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CHRONIQUE : Haïti sous le regard des canons américains
Crédit: Adobe Stock

L’effondrement progressif de l’État haïtien

Haïti ne s’est pas effondrée en un jour, c’est une agonie lente et douloureuse qui a débuté bien avant les images de violence qui nous choquent aujourd’hui. C’est une histoire faite de gouvernances corrompues, de népotisme, de catastrophes naturelles non gérées et d’une communauté internationale qui a trop souvent imposé des solutions sans écouter la voix du peuple. L’État s’est peu à peu évanoui, laissant le champ libre à des milices armées qui sont devenues les véritables maîtres de la rue.

La police, sous-équipée et démoralisée, a reculé territoire après territoire, abandonnant des quartiers entiers à la merci des « G9 » et autres fédérations de gangs. Le palais présidentiel, symbole de l’autorité, est une ruine depuis le séisme de 2010, une image parfaite d’un pouvoir fantôme. Aucune institution ne fonctionne plus, les tribunaux sont fermés, les écoles sont prises pour cible, les hôpitaux sont dépassés par l’ampleur des blessures. C’est dans ce vide abyssal que l’envoi d’un navire de guerre américain prend tout son sens. Il ne s’agit pas de soutenir un gouvernement fort, mais de tenter de remplacer un vide mortel par une présence coercitive, de remettre une épine dorsale artificielle à un corps qui a oublié comment se tenir debout.

Quand l’État se retire, ce sont les loups qui occupent le pouvoir du vide ; Haïti est le témoignage vivant de cette loi brutale de la jungle urbaine.

La vie des otages du chaos quotidien

Derrière les gros titres sur les conflits de gangs, il y a une réalité humaine qui est trop souvent oubliée : la vie quotidienne de millions de Haïtiens qui sont devenus les otages de ce chaos. Imaginez un instant vivre avec la peur permanente au ventre, la peur de sortir pour acheter du pain, la peur d’être enlevé en plein jour pour une rançon que votre famille ne pourra jamais payer, la peur qu’une balle perdue vienne frapper votre enfant pendant qu’il fait ses devoirs.

Cette terreur n’est pas un épisode d’une série télévisée, c’est le pain quotidien de Port-au-Prince. Les mères de famille hésitent à envoyer leurs enfants à l’école, les pères n’ont plus de travail car les marchés sont fermés, les jeunes errent sans avenir, attirés par la seule économie qui fonctionne : celle de la violence. C’est cette souffrance silencieuse et massive qui a fini par alerter le monde. Les images de corps abandonnés dans les rues, les récits de viols collectifs utilisés comme arme de guerre, l’exode massif de familles fuyant leurs maisons brûlées, tout cela a créé une pression humanitaire impossible à ignorer. Le navire américain est là parce que le cri de détresse du peuple haïtien est enfin devenu trop fort pour être étouffé par l’indifférence.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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