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CHRONIQUE : L’Europe achète 8% de gaz russe en plus tout en prétendant soutenir l’Ukraine : anatomie d’une hypocrisie continentale
Crédit: Adobe Stock

Observons le spectacle grotesque qui se joue sous nos yeux, jour après jour, sommet après sommet. D’un côté, les réunions du Conseil européen se succèdent, produisant des communiqués martiaux promettant un soutien sans faille à Kiev. Les déclarations sont martiales, les mots sont forts, la détermination semble inébranlable. Les chefs d’État européens rivalisent d’emphase pour affirmer leur solidarité avec le peuple ukrainien. Ils visitent Kiev sous les sirènes d’alerte aérienne, se font photographier dans les bunkers avec Zelensky, prononcent des discours émouvants devant la Rada ukrainienne. De l’autre côté, dans l’ombre des projecteurs médiatiques, les terminaux méthaniers européens accueillent à bras ouverts les cargaisons russes. Les douaniers tamponnent les documents sans sourciller. Les entreprises encaissent leurs bénéfices. Les actionnaires touchent leurs dividendes. Cette schizophrénie politique aurait de quoi faire rire aux larmes si elle n’avait pas des conséquences aussi tragiques pour des millions de personnes.

Prenons l’exemple de la France, ce pays qui se veut le phare de la civilisation européenne. Emmanuel Macron n’a-t-il pas déclaré à maintes reprises que la Russie ne devait pas gagner cette guerre? N’a-t-il pas évoqué l’envoi de troupes européennes en Ukraine, provoquant l’émoi des chancelleries du monde entier? N’a-t-il pas posé en chef de guerre, organisateur d’une coalition de soutien à Kiev, défenseur acharné de la souveraineté ukrainienne? Pendant ce temps, dans l’ombre des discours flamboyants, les importations françaises de GNL russe ont non seulement continué mais ont augmenté, alimentant les centrales électriques et les industries hexagonales avec le gaz du Kremlin. TotalEnergies, fleuron industriel français, reste actionnaire du projet Yamal à hauteur de 19,4%, une participation que le groupe refuse obstinément de céder malgré les appels répétés des organisations humanitaires et des militants anti-guerre. Les dividendes coulent vers Paris pendant que les missiles russes s’abattent sur les maternités ukrainiennes.

L’Espagne, championne autoproclamée des droits de l’homme, membre fondateur de toutes les coalitions progressistes, reste l’un des premiers importateurs européens de gaz russe malgré une légère baisse récente. Ses terminaux de regazéification tournent à plein régime pour traiter les cargaisons venues de l’Arctique. Le gouvernement de Madrid vote toutes les sanctions à Bruxelles puis accueille les méthaniers russes dans ses ports méditerranéens et atlantiques. La Belgique, siège des institutions européennes qui votent sanction après sanction, proclamation après proclamation, accueille régulièrement des méthaniers en provenance de Yamal dans son port de Zeebrugge, devenu en janvier 2026 le premier récepteur européen de gaz russe. Le coeur battant de l’Europe démocratique pompe le sang de la guerre russe.

Sebastian Rötters, spécialiste des sanctions chez Urgewald, a résumé cette situation avec une formule cinglante: « Pendant que Bruxelles célèbre le dernier accord pour éliminer progressivement le gaz russe, nos ports continuent de servir de poumon logistique pour le plus grand terminal GNL de Russie, Yamal. » Cette phrase devrait être gravée dans le marbre de chaque institution européenne comme un rappel permanent de notre hypocrisie collective. Chaque cargaison déchargée dans un terminal européen dépose directement dans un coffre de guerre finançant le massacre de l’Ukraine, a-t-il ajouté sans ambages.

La dissonance cognitive européenne a atteint un niveau clinique qui mériterait l’intervention de psychiatres plutôt que de diplomates professionnels.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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