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CHRONIQUE : Dmitriev annonce des progrès substantiels dans l’accord de paix ukrainien malgré les entraves européennes et britanniques
Crédit: Adobe Stock

Qui aurait prédit, il y a trois ans encore, que la capitale des Émirats arabes unis deviendrait le théâtre de négociations susceptibles de mettre fin à l’un des conflits les plus dévastateurs que l’Europe ait connu depuis des décennies ? Cette métamorphose géopolitique, qui voit une cité du désert arabique accueillir des pourparlers sur l’avenir de l’Ukraine, mérite que l’on s’y attarde longuement, car elle illustre les bouleversements profonds de l’ordre mondial contemporain.

Abu Dhabi s’est imposée comme le lieu de convergence d’intérêts apparemment irréconciliables, un espace où les antagonismes peuvent momentanément se suspendre au profit du dialogue. Cette cité où les gratte-ciels de verre côtoient les traditions bédouines ancestrales, où la modernité la plus audacieuse cohabite avec un héritage culturel millénaire, offre un terrain neutre que ni Washington, ni Moscou, ni Kiev ne peuvent revendiquer comme leur territoire naturel. Les Émirats arabes unis ont cultivé avec une habileté remarquable, fruit de décennies de diplomatie patiente, leur position d’intermédiaire, maintenant des relations cordiales avec toutes les parties en présence tout en préservant leur propre autonomie stratégique et leurs intérêts nationaux.

C’est dans ce contexte singulier que se sont ouverts les pourparlers tripartites réunissant les États-Unis, la Russie et l’Ukraine. Un format inédit, une configuration diplomatique que peu d’analystes auraient osé imaginer il y a quelques mois encore, tant les positions semblaient figées dans une opposition irréductible. L’administration Trump, soucieuse d’afficher des résultats tangibles sur la scène internationale et de démontrer l’efficacité de son approche transactionnelle des relations internationales, a trouvé dans ce cadre émirien l’écrin idéal pour ses ambitions pacificatrices. Le choix d’Abu Dhabi n’est pas anodin : il reflète une volonté délibérée de sortir des cadres traditionnels de la diplomatie occidentale, perçus par certains comme trop favorables à l’Ukraine et trop hostiles à la Russie.

Les délégations se croisent dans les halls luxueux des hôtels d’Abu Dhabi, échangent des regards chargés d’histoire et de ressentiment accumulé au fil des années de conflit, mais aussi, peut-être, d’un espoir timide que cette fois sera différente. Car c’est bien d’espoir qu’il s’agit lorsque l’on évoque ces négociations historiques. Un espoir fragile, certes, menacé par mille obstacles et autant de méfiances réciproques, mais réel et palpable, que les armes puissent enfin se taire sur les champs de bataille ukrainiens où tant de vies ont été perdues. Les couloirs climatisés de ces palaces cinq étoiles contrastent cruellement avec les tranchées glaciales du Donbass où des soldats continuent de mourir chaque jour, mais c’est pourtant ici, dans ce luxe presque obscène au regard des souffrances du front, que se décide peut-être le sort de millions de personnes.

La dimension symbolique de ce lieu ne saurait être sous-estimée par quiconque s’intéresse aux dynamiques géopolitiques contemporaines. En choisissant une capitale du Golfe plutôt qu’une ville européenne ou américaine, plutôt que Genève, Vienne ou Helsinki qui ont traditionnellement accueilli ce type de pourparlers, les organisateurs de ces négociations envoient un message clair à la communauté internationale : le monde a changé, les équilibres de puissance se sont déplacés, et les puissances émergentes ont désormais leur mot à dire dans le règlement des conflits internationaux. Cette nouvelle donne géopolitique, qui voit le Sud global s’affirmer comme acteur incontournable, constitue peut-être l’un des héritages les plus durables de la guerre en Ukraine, quelle qu’en soit l’issue finale.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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