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CHRONIQUE : Les frappes ukrainiennes redéfinissent l’équilibre stratégique du conflit
Crédit: Adobe Stock

Historiquement, la Russie a toujours compté sur sa profondeur territoriale comme atout stratégique majeur, un avantage géographique qui a façonné sa doctrine militaire depuis des siècles. Dans les guerres passées, des campagnes napoléoniennes à la Seconde Guerre mondiale, cette immense étendue a absorbé les offensives ennemies, permettant à Moscou de gagner le temps nécessaire pour mobiliser ses ressources et lancer des contre-offensives décisives qui ont renversé le cours de l’histoire. Le général Hiver et les distances infinies ont vaincu plus d’envahisseurs que les armées russes elles-mêmes, créant un mythe d’invincibilité territoriale profondément ancré dans la psyché nationale russe. Le conflit actuel remet fondamentalement en question cette donnée stratégique séculaire.

Les frappes ukrainiennes dans les régions de Koursk, Briansk et Belgorod démontrent que le territoire russe n’est plus un sanctuaire inaccessible et que la géographie ne protège plus comme autrefois. Les installations militaires, les dépôts logistiques, les systèmes de défense aérienne et les infrastructures de commandement et contrôle situés à des centaines de kilomètres de la ligne de front sont désormais à portée des capacités de frappe ukrainiennes. Cette réalité nouvelle contraint la Russie à disperser ses forces, à renforcer la protection d’installations auparavant considérées comme hors de portée et à repenser l’ensemble de son dispositif défensif, détournant des ressources considérables des opérations offensives qui étaient censées achever rapidement ce conflit.

Cette érosion de la profondeur stratégique russe constitue peut-être le développement le plus significatif de ce conflit sur le plan de la théorie militaire et pourrait transformer durablement la réflexion stratégique mondiale. Elle suggère que les avantages géographiques traditionnels peuvent être neutralisés par les technologies modernes de frappe de précision et de surveillance permanente. Les drones, les missiles de croisière et les systèmes de guidage avancés compriment l’espace stratégique et rendent toute installation militaire potentiellement vulnérable, quelle que soit sa distance du front. Cette évolution pourrait avoir des implications considérables pour la réflexion stratégique bien au-delà de ce conflit spécifique, remettant en cause les doctrines de défense de nombreux pays qui comptaient sur leur profondeur territoriale.

La destruction confirmée du radar du système S-400 près de Krasnoïé dans la région de Belgorod, suite aux opérations du 4 février, illustre parfaitement cette nouvelle réalité. Ce système, censé protéger l’espace aérien russe contre toute intrusion, est devenu lui-même une cible vulnérable. L’ironie stratégique est saisissante : le bouclier devient la cible, le protecteur doit être protégé, créant une spirale de dispersion des ressources défensives qui affaiblit l’ensemble du dispositif russe. Chaque radar détruit ouvre une brèche dans le parapluie défensif, facilitant les frappes suivantes dans une logique d’effet cumulatif que l’Ukraine exploite méthodiquement.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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