Skip to content
ANALYSE : L’analogie nazisme et suprématie juive
Crédit: Adobe Stock

Une dérive autoritaire perçue par les élites

Il est crucial de comprendre le contexte dans lequel cette bombe verbale a été lâchée. Israël traverse depuis plusieurs années une crise constitutionnelle et sociétale majeure, marquée par des tentatives de réforme de la justice perçues comme une attaque contre les contrepouvoirs démocratiques. L’arrivée au pouvoir d’une coalition de droite et d’extrême-droite, prônant des politiques de colonisation agressive et de remise en cause des droits des Arabes israéliens, a créé un climat de peur chez nombre de libéraux et de membres de l’élite sécuritaire. L’ancien ministre, en s’exprimant ainsi, ne fait pas que commenter une phrase isolée, il pointe du doigt une tendance lourde, celle d’une « suprématie juive » qui érigerait la loi ethnique au-dessus des principes universels de droits de l’homme.

Cette perception d’une dérive n’est pas nouvelle, mais elle prend une gravité inédite lorsqu’elle est formulée par une figure aussi centrale. Le message implicite est que les mécanismes de protection de la démocratie sont en train de céder, permettant à des ideologies marginales de devenir mainstream. L’inquiétude touche à la survie du caractère démocratique de l’État, menacé par un nationalisme exclusiviste qui rejette l’autre, qu’il soit palestinien ou simplement critique. La sécurité nationale, traditionnellement le prétexte à toutes les restrictions, semble ici retournée contre les valeurs qu’elle est censée défendre. L’ancien gardien de la sécurité s’érige donc en dernier rempart moral, usant de mots violents pour réveiller une conscience endormie par la propagande et la peur.

Quand la sécurité devient le prétexte à l’oppression, l’État se transforme en ce qu’il prétend combattre, piège tragique que souligne avec force cette déclaration.

La réaction immédiate de la classe politique

La réaction ne s’est pas fait attendre et a été à la hauteur de la gravité des propos. Les membres du gouvernement actuel ont bondi, dénonçant une honte sans nom, une falsification de l’histoire et une irresponsabilité dangereuse. Pour eux, banaliser le nazisme en l’appliquant à des politiques internes israéliennes, même controversées, est une ligne rouge qui ne doit pas être franchie. Ils y voient non seulement une offense à la mémoire des six millions de martyrs, mais aussi une munition offerte au terrorisme et à l’antisémitisme international. Le Premier ministre lui-même a probablement dû répondre à cette crise, tentant de circonscrire les dégâts et de rassurer ses alliés sur la stabilité de la coalition.

Cependant, au-delà de la condamnation officielle, on devine un malaise plus profond au sein de l’opposition et de la société civile. Certains, tout en réprouvant l’usage du mot « nazisme », reconnaissent que le fond de l’analyse sur les dangers de la suprématie juive et de l’annexion de facto des territoires palestiniens est pertinent. Ce débat sur la forme du discours cache mal un consensus grandissant sur le fond : la société israélienne est à un point de bascule. La violence des échanges, l’impossibilité de dialoguer, la haine mutuelle qui monte entre les factions, tout cela concourt à créer une atmosphère où l’usage de termes historiques extrêmes devient, paradoxalement, le seul moyen de se faire entendre dans un paysage médiatique saturé.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu