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ANALYSE : Pourquoi Trump veut absolument contrôler le vote dans les États clés
Crédit: Adobe Stock

La guerre des secrétaires d’État

Autrefois, les élections étaient gérées par des experts en logistique, des bureaucrates souvent ennuyeux mais essentiels, obsédés par les procédures et les dates butoirs. Aujourd’hui, ces postes sont devenus des trophées politiques. Dans plusieurs États clés, des alliés de Trump se sont présentés aux élections pour devenir Secrétaires d’État — le poste qui supervise généralement les élections. L’enjeu est simple : si vous contrôlez le secrétariat d’État, vous contrôlez les règles du jeu. Vous pouvez décider où placer les bureaux de vote, comment purger les listes électorales, quelles machines utiliser et, surtout, comment certifier les résultats.

Cette stratégie repose sur une prémisse effrayante : l’élection n’est pas un concours neutre, mais un champ de bataille où l’ennemi utilise les règles pour vous trahir. Pour contrer cela, il faut installer vos propres généraux. C’est une militarisation de l’administration électorale. On ne cherche plus le fonctionnaire impartial; on chasse le partisan dévoué. L’Arizona est un cas d’école. Des candidats proches de QAnon et des théories du complot ont failli emporter le poste de responsable des élections. Heureusement, ils ont perdu de justesse. Mais ailleurs, la barrière a cédé. Dans d’autres juridictions, des gens qui croient sincèrement que l’élection de 2020 a été volée sont désormais assis dans les bureaux d’où partent les ordres de vote. C’est comme mettre le renard dans le poulailler et lui donner la clé.

Ce qui me glace le sang, c’est la banalité de cette prise de pouvoir. On ne voit pas des chars dans les rues ou des soldats dans les bureaux de vote. On voit des gens en costumes, avec des dossiers et des réunions du conseil. Ils utilisent le langage de la « transparence » et de « l’intégrité » pour masquer une opération de captation du pouvoir. C’est beaucoup plus difficile à combattre qu’une émeute. Une émeute, on la voit venir. Une bureaucratisation de la tyrannie, elle s’infiltre sournoisement, jusqu’au jour où on se réveille et que les règles ont changé.

Les conseils de comté sous pression

Plus loin encore dans les méandres de l’administration, les conseils de comté sont la cible ultime. Ce sont ces organes locaux, souvent obscurs, qui certifient les résultats au niveau le plus élémentaire. En 2020, plusieurs de ces conseils ont été submergés d’appels, de menaces et de pressions pour qu’ils refusent de certifier les votes de Biden, même sans aucune preuve de fraude. Aujourd’hui, Trump et ses alliés ne veulent plus avoir à les convaincre ou à les intimider. Ils veulent les remplacer. Ils organisent des campagnes de recrutement pour installer des « électionnistes » dévoués à la cause dans ces sièges modestes mais stratégiques.

L’impact est concret et immédiat. Imaginez un conseil de comté dans une zone rurale qui décide, unilatéralement, de fermer la moitié des bureaux de vote dans les quartiers urbains favorables à l’adversaire au nom de « l’économie ». Imaginez un comité qui refuse de certifier les résultats d’une ville précise parce qu’il « y a des anomalies », sans jamais les spécifier. Ces petits blocages, ces micro-résistances locales, peuvent s’accumuler pour créer un chaos suffisant pour invalider un scrutin au niveau de l’État. C’est la stratégie de la mort par mille coupures. C’est subtil, c’est bureaucratique, et c’est dévastateur pour la confiance du public. Quand le citoyen moyen comprend que son vote peut être rejeté par un voisin conspirationniste assis à une table de cuisine transformée en tribunal, le lien démocratique se brise.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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