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CHRONIQUE : Les accusations de Lavrov contre Zelensky, anatomie d’une stratégie de désinformation russe
Crédit: Adobe Stock

Sergueï Lavrov, qui occupe le poste de ministre des Affaires étrangères depuis 2004, soit plus de deux décennies au service de la politique étrangère poutinienne, maîtrise parfaitement les techniques de communication manipulatoire développées par l’appareil de propagande russe. Sa déclaration selon laquelle Zelensky ne voudrait pas la paix parce que toute paix signifierait la fin de sa carrière politique constitue un exemple paradigmatique d’inversion accusatoire. Cette technique rhétorique, également connue sous le nom de projection psychologique en contexte politique, consiste à attribuer à l’adversaire ses propres motivations et comportements problématiques. Car qui, objectivement, a le plus intérêt à la perpétuation du conflit ? Zelensky, dont le pays subit quotidiennement des bombardements meurtriers, dont l’économie est dévastée, dont la population souffre d’une guerre qu’elle n’a pas choisie ? Ou Poutine, dont le régime autoritaire se nourrit de la rhétorique nationaliste et militariste, qui utilise la guerre comme prétexte pour réprimer toute opposition intérieure, et qui a bâti l’ensemble de sa légitimité politique sur l’image d’un chef fort défendant la Russie contre les menaces extérieures supposées ? L’affirmation de Lavrov selon laquelle la conscience et Zelensky ne seraient pas compatibles relève de la même logique d’attaque ad hominem visant à disqualifier moralement l’interlocuteur plutôt qu’à répondre sur le fond aux questions posées. Cette technique permet d’éviter tout débat substantiel sur les responsabilités réelles dans le déclenchement et la poursuite du conflit. La propagande russe excelle dans cet art de retourner les accusations : c’est l’Ukraine qui serait agressive, c’est l’OTAN qui serait menaçante, c’est l’Occident qui refuserait la paix. Cette inversion systématique de la réalité vise à créer un brouillard informationnel où plus rien ne semble certain, où toutes les parties paraissent également responsables, et où l’agresseur peut se présenter comme victime.

L’inversion accusatoire permet à l’agresseur de se poser en victime et de brouiller les responsabilités dans l’esprit des observateurs insuffisamment informés.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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