semblant de ne pas savoir. « Je n’ai pas lu les fichiers. J’ai beaucoup de choses à faire. » Comme si la vérité était une option, un détail administratif parmi d’autres. Comme si le fait que son propre secrétaire au Commerce ait dîné avec un pédophile condamné n’était qu’une anecdote de plus dans le bruit de fond de la politique américaine.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu