Au-delà des pertes humaines, la destruction systématique de l’équipement militaire russe constitue l’autre volet majeur de cette guerre d’attrition. Les données compilées par l’état-major ukrainien au début de février 2026 dressent un inventaire impressionnant des matériels détruits ou capturés. La Russie aurait perdu 11 633 chars de combat, 23 985 véhicules blindés de combat, 36 855 systèmes d’artillerie, 1 633 lance-roquettes multiples, 1 292 systèmes de défense antiaérienne, 435 aéronefs, 347 hélicoptères et plus de 122 000 drones de reconnaissance et d’attaque.
Le mois de janvier 2026 a été particulièrement dévastateur pour les forces blindées russes. Les forces de défense ukrainiennes ont détruit ou neutralisé 137 chars ennemis durant cette période, soit l’équivalent de plus de quatre bataillons de chars. Il s’agit du bilan mensuel le plus élevé depuis mai 2025. L’artillerie russe a également subi des pertes considérables avec 1 099 systèmes d’artillerie détruits en janvier, le chiffre le plus important des cinq derniers mois. À cela s’ajoutent 45 lance-roquettes multiples, 24 systèmes de défense aérienne et 4 021 véhicules de transport et de logistique.
Les experts militaires occidentaux observent néanmoins que les pertes globales en véhicules blindés ont diminué par rapport aux années 2023-2024, lorsque l’armée russe perdait entre 300 et 500 véhicules blindés par mois. Cette réduction s’explique principalement par l’épuisement substantiel des stocks de véhicules blindés et d’artillerie, ainsi que par l’incapacité de l’industrie de défense russe à compenser les pertes massives. L’analyse des statistiques actuelles indique que, dans plusieurs catégories d’armements, l’armée russe s’approche de pénuries critiques qui pourraient compromettre sa capacité opérationnelle à moyen terme.
L’armée russe, autrefois présentée comme la deuxième puissance militaire mondiale, révèle dans cette guerre ses faiblesses structurelles. La quantité ne compense pas indéfiniment les carences en qualité, en formation et en commandement. Cette leçon coûteuse devrait inspirer les planificateurs militaires du monde entier.
La stratégie ukrainienne d'attrition : infliger 50 000 morts russes par mois pour forcer la paix
Face à cette réalité sanglante, le commandement ukrainien a adopté une stratégie d’attrition assumée, visant explicitement à rendre le coût humain de la guerre insupportable pour Moscou. Le président Zelensky a confié au nouveau ministre de la Défense Mykhailo Fedorov une mission claire : porter les pertes russes à 50 000 morts par mois. Cette approche, qualifiée de cynique par certains observateurs, repose sur un calcul stratégique froid mais rationnel dans le contexte d’une guerre existentielle pour l’Ukraine.
La logique sous-jacente à cette stratégie repose sur l’hypothèse que la société russe, même sous contrôle autoritaire, ne pourra pas absorber indéfiniment de telles pertes sans conséquences politiques majeures. Zelensky estime que les forces armées russes auraient besoin de 800 000 morts supplémentaires et de deux années de combat pour conquérir les restes du Donbass. Selon le président ukrainien, la Russie ne dispose tout simplement pas de ces ressources humaines, surtout si le rythme des pertes s’accélère conformément aux objectifs fixés par Kiev.
Cette stratégie d’attrition s’appuie massivement sur l’utilisation des drones, devenus l’arme décisive de ce conflit. Cependant, le nouveau ministre de la Défense reconnaît l’ampleur des défis qui restent à relever. Environ deux millions d’Ukrainiens ignorent actuellement leurs ordres de mobilisation, tandis que 200 000 autres ont déserté leurs unités. Le commandant des forces de drones ukrainiennes a souligné la nécessité de tripler le nombre d’opérateurs de drones, alors que seulement 30 % de la ligne de front, qui s’étend sur 1 200 kilomètres, est actuellement couverte par ces systèmes.
La guerre moderne a transformé le conflit en une équation mathématique macabre où l’objectif consiste à tuer plus vite que l’adversaire ne peut recruter. Cette évolution soulève des questions éthiques profondes sur la nature même de la guerre au XXIe siècle et sur les limites morales que les belligérants sont prêts à franchir.
L'offensive aérienne massive du 3 février 2026 : la plus importante attaque de l'année sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes
Dans la nuit du 2 au 3 février 2026, la Russie a lancé sa plus importante attaque aérienne de l’année contre l’Ukraine, mettant fin à une brève trêve énergétique négociée par le président américain Donald Trump. Cette offensive dévastatrice a mobilisé 71 missiles de différents types et 450 drones, ciblant systématiquement les infrastructures énergétiques ukrainiennes en plein hiver. L’attaque impliquait plus de 100 drones Geran, ainsi que des dizaines de missiles Zircon hypersoniques, d’Iskander-M balistiques, de Kh-22 de croisière et de systèmes de lance-roquettes multiples Tornado-S.
Les défenses aériennes ukrainiennes ont réussi à intercepter ou neutraliser 38 missiles et 412 drones, mais 27 missiles et 31 drones ont atteint leurs cibles à travers 27 localités différentes. Les régions de Soumy, Kharkiv, Kiev, Dnipro, Odessa et Vinnytsia ont été particulièrement touchées. Dans la région d’Odessa, plus de 50 000 personnes se sont retrouvées privées d’électricité. Des coupures d’urgence ont été mises en place dans les districts de Dnieper et Darnytsia à Kiev.
DTEK, le plus grand fournisseur privé d’énergie en Ukraine, a qualifié cette attaque de neuvième offensive massive contre ses centrales thermiques depuis octobre 2025. Le PDG de l’entreprise, Maxim Timchenko, a déclaré que la société était en « mode survie », décrivant la situation comme « la pire condition de notre système énergétique dans l’histoire moderne ». L’Ukraine a perdu environ 70 % de sa capacité de production électrique, et de nombreux civils ne reçoivent que trois à quatre heures d’électricité par jour, ce qui a poussé environ 600 000 personnes à quitter Kiev.
Cibler délibérément les infrastructures civiles en plein hiver constitue une forme de terrorisme d’État visant à briser la volonté de résistance d’un peuple entier. Cette stratégie barbare rappelle les heures les plus sombres du XXe siècle et devrait susciter une condamnation universelle.
Les négociations trilatérales d'Abou Dhabi : une lueur d'espoir fragile dans l'obscurité du conflit
Malgré l’intensification des combats et les attaques massives sur les infrastructures, des pourparlers de paix trilatéraux se sont tenus à Abou Dhabi les 4 et 5 février 2026, réunissant pour la première fois depuis le début du conflit des représentants américains, ukrainiens et russes. Ces négociations, facilitées par les Émirats arabes unis et impulsées par l’administration Trump, représentent la première véritable tentative diplomatique d’envergure pour mettre fin à cette guerre dévastatrice.
La délégation ukrainienne comprenait Rustem Umerov, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense, ainsi que le chef du renseignement militaire Kyrylo Budanov et le chef d’état-major général Andrii Hnatov. Du côté russe, Kiril Dmitriev, directeur du Fonds d’investissement direct russe, et Igor Kostyukov, chef du GRU, les services de renseignement militaire, menaient les discussions. L’émissaire présidentiel américain Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Trump, représentaient les États-Unis.
Les pourparlers ont abouti à un premier résultat concret : l’échange de 314 prisonniers de guerre, le premier depuis cinq mois. Les États-Unis et la Russie ont également convenu de rétablir un dialogue militaire de haut niveau. Rustem Umerov a qualifié les négociations de « substantielles et productives ». Cependant, les obstacles fondamentaux demeurent considérables. La Russie exige le retrait des troupes ukrainiennes de larges portions du Donbass et la reconnaissance de sa souveraineté sur les territoires occupés. L’Ukraine, quant à elle, refuse tout retrait unilatéral et souhaite un gel des lignes de front à leurs positions actuelles.
La diplomatie avance à pas de tortue tandis que les hommes meurent par milliers sur le front. Cette disproportion entre l’urgence humanitaire et la lenteur des négociations illustre tragiquement les limites de la communauté internationale face aux conflits majeurs du XXIe siècle.
L'évolution du front terrestre : un ralentissement notable de l'avancée russe en janvier 2026
Sur le terrain, l’analyse des données de l’Institute for the Study of War révèle une évolution significative de la dynamique du conflit. Au cours des quatre dernières semaines, du 6 janvier au 3 février 2026, les forces russes ont gagné 318 kilomètres carrés de territoire ukrainien, une augmentation par rapport aux 192 kilomètres carrés conquis durant la période précédente. Cependant, le mois de janvier dans son ensemble a vu le rythme de progression russe diminuer pour le troisième mois consécutif.
L’armée russe a occupé 245 kilomètres carrés de territoire ukrainien supplémentaire en janvier 2026, soit près de deux fois moins qu’en décembre 2025 (445 kilomètres carrés) et 25 % de moins qu’en janvier 2025 (325 kilomètres carrés). Ce ralentissement s’explique en partie par les conditions météorologiques extrêmes de l’hiver, un phénomène déjà observé en janvier 2025. Depuis le début de l’invasion le 24 février 2022, la Russie a conquis environ 75 500 kilomètres carrés, soit 13 % du territoire ukrainien. En incluant la Crimée et les portions du Donbass saisies avant l’invasion à grande échelle, Moscou contrôle désormais environ 118 500 kilomètres carrés, soit approximativement 20 % de l’Ukraine.
L’effort principal des forces russes se concentre actuellement sur le débordement de la ville de Koupiansk dans la région de Kharkiv et sur le secteur de Soumy. Le ministère russe de la Défense a annoncé la prise de contrôle du village de Zelene dans la région de Kharkiv et de la localité de Sukhetske dans la région de Donetsk. Sur l’ensemble de la ligne de front, les deux camps mènent des attaques d’opportunité pour s’emparer de compartiments de terrain, mais les gains territoriaux restent très limités. La guerre de position qui caractérise ce conflit depuis plus de deux ans semble devoir se poursuivre dans un avenir prévisible.
Les cartes stratégiques évoluent au rythme de quelques kilomètres carrés par semaine, tandis que le sang coule à flots. Cette disproportion entre les gains territoriaux minuscules et les sacrifices humains colossaux interroge sur la rationalité même de cette guerre et sur les calculs de ceux qui la prolongent.
L'économie de guerre russe : entre militarisation forcée et signes d'épuisement
L’économie russe traverse une phase critique qui pourrait avoir des répercussions majeures sur la capacité du Kremlin à poursuivre sa guerre d’agression. Après deux années d’expansion de plus de 4 %, la croissance du PIB russe devrait ralentir à environ 1 % en 2025, voire moins selon certaines estimations. L’Institut de prévisions économiques de l’Académie des sciences de Russie projette une croissance de 0,7 % en 2025 et de 1,4 % en 2026. Le Fonds monétaire international se montre encore plus pessimiste, avec des prévisions de 0,6 % pour 2025 et 1,0 % pour 2026.
Pour financer l’effort de guerre, le gouvernement russe a été contraint d’augmenter significativement la pression fiscale. Le taux de TVA est passé de 20 % à 22 % à partir du 1er janvier 2026, tandis que le seuil de revenus annuels pour l’assujettissement obligatoire à la TVA a été abaissé de 60 millions à 10 millions de roubles. Pour la première fois depuis la pandémie, la Russie a collecté moins de recettes budgétaires en 2025 que prévu initialement. Les recettes réelles se sont établies autour de 36 600 milliards de roubles contre les 40 300 milliards prévus lors de l’adoption du budget.
Les sanctions occidentales continuent de mordre sur l’économie russe, même si leurs effets sont parfois différés. Les dernières sanctions américaines visant Rosneft et Lukoil remettent en question l’hypothèse selon laquelle les risques géopolitiques et les menaces de sanctions avaient diminué. L’Agence internationale de l’énergie estime que l’impact des frappes de drones ukrainiens sur les raffineries russes devrait réduire les taux de traitement de l’industrie pétrolière russe au moins jusqu’à mi-2026. Certaines estimations américaines évaluent le coût de ces frappes à 75 millions de dollars par jour pour l’économie russe.
L’économie russe paie le prix d’une aventure militaire mal calculée. La militarisation à outrance de l’économie ne peut se poursuivre indéfiniment sans provoquer une crise sociale majeure. Poutine a peut-être gagné des batailles, mais il risque de perdre la guerre économique qui déterminera l’avenir de son régime.
La menace hybride russe : une escalade attendue en 2026 selon les experts occidentaux
Face à l’enlisement sur le terrain conventionnel et aux difficultés économiques croissantes, Vladimir Poutine semble se tourner vers une intensification de la guerre hybride contre l’Europe. Les rapports des services de renseignement occidentaux confirment un quadruplement des opérations de sabotage russes à travers l’Europe en 2024 par rapport à l’année précédente, une tendance qui s’est accélérée en 2025. Les analystes du Royal United Services Institute britannique estiment que 2026 sera l’année de l’escalade hybride maximale.
La campagne de sabotage soutenue par le Kremlin à travers l’Europe s’est transformée en une caractéristique permanente de son arsenal hybride. Ces opérations à faible coût et facilement niables ciblent de plus en plus les noeuds logistiques, les chaînes d’approvisionnement liées à la défense et les infrastructures civiles critiques. Les experts estiment que cette stratégie vise à semer la peur, créer le chaos et miner le soutien à l’Ukraine tout en restant sous le seuil de la confrontation militaire directe.
Le président Zelensky a averti lors de la Conférence de sécurité de Munich que la Russie pourrait préparer une escalade militaire majeure ciblant potentiellement les pays de l’OTAN dès cette année. Il a mentionné le déploiement prévu de 15 divisions, totalisant entre 100 000 et 150 000 soldats, principalement en Biélorussie. Bien que ce renforcement puisse viser principalement l’Ukraine, Zelensky a mis en garde contre la possibilité que les forces russes se tournent vers la Pologne ou les pays baltes. L’attaque massive du 3 février a d’ailleurs déclenché le décollage de chasseurs de l’OTAN en Pologne et la mise en alerte des systèmes de défense antiaérienne néerlandais et des avions de combat allemands.
La guerre hybride représente le visage moderne du conflit entre grandes puissances, une zone grise où les actes hostiles se multiplient sans jamais franchir le seuil de la guerre déclarée. L’Europe doit se préparer à cette nouvelle réalité et renforcer sa résilience face à des menaces qui ne cessent d’évoluer.
Le renforcement militaire russe : nouvelles divisions et production de drones en expansion
Malgré les pertes considérables, le commandement russe poursuit ses efforts de renforcement et de restructuration militaire. En 2025, cinq divisions, 13 brigades et 30 régiments ont été formés. Pour 2026, quatre divisions supplémentaires, 14 brigades et 39 régiments sont planifiés. Ces réorganisations visent à améliorer le commandement, la mobilité et l’autonomie des formations interarmes russes, tirant les leçons des échecs des premières phases de l’invasion.
La production de drones constitue une priorité absolue pour l’industrie de défense russe. La Russie est désormais capable de produire environ 30 000 drones de type Shahed par an, avec un potentiel de doublement de cette capacité d’ici la fin 2026. Cette expansion industrielle vise à maintenir la pression sur les infrastructures ukrainiennes et à compenser les pertes de systèmes d’armes conventionnels plus coûteux et plus difficiles à remplacer.
Cependant, la machine de guerre russe repose sur des méthodes coercitives pour maintenir ses effectifs. Les conscrits et les hommes mobilisés subissent des pressions de psychologues et de commandants pour signer des contrats à long terme, sous la menace de transfert vers des compagnies d’assaut aux missions quasi-suicidaires. Cette brutalité systémique soulève des questions sur le moral et la cohésion à long terme des forces armées russes, malgré les apparences de puissance que Moscou cherche à projeter.
Une armée construite sur la coercition et la terreur peut remporter des victoires tactiques, mais elle porte en elle les germes de sa propre décomposition. L’histoire militaire regorge d’exemples de forces apparemment invincibles qui se sont effondrées lorsque le vernis de la discipline forcée s’est craquelé.
Le soutien occidental à l'Ukraine : entre engagements renouvelés et incertitudes stratégiques
Le soutien des puissances occidentales à l’Ukraine demeure un facteur déterminant de l’équilibre stratégique du conflit. Selon le Financial Times, Kiev et ses alliés occidentaux ont élaboré un plan prévoyant le déploiement de forces militaires américaines et européennes en Ukraine pour combattre les troupes russes en cas de violation du cessez-le-feu exigé par Zelensky. Lors de réunions en décembre et janvier, des responsables ukrainiens, européens et américains ont convenu d’une « réponse à plusieurs niveaux » aux violations potentielles d’un cessez-le-feu par Moscou.
Toutefois, des signaux contradictoires émanent de l’administration Trump. Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a déclaré que les États-Unis ne considéraient pas l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN comme un « résultat réaliste » des négociations. Le président Trump lui-même a affirmé qu’il ne pensait pas que l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique soit praticable. Cette position affaiblit considérablement les garanties de sécurité que Kiev espérait obtenir en échange d’éventuelles concessions territoriales.
Le plan de victoire proposé par Zelensky inclut une proposition innovante : remplacer les troupes américaines stationnées dans certains avant-postes en Europe par des soldats ukrainiens aguerris au combat. Cette offre vise à démontrer la valeur stratégique de l’Ukraine pour la sécurité européenne et à justifier un engagement occidental plus substantiel. Cependant, les divisions au sein de l’Alliance atlantique et les hésitations américaines compliquent la mise en oeuvre d’une stratégie cohérente face à l’agression russe.
Le soutien occidental à l’Ukraine se trouve à la croisée des chemins. Les démocraties doivent décider si elles sont prêtes à assumer les coûts d’une résistance prolongée à l’agression russe ou si elles préféreront la facilité d’un compromis qui récompenserait l’agresseur et encouragerait de futures aventures militaires.
Les frappes ukrainiennes sur le territoire russe : une stratégie d'usure asymétrique
L’Ukraine a développé une capacité significative de frappes à longue portée sur le territoire russe, ciblant principalement les infrastructures énergétiques et militaires. En janvier 2026, une frappe de drone ukrainien a déclenché un incendie dans un dépôt pétrolier de la région de Volgograd, dans le sud de la Russie. L’état-major ukrainien a confirmé avoir frappé le dépôt pétrolier de Zhoutovskaya, qui approvisionne en carburant les forces russes déployées en Ukraine.
Ces frappes à longue portée visent à priver Moscou des revenus d’exportation pétrolière nécessaires au financement de son invasion à grande échelle. L’Agence internationale de l’énergie estime que l’impact de ces attaques devrait réduire les capacités de raffinage russes au moins jusqu’à mi-2026. Cette stratégie d’attrition économique complète l’effort militaire sur le front et vise à accroître la pression sur le régime de Poutine.
L’état-major ukrainien a confirmé avoir également frappé plusieurs cibles sur les territoires sous contrôle russe, notamment un site d’entraînement et de production de drones dans la région occupée de Zaporijjia, une concentration de forces russes dans la région de Belgorod et un site de guerre électronique dans le Donetsk occupé. Le ministère russe de la Défense a annoncé avoir abattu au moins 10 drones ukrainiens au cours de la nuit précédente, un chiffre qui suggère l’ampleur des opérations ukrainiennes quotidiennes.
La capacité de l’Ukraine à frapper le territoire russe représente un renversement remarquable du rapport de force initial. David ne terrasse peut-être pas Goliath, mais il lui inflige des blessures qui saignent abondamment et affaiblissent progressivement le géant.
Les perspectives d'évolution du conflit : scénarios pour le printemps 2026
Les analystes stratégiques envisagent plusieurs scénarios pour l’évolution du conflit dans les mois à venir. Selon les projections du CSIS, les pertes combinées russes et ukrainiennes pourraient atteindre deux millions de personnes d’ici le printemps 2026 si le rythme actuel des combats se maintient. Cette perspective effroyable devrait en théorie inciter les deux parties à rechercher une solution négociée, mais les positions demeurent profondément divergentes.
Le scénario optimiste verrait les négociations d’Abou Dhabi aboutir à un cessez-le-feu durable, suivi de pourparlers de paix substantiels. Ce scénario suppose que la pression américaine s’exerce équitablement sur les deux belligérants et que Poutine accepte de renoncer à ses objectifs maximalistes. Le scénario pessimiste anticipe un échec des négociations et une intensification des combats au printemps, lorsque les conditions météorologiques permettront une reprise des opérations offensives de grande envergure.
Un scénario intermédiaire, peut-être le plus probable, verrait une alternance de périodes de négociations et de combats intenses, sans qu’aucune des parties ne parvienne à imposer une solution définitive. Cette guerre d’usure prolongée épuiserait progressivement les ressources des deux camps, avec des conséquences humanitaires et économiques dévastatrices pour la région tout entière. La communauté internationale serait alors confrontée à la gestion d’une crise chronique aux ramifications géopolitiques majeures.
L’avenir du conflit dépendra en grande partie de la volonté des puissances extérieures de s’impliquer pour imposer la paix. Sans pression internationale coordonnée, cette guerre pourrait se prolonger pendant des années encore, transformant l’Ukraine en une plaie ouverte au coeur de l’Europe.
Conclusion : un bilan humain qui interpelle la conscience de l'humanité
Au terme de cette analyse, un constat s’impose avec une clarté tragique : le conflit russo-ukrainien a engendré une catastrophe humanitaire d’une ampleur sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Les 1,2 million de pertes russes et les centaines de milliers de victimes ukrainiennes représentent une hécatombe qui devrait choquer la conscience de l’humanité tout entière. Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques, mais le reflet d’une souffrance humaine incommensurable.
La responsabilité première de ce désastre incombe indubitablement au régime de Vladimir Poutine, qui a déclenché cette guerre d’agression en violation flagrante du droit international. Cependant, la communauté internationale porte également une part de responsabilité dans son incapacité à prévenir ce conflit et à y mettre fin rapidement. Les hésitations, les divisions et les calculs à court terme des grandes puissances ont contribué à prolonger une guerre dont le coût humain dépasse l’entendement.
Les négociations d’Abou Dhabi représentent une lueur d’espoir fragile dans l’obscurité de ce conflit. Mais l’histoire récente enseigne que les accords de cessez-le-feu ne valent que par la volonté des parties de les respecter et par les garanties internationales qui les accompagnent. L’Ukraine ne peut accepter une paix qui récompenserait l’agresseur et l’encouragerait à recommencer. La Russie, de son côté, semble peu disposée à renoncer aux fruits de son agression. Dans ce contexte, le chemin vers une paix juste et durable demeure semé d’embûches considérables.
Face à l’horreur de cette guerre, le silence n’est pas une option. Chaque citoyen, chaque responsable politique, chaque journaliste a le devoir de témoigner, d’analyser et d’interpeller ceux qui ont le pouvoir de mettre fin à ce carnage. L’indifférence serait complicité avec la barbarie.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Cette analyse reflète l’interprétation personnelle de son auteur concernant les développements récents du conflit russo-ukrainien en février 2026. Les données chiffrées proviennent de sources officielles ukrainiennes, de centres de recherche occidentaux reconnus et de médias internationaux. Il convient de noter que les statistiques de pertes militaires font l’objet de controverses et d’estimations divergentes selon les sources. Les chiffres ukrainiens tendent à être plus élevés que les décomptes vérifiés de manière indépendante, tandis que les chiffres russes officiels demeurent largement sous-estimés et peu fiables. Le chroniqueur s’efforce de présenter une analyse équilibrée tout en assumant une position éditoriale favorable au respect du droit international et à la souveraineté des États. L’auteur n’a aucun lien d’intérêt financier ou politique avec les parties au conflit ni avec les gouvernements mentionnés dans cet article.
Sources
CSIS – Russia’s Battlefield Woes in Ukraine
Russia Matters – The Russia-Ukraine War Report Card, Feb. 4, 2026
Mezha – Russian Military Casualties and Equipment Losses Update February 2026
Minfin Index – Casualties of Russia in Ukraine – Official Data
Al Jazeera – Ukraine says first day of peace talks with Russia productive
ABC News – Russia hits Ukraine energy targets with hundreds of drones, missiles
CNN – Russia resumes night strikes on major Ukrainian cities
The Washington Post – Russia attacks Ukraine power sector again despite Trump call for pause
Le Grand Continent – La progression de l’armée russe en Ukraine a ralenti de 45 %
L’Avenir – Près de 2 millions de morts dus au conflit russe en Ukraine
The Moscow Times – Russia’s Economy in 2026: More War, Slower Growth and Higher Taxes
RUSI – Russia is Losing – Time for Putin’s 2026 Hybrid Escalation
France 24 – Roughly 55,000 Ukrainian soldiers killed since start of war, Zelensky says
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