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ANALYSE : Chine 2026, l’impasse fiscale — Quand Pékin serre la vis aux entreprises pour sauver ses finances
Crédit: Adobe Stock

Un héritage empoisonné

Derrière la crise fiscale chinoise se cache un monstre bien plus redoutable : la dette colossale des gouvernements locaux. Selon les dernières estimations, celle-ci représenterait près de 90 000 milliards de yuans, soit plus de 80 % du PIB chinois. Un fardeau insoutenable, hérité des années de croissance à crédit, où les collectivités locales ont emprunté sans compter pour financer des infrastructures pharaoniques, souvent inutiles.

Aujourd’hui, la note est salée. Les recettes fiscales s’effondrent, les remboursements deviennent impossibles, et Pékin, plutôt que d’assumer ses responsabilités, préfère reporter le fardeau sur les entreprises et les citoyens. « Le gouvernement central transfère le coût de ses erreurs passées aux acteurs économiques les plus dynamiques », dénonce un cadre d’une grande entreprise technologique de Shenzhen, sous couvert d’anonymat. « On nous demande de sauver l’État, alors que c’est lui qui nous a mis dans cette situation. »

Je me souviens d’une discussion avec un entrepreneur chinois en 2023. Il m’avait expliqué, fier, comment son pays avait « gagné » la bataille des infrastructures, avec des ponts, des routes, des villes entières sorties de terre en quelques années. Aujourd’hui, ces mêmes infrastructures sont devenues des « éléphants blancs », des dettes géantes qui écrasent les budgets locaux. Et le pire, c’est que personne n’ose en parler ouvertement. La Chine a construit un château de cartes. Maintenant, le vent se lève.

Le marché immobilier, épicentre de la crise

Au cœur de ce désastre financier, le secteur immobilier. Autrefois pilier de la croissance chinoise, il représente aujourd’hui une bombe à retardement. Après des années de spéculation effrénée, le marché s’est effondré, laissant derrière lui des millions de logements invendus, des promoteurs en faillite, et des familles endettées à vie pour des appartements qu’elles ne pourront jamais occuper.

Les chiffres donnent le vertige : en 2025, les ventes de logements neufs ont chuté de 30 % par rapport à 2021. Les prix, eux, se sont effondrés dans certaines villes, parfois de plus de 50 %. Résultat, les recettes fiscales liées à l’immobilier — qui représentaient jusqu’à 30 % des revenus locaux — se sont évaporées. « C’est comme si on avait coupé une jambe à l’économie chinoise », résume un analyste de Shanghai. Et pour combler ce manque à gagner, Pékin n’a trouvé qu’une solution : taxer davantage ceux qui restent debout.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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