Skip to content
CHRONIQUE : La dépendance européenne au GNL russe — une réalité complexe que l’idéalisme ne peut effacer
Crédit: Adobe Stock

Une prouesse technique au service de la géopolitique énergétique

Le projet Yamal GNL, situé dans le nord-ouest de la Sibérie sur la péninsule de Yamal, représente l’un des investissements les plus ambitieux de l’industrie gazière mondiale. Ce terminal, capable de produire environ 20 millions de tonnes de GNL par an, constitue le principal hub d’exportation russe vers l’Europe. En 2025, sur les 19,7 millions de tonnes métriques exportées depuis Yamal, plus de 15 millions de tonnes — soit 76,1 % — ont été acheminées vers des ports européens, une proportion en hausse par rapport aux 75,4 % de 2024.

Cette concentration des exportations vers l’Europe n’est pas fortuite. Elle résulte d’une combinaison de facteurs géographiques — la relative proximité des marchés européens comparée à l’Asie — et logistiques, notamment la disponibilité de méthaniers brise-glaces capables d’opérer dans les conditions arctiques extrêmes. Le terminal de Yamal représente une prouesse d’ingénierie dans un environnement parmi les plus hostiles de la planète. Les températures peuvent descendre jusqu’à moins 50 degrés Celsius, la nuit polaire dure plusieurs mois, et les glaces arctiques rendent la navigation périlleuse une grande partie de l’année.

L’augmentation de la part européenne dans les exportations de Yamal, alors même que l’UE proclame vouloir se sevrer du gaz russe, illustre le gouffre béant entre les déclarations politiques et les réalités commerciales. Les entreprises achètent là où c’est rentable ; les politiques parlent là où c’est populaire. Entre ces deux logiques, il y a un océan d’hypocrisie.

La France en tête des importateurs européens

La France s’est distinguée comme le plus grand importateur de GNL russe en provenance de Yamal en 2025, représentant près de 42 % des importations européennes — soit 6,3 millions de tonnes — acheminées vers les ports de Dunkerque et Montoir. En 2025, un total de 87 navires ont livré ce volume colossal aux terminaux français. Cette position de premier plan contraste singulièrement avec les discours officiels français sur la solidarité européenne et le soutien à l’Ukraine. Comment expliquer qu’un pays qui se veut champion des valeurs démocratiques soit simultanément le plus gros client européen du gaz russe ?

La réponse tient en partie à la structure du mix énergétique français et aux engagements contractuels de long terme qui lient les entreprises françaises à leurs fournisseurs russes. TotalEnergies, géant pétrolier et gazier français, détient une participation de 20 % dans le projet Yamal GNL. Cette implication capitalistique crée des liens d’intérêt qui transcendent les considérations géopolitiques et compliquent tout désengagement rapide. Les contrats signés avant l’invasion de l’Ukraine prévoient des pénalités financières considérables en cas de rupture unilatérale.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu