Les archives déclassifiées révèlent une relation qui remonte aux années quatre-vingt-dix, lorsque les deux hommes évoluaient dans les mêmes cercles mondains de la jet-set new-yorkaise. Une proximité géographique, sociale et personnelle que le président actuel aimerait faire oublier.
La relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein n’était pas celle de simples connaissances se croisant occasionnellement lors de réceptions mondaines. Les documents déclassifiés établissent clairement que les deux hommes se fréquentaient régulièrement pendant une période d’au moins quinze ans. En 1990, Epstein a acquis une propriété située à seulement trois kilomètres au nord de Mar-a-Lago, le luxueux complexe que Trump avait acheté cinq ans plus tôt. Cette proximité géographique a facilité des interactions fréquentes entre les deux milliardaires.
Les registres de vol du tristement célèbre Lolita Express, le jet privé d’Epstein, mentionnent le nom de Donald Trump à au moins huit reprises entre 1993 et 1996. Ces voyages documentés contredisent les affirmations répétées du président selon lesquelles il n’aurait jamais emprunté l’avion du financier. Chaque entrée dans ces carnets de vol constitue une preuve tangible d’une relation suivie, d’échanges réguliers entre les deux hommes à une époque où les activités criminelles d’Epstein battaient leur plein.
Des photographies retrouvées dans les archives montrent Trump et Epstein ensemble lors de diverses occasions. L’une d’entre elles, particulièrement révélatrice, a été prise lors du mariage de Trump avec Marla Maples au Plaza Hotel en 1993. La présence d’Epstein à cette cérémonie intime n’était pas connue du grand public jusqu’à la publication de ces documents. Elle témoigne d’une relation qui dépassait le simple cadre professionnel ou mondain pour atteindre une dimension véritablement personnelle et amicale.
La fête de 1992 à Mar-a-Lago : révélations explosives
Parmi les documents les plus accablants figure le témoignage d’un organisateur d’événements qui décrit une soirée privée où Trump et Epstein étaient les deux seuls invités masculins entourés de jeunes mannequins. Une scène qui prend une résonance particulièrement sinistre à la lumière de ce que l’on sait aujourd’hui.
George Houraney, homme d’affaires basé en Floride spécialisé dans l’organisation d’événements, a fourni un témoignage détaillé sur une fête organisée par Donald Trump dans son complexe de Mar-a-Lago. Cette soirée, présentée comme un Calendar Girl Competition incluant un concours de maillots de bain, a profondément troublé l’organisateur lorsqu’il a découvert la liste des invités. J’ai dit, Donald, c’est censé être une fête avec des VIP. Tu me dis que c’est toi et Epstein ? Cette question, restée sans réponse satisfaisante, résonne aujourd’hui avec une gravité particulière.
En 1992, NBC avait été autorisée à filmer une fête organisée par Trump pour lui-même et Epstein à Mar-a-Lago, où les deux hommes étaient entourés de diverses pom-pom girls de la NFL. Dans les images d’archives, on peut voir Trump chuchoter quelque chose à l’oreille d’Epstein, provoquant l’hilarité de ce dernier. Cette complicité affichée, cette intimité évidente entre les deux hommes, contraste violemment avec les déclarations actuelles du président affirmant n’avoir jamais vraiment connu le financier criminel.
D’autres photographies montrent Trump et sa future épouse Melania posant aux côtés d’Epstein et de Ghislaine Maxwell, sa compagne et complice condamnée depuis à vingt ans de prison pour son rôle dans le réseau de trafic sexuel. Ces clichés, pris à différentes occasions, documentent une relation qui s’est étendue sur plusieurs années et qui impliquait les cercles les plus proches des deux hommes. L’argument selon lequel Trump n’aurait fait que croiser Epstein lors de quelques événements mondains s’effondre face à cette accumulation de preuves visuelles.
La citation de 2002 qui hante le président
Je connais Jeff depuis quinze ans. Un type formidable. C’est très amusant d’être avec lui. On dit même qu’il aime les belles femmes autant que moi, et beaucoup d’entre elles sont plutôt jeunes. Ces mots de Donald Trump, prononcés en 2002, reviennent aujourd’hui le hanter avec une force dévastatrice.
Cette déclaration, accordée au magazine New York il y a plus de deux décennies, constitue peut-être l’élément le plus embarrassant du dossier Trump-Epstein. À l’époque, elle était passée relativement inaperçue, noyée dans le flot de déclarations provocatrices qui caractérisaient déjà le style du milliardaire new-yorkais. Aujourd’hui, à la lumière des révélations sur les crimes commis par Epstein, cette phrase prend une dimension profondément troublante.
L’expression plutôt jeunes, utilisée pour décrire les femmes qui entouraient Epstein, soulève des questions auxquelles Trump n’a jamais vraiment répondu. Que savait-il exactement des préférences de son ami ? Comment pouvait-il qualifier de type formidable un homme dont les agissements criminels étaient déjà, selon certains témoignages, de notoriété publique dans les cercles mondains de New York et de Palm Beach ? La connivence suggérée par ces propos dépasse le simple éloge amical pour évoquer une complicité, au minimum morale, avec les comportements du prédateur.
Les défenseurs du président ont tenté de minimiser l’importance de cette citation en la replaçant dans son contexte temporel. En 2002, argumentent-ils, les crimes d’Epstein n’avaient pas encore été exposés au grand jour. Trump ne pouvait pas savoir ce que nous savons aujourd’hui. Cet argument se heurte cependant à plusieurs objections. Des témoignages établissent que les comportements problématiques d’Epstein étaient connus de beaucoup dans son entourage. Et surtout, la remarque sur les femmes plutôt jeunes suggère une conscience, même partielle, de ce qui se passait dans l’orbite du financier.
La rupture entre Trump et Epstein : versions contradictoires
Le président affirme avoir rompu tout contact avec Epstein bien avant que n’éclate le scandale, allant jusqu’à prétendre l’avoir fait expulser de Mar-a-Lago. Les documents récemment publiés racontent une histoire sensiblement différente.
La version officielle de la Maison Blanche présente Trump comme un homme de principes qui aurait compris la vraie nature d’Epstein et aurait immédiatement pris ses distances. Selon cette narrative, le milliardaire aurait fait bannir son ancien ami de Mar-a-Lago après qu’Epstein se soit comporté de manière inappropriée envers la fille adolescente d’un membre du club. Cette rupture serait intervenue au milieu des années deux mille, avant les premières poursuites judiciaires contre le financier.
Plusieurs éléments viennent cependant contredire ou nuancer cette version héroïque des faits. Des journalistes du Miami Herald et du Wall Street Journal ont établi que la brouille daterait de fin 2007, période correspondant à une transaction immobilière dans laquelle les deux hommes se seraient affrontés. Le tribunal des faillites avait mis aux enchères une propriété surnommée Maison de l’Amitié, et Trump avait surenchéri sur Epstein pour l’obtenir. Le syndic de l’affaire avait alors décrit l’affrontement comme deux très gros égos de Palm Beach qui s’affrontent.
Cette version alternative suggère que la rupture n’aurait pas été motivée par des considérations morales mais par une rivalité d’affaires. Si Trump avait véritablement découvert les crimes d’Epstein, pourquoi n’aurait-il pas alerté les autorités ? Un citoyen ordinaire qui aurait eu connaissance de tels agissements aurait été moralement et légalement tenu de les signaler. Le silence de Trump sur cette période, ses explications changeantes, ses contradictions flagrantes alimentent un doute que ses adversaires exploitent sans relâche.
Les victimes : ces grandes oubliées du débat politique
Dans la bataille politique qui se joue autour des Epstein files, on en oublierait presque l’essentiel : des centaines de jeunes femmes, parfois à peine adolescentes, ont été agressées, violées, traumatisées à vie par un système que le beau monde a longtemps toléré.
Jeffrey Epstein n’était pas un délinquant solitaire opérant dans l’ombre. Il avait construit un véritable réseau de prédation, une machine bien huilée qui a fonctionné pendant des décennies sous les yeux fermés de ceux qui auraient dû intervenir. Entre 2005 et 2007, l’enquête de la police de Palm Beach a révélé l’existence d’un système pyramidal. Epstein recrutait des lycéennes de la région dans des établissements défavorisés, leur proposant cent cinquante dollars contre un massage de trente minutes. Trois filles défilaient quotidiennement dans sa villa. Certaines étaient abusées sexuellement ou violées. D’autres étaient recrutées comme rabatteuses.
Le FBI a compilé des rapports faisant état de trente-quatre mineures confirmées éligibles à des indemnisations. Les enquêtes de Julie Brown dans le Miami Herald en 2018 ont identifié quatre-vingts victimes et en ont localisé environ soixante. Parmi les détails les plus glaçants de l’enquête figure l’allégation selon laquelle des triplées de douze ans auraient été amenées de France pour l’anniversaire d’Epstein, puis renvoyées le lendemain après avoir été abusées sexuellement.
La publication récente des documents a provoqué une nouvelle vague de souffrance pour ces victimes. Leurs noms, qui auraient dû être caviardés, ont été révélés par erreur. Des photos d’elles nues ont été publiées sans avoir été floutées. Une centaine de victimes veulent désormais faire fermer l’accès au site gouvernemental américain sur lequel le dossier est accessible, après avoir vu leurs vies bouleversées par cette négligence institutionnelle. Le ministère de la Justice des États-Unis a accidentellement divulgué les noms et adresses de quarante-trois victimes, qui sont maintenant harcelées en ligne.
Les autres personnalités éclaboussées : de Musk à Gates
Donald Trump n’est pas le seul à voir sa réputation ternie par les révélations des Epstein files. Des figures majeures du monde de la technologie, de la politique et de l’aristocratie européenne se retrouvent également sous les projecteurs, avec des degrés d’implication variables.
Elon Musk, le patron de Tesla et de SpaceX, figure parmi les noms qui ont fait surface dans les documents récemment publiés. Des courriels échangés entre 2012 et 2014 montrent Musk s’enquérant de la possibilité de visiter l’île privée d’Epstein dans les Caraïbes. Dans un message, il demande même quelle jour ou nuit sera la fête la plus folle. Ces échanges contredisent directement ses affirmations antérieures selon lesquelles il aurait refusé toutes les invitations du financier. Musk a depuis tenté de relativiser ces correspondances, affirmant qu’elles pourraient être mal interprétées.
Bill Gates se trouve également dans une position délicate. Les documents incluent une série de courriels qu’Epstein s’envoyait à lui-même en 2013, suggérant que Gates aurait eu une liaison extraconjugale et aurait cherché des substances illicites. Un porte-parole de Gates a qualifié ces allégations de complètement fausses, les présentant comme une tentative d’Epstein de piéger le cofondateur de Microsoft. Il est cependant établi que la relation entre Gates et Epstein a contribué au divorce de Bill et Melinda Gates, cette dernière ayant exprimé son malaise face aux contacts de son mari avec le criminel.
L’ancien prince Andrew d’Angleterre, désormais connu sous le nom d’Andrew Mountbatten-Windsor après avoir été déchu de ses titres royaux, voit sa situation s’aggraver considérablement. Un courriel de 2015 adressé à Epstein par Ghislaine Maxwell semble confirmer l’authenticité de la photographie controversée le montrant aux côtés de Virginia Giuffre, l’une des accusatrices les plus en vue d’Epstein. Cette révélation contredit les dénégations répétées du prince concernant la véracité de cette image.
L'audition des Clinton : une manoeuvre politique républicaine
Face à la pression croissante sur Trump, les républicains ont choisi de contre-attaquer en convoquant Bill et Hillary Clinton devant une commission parlementaire. Une stratégie de diversion qui ne trompe personne mais qui révèle l’ampleur de la nervosité dans les rangs conservateurs.
Une commission parlementaire dominée par les républicains a annoncé qu’elle auditionnerait fin février l’ancien président démocrate Bill Clinton et son épouse Hillary Clinton, séparément, sur les liens passés entre Bill Clinton et Jeffrey Epstein. Cette convocation fait suite à des mois de refus de la part du couple, qui avait d’abord proposé de fournir des témoignages écrits avant de finalement accepter de comparaître sous la menace de poursuites pour outrage au Congrès.
Bill Clinton a effectivement voyagé à plusieurs reprises sur le Lolita Express. Les registres de vol indiquent au moins vingt-six segments de trajet, même si le camp Clinton affirme qu’il s’agissait de quatre voyages distincts liés à des missions humanitaires de sa fondation. L’ancien président a toujours nié avoir visité l’île privée d’Epstein et n’a jamais été accusé d’actes répréhensibles par les victimes du financier. Virginia Giuffre elle-même, décédée en 2025, n’avait jamais impliqué Clinton dans des comportements criminels.
Les Clinton dénoncent des motivations purement politiques de la part des républicains, visant selon eux à détourner l’attention de la proximité passée entre Jeffrey Epstein et Donald Trump. Personne, que ce soit un ancien président ou simple citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître proprement émise par le Congrès sans conséquences, a rétorqué James Comer, l’élu républicain qui préside la commission d’enquête. Cette bataille procédurale illustre comment l’affaire Epstein est devenue une arme politique que chaque camp cherche à retourner contre l’autre.
Peter Mandelson : le scandale s'étend jusqu'en Europe
Les répercussions des Epstein files ne se limitent pas aux frontières américaines. Au Royaume-Uni, l’ancien ambassadeur Peter Mandelson a dû démissionner du Parti travailliste et fait désormais l’objet d’une enquête policière pour ses liens avec le financier criminel.
Peter Mandelson, figure historique du Parti travailliste britannique et ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, a vu sa carrière s’effondrer en quelques jours suite aux révélations contenues dans les documents américains. Des relevés bancaires suggèrent qu’Epstein lui aurait versé trois paiements totalisant soixante-quinze mille dollars entre 2003 et 2004. Mandelson affirme ne pas se souvenir d’avoir reçu cet argent et promet d’enquêter sur l’authenticité de ces documents.
Plus grave encore, des courriels datant de 2009 et 2010 semblent indiquer que Mandelson aurait transmis à Epstein des informations gouvernementales confidentielles, notamment un mémo sur de possibles ventes d’actifs britanniques et des changements fiscaux, ainsi qu’un préavis sur un plan de sauvetage européen de cinq cents milliards d’euros. Le Premier ministre Keir Starmer a déclaré que Mandelson avait menti de manière répétée aux fonctionnaires concernant sa relation avec Epstein et qu’il avait trahi notre pays, notre Parlement et mon parti.
La police britannique a ouvert une enquête criminelle pour faute dans l’exercice de fonctions publiques, une infraction passible de la prison à vie. Mandelson a démissionné de la Chambre des Lords et du Parti travailliste. Le gouvernement travaille à une législation permettant de lui retirer son titre de Lord. Cette chute spectaculaire illustre comment les ramifications de l’affaire Epstein continuent de s’étendre, faisant tomber des personnalités que l’on croyait intouchables de part et d’autre de l’Atlantique.
Ghislaine Maxwell : la complice qui pourrait tout révéler
Condamnée à vingt ans de prison, l’ancienne compagne d’Epstein détient potentiellement les clés de nombreux secrets. Ses récentes tentatives pour obtenir sa libération et ses entretiens avec le département de la Justice alimentent toutes les spéculations.
Ghislaine Maxwell a été reconnue coupable le 29 décembre 2021, après un procès d’un mois, de conspiration pour inciter des mineures à voyager pour des actes sexuels illégaux, conspiration pour transporter des mineures, transport d’une mineure pour des actes sexuels illégaux, conspiration de trafic sexuel et trafic sexuel d’une mineure. Entre 1994 et 2004, elle a aidé, facilité et participé aux abus de Jeffrey Epstein sur des mineures en recrutant, manipulant et abusant des victimes qu’elle savait être parfois âgées de seulement quatorze ans.
En octobre 2025, la Cour suprême des États-Unis a rejeté le pourvoi de Maxwell contre sa condamnation. Cependant, un événement troublant s’est produit peu après : Todd Blanche, numéro deux du département de la Justice et ancien avocat personnel de Donald Trump, s’est rendu en prison pour l’interroger pendant une journée et demie. Peu après cet entretien, Maxwell a été transférée dans un établissement pénitentiaire au régime de sécurité moins strict au Texas. Cette coïncidence a alimenté de nombreuses théories sur un possible accord entre Maxwell et l’administration Trump.
En décembre 2025, Maxwell a engagé une nouvelle procédure pour faire annuler sa condamnation, arguant qu’elle n’avait pas bénéficié d’un procès équitable et que des preuves de collusion entre les avocats de la plaignante et le gouvernement auraient été dissimulées. Cette tentative juridique, combinée à ses contacts avec le département de la Justice, soulève des questions sur ce que Maxwell pourrait révéler ou au contraire garder secret en échange de sa liberté. Détient-elle des informations compromettantes sur Trump ou sur d’autres personnalités puissantes ? Le suspense reste entier.
La mort d'Epstein : les questions qui refusent de disparaître
Jeffrey Epstein a été retrouvé pendu dans sa cellule le 10 août 2019, officiellement par suicide. Mais les circonstances de sa mort continuent d’alimenter des théories qui vont bien au-delà des cercles complotistes habituels.
La mort d’Epstein dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de Manhattan reste entourée de mystère. Le financier était détenu dans l’attente de son procès pour crimes sexuels lorsqu’il a été trouvé sans vie. L’autopsie a conclu à un suicide par pendaison, mais de nombreux éléments ont suscité des interrogations légitimes. Les caméras de surveillance de sa cellule étaient prétendument défectueuses au moment des faits. Les gardiens chargés de le surveiller se seraient endormis et auraient falsifié leurs rapports. Un premier incident suspect avait déjà eu lieu quelques semaines plus tôt.
Ces circonstances troublantes ont alimenté d’innombrables théories selon lesquelles Epstein aurait été assassiné pour empêcher des révélations embarrassantes sur des personnalités de premier plan. La formule Epstein didn’t kill himself est devenue virale sur les réseaux sociaux, transcendant les clivages politiques habituels. Des personnalités aussi diverses que Tucker Carlson et Alexandria Ocasio-Cortez ont exprimé publiquement leurs doutes sur la version officielle des faits.
Le décès d’Epstein a eu pour conséquence directe de priver ses victimes d’un procès qui aurait pu faire éclater toute la vérité. Il a également empêché l’examen public de preuves qui auraient pu impliquer ses complices et ses clients. Certains y voient une coïncidence tragique. D’autres, plus nombreux qu’on ne pourrait le croire, y perçoivent la preuve que des forces puissantes avaient intérêt à faire taire définitivement celui qui en savait trop. Cette mort opportune continue de hanter l’affaire et d’alimenter un sentiment d’injustice chez les victimes et le grand public.
Les conséquences politiques pour Trump : une épée de Damoclès
À mi-chemin de son second mandat, Donald Trump doit gérer un scandale qui menace de définir son héritage politique. Les sondages montrent qu’une majorité d’Américains estiment qu’il n’a pas dit toute la vérité sur ses relations avec Epstein.
L’affaire Epstein constitue une vulnérabilité structurelle pour la présidence Trump. Chaque nouvelle publication de documents agit comme un épisode supplémentaire d’une série dont le président aimerait voir le final. Mais le feuilleton continue, implacable, alimentant les spéculations, nourrissant les controverses, empêchant le dossier de tomber dans l’oubli. Pour un homme qui a bâti sa carrière politique sur le spectacle médiatique et sa capacité à contrôler le récit, cette situation a quelque chose de particulièrement cruel.
L’ironie de la situation n’échappe à personne. Pendant des années, Trump a instrumentalisé l’affaire Epstein contre ses adversaires démocrates, promettant que la publication des documents secrets révélerait la vérité sur Bill Clinton et les élites progressistes. Cette rhétorique a trouvé un écho considérable dans les cercles proches du mouvement QAnon, dont les adeptes voyaient en Trump un sauveur luttant contre une cabale de pédophiles. Aujourd’hui, ce sont ses propres liens avec Epstein qui font la une des journaux, transformant le chasseur en gibier.
La base MAGA reste fidèle, convaincue que leur champion est victime d’un complot. Mais au-delà de ce noyau dur, l’opinion publique américaine observe et s’interroge. Les sondages montrent qu’une majorité d’Américains estiment que Trump n’a pas dit toute la vérité sur ses relations avec Epstein. Cette défiance, si elle se traduit dans les urnes lors des prochaines échéances électorales, pourrait avoir des conséquences politiques majeures pour le Parti républicain tout entier.
L'avenir de l'affaire : ce qui pourrait encore émerger
Des millions de pages restent à analyser, des témoignages pourraient encore émerger, des procédures judiciaires sont en cours. L’affaire Epstein est loin d’avoir livré tous ses secrets, et les mois à venir promettent de nouvelles révélations potentiellement dévastatrices.
Le département de la Justice a indiqué avoir identifié plus de six millions de pages potentiellement pertinentes, dont seulement trois millions et demi ont été publiées jusqu’à présent. Les commissions d’enquête du Congrès ont émis des assignations à comparaître pour obtenir des explications sur les décisions de caviardage et les informations qui restent classifiées. Les démocrates accusent l’administration de protéger certaines personnalités en retardant ou en censurant des documents compromettants.
Les procédures judiciaires se poursuivent sur plusieurs fronts. Des victimes continuent de porter plainte contre des individus qu’elles accusent d’avoir participé au réseau de prédation d’Epstein. Des enquêtes sont en cours dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni où la police examine les liens entre Epstein et diverses personnalités britanniques. En France, des questions demeurent sur l’implication possible de personnalités locales dans le réseau du financier américain.
Pour Donald Trump, chaque jour apporte son lot d’incertitudes. Quel nouveau détail embarrassant les prochains documents révéleront-ils ? Quelle photographie compromettante pourrait surgir ? Quel témoin jusqu’alors silencieux pourrait décider de parler ? Cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa présidence constitue une source d’anxiété permanente que ses colères publiques ne parviennent pas à dissimuler. L’affaire Epstein, ce scandale qui refuse obstinément de s’éteindre, continuera de hanter les couloirs du pouvoir américain bien au-delà du mandat de son actuel occupant.
L’histoire retiendra peut-être que l’affaire Epstein aura été le révélateur ultime de la corruption des élites américaines, un miroir impitoyable tendu à une classe dirigeante qui a trop longtemps fermé les yeux sur les agissements d’un prédateur qu’elle côtoyait quotidiennement. Parmi ces élites, Donald Trump occupe une place particulière : celle d’un homme qui a prétendu vouloir drainer le marécage tout en ayant lui-même pataugé dedans pendant des décennies. Cette contradiction fondamentale, aucune colère présidentielle, aucune attaque contre les médias, aucune manoeuvre de diversion ne parviendra jamais à la résoudre.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Cette chronique exprime une opinion personnelle et constitue une analyse critique des événements récents liés à l’affaire Epstein et aux liens documentés entre Jeffrey Epstein et Donald Trump. Elle s’appuie sur des informations rendues publiques par diverses sources médiatiques internationales et des documents officiels publiés par le département américain de la Justice. L’auteur n’a aucun lien personnel, professionnel ou financier avec les parties mentionnées dans cet article et s’engage à respecter les principes fondamentaux de déontologie journalistique. Les allégations mentionnées n’ont pas fait l’objet de condamnations judiciaires concernant le président Trump, qui bénéficie pleinement de la présomption d’innocence. Aucune autorité judiciaire n’a jamais accusé Donald Trump d’actes répréhensibles en relation directe avec les crimes de Jeffrey Epstein. Ce texte vise à nourrir le débat démocratique et la réflexion citoyenne ; il ne constitue en aucun cas une accusation formelle ni un appel à la justice populaire. Le lecteur est invité à consulter les sources primaires et à former son propre jugement éclairé sur cette affaire complexe.
Sources
France 24 – Affaire Epstein : Trump, Gates, Musk… les personnalités citées dans les derniers documents (31/01/2026)
La Libre Belgique – Affaire Epstein : Donald Trump se demande s’il n’est pas temps de passer à autre chose (04/02/2026)
Le Temps – Dossiers Epstein : la rage des victimes, la question Trump et le cas Clinton
La Presse – Affaire Epstein : Donald Trump appelle à passer à autre chose (03/02/2026)
RTBF – Affaire Epstein : ce que révèlent les nouveaux documents publiés par le ministère de la Justice
Le Devoir – Des victimes de Jeffrey Epstein dénoncent la révélation de leurs noms
La Presse – Bill et Hillary Clinton acceptent finalement d’être auditionnés devant le Congrès (02/02/2026)
The Washington Post – Lord Mandelson resigns from Labour over Epstein (02/02/2026)
PBS News – Peter Mandelson quits House of Lords, could face police investigation
CBS News – Bill Gates, Elon Musk among big names in Epstein files
CNN – Email appears to confirm photo of former Prince Andrew and Virginia Giuffre is real (05/02/2026)
France Info – La Cour suprême rejette le recours de Ghislaine Maxwell
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